La politique de la France dans la crise en Côte d’Ivoire





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La défense au service de la paix

Exemple

La politique de la France dans la crise en Côte d’Ivoire



Présentation du contexte Ivoirien :

Ancienne colonie française, la Côte d’Ivoire constitue jusqu’aux années 80 un Etat « modèle » en Afrique de l’ouest par sa stabilité politique et son développement économique fondé en grande partie sur l’exploitation du cacao dont elle est le premier producteur mondial. Cette prospérité s’accompagne d’une très forte croissance de la capitale économique et principal port du pays, Abidjan, ainsi que d’une forte immigration venue des pays voisins plus pauvres de la zone sahélienne, et de l’installation d’une forte communauté de français expatriés qui contrôlent une bonne partie de la vie économique du pays. Au milieu des années 90 la crise du cacao secoue l’économie du pays et le pouvoir ivoirien laisse se développer des discours racistes à l’égard des immigrés, et des tensions interethniques et religieuses se font jour, en particulier entre nord et sud du pays, les ethnies du sud accaparant le pouvoir depuis l’indépendance : Au printemps 2002 plusieurs mouvements rebelles apparaissent et s’en prennent, au nord et au centre du pays, aux forces et aux symboles du pouvoir menaçant de marcher sur Abidjan ou gouverne le président Gbagbo.

La France possède depuis les années 60 des forces militaires terrestres stationnées près d’Abidjan , en vertu d’accords de défense signés avec l’Etat ivoirien.

Doc 1 : Chronologie de la crise ivoirienne





  • Septembre 2002 : La France envoie des renforts pour assurer la sécurité des ressortissants étrangers et s’interpose militairement entre les parties à la demande du gouvernement ivoirien : le pays est de fait coupé en deux et le nord échappe à l’autorité du gouvernement qui critique l’action militaire française au motif que Paris refuse de prendre dans un conflit jugé intérieur.

  • Octobre 2002 : Cessez le feu sous contrôle français en attendant une négociation politique

  • 24 janvier 2003 : En France les représentants des parties et du gouvernement ivoirien signent un calendrier politique de règlement de la crise : accord de Marcoussis

  • Février 2003 : l’ONU autorise le déploiement de militaires de la Communauté d’Afrique de l’Ouest et de soldats français

  • Février 2004 : L’ONU vote la résolution 1528 qui crée une force des Nations Unies pour la Côte d’Ivoire (ONUCI) qui sera soutenue par l’opération française « LICORNE »

  • Juillet 2004 : Accord d’Accra prévoyant des réformes politiques et un calendrier de désarmement à partir d’octobre.

  • Novembre 2004 : Violations par l’armée ivoirienne du cessez le feu, attaque aérienne contre des positions françaises et émeutes anti-occidentales à Abidjan

Evacuation de plusieurs milliers d’occidentaux par l’armée française. 

  • 15 novembre 2004 : Résolution 1572de l’ONU prévoyant un embargo sur les armes à destination de la Côte d’Ivoire et des sanctions contre les responsables de la violation des accords (voir ci-dessous)


Doc 2 : La carte du déploiement de l’opération Licorne et des troupes de l’ONU



Doc3 : Déclaration du Président du Conseil de Sécurité des Nations Unies (6 novembre 2004)



Extrait de la résolution 1572 du Conseil de Sécurité : exposé des motifs, puis six premiers articles :



Doc 4 : Réponse du premier ministre, M. Raffarin à une question d’un député le 9 novembre 2004 :
"Monsieur le président, Mesdames et Messieurs les députés, Monsieur le député,

Je tiens tout d’abord à associer le Gouvernement au recueillement de votre Assemblée à la mémoire des soldats français morts en Côte-d’Ivoire, morts pour la paix.

Vous le savez, la situation en Côte-d’Ivoire est, à la fois, ancienne, grave et complexe. Je rappelle ici, en premier lieu, la situation et les faits que nous avons dû affronter.

Face à la situation de blocage qui continuait à prévaloir en Côte-d’Ivoire depuis des accords non appliqués, le président Gbagbo a cherché à recouvrer, unilatéralement, l’intégrité de son territoire. Le président de la République française a personnellement mis en garde le président ivoirien contre le risque majeur d’une telle action. Madame la ministre de la Défense, M. Alliot-Marie et Monsieur le ministre des Affaires étrangères, M. M. Barnier, ont relayé activement ces messages. Le chef de l’Etat ivoirien n’a pas cru bon de devoir entendre ces messages, et samedi matin, neuf militaires français, qui ne combattaient pas mais qui étaient là pour assurer la paix dans le cadre de l’Opération Licorne, en appui aux forces des Nations Unies, sont morts dans un bombardement de l’aviation ivoirienne ; 28 ont été blessés.

