Résumé : Le mouvement de la mondialisation n’épargne aucun pays. En Côte d’Ivoire, IL s’exprime sous plusieurs formes dans les villes, villages et hameaux.





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date de publication14.12.2016
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Abidjan : Rue Des Jardins et Rue du Commerce à l’épreuve de la mondialisation

NASSA Dabié Désiré Axel1

dabie@voila.fr

Résumé : - Le mouvement de la mondialisation n’épargne aucun pays. En Côte d’Ivoire, il s’exprime sous plusieurs formes dans les villes, villages et hameaux. Ce processus entraîne des mutations spatiales, sociales, économiques et culturelles. Cette contribution présente la manifestation de la mondialisation dans deux rues d’une métropole ouest-africaine portuaire. Aussi montrons-nous que le renforcement de l’économie libérale par la globalisation est révélateur des dynamiques souvent propres aux grandes villes ouvertes mais permet également d’accentuer le processus d’exclusion, de vulnérabilité sociale, de précarisation et de recomposition spatiale. En quelque sorte, la mondialisation fragilise une certaine fraction de population et la déverse dans les rues, pour en faire des parias de la société.

Ces espaces publics se sont renforcés comme des lieux d’expérimentation et de constructions collectives ou individuelles d’alternatives économiques et sociales, devenant, pour ces populations précarisées, un rempart contre l’anéantissement social. De nouvelles solidarités se tissent à travers des formes inédites d’échange, de crédits et d’épargne qui mettent l’accent sur la mutualité. Une nouvelle forme de régulation sociale par la rue s’est créée.
Mots clés : Côte d’Ivoire, Abidjan, mondialisation, réseaux, rue, commerce, recomposition spatiale, exclusion, précarisation, solidarités


Abidjan: the trade and garden street, facing the challenge of globalization.
Abstract: - Globalization as a trend has no limit even on country. In Ivory Coast, it expresses itself under several figures in cities, villages and hamlets. This process leads on spacial, social, economic and cultural changes of the environment. This contribution, based on the expression of globalization within two famous streets from a West African harboring metropolis (Abidjan). Here, we are highlighting through geographical logic the magnitude of the phenomenon. We are also showing that the strengthening of free market economy through globalization, is revealing of some dynamics specific to big cities indeed opened to all, but in a certain extend closed due to globalization that enhance the process of exclusion, social vulnerability, insecurity and urban instability. In a sense, globalization weakens population and poured it into streets to make outcasts of society-societal area. With this in mind, these public areas have been increased and organized as some places of experimentation and of collective or individual construction to face economic and social difficulties, becoming for these hop less populations, a bulwark against social annihilation. So news kinds of solidarities are appearing through new forms of exchange, credit and savings that focus on mutuality. Indeed, a new form of social control through street has so been created.
Keywords: Côte d’Ivoire, Abidjan, Globalization, networks, street, trade, spatial recomposition, exclusion, precariousness, solidarities


Introduction
La mondialisation est envisagée comme un mouvement englobant, un processus dans le cadre duquel des réalités déterminantes (productives, monétaires, financières, culturelles, environnementales) se développent de manière organique sur l’ensemble de la planète en influençant d’une façon marquante la totalité des réalités sociales, cela à chacune des échelles territoriales où elles s’organisent (Cadène, 2007). Selon Lévy et Lussault (2003), en unifiant les marchés, y compris non monétaires ou non exclusivement monétaires, la mondialisation met à mal des frontières et réorganise à une échelle élargie un certain nombre de processus.

Abidjan, une des métropoles ouest africaines portuaires à l’interconnexion des réseaux mondiaux et des échelles géoéconomiques nationales, continentales est aussi interface de la globalisation. Ce processus s’y manifeste à degrés divers : Elle est ville-siège de la Banque Africaine de Développement (BAD), de la Bourse Régionale des Valeurs Mobilières (BRVM), du Marché des Arts et du Spectacle Africain (MASA) et principal foyer de consommation national voire sous-régional mettant en relation acheteurs et vendeurs qui s’appuient sur une logistique efficace (diversité des modes de transport, marché, fret, stockage et télécommunications). C’est une ville qui assure l’articulation de la Côte d’Ivoire non seulement avec les pays de l’espace ouest-africain mais aussi avec le reste du monde. Les politiques d’ouverture adoptées par les gouvernants dans le cadre de différents accords et cycles successifs de négociations de l’Accord Général sur le Tarif Douanier et le Commerce (GATT) et de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC), ainsi qu’au niveau régional, entre pays membres de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et de l’Union Economique et Monétaire Ouest Africain (UEMOA) y ont largement contribués.

