Préliminaires : éléments introductifs du cours





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Section deux : politique industrielle/ politique de compétitivité.



Références : E. Cohen et Lorenzi (2000), Politiques industrielles en Europe.

Rapports du Conseil d’Analyse Economique (CAE).

Premier élément : Fondements théoriques de la politique industrielle.




1.1. Les défaillances du marché.



Il n’existe pas de fondamentaux unanimes. La politique industrielle n’a jamais eu de véritable place dans la théorie économique avec un corpus théorique spécifique. Benjamin Coriat de l’école de la Régulation (Rizouzou apprécie Aglietta, idée de régulation de la sphère financière du fait des menaces de crise cyclique et de l’effet de mimétisme des agents). La théorie libérale classique rejetait l’intervention de l’Etat. Ce rejet n’est pas forcément idéologique mais lié à la volonté de développer une analyse scientifique pure. En effet, dès A. Smith (1776), modèle newtonien est recherché. C’est à partir de Marshall que se développe une économie très mathématisée dans laquelle l’Etat n’existe pas, du fait de la volonté de séparer économie et politique.

1.2. Les trois motifs de défaillance de marché



Trois défaillances du marché: information imparfaite, externalités, économies d’échelles.

α. L’information imparfaite.



De nombreux facteurs empêchent l’information et donc l’allocation optimale des ressources. Les consommateurs ne peuvent pas toujours évaluer de manière parfaite la qualité des biens offerts.

Cas de figure n°1 : la sélection adverse.


La sélection adverse explique l’impossibilité de l’évaluation de la qualité des biens de manière individuelle. Exemple du modèle d’Akerloff (post-keynésien avec prix Nobel en 2001) du marché des « Lemons » (voitures d’occasions aux USA). Il montre l’impact des asymétries d’informations sur le marché. Le vendeur connaît mieux les caractéristiques de sa voiture que l’acheteur éventuel. Les acheteurs savent que le marché recèle des biens de mauvaise qualité et proposent des prix bas, si bien que les propriétaires de véhicules en bon état refusent la vente et ainsi, ne restent que les biens les plus mauvais. Or les acheteurs ne se doutent pas de la fuite des bons produits et donc le prix proposé est malgré tout supérieur à l’état des biens présents. Comment rétablir une certaine efficacité dans ces cas là ? La mise en place de normes, de standards de qualité. Est-ce à dire que l’on réintroduit la puissance publique (parfois oui, le privé agissant notamment à travers le lobbying).

Paul David, a travaillé sur les phénomènes de choix de standard et notamment à travers le cas d'école du modèle « Azerty » et du clavier d'ordinateur américain QWERTY (imposé par le lobbying). On pourrait croire aujourd'hui que cette disposition des touches a été pensée pour son efficacité, pour pouvoir taper le plus vite possible. En fait, c'est le contraire ! L'économiste Paul David a démontré que ce clavier a été volontairement conçu de façon malcommode. Les touches des premières machines à écrire avaient en effet tendance à se coincer et à se casser quand les secrétaires frappaient trop vite. Il fallait donc trouver un moyen de ralentir leur rythme ! Ce qui fut fait en plaçant les touches les plus utilisées sous les doigts les plus faibles. Depuis, ces difficultés techniques ont disparu, mais la norme est restée, parce que la modifier serait très coûteux. Ainsi on choisi parfois des standards selon des accidents historiques par forcément efficaces à l’origine. Il ne s'agit pas d'obtenir la meilleure solution technique mais celle qui s'imposera comme standard7.

Cas de figure n°2 : l’Aléa moral.


L’aléa moral correspond à un comportement opportuniste lié à des problèmes d’observation des comportements avec un agent contractant inobservable.

β. Les externalités.



Concept du à Marshall. C’est l’idée que dans une chaîne d’acteur, un élément à des effets non prévus en amont et en aval. Pigou, successeur de Marshall, a mis de côté cette notion qui posait problème dans le cadre de la mathématisation de l’économie. Cependant Pigou a maintenu la notion mais sur le plan négatif : effets de pollution etc. C’est cette approche négative qui va inspirer R. Coase dont l’analyse est au fondement du protocole de Kyoto.

Kenneth Arrow en 1962 estime que dans les cas de R&D, le coût de recherche est plus important que le coût de diffusion. Dès lors si les acteurs économiques n’arrivent pas à produire suffisamment de rendement par rapport aux innovations (à travers des monopoles temporaires comme l’expliquait Schumpeter), ils abandonnent. Cette analyse fonde l’implication de l’Etat dans les domaines de la recherche fondamentale. Par rapport à la R&D appliquée, il faut, selon Arrow, assurer une protection intellectuelle pour rémunérer l’effort (Brevet, etc).

Γ. Les économies d’échelles.



Il y a des économies d’échelle quand le prix de revient unitaire diminue lorsque les quantités produites augmentent. Problème à terme de la création de monopoles et donc nécessité d’intervention des autorités de la concurrence.
Conclusion et transition : politiques industrielles sont souvent des politiques de filières. Cependant, dans l’analyse des politiques industrielles, la comparaison entre les pratiques de l’Union européenne et des USA s’impose. En effet, les histoires nationales très différentes et le rôle donné à l’Etat influencent profondément chacune des politiques mises en œuvre. Au niveau européen, la politique industrielle s’apparente plus à une politique de compétitivité qu’à une politique de filière avec la prédominance de la politique de la concurrence. Il existe ainsi en Europe une hiérarchie entre politique de la concurrence, politique industrielle et politique commerciale, laquelle vient en dernier. Or ce cas de figure est très différent du modèle US ou le lobbying très important a poussé très tôt à l’émergence de politiques commerciales fortes qui ont structurée les différentes politiques économiques
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