En rendant hommage à leur mémoire, comme vous l’avez fait, nous voudrions également exprimer à leurs familles, notre immense tristesse et notre profonde reconnaissance. Devant une telle agression, malgré nos mises en garde et nos avertissements, nos Forces ont immédiatement et mis hors d’état de nuire l’aviation ivoirienne. Dans un second temps, nous avons sécurité l’aéroport d’Abidjan et renforcé notre dispositif, afin, d’une part, d’assurer la sécurité de la communauté française de la ville, mais aussi de créer les conditions nécessaires à l’évacuation des blessés.

Je tiens à saluer ici le professionnalisme et le sang-froid de nos soldats, qui ont été confrontés à des situation particulièrement difficiles,

Notre priorité immédiate, a donc été de ramener le calme. Mais à l’heure où je vous parle, la situation reste précaire, et je crains qu’elle ne se tende. Notre vigilance doit donc être totale. Le sort de nos compatriotes est bien évidemment notre priorité absolue. Plusieurs centaines d’entre eux sont rassemblés au 43 ème Bima et dans les locaux de l’Organisation des Nations Unies. Ils sont ainsi protégés physiquement, protégés, mais vivent, vous le savez, des moments difficiles, et connaissent l’incertitude de l’angoisse.

Sachez que le Gouvernement a mobilisé en France l’ensemble des administrations concernées - administrations de l’Etat - pour faire face à cette situation et pouvoir répondre à tous les besoins de nos compatriotes.

Au-delà, et en liaison étroite avec nos partenaires internationaux, et notamment avec nos partenaires africains qui ont soutenu nos démarches, nous nous efforçons de ramener le processus de paix sur de bons rails et de reprendre le chemin de ce qui nous paraît être la solution, le chemin de la solution politique, la seule possible, la seule envisageable.

C’est dans ce cadre que le président de la République d’Afrique du Sud est arrivé en fin de matinée à Abidjan, pour tenter de convaincre le président Gbagbo.

Notre position sur laquelle vous m’interrogez, Mesdames et Messieurs les députés, est fondée sur trois objectifs très précis. D’abord, il faut assurer par priorité la sécurité des populations civiles et étrangères, à commencer, bien sûr, pas seulement par celle de nos ressortissants. Deuxièmement, il faut préserver la légitimité de l’Etat et des institutions qui sont la base du régime. Et troisièmement, il faut évidemment respecter l’intégrité du territoire national de la Côte-d’Ivoire, et ainsi stabiliser la zone géographique, stabiliser la région.

Ces objectifs doivent s’appuyer sur une conviction et sur une méthode. La conviction, elle est évidente : c’est aux Ivoiriens, aujourd’hui, de progresser dans le bon sens. Notre conviction est qu’il n’y aura pas de situation militaire durable qui, dans cette crise, pourra apporter les solutions que nous attendons et que les Ivoiriens attendent. Seule une solution politique, fondée sur le dialogue et la réconciliation, permettra de sortir d’un conflit qui, aujourd’hui, coupe le territoire ivoirien par deux. Sur la méthode, il y a, selon nous, aucune équivoque. La crise qui secoue aujourd’hui la Côte-d’Ivoire n’est en aucune façon un tête-à-tête entre la France et la Côte-d’Ivoire. Notre action s’inscrit dans le cadre de celle de la communauté internationale ; unie, dans les enceintes africaines comme dans les enceintes de l’Organisation des Nations Unies. Une démarche que nous entendons respecter, et naturellement, et difficile et exigeante. Il ne s’agit pas pour nous de choisir un camp mais de défendre une solution, d’éviter la guerre civile. Nos soldats sont morts parce qu’ils se battaient pour la paix, contre la guerre civile !

Notre pays, au nom des organisations internationales, ne poursuit qu’un seul but : éviter cette guerre civile et appeler tous les acteurs au sens des responsabilités. La France continuera à assumer les siennes."

9-11-2004 16:38


Doc 5 : Hommage du président de la République aux soldats français tués en Côte d’Ivoire




ÉLOGE FUNÈBRE PRONONCÉ

PAR MONSIEUR JACQUES CHIRAC,PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE

LORS DE LA CÉRÉMONIE D’HOMMAGE NATIONAL
AUX SOLDATS MORTS A BOUAKÉ EN CÔTE D’IVOIRE

***

HÔTEL DES INVALIDES - PARIS

MERCREDI 10 NOVEMBRE 2004

Adjudant-chef Thierry BARATHIEU,
Adjudant-chef Philippe CAPDEVILLE,
Sergent-chef Francis DELON,
Sergent Laurent DERAMBURE,
Caporal-chef Patélisé FALEVALU,
Brigadier-chef Franck DUVAL,
Caporal Benoît MARZAIS,
Caporal Emmanuel TILLOY,
Marsouin de 1ère classe David DECUYPERE,

Vous êtes tombés le 6 novembre à Bouaké, dans l’exercice de votre mission, une mission difficile et exigeante que vous remplissiez avec ardeur, avec générosité, avec abnégation.