En revanche, pour ses habitants, le phénomène de la mondialisation a transformé la vie de tous. Leurs habitudes et leur existence apparaissent dépendre d’évènements se déroulant en des lieux parfois éloignés. Ce phénomène est révélateur des dynamiques souvent propres aux grandes villes mais permet d’accentuer le processus de recomposition spatiale, de vulnérabilité sociale, de précarisation. Pour analyser les manifestations de ce mouvement dans la métropole ivoirienne par le « bas », deux rues de cette ville ont été retenues en rapport à l’intensité des activités qui y sont exercées, à leur spécificité dans le commerce national, régional et mondial.

La rue du commerce située dans le quartier des affaires de la ville d’Abidjan a été rendue célèbre par le nombre impressionnant des commerces spécialisés dans la vente des tissus imprimés au Pays-Bas et en Côte d’Ivoire connus sous le dénominatif de « pagne wax ». Aujourd’hui, elle fait face à une recapitalisation et à une reconversion de ses commerces en des activités autres que la vente de ces « pagnes wax ». Quant à la Rue Des Jardins, rue paisible du quartier résidentiel de Cocody, elle est devenue en l’espace d’une décennie, une rue marchande sur laquelle plusieurs boutiques de mode à prix élevés, banques, restaurants et supermarchés de type européens sont installées.

La présente contribution montre les réalités de ces deux rues au temps de la mondialisation en mettant en avant les particularités qui sont les leurs mais aussi les diversités qu’elles peuvent connaître. Il s’agit aussi d’appréhender combien l’impact du processus de la globalisation en ces lieux, se traduit par une recomposition du milieu mais également par une rénovation de l’espace urbain.
1. Réalités de la Rue Des Jardins et de la Rue du Commerce au temps de la mondialisation
La rue est un espace public complexe. Elle est associée à la circulation et à l’habitat. Elle est également produit des modes de construction, d’aménagement et de gestion urbaine. Cet espace supporte aussi les réseaux et pratiques sociales. Il est le lieu d’échanges, de débats et de négociations entre acteurs unis par un même intérêt ou non. Aujourd’hui, cet espace public est touché par de rapides changements socio-spatiaux qui influencent sa dynamique. Dans le cas de la métropole ivoirienne, la rue fait face aux effets grandissants de la mondialisation véhiculés par une idéologie et des institutions étatiques néo-libérales, mais aussi par les relations professionnelles, le système éducatif et les médias. L’Avenue du Général De Gaulle connue sous le dénominatif de la rue du commerce et la Rue Des Jardins sont l’expression de ce processus.

La première se localise dans une zone urbaine à caractère de commerce et d’habitation dans la commune du Plateau centre des affaires de la capitale économique ivoirienne. C’est une rue qui est longue de 150 m sur laquelle se trouvaient des pôles commerciaux organisés autour de cette structure viaire dont le plus célèbre était Pagnes d’Afrique. Dans les années 1970, à côté de ce Pôle commercial étaient implantés quelques noyaux de commerce de proximité et de boutiques de textiles sur un alignement de vitrines bien organisées. C’était une rue qui bénéficiait d'une architecture et décoration particulière, d'un bon éclairage, d'un pavage décoratif de ses trottoirs. Cet aménagement en offrait un cadre intéressant à une marchandisation. C’est ainsi que quelques magasins d’anciennes maisons de commerce coloniales y apparaissent, entre 1970 et 1980 : Monoprix, Bata et les boutiques de la Compagnie Française de Commerce International (CFCI) et le comptoir français d’Afrique de l’Ouest (CFAO).Ces structures ont longtemps animé le commerce de pagne et bien d’autres articles dans cette rue. A côté de ces magasins, merciers et marchands de mode, vendaient des produits finis.

