On peut définir le processus de mondialisation comme





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Le mécanisme


Le nombre et la taille des firmes transnationales se sont considérablement développés depuis le début des années 60, et le mouvement continue grâce à de gigantesques opérations de fusion acquisition.
Quels effets cela a-t-il sur les échanges internationaux ?
Les firmes transnationales vont beaucoup échanger au niveau international : soit elles entrent en relation avec leurs clients et/ou leurs fournisseurs qui sont répartis dans le monde entier, soit elles s’échangent, entre filiales de la même multinationale des produits en cours de fabrication, ce sont les échanges intra-firmes. Par exemple, Renault fabrique les moteurs de la Twingo en Espagne ; ensuite, l’entreprise les importe pour les monter sur les châssis fabriqués en France ; enfin, elle exporte des Twingo pour satisfaire le marché espagnol. Le moteur passe donc deux fois la frontière. Certains composants peuvent passer ainsi 4 ou 5 fois des frontières avant que le produit ne soit réellement vendu.
Les échanges intra-firmes sont aujourd’hui extrêmement importants puisqu’on estime que le commerce intra-firme (échanges entre filiales d’un même groupe ou entre les filiales et la maison-mère) représente au moins 30% des échanges internationaux de la France, par exemple (source : Crozet, ibidem) ; certains estiment que ces échanges représentent le tiers environ du commerce mondial. On voit donc que l’activité des firmes transnationales gonfle le volume du commerce mondial.


  • Une logique de prix particulière : rien n’oblige les firmes transnationales à pratiquer les prix du marché ou à accepter la concurrence pour leurs échanges intra-firmes. Le prix d’échange résulte de calculs d’optimisation au niveau de la firme globale. De ce fait, on ne sait pas très bien quelle signification donner aux flux résultant de ces échanges intra-firmes : imaginons que le prix des moteurs de Twingo vendus par la filiale espagnole à Renault-France soit très élevé, alors les exportations espagnoles sont gonflées artificiellement de même que les importations françaises et les statistiques n’ont plus beaucoup de signification. L’intérêt pour Renault serait de réaliser son profit en Espagne plutôt qu’en France (grâce au prix élevé des moteurs), ce qui suppose que l’impôt sur les bénéfices soit plus faible en Espagne qu’en France. Il ne s’agit que d’un exemple fictif mais qui doit vous permettre de comprendre que la manipulation éventuelle des prix d’échange entre filiales d’une même firme transnationale résulte d’une stratégie et a des conséquences en dehors de la firme.




  • Si on ajoute aux échanges intra-firme les échanges où l’un des co-contractants au moins est une firme multinationale, ce sont 92% des échanges mondiaux qui sont concernés. On voit que la mondialisation ne saurait se passer des firmes transnationales ! Le processus est loin d’être achevé : on voit aujourd’hui se développer des accords d’alliance/coopération entre firmes multinationales sur des produits particuliers ou des segments de marché. On observe également le développement de réseaux d’entreprises : les firmes transnationales, au lieu de continuer à augmenter le nombre de leurs filiales en rachetant ou en créant des entreprises à l’étranger, se contentent de conclure des contrats avec des entreprises partenaires à l’étranger, contrats prévoyant par exemple la fourniture de tel ou tel produit avec des caractéristiques bien précises dictées par la firme transnationale. L’avantage est la souplesse qui en résulte pour la transnationale : un contrat peut être rompu ou non reconduit extrêmement facilement alors qu’une participation dans le capital d’une entreprise est beaucoup plus difficile à liquider.




  • L’intérêt des firmes transnationales est qu’aucune règle n’entrave leurs échanges de marchandises ou de capitaux, d’où la revendication d’un libre-échange total, même si, quand cela les arrange, les firmes transnationales sauront très bien agir en groupes de pression sur les Etats pour obtenir des mesures protectionnistes. On voit donc qu’à la fois les FMN ont profité du libre-échange pour se développer et qu’elles en sont aussi le promoteur car elles y ont intérêt.




