On peut définir le processus de mondialisation comme





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Les gains de productivité : les échanges internationaux reposent sur les avantages comparatifs et la spécialisation qu’ils engendrent. Ce qui rend la spécialisation avantageuse, c’est la différence des prix relatifs. Celle-ci provient soit d’une dotation différente en facteurs de production (si l’on dispose d’une main d’œuvre nombreuse, son coût relatif devrait être faible, par exemple), soit d’une productivité du travail différente (dans ce cas, le coût unitaire est plus bas). En spécialisant la main d’œuvre dans ces productions, on augmente donc la productivité globale de l’économie, ce qui favorise la croissance économique (voir le chapitre sur les sources et les limites de la croissance).




  • L’extension des marchés : l’agrandissement de la taille du marché augmente les débouchés, les quantités produites peuvent donc augmenter. Or, quand la taille de la production augmente, les entreprises réalisent ce que l’on appelle des économies d’échelle ce qui diminue le coût unitaire de production. On peut donner quelques exemples d’économies d’échelle. D’une part, quand on achète de plus grandes quantités de matières premières ou d’électricité (pour produire plus), on obtient des rabais de la part des fournisseurs, ou encore quand on fait une campagne publicitaire, le coût est le même quelle que soit la quantité produite. D’autre part, le fait que le marché s’agrandisse s’accompagne du fait que la concurrence s’accroît : sur le marché mondial, il y a d’autres producteurs et tout le monde veut profiter de l’extension des marchés. Résultat : les entreprises sont incitées à faire tout ce qu’elles peuvent pour améliorer leur compétitivité, en particulier en améliorant leurs conditions de production et leur capacité à s’adapter aux variations de la demande. Et cela est favorable à la croissance : en effet, sur le plan des prix comme sur celui de la qualité des produits, il va y avoir des gains qui vont se traduire en amélioration du niveau de vie et en croissance.


Ces effets positifs attendus sont sous-jacents à la mis en place du Grand marché dans le cadre de l’UEE par exemple.







Gains de productivité et extension des marchés interagissent et se renforcent mutuellement : comme l’entreprise peut produire davantage du fait de l’extension des marchés, elle va pouvoir mettre en œuvre des précédés lui permettant de gagner en productivité. Comme elle améliore sa productivité, elle va pouvoir gagner des parts de marché, ce qui lui permettra de produire encore plus. Nous verrons dans la deuxième partie de ce chapitre à quel point les entreprises, en jouant ce jeu, ont été les vecteurs de la mondialisation de l’économie.
Devant les vertus évidentes du libre échange en matière de croissance économique on peut se demander pourquoi des pratiques protectionnistes subsistent encore ??!.

    1. La persistance des pratiques protectionnistes.


Il peut paraître étrange que les pays, y compris les grands pays capitalistes, se protègent de l’échange international, compte tenu de l’intérêt qu’il y a, sur le plan économique, à échanger. Donc, après avoir présenté brièvement comment les pays font pour se protéger, nous essaierons de comprendre pour quelles raisons ils le font.


  • Qu’est-ce que le protectionnisme ? 


C’est à la fois une doctrine selon laquelle il est nécessaire de protéger la production nationale contre la concurrence étrangère mais également la politique qui permet d’instaurer des mesures tarifaires ou réglementaires destinées à limiter les importations.


  • Quelles sont les pratiques protectionnistes actuelles ?


