On peut définir le processus de mondialisation comme





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Le raisonnement


Le pays se spécialise dans la production de un ou quelques produits primaires pour lesquels il est bien doté, soit sur le plan des ressources naturelles (matières premières), soit sur le plan du climat, les produits étant relativement peu (voire pas du tout !) transformés avant d’être exportés. Ainsi le Burkina-Faso exporte-t-il massivement des haricots verts, souvent très fins (donc chers), vers les marchés des pays européens pendant l’hiver. Ces exportations vont générer des revenus dont on espère qu’ils seront utilisés de manière à contribuer au développement économique du pays.


  • Les limites de ces stratégies


- Ce type de politique ne contribue pas à développer le marché intérieur : on produit bien des haricots verts, si on garde notre exemple, mais ce n’est pas pour nourrir la population du pays. Et la plupart du temps, c’est la bourgeoisie locale, liée à l’étranger, qui utilise les montants issus des exportations pour satisfaire ses besoins, lesquels sont souvent satisfaits par des produits importés. Et les revenus distribués à l’occasion de la production des haricots verts ne servent pas à constituer un marché intérieur, tout simplement parce que la production supplémentaire n’est pas mise en vente sur le marché intérieur.
- La question de l’évolution du prix des produits primaires et les difficultés que cela engendre. Les prix des produits primaires ont deux caractéristiques principales : d’une part, ils sont extrêmement fluctuants dans le temps, c’est à dire qu’ils peuvent monter ou baisser très rapidement, beaucoup plus que les prix des produits manufacturés ; d’autre part, sur le long terme, comparativement au prix des produits manufacturés, leur pouvoir d’achat a en général diminué : cela signifie qu’avec la même quantité d’un produit primaire, on achète de moins en moins de produits transformés. Pour ces pays, il y a bel et bien une dégradation des termes de l’échange.
Pour importer le même volume de produits et parce que les prix des produits exportés par les pays du tiers-monde non pétroliers ont augmenté beaucoup moins vite que le prix des produits qu’ils importent, il faut désormais exporter de plus grandes quantités de produits.
Dans ces conditions, une grave question se pose pour les pays qui souhaitent emprunter pour financer leur développement : comme les cours sont fluctuants, comment prévoir quelles seront les rentrées d’argent tirées des exportations, de manière à rembourser la dette contractée ? C’est ainsi que de nombreux pays pauvres ont emprunté auprès des banques occidentales des sommes importantes dans le courant des années 1970, parce que les prix des produits primaires exportés s’élevaient, et se sont révélés incapables de rembourser ces emprunts dans les années 1980 parce que les cours avaient chuté. En 1982, le Mexique s’est déclaré incapable de payer ses dettes aux banques américaines, essentiellement. Le résultat a été une crise financière qui aurait pu avoir des conséquences dramatiques si les hautes autorités politiques et monétaires mondiales n’étaient intervenues pour sauver le Mexique et surtout les banques américaines qui, sinon, auraient fait faillite, entraînant sans doute avec elles beaucoup d’autres entreprises.
- La montée de l’endettement et les politiques d’ajustement structurel imposées par les organisations internationales.
Les pays en développement se sont beaucoup endettés dans les années 1970, on vient de le voir avec l’exemple du Mexique. A partir du moment où la dette ne peut pas être remboursée dans les délais prévus, on assiste en général à une course sans fin : les pays empruntent de quoi payer la charge de la dette (la charge de la dette, c’est ce qu’il faut payer chaque année, c'est-à-dire le montant des intérêts annuels et la fraction remboursable du capital emprunté), ce qui accroît évidemment la charge future de remboursement, d’autant que les taux d’intérêt consentis par les banques internationales sont élevés compte tenu du risque encouru par les créanciers. On s’engage alors dans une spirale sans fin, qui ne peut que mal finir : les pays finissent par ne plus trouver de banques qui acceptent de leur prêter de l’argent ou ils déclarent ne plus pouvoir rembourser leurs dettes. Dans les deux cas, les conséquences pour le pays en développement sont graves puisqu’il n’arrive plus à trouver les capitaux nécessaires à son développement et qu’il doit chaque année se saigner (c’est à dire prélever sur ses ressources) pour essayer de rembourser sa dette. Mais les conséquences peuvent être graves aussi pour les pays développés car une banque qui a beaucoup prêté à un pays en développement peut se retrouver en grande difficulté si le pays ne rembourse pas. C’est pourquoi les organismes internationaux (Le FMI – Fonds Monétaire International et la Banque mondiale) sont intervenus dans cette crise et qu’ils ont imposé aux pays en développement lourdement endettés une politique visant à assainir leur situation. Ce sont ce que l’on appelle les plans d’ajustement structurel. La rigueur imposée par ces plans a évidemment eu des effets sociaux et politiques désastreux dans des pays souvent déjà très pauvres.