Quant à la seconde, elle est l’émanation de la construction de villas et d’appartements pour le compte de cadres ivoiriens et expatriés français par la Société de Promotion Immobilière (SOPIM) à Cocody en 1982. Sur cette structure viaire s’était implanté deux centres commerciaux: Score et Vital et un restaurant Paco. C’est autour ces polarités que s’étaient construite plusieurs temporalités d’usages : travail, repos, alimentation, loisir au cours de la même journée dans cette rue longue d’1km.

Tous ces traits caractéristiques initiaux de ces deux espaces publics, ont disparu au fil des temps et à la faveur de la crise économique des années 1980 en Côte d’Ivoire. Aujourd’hui à la faveur de cette troisième mondialisation, la rue se transforme, retrouve un autre souffle ou vit au rythme du temps. Le processus semble s’intensifier différemment dans ces deux rues (figures 1a et 1b). Il est destructeur des pratiques et activités qui ont longtemps fait la notoriété de l’une et permis un (ré) développement de l’autre liées au passage à une économie de services, à la privatisation de la consommation et des prestations de services.




Ainsi, la première accueille aujourd’hui 25 commerces de pagnes, 17 magasins d’informatiques et assurances 10 boutiques de mode 2 hôtels, 5 de restaurants et 5 boutiques de télécommunication soit respectivement soit 38%, 27%, 16%,3% et 8% de l’ensemble des activités qui s’y déroule alors que par le passé, la rue du commerce concentrait uniquement des boutiques spécialisées dans la vente de pagnes wax. La seconde supporte de plus en plus d’activités dans les secteurs de la restauration 23% (15 restaurants), 15 boutiques spécialisés en commerce en tout genre (23%), 15 magasins de mode (23%), 1 boutique des télécommunications mobiles (2%) et 20 autres divers services à hauteur de (29%). Si les différents restaurants installés dans cette rue sont pour la plupart spécialisés dans les mets asiatiques, italiens et libanais, les autres commerces offrent des produits provenant majoritairement de la Chine via les Emirats Arabe Unis. Il s’agit principalement de vêtements, chaussures, sacs, bijoux, mèches de cheveux, carrelages, autres matériaux de construction, articles de quincaillerie, jouets, meubles et matériel électroménager, informatique, hi-fi et téléphones portables. Ces différents commerces sont en progression continue le long de la rue et sur les trottoirs.











A côté de ces commerces, il existe ceux de la friperie qui ont donné naissance à un circuit de consommation populaire. Ici, l’espace de vente du produit a varié pour en donner un certain sérieux. Vendue, dès sa parution en Côte d’Ivoire dans les années 1980, sur les marchés ou sur des espaces à ciel ouvert, la fripe est commercialisée dans des maisons privées dans la rue Des Jardins et dans la Rue du Commerce. Elle a quitté ainsi les milieux défavorisés pour les quartiers bourgeois résidentiels et riches de la métropole ivoirienne. Son caractère peu onéreux fait qu’elle tend à s’imposer dans les habitudes vestimentaires des consommateurs. Des vêtements (pantalon, jupe, chemise, robe, tee-shirt, sous-vêtement), elle s’est rapidement élargie aux sacs à mains, chaussures, ceintures, chapeaux et même aux jouets. Des grandes personnes aux nouveaux nés, tout le monde y trouve son goût. La plupart des produits vendus sont étiquetés des grandes marques de la mode vestimentaire. La friperie est surtout appréciée par les populations jeunes et peu nanties. Mais depuis quelques temps, elle enregistre une nouvelle clientèle : les populations aux revenus élevés. Ces personnes disent se tourner vers elle pour la qualité des articles qu’elle offre. Tel est le cas de K. S, cadre dans une banque de la place qui affirme préférer la friperie parce que les articles qui s’y trouvent sont résistants et de bonne qualité. De plus chez les fripiers2, l’on peut marchander, ce qui n’est pas le cas des boutiques et magasins de marques qui se trouvent sur la rue des jardins. Comment peut-on expliquer que le commerce de la friperie soit sorti des marchés et espaces à ciel ouvert pour inonder les boutiques et magasins des rues chics et bourgeoises et de commerce d’Abidjan ? D’où provient-il ? La fripe ou vêtements « usés », est connue sous le dénominatif de Broad3, yougou-yougou4, ado-caflê5 et troutrounou6 en Côte d’Ivoire.