Elles sont de plusieurs types, les moins fréquentes étant les barrières tarifaires (on appelle ainsi les taxes douanières appliquées sur les produits étrangers qui entrent dans l’espace national) puisque le libre-échange les a pratiquement éliminées. On peut cependant considérer que le versement de subventions publiques aux entreprises constituent des barrières tarifaires : une entreprise dans cette situation peut vendre moins cher, du coup les importations sont découragées car elles apparaissent comme plus chères que les produits nationaux (on retrouve cette réalité dans le duel euro-américain entre Boeing et Airbus qui s’accusent mutuellement de concurrence déloyale par la biais des subventions).
On a cependant surtout des barrières non tarifaires, c'est-à-dire toutes les barrières autres que les droits de douane. Mais on a aussi une protection monétaire et financière ponctuellement efficace. Parmi les barrières non tarifaires, on peut repérer :
- Les restrictions quantitatives (quotas, contingentements) : les autorités politiques fixent un volume annuel maximum d’importation pour un produit donné. Une fois le volume atteint, on attend l’année suivante pour importer. Ces pratiques sont en principe interdites par le GATT comme par l’OMC. Elles ont beaucoup perdu d’importance aujourd’hui.
- Le commerce administré : il s’agit d’accords conclus entre deux pays pour limiter « volontairement » les exportations de l’un vers l’autre. Il y a eu de tels accords dans le textile (EX : les « accords multifibres » : certains pays d’Asie se sont engagés à n’exporter que des quantités limitées de sous-vêtements en France. Mais ce type d’accords ne concernent pas forcément que des activités industrielles traditionnelles. Il y en a aussi dans l’électronique grand public. (source / Y. Crozet et alii, Les grandes questions de l’économie internationale).
- L’utilisation de mécanismes anti-subventions ou anti-dumping : les subventions aux entreprises et le dumping sont des pratiques interdites par l’OMC. Les Etats ont souvent édicté des lois, qui s’appliquent sur leur territoire national, visant à poursuivre les auteurs de ces pratiques. C’est le cas des Etats-Unis. L’utilisation de cette législation nationale peut être, en fait, un instrument protectionniste. L’Etat qui veut protéger son territoire peut accuser les firmes (ou les Etats ) étrangères de pratiquer le dumping ou d’avoir bénéficié de subventions publiques. Au lieu de laisser l’OMC prendre les sanctions qui s’imposent si ces faits étaient prouvés, ce sont les tribunaux du pays accusateur qui vont décider de la réalité de l’infraction. On voit bien que la manipulation est possible et que les sanctions prononcées (en général, des surtaxes) peuvent être une forme de protectionnisme.
- L’imposition de normes diverses, techniques, sanitaires ou autres. Ces normes ont souvent officiellement comme objectif de protéger le consommateur mais elles sont aussi un moyen détourné pour décourager les importations. A titre d’exemple, on peut rappeler qu’en 1982, le gouvernement français a décrété que tous les magnétoscopes importés devraient transiter par le bureau des douanes de Poitiers pour les formalités douanières ; vu la taille de ce bureau et le boom de la demande de magnétoscopes à l’époque, on peut se douter du résultat : de gigantesques files d’attente et des magnétoscopes mis sur le marché français au compte-gouttes ! C’était bien sûr une mesure protectionniste.
- L’imposition d’un minimum de « contenu local » pour les importations : pour certains produits, les automobiles par exemple, certains pays exigent que le produit final importé contiennent des éléments fabriqués dans le pays.
Parmi tout cet attirail protectionniste, il ne faut pas oublier la protection financière et monétaire :
- La protection financière : les pays ont toute une gamme d’instruments financiers qui permet d’aider les firmes exportatrices. On peut citer les crédits à l’exportation à taux d’intérêt faible ou nul, les crédits d’impôts pour les entreprises exportatrices, etc.
- La protection monétaire : il s’agit d’utiliser la monnaie, c’est à dire en fait, directement ou indirectement (en manipulant les taux d’intérêt), le taux de change pour aider les entreprises nationales à exporter davantage. La Banque centrale peut par exemple se débrouiller pour que le taux de change baisse plus qu’il n’aurait baissé spontanément de manière à rendre les produits nationaux plus compétitifs sur les marchés étrangers. On peut penser que ce n’est pas par hasard que le dollar en 2003 a tant baissé par rapport à l’euro : bien sûr, il y a le déficit commercial américain qui peut expliquer cette faiblesse de la devise américaine, mais la Banque centrale des Etats-Unis ne fait rien pour soutenir sa monnaie car cette baisse restaure la compétitivité des produits américains.
On voit que les instruments protectionnistes sont nombreux et largement utilisés.


  • Pourquoi un tel maintien du protectionnisme ?