  1. Les stratégies de développement fondées sur l’extraversion par la promotion des exportations de produits manufacturés.




    • Le principe


C’est une stratégie qui vise la conquête du marché extérieur. Il s’agit d’une part de substituer aux exportations de produits primaires des exportations de produits manufacturés, d’autre part, une fois le processus engagé, de « remonter les filières ». La politique de remontée de filières consiste par exemple, pour le textile, à commencer par fabriquer des vêtements de sport en important le tissu, le fil, les accessoires, les machines, les services de stylistes, etc. ; ensuite on se met à fabriquer le tissu (c'est le tissage), puis on se met au filage, enfin on n’hésite plus à construire des machines textiles (et à les exporter, bien sûr !). On part donc d’un produit de grande consommation, utilisant beaucoup de main d’œuvre, et on remonte la filière jusqu’à fabriquer les machines-outils nécessaires à la production, quitte à laisser la fabrication des vêtements à des pays moins avancés, donc à délocaliser la production. La cible de cette stratégie est d’abord le marché extérieur mais, en fabriquant des produits manufacturés et en distribuant des revenus à l’occasion de cette production, on vise aussi à développer le marché intérieur.


  • L’expérience des NPI : ce sont surtout les pays d’Asie, par exemple la Corée du Sud, qui ont mis en œuvre cette stratégie. Une des raisons essentielles de ce choix était qu’il s’agissait de pays ne disposant pas de matières premières. Pour exporter, et donc s’insérer dans les échanges mondiaux, il fallait qu’ils se spécialisent dans des productions où ils avaient un avantage, cela ne pouvait être que des productions industrielles nécessitant de la main d’œuvre peu qualifiée et nombreuse, le textile ou l’électronique par exemple.



  • Les raisons de cette réussite


La mise en œuvre de cette stratégie s’est accompagnée de caractéristiques particulières qui expliquent la réussite des NPI.
- L’Etat a joué un rôle majeur dans le processus.
Il l’a initié et dirigé, tout en sachant laisser une place grandissante à l’initiative privée. Il a, par exemple, dès le milieu des années 1970, choisi d’aider au développement des industries à forte intensité de travail pouvant concurrencer celles des pays occidentaux du fait du très bas coût relatif de la main d’œuvre ;
Il a aussi protégé le marché intérieur, de manière sélective mais draconienne, de façon à assurer son développement dans les branches qu’il semblait possible de développer tout en recourant massivement aux capitaux étrangers pour l’industrialisation.
Enfin, il a mené parallèlement un vigoureux effort de constitution des infrastructures nécessaires au développement, qu’elles soient matérielles, comme le développement d’un réseau de communications, ou immatérielles, comme la formation de la main d’œuvre.
Résultat : le pays a pu passer d’industries à forte intensité de travail à des industries de plus en plus sophistiquées, nécessitant de plus en plus de capital et de travail qualifié, en remontant les filières comme on l’a vu plus haut, et même en s’attaquant à la production de services haut de gamme : la Corée du Sud est aujourd’hui un concurrent très sérieux sur la scène internationale ! Elle pratique également la délocalisation en faisant produire dans les pays asiatiques voisins, moins développés, ce qu’elle ne veut plus produire chez elle. Mais ces résultats n’auraient pu être obtenus sans l’intervention de l’Etat.
- Les valeurs ont également joué un grand rôle dans le développement des pays asiatiques : il ne suffit pas que « l’Etat décide » pour que cela marche, les pays asiatiques en font la preuve. Il y a eu parallèlement à cette volonté étatique une forte mobilisation de la population autour et pour l’industrialisation, celle-ci acceptant de payer un lourd tribut puisque l’industrialisation a été financée par le maintien d’un faible pouvoir d’achat pendant longtemps. Aujourd’hui, cependant, les salaires coréens ont quasiment rattrapé le niveau de ceux des britanniques. Et leur spécialisation ne repose plus sur un avantage lié essentiellement au coût du travail mais sur la qualité de leurs produits.
La plupart des études portant sur la réussite des NPI insiste aussi sur le rôle actif de certaines minorités cherchant à s’intégrer par l’enrichissement et sur le rôle positif des valeurs enseignées par le confucianisme.
Le modèle de développement par insertion dans les échanges mondiaux en promouvant les exportations de biens manufacturés et en remontant les filières semble donc avoir prouvé son efficacité. Les NPI asiatiques n’ont pas sombré et il semble bien que ces pays soient définitivement sortis du sous-développement, ce qui ne signifie évidemment pas que tous les problèmes sont réglés : en particulier, la question de la démocratisation de la vie politique est aujourd’hui posée avec acuité, de même que celle des inégalités. Les pays en développement pourraient-ils, devraient-ils, imiter les NPI ? Peut-on exporter le modèle ? C’est la question que nous allons nous poser maintenant.