Ce produit a fait son apparition sur les marchés ivoiriens, à partir du Ghana et du Nigeria. Jadis, les importateurs nigérians et ghanéens faisaient venir ces vêtements des Etats-Unis et approvisionnaient les différents marchés urbains et frontaliers (NASSA, 2005). Avec l’assouplissement des restrictions sur l’importation de la friperie et la crise économique aiguë enregistrée en Côte d’Ivoire depuis la fin des années 1990, la fripe est devenue un bien de consommation courant. Aujourd’hui, c’est un produit qui est directement importées en Côte d’Ivoire par des établissements d’import-export à partir des principaux foyers de charité de l’Armée du Salut, Goodwill, St Vincent-de-Paul, de la Croix Rouge du Canada, des Etats-Unis, de la France, de bien d’autres pays européens et asiatiques. Les articles ainsi récupérés, sont conditionnés dans des balles étanches de 45 à 55 kg après un tri préalable. Les balles sont ensuite acheminées vers l’Afrique en général et particulièrement vers la Côte d’Ivoire dans des conteneurs et vendues par les grossistes importateurs à de gros commerçants de la place. Ces derniers sont les fournisseurs directs des détaillants qui à leur tour vendent les fripes7sur les marchés spéciaux (Kouté à Yopougon, Belleville à Treichville ou Jean-Folly à Port Bouët ou encore Adjamé-Bracodi) d’Abidjan. C’est en ces lieux que certaines boutiques de la rue des jardins et de celle du commerce viennent s’approvisionner en divers articles qui sont ensuite revendus à prix fort dans leurs rayons respectifs. La fripe crée ainsi un lien entre la Côte d’Ivoire et le reste du monde.

Un autre type de commerce se tient dès le crépuscule, aux descentes des bureaux et usines sur les trottoirs de ces rues. Il s’agit principalement de la vente des produits contrefaits ou du piratage industriel (Photo, 1).


Photo1 : Un parterre de produits contrefaits du marché mondial en vente sur le trottoir et devant des commerces de la rue des jardins à Cocody, (cliché de l’auteur, avril 2008).

La gamme de marchandises vendues est très vaste. Nous en retiendrons les plus significatives. Il s’agit de tissus, pagnes, jeans, gadgets, chaussures, montres et surtout CD piratés.

Ce marché existe pour échapper aux contrôles des différents services de la police et commerciaux. Ces produits ne respectent aucune norme et sont réalisés à partir de modèles d’inspirations africaines et européennes à des prix imbattables. Ainsi, une paire de tongs coûte 1000 FCFA (1,5 €), une copie d’une montre d’une grande marque peut être vendue entre 12 000 FCFA (18 €) et 15 000FCFA (23€) et la pièce d’un pagne wax est vendue entre 8 000 et 10 000 FCFA (15 €). Sur le marché, ce dernier produit imprimé en Côte d’Ivoire ou au Pays-Bas de bonne qualité est vendu autour de 16 000 FCFA (25 €) la demi-pièce. La clientèle de ce secteur est la population jeune, femmes, travailleurs, chômeurs et personnes en quête d’un premier emploi qui a vu son pouvoir d’achat s’amenuiser au cours de ces longues années de crises ivoiriennes.

Parallèlement à cette situation, on voit aussi émerger de nouvelles pratiques de consommation, résultant de la mondialisation. Ces nouvelles pratiques s’expriment en premier dans la Rue des jardins. Le symbole le plus visible de ces changements est le développement de centres commerciaux de types européens (supermarchés). Le premier centre commercial de cette rue a ouvert en 1989 (super hayat). A partir de cette date, un autre centre commercial à l’initiative de la municipalité a vu le jour (centre commercial des deux plateaux). Plusieurs succursales de banques françaises, britanniques et saoudiennes y ont aménagé des bureaux, devenant ainsi les principaux éléments structurants de cette polarité. Les supers marchés et le centre commercial constituent la véritable locomotive de cette polarité.

Les moments forts du shopping sont les moments de loisir, aux descentes des bureaux à 18 h et les fins du mois: le samedi après-midi par exemple voit toujours une grande affluence quelles que soient les circonstances, la pause déjeuner autant que la sortie du travail à partir de 18 heures sont l'occasion de petites virées shopping d'une heure. Par contre, le matin en semaine les magasins ouverts ne voient passer que peu de monde. Aujourd’hui cette rue se trouve encombrée et embouteillée par la grande affluence dont sont objet les différents commerces. Elle est impossible à la circulation automobile à ces forts moments de pratique de shoping.