Vous étiez venus en Côte d’Ivoire pour protéger les populations déchirées de ce pays ami et les aider à retrouver le chemin de la paix et de l’unité.

Déployés sur le terrain depuis un mois, vous vous donniez sans compter et vous avez été lâchement frappés, victimes d’une agression que rien ne pouvait justifier.

C’est le destin et l’honneur du soldat que d’accomplir son devoir souvent loin des siens, toujours au risque de sa vie, avec courage, dignité et maîtrise de soi. Tel est le vrai visage, l’exigence et la noblesse du métier des armes. Et telle est la grandeur de la mission des 13 000 soldats français engagés aujourd’hui sur les cinq continents.

 
Neuf soldats sont tombés au champ d’honneur. Ils sont tombés loin de leur patrie, loin des leurs, alors qu’ils s’interposaient pour défendre le droit et assurer la sécurité d’un pays ami. Ce qu’ils ont fait mérite notre admiration et notre reconnaissance. Nous leur devons respect et gratitude.

Au nom des Françaises et des Français, je veux leur rendre l’hommage solennel de la Nation.

Je m’incline avec émotion devant la douleur de leurs parents et de leurs proches. Je sais ce qu’ils ressentent et je leur dis simplement : dans ce jour d’immense chagrin, vous pouvez être fiers d’eux, comme nous le sommes tous.

J’associe à cet hommage nos 35 blessés. Je pense à leur famille et à leurs proches. Je leur souhaite un très rapide et complet rétablissement.

A toutes celles et à tous ceux qui poursuivent en Côte d’Ivoire leur mission de paix et qui assurent aujourd’hui la sécurité de nos concitoyens, je veux dire ma totale confiance. Je sais qu’ils sauront être dignes de leurs camarades.

Vous méritez la reconnaissance de la Nation tout entière. Ici, dans ce haut lieu nimbé de gloire militaire, je veux vous dire, au nom du Peuple français, que nous ne vous oublierons pas.




Doc 6 : Témoignages de français évacués de Côte d’Ivoire extraits d’articles de presse











 

Un rapatrié :

« Nos soldats n’ont jamais été aussi bons… ils ont été capables de tenir à trente une foule de mille personnes. »

Valeurs actuelles du 19 nov. 2004, article de Vladimir de Gmeline et Mathieu Ducourd.

 

Cyrille, employé dans le marketing, frappé par « la gentillesse et le professionnalisme » des militaires :

« Des petits gars qui dormaient trois heures par nuit et prenaient le temps, en plus, de passer dans les tentes pour donner des biscuits aux gosses, parler avec des gens, les rassurer. »

Valeurs actuelles du 19 nov. 2004, article de Vladimir de Gmeline et Mathieu Ducourd.

 

Un réfugié :

« Ils ont été extraordinaires, ils passaient parfois trois jours sans dormir, ils étaient partout, pour aider, pour secourir les Français ou les Ivoiriens qui les accompagnaient. Ils ont réalisé un travail hors du commun. »

L’Indépendant catalan du 17 nov. 2004, article de Guy Bosschaerts.

 

La foule est calme, patiente et fatiguée, et dans l’ensemble pleine de reconnaissance pour la sollicitude des soldats français.

Le Monde du 17 nov. 2004, article de Laurent Zecchini.

 

Noëlle, enseignante, rapatriée en France :

« On est restés calfeutrés quatre jours dans notre maison de Cocody avec mes trois enfants… dehors, plusieurs centaines de manifestants déchaînés, cherchaient des Français… sans l’intervention de l’hélicoptère de l’armée, ils nous auraient tués. »

Aujourd’hui, le 14 nov. 2004, article d’Eric Moreau.

 

« On a parcouru 500 mètres couchés à l’arrière d’une voiture, pour ne pas être vus », se souvient Emmanuel, qui tient à saluer le professionnalisme de l’armée française.

France soir 12 nov. 2004 article de Maxime Blondet.