  1. Quels enseignements tirer de l’expérience des NPI ?


Il s’agit de se demander ce qui peut être utile aux autres pays en développement dans l’expérience de développement de certains pays asiatiques. Quelques pistes d’analyse :
- Ces pays, et en particulier la Corée du Sud, n’ont pas appliqué les principes libéraux de manière pure et dure : l’Etat a pesé de tout son poids sur l’économie, organisant la croissance, la planifiant et réglementant l’action de chacun. Autrement dit, si le marché est nécessaire, l’intervention de l’Etat s’est révélée incontournable. On a donc besoin d’un Etat fort pour se développer.
- L’insertion dans les échanges internationaux, massive pour ces NPI (6 pays asiatiques font aujourd’hui partie des 15 premiers exportateurs mondiaux), ne s’accompagne pas forcément d’une dépendance accrue vis-à-vis des pays développés. Mais les conditions pour que la croissance générée par l’augmentation des exportations se transforme en développement sont draconiennes : il est impératif que l’activité des firmes multinationales soit suffisamment « encadrée » pour qu’elle puisse être au service du développement sur le long terme tout en permettant des revenus intéressants pour les multinationales. Il faut également que les investissements, en particulier les investissements internationaux, qui ont été massifs ces dernières années en Asie, soient orientés vers les branches permettant le développement.
- Ce modèle est-il transférable ? Il est bien difficile de répondre à cette question :
Les conditions de la mise en œuvre de cette stratégie de développement ont été particulières et ne se retrouvent pas forcément ailleurs ; de même l’histoire des pays est différente. Les NPI ont connu surtout la colonisation japonaise, qui n’avait pas les mêmes caractéristiques que la colonisation occidentale. De plus, souvent, ils ne possédaient que peu ou pas de matières premières.
Par ailleurs, dans la plupart des pays africains, ou latino-américains, il n’existe pas de pouvoir politique fort et les affrontements ethniques sont parfois tels qu’ils empêchent la mobilisation des énergies en faveur du développement.
Ensuite, on peut penser que si tous les pays en développement se mettaient en même temps à fabriquer le même type de produits, le marché international ne pourrait pas tous les absorber. On le voit, les obstacles sont nombreux.
Enfin, le contexte international dans lequel les PED tentent de réaliser leur développement n’a rien à voir avec celui dans lequel les actuels pays industrialisés ont réalisé leur décollage économique. La domination des pays occidentaux en matière de production et d’échange laisse peu de place à de nouveaux prétendants !!!
Cependant, les NPI montrent par leur expérience que le développement n’est pas impossible.
L’insertion dans les échanges internationaux a été pour certains pays un levier réel pour accéder au développement. Mais on l’a vu, il ne s’agit pas d’ouvrir simplement le pays aux échanges. Il faut une réelle volonté politique, collective, de construire son propre développement. Les écueils sont donc nombreux et pour bon nombre de pays, le développement semble encore bien lointain. L’insertion en elle-même n’est pas forcément source de développement. Elle peut même engendrer des effets très négatifs sur le développement (appauvrissement, dualisation de la société, etc.).
Le libre-échange a une utilité qui n’est plus contestée pour la croissance, il n’en reste pas moins que les dangers auxquels il expose l’ensemble des acteurs économiques justifient sans doute qu’il soit encadré. Le libre-échange oui, mais pas un libre-échange sauvage, un libre-échange qui prenne en compte les inégalités de développement et les effets sociaux de la concurrence internationale exacerbée, bref ce que certains appellent un libre-échange soutenable. Cela suppose que le libre-échange soit réglementé et, pour cela, qu’il y ait une autorité politique mondiale capable d’imposer cette réglementation. Si les Etats sont des acteurs importants de la mondialisation, les stratégies des entreprises et en particulier des Firmes transnationales sont encore plus déterminantes. Enquête…