L’émergence d’un secteur de l’immobilier de bureaux paraît aussi constituer un indice de la mondialisation en cours dans cette rue. « Tournée vers les acteurs économiques étrangers, multinationaux » (PEROUSE, 2007) ou vers les organisations diplomatiques onusiennes, cette offre immobilière s’est développée au point de contraindre les résidents de la Rue des Jardins à transformer leurs habitations en bureaux et commerces. Par ailleurs, l’industrie hôtelière, fille du tourisme et de la puissance économique de la Côte d’Ivoire en Afrique de l’Ouest francophone, est aussi un puissant vecteur de la mondialisation. Les complexes hôteliers édifiés dans la Rue Du Commerce au Plateau et ayant une vue sur la côte lagunaire ressemblent à ceux construits en France par une multinationale : le groupe Accor.

Un autre point essentiel de la manifestation de la globalisation dans cette rue est l’expansion fracassante de nouveaux secteurs d’activités. Ainsi un ensemble luxueux de bureaux a été réhabilité pour permettre l’installation de compagnies de téléphonie mobile de groupes français, sud africain et saoudien. Ce secteur abrite aujourd’hui 8% des activités exercées dans la rue du commerce. Par contre, il reste encore embryonnaire à la rue des jardins où il occupe 2% de l’ensemble des différents secteurs d’activité exercés. Ces activités sont largement induites par l’émergence d’une culture urbaine globale qui tend à s’ériger en modèle planétaire unique que les populations ont du mal à intégrer à leur vécu. Or, ces rues de l’agglomération abidjanaise sont aussi le produit d’une réalité culturelle, « d’un système de penser-sentir-agir qui se construit en fonction de dynamiques démographiques, sociales, économiques et la permanence de forces traditionalistes » (AMSELLE, 1990). Ce combat perpétuel entre le local et le global se traduit par des enchevêtrements complexes qui influencent les hommes et leurs espaces publics.
2. Les effets induits de la globalisation sur les hommes et les rues respectives
Les villes sont les espaces moteurs de la mondialisation. Cependant, cette mondialisation favorise les grandes métropoles des pays développés et émergents puisqu’elles en sont les initiatrices. Elles sont des espaces de production et des nœuds de la circulation des richesses, des hommes, des connaissances et des informations à l’échelle planétaire. Ces métropoles sont en relation avec quelques grandes villes africaines parmi lesquelles, figure Abidjan. C’est une ville qui s’insère dans les réseaux économiques, industriels et financiers globaux en bénéficiant de l’interconnexion entre les différents acteurs mondiaux par le biais du relatif développement de ses logistiques portuaire, aéroportuaire et de télécommunication.

Dans ce sens, ils constituent les supports privilégiés des pratiques culturelles et des éléments de l’intégration à la mondialisation. C’est dans ce cadre que se révèlent également les mutations qui atteignent les sphères sociales, culturelles, économiques et spatiales de la ville. Ces mutations sont largement induites par l’émergence d’une urbanité globale qui influence les modèles de construction, d’aménagement et de gestion de l’espace urbain.

Aussi ce processus façonne-t-il les rues à travers des réseaux sociaux, produits de nouvelles formes de sociabilité, d’échanges marchands et de mécanismes mis en place par la population pour lutter contre l’exclusion, la vulnérabilité sociale et la recomposition de l’espace. Cette situation fait d’Abidjan une ville affectée par la globalisation.

A l’échelle de la rue, le mouvement de la globalisation est grandissant et favorise des transformations de l’espace et de la société-rue. Tel est le cas de la Rue Des Jardins et de la Rue Commerce d’Abidjan.

