On peut définir le processus de mondialisation comme





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    1. L’explosion des mouvements de capitaux


De l’ordre de 65 milliards de dollars par an à la fin des années 1970, ils étaient de l’ordre de 1600 milliards de dollars à la fin des années 1990, soit une multiplication par 25 environ en une vingtaine d’années. Cette explosion a été rendue possible par la déréglementation complète des marchés des capitaux qui a permis ce que l’on appelle la « globalisation financière », vecteur très important de la mondialisation et dont nous reparlerons plus loin.


    1. Les transformations dans les courants d’échange.




  • Les courants d’échange entre zones géographiques se sont donc considérablement transformés puisque tous les pays ne fabriquent pas le même genre de produits (division internationale du travail). Certains pays ont gagné du poids dans les échanges mondiaux, ceux qui exportent des produits manufacturés, c’est à dire en général les pays développés, alors que d’autres en perdaient, ceux qui exportent des produits primaires, c’est à dire en général les pays en développement. Cette spécialisation correspond à la Division Internationale du Travail (DIT) traditionnelle. Ainsi entre 1953 et 2000, la part dans le commerce mondial de l’Afrique et de l’Amérique latine réunies est passée de 17% à 8,1%, soit une baisse de plus de 50% (de la part, pas du montant échangé, évidemment ! Les chiffres sont ceux donnés par l’OMC).




  • On observe une tripolarisation des échanges : on a trois pôles essentiels d’échange l’Amérique, l’Europe et l’Asie, dont les caractéristiques sont les suivantes :


- Le commerce intra-zone est important (il représente aujourd’hui plus de la ½ du commerce mondial), avec souvent une organisation interne « régionale » de libre-échange. Les pays européens sont réunis dans l’Union européenne, l’ALENA regroupe les pays d’Amérique du Nord et le Mexique, le MERCOSUR certains pays d’Amérique latine (Argentine, Brésil, Paraguay, Uruguay), l’ASEAN regroupe certains pays d’Asie (mais pas les grands : ni la Chine, ni le Japon, ni l’Inde !) Il y a une hiérarchie à l’intérieur de la zone, un (ou deux pays dominant les autres (le Japon pour l’Asie, les Etats-Unis pour l’Amérique, par exemple).
- Ces zones ont des espèces de satellites, qui sont à l’extérieur, mais à proximité quand même, et ont des relations privilégiées avec les pays de la zone : il s’agit par exemple de l’Europe de l’Est pour l’Europe, de l’Amérique du Sud pour l’Amérique du Nord, la zone pacifique pour le Japon.
- Mais cette polarisation marginalise certaines zones, en particulier l’Afrique et une partie des pays d’Asie. La part de ces pays dans le commerce mondial chute parce que les volumes échangés n’augmentent pas assez vite (cela vient aussi du prix des produits qu’ils échangent) mais aussi parce qu’ils exportent des produits dont l’élasticité-revenu est faible : quand les revenus augmentent, la demande de ces produits n’augmente pas ou faiblement car, pour des raisons diverses, ces produits intéressent de moins en moins de clients. Il s’agit souvent de produits primaires, par exemple des matières premières de plus en plus souvent remplacées par des produits synthétiques.
Ces transformations constituent le processus même de la mondialisation : les économies nationales produisent de plus en plus pour l’échange international, elles importent de plus en plus, en proportion, pour satisfaire leurs propres besoins. Cette montée de l’interdépendance des économies accompagne donc la mondialisation, elle en est un des aspects !


  1. La montée de l’interdépendance des économies




    1. En quoi consiste cette interdépendance ?




  • Premier aspect : au niveau des économies nationales, quand une part significative de la production nationale est exportée, quand un travailleur sur trois ou quatre travaille pour l’exportation, on comprend bien que la situation économique du pays dépend, pour une large part souvent, de la conjoncture ou des décisions prises dans les pays clients ou fournisseurs. Imaginons, par exemple, que la consommation américaine fléchisse nettement dans les mois à venir. On peut penser que les travailleurs allemands travaillant dans les entreprises vendant des produits aux américains risquent de connaître des réductions d’horaires, voire des licenciements.