  1. Firmes transnationales et stratégie mondiale (DIPP).


Les firmes transnationales ont une stratégie réfléchie à l’échelle du monde et non plus à l’échelle de l’espace national, on l’a dit en les définissant. Qu’est-ce que cela change ? Comment cela se traduit-il dans la réalité ? Répondre à ces questions va nous amener à présenter certains aspects de la mondialisation de l’économie.
Les firmes transnationales sont, comme toutes les entreprises dans une économie de marché, à la recherche du profit maximum. Elles construisent leur stratégie pour atteindre cet objectif à l’échelle mondiale où elles se retrouvent en concurrence les unes avec les autres.
Elles sont confrontées à deux problèmes que doivent prendre en compte leurs stratégies :
- d’une part, une exigence de rentabilité de plus en plus pressante en provenance de leur actionnariat de plus en plus internationalisé.
- d’autre part, une concurrence par les prix de plus en plus intense car toutes les firmes exploitent au mieux les avantages comparatifs des différents pays et essaient de développer leur taille pour bénéficier au maximum des économies d’échelle.
Face à ces deux exigences, il y a deux stratégies possibles :
- Soit affronter la concurrence par les prix et donc chercher à comprimer les coûts de production, cela amène l’entreprise à investir à l’étranger. ( Compétitivité prix).
- Soit fuir, en quelque sorte, la concurrence par les prix , ce qui amène l’entreprise à rechercher la différenciation des produits fabriqués. La concurrence impose donc aux firmes transnationales d’être compétitives. ( Compétitivité hors prix).
Le pont commun à ces deux stratégies est la recherche de la compétitivité.


  1. Qu’est-ce que la compétitivité ?


La compétitivité, c'est la capacité à résister à la concurrence. Cette compétitivité se construit sur deux plans :


  • la compétitivité prix : les entreprises cherchent alors à agir sur leurs prix de manière à avoir un prix inférieur à celui de leurs concurrents, espérant ainsi que les consommateurs achèteront leur production de préférence à celle de leurs concurrents.




  • La compétitivité structurelle ou hors-prix : les entreprises cherchent alors à agir sur les caractéristiques du produit, caractéristiques capables de le faire vendre malgré un prix relativement plus élevé que celui des concurrents. On peut penser par exemple à l’image de marque, à la fiabilité (réelle ou supposée, cela n’a guère d’importance pourvu que les consommateurs y croient !), au réseau de service après-vente. La compétitivité structurelle peut dépendre aussi de la qualité de la main d’œuvre, de la qualité des infrastructures collectives (communication, transports, etc.).




  1. Améliorer la compétitivité-prix grâce aux Investissements directs à l’étranger (I.D.E.)


Les firmes transnationales vont avoir une stratégie de localisation de la production en fonction des caractéristiques propres de chaque espace national de manière à maximiser leurs profits. La division du processus de production entre des pays différents exploite les différences de conditions de production entre les pays afin de :
d’accroître la rentabilité en allongeant les séries produites (réalisation d’économies d’échelle), en bénéficiant de coûts de main d’œuvre réduits et d’avantages fiscaux accordés par le pays d’accueil, en rationalisant et en réduisant les coûts de transport.
de réduire les risques en contrôlant les sources de matières premières, en répartissant le risque conjoncturel sur plusieurs marchés et le risque de change sur plusieurs devises.
de réagir face à la concurrence en obtenant les mêmes conditions de prix et de distribution quel que soit le pays concerné.
de conquérir de nouveaux marchés en les connaissant mieux, en améliorant la distribution, en neutralisant les réactions nationalistes, en contournant les barrières protectionnistes.
Vous remarquerez que la recherche d’une main d’œuvre bon marché et d’une fiscalité avantageuse sont loin de constituer les seuls arguments pour expliquer la délocalisation de la production.
En définitive, les firmes transnationales vont chercher à profiter de tous ces avantages à la fois. Comment ? En investissant dans les pays où les conditions de production les intéressent.
Après avoir défini les I.D.E., nous présenterons leurs caractéristiques, en particulier la rapidité de leur croissance, puis nous verrons comment ils sont le vecteur de la nouvelle division internationale du travail.


  • Définition des I.D.E.