Ces deux espaces publics font l’objet d’une appropriation collective et permettent la rencontre, la mobilité des acteurs et une accélération des vecteurs de modernisation. L’un des processus qui marque cette modernisation est la gentrification, phénomène lié à la restructuration spatiale, économique et sociale. Ce phénomène est apparu à la Rue Des Jardins et à la Rue Du Commerce. Ainsi, observe-t-on le développement des restaurants de luxe, de boutiques de mode à prix élevés, la transformation d’immeubles résidentiels en de luxueux bureaux de types européens et à l’implantation des filiales de multinationales à la rue des jardins. Cette situation explique le prix élevé du m² dans cette rue. Il a varié de 450 FCFA (0,70 €) en 1980 à 50.000 mille CFA (76 €) aujourd’hui. Eu égard à ces coûts élevés du loyer, l’on note une ségrégation spatiale qui juxtapose des rues socialement homogènes et d’activités commerciales ou de services. La population résidente d’avant mutation, ne pouvant faire face à la flambée du prix des loyers se voit obliger d’aller s’installer dans les quartiers périphériques là où le coût du loyer est modéré et fuir cette nouvelle centralité trop onéreuse. Cette partie de la population qui avait contribué à l’animation du quartier se retrouve exclue de ce lieu suite à l’envolée des prix de l’immobilier. Pour la population restée en place, un autre mode de vie s’envisage sous la forme des enclosed neighborhood8s sud africains. Elle s’enferme dans des quartiers enclos dont la taille varie de 20 à 50 maisons. Pourtant à l’origine c’étaient des espaces ouverts mais dont les rues qui en permettent l’accès sont fermées par la pose d’une barrière, voire d’un poste de garde pour contrôler les entrées et sorties des piétons et véhicules à cause des agressions enregistrées depuis l’arrivée et la pratique de nouveaux types de commerces. Au-delà de l’impact physique et économique de la gentrification, celle-ci sous-tend presque inévitablement une confrontation sociale entre les anciens habitants qui se sentent chassés de leur propre quartier et les nouveaux arrivants, parfois étonnés des critiques reçues.

Quant à la rue du commerce, elle fait face à un phénomène de déconstruction-restauration-reconstruction. Des immeubles de bureaux et commerces, résidences et boutiques sont restaurés ou réaménagés à l’européenne ou à l’américaine et permettent l’installation de nouvelles activités ayant besoin d’espaces et de luxe. C’est le cas des secteurs de la téléphonie mobile, de l’innovation technologique (Photo 2).
P
hoto 2 :
Un immeuble restauré à la rue du commerce au plateau et abritant le siège d’une entreprise de téléphonie mobile à capitaux saoudiens. (Cliché de l’auteur, avril 2008).
La globalisation de la rue du commerce par ces activités revêt une dimension du commerce mondial intensifiée par des relations économiques de dépendance et de domination qu’entretient l’économie moderne de la Côte d’Ivoire avec les pays développés et émergents. En raison de cette nouvelle donne, 180 individus du secteur textile ne pouvant supporter le coût de location, ont délocalisé leur activité dans des quartiers où les loyers sont moins onéreux ou ferment. Cette modernisation de l’espace-rue loin de permettre une insertion des individus dans l’économie formelle, les déverse plutôt à la rue, dans le secteur informel et dans l’économie souterraine. Ainsi, partout dans la ville et principalement dans les rues concernées par notre analyse, à côté des bureaux et des résidences luxueux se développent des activités commerciales à la sauvette dites informelles, souterraines et parfois illégales. C’est dans ce cadre qu’aux grands carrefours de la ville, aux arrêts d’autobus et sur les trottoirs, la rue essaie de faciliter l’insertion économique de ceux que la mondialisation a laissé pour compte. Ces derniers sont les principaux animateurs du commerce crépusculaire qui se déroule dans un vacarme indescriptible débordant les chaussées et créant un désordre dans l’espace urbain. Pour eux, la rue est souvent perçue, comme une ressource, un espace à prendre, qui n’appartient à personne en particulier et à tout le monde virtuellement. Elle est « ouvrière et travailleuse le matin, bruyante et s’assoupie progressivement pour être désertée à partir de 21 h 30.» (Janin, 2001). Pour les femmes, la rue est un lieu où se concrétise la quête d’indépendance économique et où s’entretiennent les relations. C’est dans ce cadre qu’elles développent des relations furtives lorsque les rues sont désertées dès le crépuscule.