  • Deuxième aspect : parce que les échanges de marchandises et de capitaux se réalisent pratiquement sans entrave aujourd’hui, les firmes ne conçoivent plus, ou en tout cas de moins en moins, leur stratégie à l’échelon national. C’est le marché mondial qui compte. La logique de décision des entreprises s’est transformée, ce qui transforme les conditions de la production à l’intérieur même des économies nationales, qui ne peuvent plus être « indépendantes » du reste du monde économique.




    1. Une interdépendance amplifiée par la « globalisation financière ».




  • Ce terme désigne le processus de libéralisation quasi complète des échanges de capitaux depuis le début des années 80, débouchant sur la réalisation d’un marché mondial des capitaux très peu contrôlé. Ce processus s’est réalisé au travers de la déréglementation des mouvements de capitaux (il n’y a plus de contrôle), du décloisonnement des marchés (les différents marchés des capitaux ne sont plus séparés les uns des autres et tous les acteurs peuvent intervenir sur tous les marchés) et de la désintermédiation (aujourd’hui, de plus en plus, les entreprises ont un accès direct aux marchés des capitaux sans passer par les intermédiaires traditionnels que sont les banques). Aujourd’hui, 90% des échanges mondiaux totaux (biens, services et capitaux) sont des échanges de capitaux, les biens et services n’en représentant que 10%. C’est dire à quel point les mouvements de capitaux représentent des sommes colossales. Il faut dire aussi que grâce aux moyens télématiques modernes, les capitaux circulent par simple jeu d’écritures informatiques, ce qui est très facile, bien plus facile et rapide que l’échange des biens ou des services.




  • En quoi ces échanges renforcent-ils l’interdépendance des économies ? Aujourd’hui, les entreprises et les autres acteurs de l’économie (banques, sociétés d’assurance, Etats) vont emprunter, ou prêter, sur un marché des capitaux unique, mondial. Sur ce marché se fixent, comme sur tous les marchés, des prix. Ici, il s’agit du prix de l’argent, c’est à dire du taux d’intérêt. La globalisation financière aboutit à ce que le taux d’intérêt ne se fixe plus sur le marché national : ce n’est donc plus l’offre et la demande intérieures de monnaie qui déterminent le montant du taux d’intérêt mais la situation internationale du marché des capitaux. Résultat : les taux vont monter ou baisser sans que cela corresponde forcément aux nécessités économiques intérieures. Et les conditions du financement des investissements, à l’intérieur du pays, vont dépendre de considérations internationales. Par exemple, imaginons que le taux d’intérêt s’élève aux Etats-Unis parce que l’Etat américain a besoin de beaucoup emprunter pour financer ses dépenses militaires. Le taux d’intérêt va s’élever aussi en France sans qu’il y ait de raison objective à cette élévation, simplement parce que si ce n’était pas le cas, les capitaux disponibles en France iraient se placer sur le marché américain. Résultat : les entreprises françaises vont devoir financer leurs investissements de manière coûteuse, elles peuvent même être amenées à renoncer à l’investissement si la rentabilité devenait trop faible, compte tenu du niveau des taux d’intérêt (voir le chapitre sur les déterminants de l’investissement).




  • Sur le plan des marchés des changes (c'est-à-dire le marché sur lequel on échange des monnaies, que l’on appelle devises, entre elles), on se trouve dans une situation à peu près similaire : depuis le début des années 70, le système des changes fixes (système dans lequel l’Etat fixe lui-même la valeur de sa monnaie en référence à un étalon, soit l’or, soit une autre monnaie, le dollar en général) a été abandonné et remplacé par un système de changes flottants (le taux de change d’une monnaie se fixe au jour le jour sur le marché des changes en fonction de l’offre et de la demande de cette monnaie). Le régime de change, c'est-à-dire le système que les pays choisissent pour organiser leurs échanges de monnaie, s’est donc fondamentalement modifié. Le taux de change, c'est-à-dire le prix auquel une monnaie s’échange contre une autre monnaie, est donc devenu très fluctuant en fonction des évènements internationaux et/ou nationaux. Ces fluctuations vont avoir des conséquences, parfois non négligeables, sur l’activité économique intérieure : si le cours du dollar s’élève et que nous payons notre facture pétrolière en dollars, nous allons devoir payer davantage, alors même que le prix du pétrole lui-même (en dollars) n’a pas bougé. De même, si le cours du dollar baisse, le montant en euros correspondant à nos ventes d’Airbus, qui se font toujours en dollars (pas seulement quand on vend à une entreprise américaine), va diminuer, ce qui va affecter d’une part le montant de nos exportations, d’autre part les recettes de l’entreprise fabriquant les Airbus, ce qui risque peut-être de la mettre en péril (l’entreprise pourra-t-elle payer les salaires, par exemple, qui, eux, sont payés en euros, pas en dollars ?). On le voit, quand les monnaies flottent, ce qui devient difficile pour les entreprises, c’est de prévoir et donc de prendre des décisions dans un climat d’incertitude, car personne ne peut prévoir comment va évoluer le cours d’une monnaie.