Autrement dit, qu’est-ce qui pousse les Etats à développer des pratiques protectionnistes sans vouloir le reconnaître, alors même qu’ils affirment pratiquer le libre-échange ?
Il y a d’abord des arguments théoriques développés depuis fort longtemps :
- Le « protectionnisme éducateur » de Friedrich List : cet économiste allemand prend position au milieu du 19ème siècle contre le libre-échange généralisé pour les pays non encore industrialisés. Son raisonnement est le suivant : comme toutes les spécialisations ne se valent pas, comme il vaut mieux fabriquer des produits manufacturés modernes que des produits primaires, le pays doit fermer ses frontières à ces produits modernes pour permettre la naissance et le développement des jeunes industries (ou « industries dans l’enfance », comme dit List). En effet, si on n’établissait pas de protectionnisme, les produits étrangers modernes arriveraient en masse dans le pays, à un prix bas du fait de l’expérience et des économies d’échelle réalisées par les entreprises étrangères. Résultat : les entreprises du pays ne pourraient pas rivaliser et devenir compétitives car, au début de la production, les coûts sont toujours élevés, et finalement, les industries modernes ne se développeraient jamais dans le pays. Pour List, le libre-échange est donc une machine de guerre aux mains des pays les plus avancés, à son époque surtout le Royaume-Uni, berceau de la 1ère révolution industrielle. Les pays les moins avancés ne doivent pas le mettre en application pour l’ensemble des branches mais seulement dans les branches où ils n’ont pas d’entreprises naissantes à protéger. Cependant, le protectionnisme doit n’être que provisoire car il tend à augmenter les prix : à l’abri des frontières, les producteurs ne sont pas soumis à la concurrence internationale et pratiquent des prix supérieurs aux prix mondiaux.
P. Krugman, un économiste américain contemporain, dit à peu près la même chose quand il parle de protectionnisme stratégique : dans les secteurs considérés comme stratégiques par le pays, il peut être rationnel de mettre en œuvre un protectionnisme sectoriel de manière à ce que le secteur puisse se développer et atteindre la taille critique (celle qui permettra de rivaliser avec les oligopoles déjà en place sur le marché mondial). Ainsi, Airbus a-t-elle été très largement subventionnée par les gouvernements français et allemands. C’était le prix à payer pour qu’Airbus puisse rivaliser avec Boeing, ce qui est largement le cas aujourd’hui.
- La mise en avant de « l’intérêt national » : plusieurs arguments peuvent être avancés dans ce domaine. D’abord, un pays peut estimer que certaines activités sont « stratégiques », comme la production d’énergie par exemple, et, de ce fait, refuser la concurrence étrangère sur son territoire. Cela a été pendant très longtemps le cas pour la production d’électricité en France. Ensuite, on peut souhaiter, tant pour des raisons économiques que sociales (préserver l’emploi dans certaines régions, par exemple), éviter la disparition d’entreprises nationales sous la pression de la concurrence internationale. On retrouve ici l’argument des industries vieillissantes et de l’emploi : Ainsi, il peut être également nécessaire de protéger temporairement les vieilles industries (textile, acier, construction navale...) ou les vieux produits dans lesquels le pays a perdu son avantage comparatif. Ensuite, on justifie parfois le tarif douanier par le fait qu’il protège le travail domestique contre le travail étranger bon marché ou contre la concurrence étrangère jugée déloyale. Attention, cet argument est trompeur. En effet, même si les salaires sont plus élevés dans l’économie nationale, la productivité peut également y être plus importante et donc les coûts en travail, plus concurrentiels. Si ce n’est pas le cas, le pays n’a pas d’avantage comparatif dans l’industrie considérée. Vouloir protéger de façon permanente cette industrie consiste à vouloir se spécialiser dans un produit pour lequel le pays n’est pas compétitif.
- La protection contre les récessions importées : le libre-échange accroît l’interdépendance et la spécialisation des économies. Le risque, bien mis en évidence par Keynes, est que par le biais des importations, dont le poids relatif s’accroît, le pays ne soit atteint par les ralentissements conjoncturels dans les pays clients et fournisseurs. C’est bien sûr ce qui s’était passé, spécialement au Royaume-Uni, pendant la crise de 1929. Mais le raisonnement tient toujours aujourd’hui, comme l’ont montré certaines crises récentes (crise asiatique de la fin des années 1990, par exemple). Pour traduire cette interdépendance croissante entre les pays qui échangent, on parle en économie de « contrainte extérieure ».
Ensuite, la réalité « impose » parfois des mesures protectionnistes.
- Le premier argument repose sur l’idée que, face aux nations économiquement dynamiques, certaines grandes puissances traditionnelles se protègent pour éviter à leurs entreprises de perdre trop de parts de marché domestique. Mais elles ne pourraient pas le reconnaître sans perdre la face !
- Le deuxième argument prend en compte les rapports de force à l’intérieur du pays qui tente de se protéger : les consommateurs perdent au protectionnisme sur le plan des prix, mais cette perte et difficilement perceptible et passe quasiment totalement inaperçu pour le consommateur. En revanche, pour les entreprises menacées par le libre-échange, beaucoup moins nombreuses, elles gagnent chacune beaucoup plus au protectionnisme ; elles vont donc exercer une pression forte en faveur du protectionnisme alors que les consommateurs ne défendront que mollement le libre-échange. En tenant un discours libre-échangiste et en mettant en place des mesures protectionnistes, l’Etat gagne sur les deux tableaux.
Pour des raisons multiples, pas forcément mauvaises, le protectionnisme n’a donc pas totalement disparu. Quoiqu’il en soit, le protectionnisme est de plus en plus social. On cherche à protéger l’emploi, la qualité de la vie et l’équilibre des régions. On s’insurge contre le risque de régression sociale par l’alignement sur les pays (Grèce, Espagne, Portugal en Europe et NPI pour l’extérieur) à bas salaires et faible protection sociale (on parle également de « dumping social »), mais également les délocalisations des emplois qui découlent logiquement de l’ouverture et enfin la désindustrialisation qui ferait perdre traditions, équipements et savoir-faire (textile dans le Nord de la France, sidérurgie en Lorraine).