Aussi, d’autres acteurs et plus précisément ceux du textile essaient-ils de s’approprier les instruments de la mondialisation. L’une des solutions adoptées par ceux-ci, est d’introduire dans leurs commerces des produits provenant de la Chine bon marché et ceci pour garder une clientèle de plus en plus rare. Ainsi, à côté du pagne hollandais et ivoirien de bonne qualité coexiste celui de moindre qualité d’origine chinoise. Nonobstant cette situation, de nombreux commerçants continuent de voir leur chiffre d’affaires s’amenuiser à cause de la mévente de leurs différents produits. C’est le cas de S. F dont le chiffre d’affaires est passé de 1 milliard de FCFA en 2006 à 400 millions de FCFA en 2007.

Pour lui, l’entrée de la Chine dans l’économie-monde loin de permettre le développement des industries textiles locales, contribue au contraire à anéantir des fleurons de l’industrialisation des Etats africains. Il évoque avec beaucoup de mélancolie ces années où ses affaires prospéraient « Avant l’avènement du textile chinois, je disposais de 12 boutiques de pagnes et autres tissus dans cette rue du commerce, aujourd’hui (janvier 2008), il ne me reste plus que 2 boutiques que j’essaie de faire fonctionner tant bien que mal. J’ai été obligé de mettre fin aux contrats de plusieurs de mes employés que je rencontre souvent dans cette même rue vendre quelques produits de contrefaçons. Sur quatre unités industrielles de textiles installées depuis les années 1980 en Côte d’Ivoire, il ne reste plus que deux en activité. Et pour combien de temps ? » Regrette-t-il.

L’une des entreprises phares, Uniwax Abidjan ne fait plus travailler qu’une petite équipe (450 employés sur un total de 860) et ce, pendant cinq jours sur sept. Le chiffre d'affaires de la société est passé de 45 millions d'euros il y a moins de 10 ans à 15 millions d'euros. À l’origine de cette chute vertigineuse, les produits contrefaits en provenance d’Asie et, dans une faible proportion, du Nigeria. Le faux wax produit dans les usines chinoises débarque aux ports de Tema, au Ghana, ou de Banjul, en Gambie, et transite par le Mali, avant d’arriver en Côte d’Ivoire par Bouaké, d’où il inonde les marchés ivoiriens. Il est vendu environ 6 000 F CFA la pièce (permettant de réaliser six pagnes), soit le quart du prix d’un original Uniwax.

Une autre entreprise, Utexci, a tout simplement fermé boutique tandis que Cotivo et Challenger (Gonfreville) ont fortement réduit leur personnel respectivement à hauteur de 70 et 80%. La filière a perdu environ 6 mille emplois directs. Mais, pour nous, il serait abusif d’affirmer que la crise des industries textiles en Côte d’Ivoire et des commerces des rues marchandes résulte de la concurrence du textile chinois. Nous pensons que le secteur est agonisant à cause de la fripe, du changement de mentalité de la population jeune en matière vestimentaire et de la porosité des frontières qui font que des produits contrefais entrent toujours sur les marchés par des moyens détournés. S’agissant des jeunes, cette population préfère les prêts-à-porter provenant de Chine et de Dubaï contrefaits et d’inspiration européenne et américaine en lieu et place de ceux confectionnés par de nombreux tailleurs et couturiers de la place. L’uniformisation de la mode vestimentaire à l’échelle planétaire est aussi un élément important de la mondialisation. Elle affecte toutes ces personnes greffées à l’industrie textile locale, qui se trouvent dans l’obligation soit de recapitaliser leurs affaires soit de s’organiser en réseaux fonctionnant selon des logiques de solidarités ou au contraire de dépendance. Ces relations de sociabilité proviennent de groupements qui se fondent sur une communauté d’intérêts liés à l’exercice de la même profession. Ainsi, des personnes en difficultés soit pour maintenir leurs activités soit pour scolariser leurs enfants soit pour des cas de maladie ont été aidées par la pratique du système de tontine9 menée entre les différents acteurs de la rue du commerce. C’est dans ce cadre que 240 commerçantes de l’association de vendeuses de pagnes de cette même rue ont fait face à la faillite de leurs entreprises. Cette forme de mutualité favorise la survie des plus défavorisés et ceux affectés par mondialisation à travers diverses formes de redistribution économique. La rue est ainsi devenue un rempart contre l’anéantissement social.