On observe donc un développement très rapide des échanges internationaux dans un cadre de plus en plus libre-échangiste. Comment en est-on arrivé là et dans quelle mesure ce développement a-t-il favorisé la croissance économique ? C’est que nous allons étudier maintenant.


  1. Développement du libre-échange et développement des échanges internationaux


Depuis la fin de la seconde guerre mondiale, le libre-échange s’est développé très rapidement et les échanges internationaux aussi. Les deux sont évidemment liés : quand il n’y a plus d’entraves aux échanges, en particulier sur le plan des taxes douanières, cela facilite les échanges et leur permet de se développer.
Depuis cette date, les pays se sont mis d’accord pour instituer un libre-échange de plus en plus généralisé. C’est ce que l’on appelle la libéralisation des échanges et que nous allons présenter d’abord. Nous verrons ensuite quelles sont les caractéristiques du développement des échanges qui en est résulté.


    1. Libre échange ou libre-échangismes ?


Le libre-échange renvoie au fait que les biens et les services circulent librement entre tous les pays. On parle également de politique de libre–échange pour qualifier les politiques qui visent à assurer la libre circulation des marchandises.
Le libre échangisme est une doctrine selon laquelle tout pays a un intérêt à pratiquer la liberté des échanges internationaux.


    1. La libéralisation des échanges : du G.A.T.T. à l’O.M.C.


Le GATT est un simple accord (Accord général sur les tarifs douaniers) mis en application en octobre 1947, en principe provisoirement (en attendant la création d’une organisation internationale du commerce) mais le provisoire dura jusqu’en janvier 1995, date de création de l’OMC (Organisation Mondiale du Commerce). Les nations réunies au sein du GATT se mirent d’accord pour abaisser progressivement les tarifs douaniers portant sur les échanges de biens et services et respecter ce que l’on pourrait appeler un « code de bonne conduite ». L’abaissement des tarifs douaniers se négociait périodiquement au cours de « rounds » successifs (conférences internationales), dont le plus célèbre est peut-être l’Uruguay Round, du nom du pays accueillant la négociation.


  • L’abaissement des tarifs douaniers


Il fut très rapide, grâce aux négociations du GATT. On voit donc que le tarif moyen a été divisé par 10 en une cinquantaine d’années. Aujourd’hui, près de 40% des marchandises circulant dans le monde le font en franchise totale (c’est à dire sans aucun droit de douane à payer). Dans ce domaine, l’action du GATT a donc été particulièrement efficace, favorisée par le nombre grandissant de pays signataires de l'accord.


  • Le « code de bonne conduite »

 