II/ Un acteur essentiel de la mondialisation : les FTN et leurs stratégies

Les entreprises sont un des acteurs essentiels de la mondialisation de l’économie. Ce n’est pas sans poser des questions, nous le verrons, en particulier aux Etats nationaux. Mais il faut souligner que si les firmes transnationales sont le vecteur principal de la mondialisation, elles ne la maîtrisent pas forcément. La question qui va être posée dans cette partie du dossier sera donc, finalement, celle de la régulation de cette mondialisation (= quelles règles du jeu fixer pour qu’elle profite le plus possible à tous ?).
Nous verrons d’abord ce que sont les firmes transnationales (que l’on abrège souvent en FTN) et comment elles contribuent au développement des échanges internationaux. Nous présenterons ensuite quelles sont les stratégies que peuvent développer les firmes transnationales pour profiter au mieux (de leur point de vue, évidemment, ce qui est normal !) de la mondialisation. Enfin, nous discuterons des questions qui se posent au niveau national du fait du développement des firmes transnationales.



  1. Firmes transnationales et développement des échanges internationaux.


Avant de voir comment le développement des firmes transnationales suscite le développement des échanges internationaux, nous allons définir ce que l’on appelle firme transnationale (ou aussi « multinationale », mais on utilise de moins en moins cette appellation).


    1. Qu’est-ce qu’une firme transnationale ?


On peut dire que c’est une entreprise (pas forcément industrielle, mais aussi de services, par exemple une banque) qui a le monde comme champ d’activité. Elle ne se limite jamais à un espace national précis et délimité. Même si elle n’est pas forcément active dans toutes les parties du monde, elle ne s’interdit jamais de le devenir, si cela correspond à sa stratégie. C’est une entreprise dont le produit est vendu dans plusieurs pays, mais surtout fabriqué dans plusieurs pays : le processus de production est divisé, réparti, entre les pays en fonction des avantages propres à chaque espace national de manière à ce que, au total, l’entreprise fabrique son produit de manière avantageuse, en gardant la maîtrise de l’ensemble du processus. C’est ce que l’on appelle la DIPP (Division Internationale du Processus Productif).

Une entreprise qui se contente d’exporter (même en grande quantité) ne peut être considérée comme une firme transnationale. Le critère essentiel est que son processus de production soit réparti sur plusieurs espaces nationaux. C’est donc la logique de gestion de l’entreprise qui définit la firme transnationale.
Remarque : Cela ne signifie cependant pas que les firmes transnationales soient « sans nationalité ». Toutes les firmes ont une histoire, une culture d’entreprise, marquées par les origines nationales et elles ne peuvent les renier.
Une firme transnationale est en général constituée d’une maison mère et de filiales dont le capital est détenu, en totalité ou en partie, par la maison mère. Les plus grandes firmes transnationales sont américaines et vous en connaissez un certain nombre (Nike, par exemple) mais il y a aussi des firmes transnationales françaises comme Danone ou les entreprises automobiles (Renault par exemple).


    1. Firmes transnationales et développement des échanges internationaux.


Par leurs activités, le développement des firmes transnationales engendre le développement des échanges internationaux. Mais ce développement n’est pas sans conséquence sur la nature des échanges internationaux.

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