Christophe Larouille, originaire d’Angers :

« Moi, j’ai eu de la chance, l’hélicoptère a atterri presque sur ma pelouse, en pleine nuit. On est venu taper à ma porte, on m’a dit « vous avez trois secondes pour réfléchir ». Je me suis retrouvé assis sur des munitions, comme dans un film.» A la sortie de l’aéroport, beaucoup ont tenu à exprimer leur reconnaissance à l’armée française, pour son travail « extraordinaire » de sauvetage et son accueil.

Le Monde 12 nov. 2004 article de Alexandre Garcia.

Elise Croupaye et Vincent Audant ont poussé un véritable ouf de soulagement :

La menace se faisant de plus en plus pressante, les jeunes français se sont finalement réfugiés dimanche matin sur le toit de la résidence où ils sont restés jusqu’à ce que deux hélicoptères de l’armée française viennent les récupérer, en début d’après midi. De là, ils oint été conduits en lieu sûr et réconfortés à la base du 43 Bima. « l’armée française a été hyper-professionnelle, hyper-efficace. Ils ont vraiment accompli un super travail ».

Nice Matin, Michel Barelli, le 12 nov 2004.

 

Une femme qui, comme la plupart de ses compagnons d’infortune, préfère taire son identité :

« l’armée française a été extraordinaire. On nous a prévenu qu’il fallait se rendre à un point en pleine nuit. On a pris cinq kilos de bagages et on est parti ». « Les militaires français ont fait un travail formidable », se contente de dire une autre femme.

Dépêche AFP du 11 novembre 2004.




















Doc 7 : Article du quotidien ivoirien « Le courrier d’Abidjan » du 29 janvier 2005.
« RFI – tout sur une grosse intox »

Manœuvres – Avant le sommet d’Abuja, les couteaux se fourbissent. Paris fait monter la mayonnaise, en «créant des événements» pour discréditer la Côte d’Ivoire républicaine. «L’affaire de la liste» en fait partie. Explications.