Les pays signant l’accord du GATT s’engagent à respecter quelques principes parmi lesquels :
- Le principe de non-discrimination avec la « clause de la nation la plus favorisée »: le pays signataire s’engage à appliquer à l’ensemble des pays adhérant au GATT le tarif douanier le plus bas qu’il pratique déjà. Cela signifie par exemple que si un pays se met d’accord avec son voisin pour abaisser les droits de douane sur les échanges de produits agricoles, de facto cet abaissement bénéficie aussi à tous les pays signataires de l’Accord. Des exceptions sont prévues dans le cas d’unions régionales : des pays peuvent s’unir dans une union économique régionale (comme l’Union européenne, par exemple) et pratiquer entre eux des tarifs plus bas que ceux convenus avec les autres pays du GATT.
- L’interdiction des barrières non tarifaires : les pays pourraient vouloir empêcher l’entrée chez eux de marchandises étrangères par des moyens autres que tarifaires. On peut citer comme exemple de ces autres moyens le contingentement (ou quotas) : dans ce cas, le pays limite l’importation d’un produit (les magnétoscopes, par exemple, c’est arrivé en France en 1982) à une certaine quantité fixée d’avance pour l’année. On peut aussi penser à l’imposition de normes à respecter pour les produits importés (normes techniques, normes sanitaires, …), normes que les produits nationaux ne sont pas obligés de respecter. Ces « barrières non tarifaires » sont donc interdites, ce qui signifie que le GATT préfère, tant qu’à faire, les barrières tarifaires qui, elles, sont visibles et les mêmes pour tous, aux barrières non tarifaires, beaucoup moins évidentes et beaucoup plus difficiles à contrôler.
- L’interdiction du dumping (c’est à dire de la vente à un prix inférieur au coût de production) et des subventions à la production : ces deux règles visent à tenter d’établir une certaine égalité entre les entreprises sur le marché mondial et à imposer ce que certains appellent une « saine concurrence ».


  • Le GATT et l’OMC : deux fonctionnements différents


Sur le plan de la libéralisation des échanges, on peut estimer que le GATT a eu beaucoup d’efficacité puisque presque tous les pays du monde y adhéraient à la fin et que les tarifs douaniers avaient énormément baissé. Cependant le fonctionnement du GATT, tout en souplesse, ne lui permettait pas de régler certains problèmes. D’abord, le GATT n’étant pas une organisation, il n’avait aucun pouvoir de coercition sur les pays signataires et, finalement, chacun faisait un peu ce qu’il voulait, surtout si c’était un pays économiquement puissant. Ensuite, les conflits naissant entre les Etats trouvaient difficilement à se résoudre dans la mesure où il n’y avait pas d’autorité établie. Et pourtant, la multiplication des échanges internationaux, renforcée encore par la libéralisation des échanges de capitaux sur les marchés financiers et les nouvelles technologies de l’information, rendait de plus en plus nécessaire une telle autorité. C’est pourquoi lors de l’Uruguay-Round, on a prévu de transformer le GATT en OMC, les deux coexistant durant l’année 1995.
L’OMC (Organisation Mondiale du Commerce) a eu souvent, depuis sa création, à régler des conflits commerciaux entre Etats. A la différence du GATT, ses décisions s’imposent aux Etats membres et l'OMC prononce parfois des sanctions financières lourdes contre des Etats ne respectant pas, par exemple, les règles concernant les subventions. C’est certainement un succès pour l’OMC. Mais la difficulté est toujours aussi grande pour approfondir le libre-échange sur les produits encore peu concernés (produits agricoles, services, par exemple) et les négociations butent sur la volonté d’un nombre grandissant d’Etats d’encourager les Unions régionales plutôt que de développer le multilatéralisme. Cela repose le problème de la place des pays les plus pauvres dans ce type d’organisation : on ne peut pas dire que, pour le moment, ils puissent réellement faire entendre leur voix.
Au total, le libre-échange est devenu au cours des 50 ans écoulés la règle presque générale des échanges, sur la planète entière, et l’on voit que ce sont les Etats qui ont concouru à son établissement. Mais cela ne signifie pas que le protectionnisme, ou les tentations protectionnistes, aient disparu, au contraire, on le verra plus loin.



  1. Quel(s) lien(s) existe-t-il entre le développement des échanges et la croissance économique


Après avoir mis en évidence les mécanismes reliant développement des échanges internationaux et croissance économique, nous nous demanderons pourquoi les Etats sont-ils toujours tentés par la mise en place de mesures protectionnistes d’un nouveau genre !


    1. Les mécanismes reliant croissance économique et développement des échanges internationaux.


Nous avons déjà vu que l’échange international se développait parce qu’on tirait des avantages de ces échanges. Mais d’où viennent ces avantages ? Comment les expliquer ? Les économistes estiment qu’il y a deux grandes explications aux avantages retirés, pour la croissance économique, de l’échange international : d’une part, celui-ci favorise les gains de productivité, d’autre part il permet l’extension des marchés.

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