Dans le débat entre libre-échange et protectionnisme, le libre-échange a évidemment gagné. On peut considérer qu’il est favorable globalement à la croissance économique, même si concrètement, il est parfois nécessaire de recourir au protectionnisme, au moins temporairement. Les politiques menées par les Etats en faveur de l’insertion de leur économie nationale dans les échanges internationaux sont donc marquées par ces deux tendances qui peuvent apparaître parfois comme contradictoires. Cependant, il reste une question essentielle : comme la croissance économique et le développement sont deux choses distinctes, peut-on considérer que l’insertion dans les échanges internationaux est un gage de développement ? La question se pose avec acuité pour les pays en développement.


  1. Quel(s) lien(s) existe-t-il entre le développement des échanges internationaux et développement économique ?


La question posée ici est de savoir si les échanges internationaux peuvent être un instrument de développement et à quelles conditions. Pour les pays déjà développés, nous avons montré que le développement des échanges internationaux jouait un rôle majeur dans la croissance. La question se pose donc essentiellement pour les pays en développement. L’introduction générale nous a permis de voir que les écarts de développement ne cessaient de s’accroître depuis le 19ème siècle entre les pays riches et les pays pauvres. On a vu également au début de ce dossier la marginalisation de certaines zones géographiques, l’Afrique en particulier, tant au niveau des échanges de marchandises qu’au niveau des échanges de capitaux. En revanche, les pays d’Asie du Sud-Est qui occupent une part croissante des échanges internationaux connaissent une croissance économique rapide.
Il faut donc s’interroger sur les liens entre ces deux éléments. Après avoir présenté deux types de stratégies d’extraversion menées dans certains pays en développement et leur bilan, nous verrons quels enseignements on peut tirer de ces expériences pour le sujet qui nous intéresse, c’est à dire les liens entre insertion dans les échanges mondiaux et développement.


  1. Les stratégies d’extraversion fondées sur l’exportation de produits primaires



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