Les Investissements directs à l’étranger sont des mouvements de capitaux qui permettent soit de créer une unité de production à l’étranger, soit d’en acheter une, qui existe déjà, à l’étranger. Dans ce dernier cas, on parle d’acquisition. Pour exercer une influence significative dans une entreprise, il n’est pas nécessaire de posséder la totalité du capital, loin de là. Il suffit d’en avoir une partie significative, permettant de peser sur les décisions.
Les investissements directs correspondent à une stratégie de long terme pour l’entreprise :


  • Recherche de la taille critique ;

  • Accroissement des parts de marché ;

  • Lutte contre les protections tarifaires (droits de douane)et non tarifaires (réglementations tatillonnes) ;

  • Présence sur un marché porteur ;

  • Réduction des coûts (approvisionnements, transports, matières premières) ;

  • Recherche de bas salaires ;

  • Recherche d’une main d’œuvre à hautes compétences ;

  • Proximité du marché ;

  • Meilleure connaissance de la demande ;

  • Spécialisation et division du travail entre unités de production.




  • Les caractéristiques des I.D.E.


- Depuis le début des années 1980, on observe une explosion du montant des I.D.E. et donc du stock de capital contrôlé par des firmes étrangères dans les pays. En montant, les I.D.E. ont été multipliés par plus de 100 entre le début des années 1970 et 2000 (la source des chiffres donnés ici est la CNUCED dans sa base de données sur les I.D.E.).
- Aujourd’hui, les I.D.E. sont pour l’essentiel des investissements croisés entre pays industrialisés, c'est-à-dire que ceux-ci sont à la fois les investisseurs et les investis, si l’on peut dire ! A la fin des années 1990, les pays industrialisés sont à l’origine de 95% des I.D.E. et en reçoivent plus de 70%. C’est dire à quel point les autres pays sont laissés à l’écart. Il faut cependant encore noter que parmi les pays destinataires autres que les pays industrialisés, les flux se concentrent sur quelques pays seulement : essentiellement les pays asiatiques où la croissance économique est rapide (pensez plus particulièrement à la Chine aujourd’hui) et certains pays latino-américains. Les pays africains par exemple sont complètement à l’écart de ces flux d’I.D.E.
- Cette explosion des I.D.E., caractéristique des vingt dernières années, s’est fait dans un contexte éminemment favorable, celui de la globalisation financière que nous avons déjà présentée. Ce n’est évidemment pas un hasard si les deux phénomènes se passent en même temps. La libéralisation des mouvements de capitaux a rendu possible l’explosion des I.D.E. et il est difficile de savoir la mesure dans laquelle les firmes transnationales sont à l’origine du processus de globalisation financière. Il est clair en tout cas qu’elles le réclamaient.


  • I.D.E. et Division internationale du travail.


Les I.D.E. développent des entreprises dans certains pays et pas dans d’autres. Ils contribuent donc à spécialiser les économies des pays dans certains types de production. Ainsi, si plusieurs firmes transnationales viennent investir dans les industries manufacturières d’un pays parce que la main d’œuvre est peu coûteuse et la législation favorable aux entreprises, on peut penser que ce pays va être spécialisé dans ce type de production.
Du point de vue du pays accueillant les I.D.E., cela peut être considéré comme un avantage, au moins à court terme. Mais il ne faut pas négliger les risques liés à ce type d’investissement : le pays peut rester cantonné à certaines activités, il peut surtout être soumis à la volonté des firmes transnationales ayant investi dans le pays, ce qui n’est pas non plus sans danger. Les pays asiatiques qui ont bénéficié des I.D.E. ont su pour certains les mettre au service de leur développement intérieur. L’Etat a pour cela encadré très strictement les I.D.E.
Du point de vue des pays à l’origine des I.D.E., ces investissements posent deux questions liées : la désindustrialisation (car les industries sont transférées dans des pays où les conditions de production sont moins coûteuses) et les effets des délocalisations sur l’emploi et le tissu productif. Nous reparlerons de ces questions plus loin.
Globalement, on observe donc une fragmentation de plus en plus poussée des processus productifs, pour l’industrie évidemment, mais aujourd’hui de plus en plus pour certains services (banques ou assurances, services informatiques, etc.).
Au total, l’I.D.E. permet aux firmes transnationales de produire à moindre coût et d’aborder les marchés nationaux dans de bonnes conditions. C’est évidemment un élément essentiel et c’est le premier aspect de la stratégie des firmes transnationales face aux échanges internationaux et face à leurs concurrents. Mais leur stratégie est en général composée d’un deuxième aspect visant à résister à la concurrence en déplaçant le problème.