Au terme de cette analyse, il ressort que la mondialisation a une emprise spatiale, sociale, sociétale, culturelle et économique sur l’ensemble de la ville, la population et la rue.

A travers les mutations qu’elle engendre, façonne, fait émerger une urbanité globale qui agit sur la manière de construire, d’aménager, de produire l’espace urbain et de l’habiter.

En d’autres termes, la mondialisation est révélatrice d’un genre nouveau de cadre d’évolution global piloté par les métropoles des pays développés et reçu par les villes africaines par des institutions étatiques néo-libérales, mais aussi par les relations professionnelles, le système éducatif, les médias et surtout par le biais du relatif développement des logistiques portuaires, aéroportuaires et de télécommunications qui permettent l’interconnexion entre les différents acteurs mondiaux.
Conclusion
Ce tour d’horizon a présenté la manifestation de la mondialisation à travers deux rues de la métropole ivoirienne (Abidjan) qui sont des espaces publics complexes, supports des réseaux, des pratiques sociales, produit des modes de construction, d’aménagement et de gestion urbaine. Ce mouvement est diffusé sur l’ensemble de la planète par des institutions néo-libérales, les relations professionnelles œuvres du développement des logistiques portuaires, aéroportuaires, de télécommunications et de l’innovation technologique. Ces instruments et supports de colonisation planétaire du processus permettent l’interconnexion entre les différentes villes inspiratrices comme réceptrices des retombées de la mondialisation.

Le tour d’horizon effectué, révèle que la Rue des Jardins et la Rue du Commerce font face aux effets grandissants du mouvement qui se traduisent au niveau spatial par un phénomène de déconstruction-restauration-reconstruction, des mutations qui atteignent les sphères sociales, culturelles, économiques de la ville.

Aussi, ce processus façonne-t-il les rues à travers des réseaux sociaux, produit de nouvelles formes de sociabilité, d’échanges marchands et de mécanismes mis en place par la population pour lutter contre l’exclusion et la vulnérabilité sociale. La rue est devenue pour la population un rempart contre l’anéantissement sociale, régulatrice de l’espace societo-sociétal en utilisant les instruments du processus de la mondialisation.
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1Assistant à l’Institut de Géographie Tropicale (I.G.T) 22 BP 744 Abidjan 22, Université de Cocody-Abidjan

2 Terme ivoirien pour désigner les vendeurs de la friperie

3 Terme utilisé par les ghanéens et nigérians sur les marchés frontaliers et désignant la fripe

4 Nom donné à la fripe en milieu rural et qui veut dire « secouer et prendre »

5 Dénomination de la fripe en langue malinké et qui signifie « essayer pour voir »

6 Dénomination de la fripe chez les Akan de Côte d’Ivoire qui signifie, » secouer, remuer et prendre dans le tas »

7 Le prix de la balle de 45 kg se négocie entre 60 000 et 120 000FCFA.

8 Une enclave résidentielle fermé et isolé de la trame viaire publique par une barrière qui permet de filtrer les voitures et piétons, bien que la zone ne soit pas privée.

9 Les participants d'une tontine s'engagent à verser une somme prédéterminée à une fréquence donnée. Pour chaque tour de versement, un des participants est désigné pour être le bénéficiaire des fonds des autres participants. Deux modes de désignation du bénéficiaire existent: soit il y a tirage au sort avant chaque versement, soit le tirage au sort est fait une seule fois au début du cycle et les participants bénéficient des versements en fonction du numéro qu'ils ont tiré au sort. Lorsque tous les participants ont été bénéficiaires des fonds une fois, le cycle de la tontine est terminé. A la fin du cycle (quand tous les participants ont déjà reçu les versements) un nouveau cycle est généralement entamé. Pour le premier bénéficiaire, la tontine s'apparente à un crédit. Pour le dernier participant, la tontine s'apparente à une épargne. Le nombre des participants à une tontine est en principe connu au début du cycle. Cependant, d'autres membres peuvent rejoindre la tontine avant que tous les anciens participants aient bénéficié des fonds. Dans ce cas, chaque nouvel arrivant donne son épargne à chacun des anciens participants qui ont déjà perçu les versements.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Tontine_(Afrique) Article du MONDE 05.09.07en ligne [consulté le 26/04/08]




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