Par Sylvie Kouamé

En se réveillant ce matin, les auditeurs des journaux Afrique de RFI, la «radio mondiale» financée à 100% par le ministère des Affaires étrangères français, ne s’attendaient pas à être mis en face d’un «objet informationnel non identifié». La radio hexagonale leur «divulguait» quatre noms figurant sur la «fameuse liste» des responsables des violations des droits de l’homme en Côte d’Ivoire, établie par la dernière Commission d’enquête onusienne ayant séjourné ici et dans certains pays voisins pendant deux mois. Ces noms sont : Simone Gbagbo (pour avoir «parrainé» les escadrons de la mort) ; Bertin Kadet (pour être «responsable» des escadrons de la mort) ; Charles Blé Goudé (pour – ne riez pas – «trouble à l’ordre public», mais également «incitation à la violence, à la xénophobie et à l’ordre public»). Ce sont ces quatre noms, et c’est tout. RFI n’a pas publié la liste complète, n’a pas expliqué de quoi elle retourne… Mais a repassé en boucle son «info», suivie par l’Agence France Presse (AFP) qui s’est contentée de la citer et s’est bien abstenue de la prendre à son compte.
C’est que l’affaire est plus complexe qu’elle n’en a l’air. Elle entre dans un contexte bien plus large. En effet, la France a pris acte de l’incapacité de la rébellion à triompher du pouvoir d’Abidjan, de la difficulté d’en finir directement avec le président Gbagbo (après la «guerre de six jours» en novembre dernier), mais également de l’impossibilité de continuer à mener sa guerre à travers les institutions régionales et continentales comme la CEDEAO ou l’Union africaine (avec les prises de position courageuses de Thabo Mbeki et de certains autres chefs d’Etat excédés par son attitude néocoloniale). Craintive de voir le prochain sommet de l’Union africaine, à Abuja, accoucher d’un communiqué final donnant des dates pour le désarmement et le référendum et sonnant la fin de la rébellion, Paris veut, avant le sommet nigérian, imposer ses priorités à l’agenda. C’est pour cette raison qu’elle a tout fait pour contraindre le Conseil de sécurité à voter, avant le sommet qui se tient dimanche, une résolution renforçant l’embargo uniquement destinée à exercer des pressions sur le camp gouvernemental. Il faut donc «créer une ambiance». C’est ainsi que le Quai d’Orsay fait monter la mayonnaise autour d’une annexe du dernier rapport onusien. «La commission d'enquête internationale sur les violations des droits de l'homme commises depuis septembre 2002 a rendu son rapport. Celui-ci n'a pas été étudié par le Conseil. Mais le comité chargé de l'application des sanctions, qui s'est réuni mercredi, a commencé à s'inquiéter qu'il soit traduit en anglais de sorte qu'il puisse être étudié. La "liste", surtout, est désormais accessible. C'est l'un des documents les plus recherchés à New York : la liste des personnalités ivoiriennes coupables de violations des droits de l'homme, d'après la Commission. Selon une formule unique elle aussi, les membres du Conseil sont autorisés à aller la consulter dans un bureau de l'ONU, mais elle ne leur a pas été remise, pour éviter les fuites», écrit Corinne Lesnes, de Le Monde. Il n’y a donc pas de doute : il n’y a que la diplomatie française qui a soufflé à RFI 4 hypothétiques noms sur 95. Pis : le rapport en question n’a même pas encore été étudié par le Conseil de sécurité. Il n’a même pas encore été traduit en anglais. Par ailleurs, ce rapport (que nous avons publié et commenté dans un livret qui paraîtra très bientôt) n’a aucune valeur juridique. Quand bien même le Conseil de sécurité saisirait la Cour pénale internationale (CPI) – laquelle Cour est vigoureusement combattue par les Etats-Unis, membre du Conseil de sécurité – pour enquêter sur la crise ivoirienne, elle n’inculpera évidemment pas sur la base des propos contestés des enquêteurs…En réalité, depuis novembre 2004, la France a une obsession : jeter l’anathème des sanctions onusiennes sur Gbagbo pour lui «coller» un destin à la Charles Taylor, accélérer le chaos et reconstruire sur les cendres qu’elle aura causées. Mais elle bute sur les réticences du Conseil de sécurité. «L'embargo est entré en vigueur, mais la liste des personnes sanctionnées n'a pas encore été établie officiellement, le Conseil préférant laisser une marge de manœuvre à la négociation engagée par le président sud-africain, Thabo Mbeki. Le va-et-vient est constant entre l'ONU et l'Union africaine, la gradation savamment dosée. "Grâce à la résolution 1572, on a le droit de prendre des sanctions, on est prêts, mais on ne veut pas", explique un diplomate de l'ONU», rapporte Le Monde, qui avoue que les mesures que Paris veut imposer – liste exhaustive de l’armement lourd et léger, inspections inopinées, etc – est unique dans l’Histoire de l’ONU. Le Conseil de sécurité ne veut pas sanctionner le camp Gbagbo, et c’est bien là le drame pour Paris. Ainsi, alors que Paris a bataillé ferme pour que l’embargo soit corsé aujourd’hui, le Conseil a demandé que les choses soient reportées à l’après-Abuja, sur demande expresse de Thabo Mbeki. C’est dans ce contexte global que RFI, porte-voix de la diplomatie française et bras médiatique de la rébellion «ivoirienne», crée des événements pour «mettre la pression» sur le camp gouvernemental et aider l’ambassadeur français à la Maison de Verre dans sa guerre ouverte contre le président Gbagbo.
Nota : Le quotidien « Le courrier d’Abidjan » est considéré proche du président Gbagbo, il s’exprime ici à quelques jours d’un nouveau sommet africain consacré à la crise ivoirienne

Questions : Après avoir pris connaissance du contexte et de la chronologie de la crise ivoirienne,

Répondez aux questions suivantes :
Doc 3 :

  1. Dans la déclaration du président du conseil de sécurité et la résolution 1572, relever les arguments de l’intervention de l’ONU, en distinguant ceux qui relèvent de l’application du droit et ceux de nature humanitaire.

  2. Dressez la liste des différents intervenants de la crise ivoirienne qui sont cités.

  3. D’après ces deux documents énumérez les moyens dont dispose l’ONU pour intervenir dans ce type de situation.


Doc 4 :

  1. Quels sont les responsables de la défense nationale dont l’action est évoquée par la premier ministre.

  2. Quels sont les objectifs donnés aux militaires français déployés en Côte d’Ivoire ?

  3. D’après son discours, indiquer quel type de solution, et avec quels acteurs la France entend soutenir dans cette crise.


Doc 5 :

  1. De quelle(s) fonction(s) présidentielle(s) cet éloge funèbre traduit-il l’application ?

  2. Comment le président caractérise t-il la mission des soldats tués ?


Doc 6 :

  1. Relevez dans les témoignages ce qui traduisait l’urgence de la situation des personnes évacuées.

  2. En quoi a consisté l’intervention des troupes françaises ?


Doc7 :

  1. Relevez dans l’article les accusations formulées contre la politique française.

  2. Quels sont les arguments du journaliste ivoirien pour dénoncer ce qu’il considère comme une manipulation française ?

  3. Quels institutions ou médias français sont-ils mis en cause ?


Ensemble du dossier : rédigez un paragraphe ordonné présentant les principes et les fonctions de la politique de défense de la France dont ces documents traduisent l’application.

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