  1. Améliorer la compétitivité hors-prix par la différenciation des produits




  • Les firmes transnationales vont chercher à différencier leurs produits de ceux de leurs concurrents. La différenciation des produits permet à l’entreprise d’apparaître comme la seule fabriquant ce produit, de détenir donc un monopole, limité certes (à un produit très précis et sur une période probablement courte… avant que les concurrents ne l’imitent !) mais un monopole quand même, qui permet donc à l’entreprise d’engranger des profits substantiels. La stratégie de différenciation des produits impose des investissements en recherche-développement importants : il faut innover, autant sur le plan des caractéristiques techniques des produits que sur les méthodes de commercialisation et de présentation des produits.




  • La différenciation des produits s’accompagne, sur le plan technique, de la nécessité d’une grande souplesse des outils de production et des circuits de distribution, de manière à être le plus réactifs possibles aux transformations du marché (effets de mode, par exemple). Elle répond aux désirs des consommateurs de se différencier des autres consommateurs. Elle permet d’apporter une réponse aux impératifs de la compétitivité en déplaçant le problème : si l’on fabrique un produit différent de ceux fabriqués par les autres producteurs, on échappe (souvent très momentanément) aux impératifs de la compétitivité.


Le choix stratégique entre compétitivité-prix et compétitivité hors-prix dépend d’abord de la nature du produit : quand on produit des chaussettes, par exemple, le prix est un argument de vente essentiel ; quand on vend des machines outils pour la production industrielle, la fiabilité est essentielle pour le client ; quand on vend des chaînes hi-fi, on doit choisir entre une stratégie relativement bas de gamme fondée sur des prix compétitifs ou une stratégie haut de gamme fondée sur la qualité et les innovations technologiques. La localisation de la production peut être une conséquence de cette décision stratégique : si l’on produit des chaussettes, on a intérêt à le faire dans des pays où le coût du travail est bas car c’est l’élément principal du coût de production. En revanche, pour la fabrication de produits high tech, la qualité est primordiale. Le prix a moins d’importance. Les clients sont dans l’ensemble situés dans les pays développés, la main d’œuvre capable de concevoir et fabriquer ces produits aussi. Résultat : la localisation de la production a moins d’importance. Observons cependant que, actuellement, la capacité de production de produits complexes dans les pays asiatiques s’est considérablement développée.
Produire au plus bas coût est bien sûr un moyen d’améliorer la compétitivité, mais on voit que ce n’est pas le seul. Ces objectifs étaient déjà ceux des entreprises dans l’espace national. Mais aujourd’hui, ce qui distingue les firmes transnationales des autres entreprises, c’est que leur stratégie est mondiale et qu’elles mettent donc en concurrence des espaces nationaux, et cela d’autant plus que les firmes transnationales peuvent se livrer une concurrence féroce. On peut penser que cette concurrence va profiter à tous (par la baisse des prix qu’elle occasionne, en particulier) mais, dans la réalité, les choses ne sont pas si simples et ces stratégies, qui sont au cœur de la mondialisation de l’économie, posent des questions aux Etats Nations qui restent le mode d’organisation politique du monde, aujourd’hui. Ce sont donc ces questions que nous allons maintenant aborder.

  1. Firmes transnationales et nations


Les stratégies de développement des firmes transnationales posent de nombreuses questions. Nous en avons retenues trois ici : la question des délocalisations et de leurs effets sur l’emploi dans les pays développés, la question des effets des I.D.E. sur le développement dans les pays pauvres, enfin la question du poids des firmes transnationales sur les politiques des Etats.


    1. Firmes transnationales, délocalisations et emploi dans les pays développés.


En menant leur stratégie de localisation en fonction de leurs intérêts (c'est-à-dire en maximisant leur profit), les firmes transnationales menacent-elles l’emploi dans les pays développés ? C’est une affirmation que vous avez sans doute souvent entendue et qui mérite un examen. La question posée ne porte pas que sur le nombre des emplois, elle porte aussi sur le creusement des inégalités générées par les modifications quantitatives et qualitatives des emplois dans les pays développés du fait des stratégies des firmes transnationales.

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