Résumé : Ce mémoire traite de la valorisation des publications scientifiques de leur établissement par les scd dans un environnement essentiellement numérique.





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6 de diffusion en ligne des revues de sciences humaines et sociales mise en place par le SCD de l’Université de Nice et l’archive Infoscience7 développée à l’EPFL de Lausanne fournissent la matière de développements détaillés8.


Partie 1 : Exposé des motifs

Economie de l’attention, Economie de l’acces

Le développement du Web dans les années 1990 s’accompagne de la naissance des premières revues électroniques, de la constitution par les grands éditeurs commerciaux de grandes bases de données de périodiques scientifiques, et des premières initiatives institutionnelles en faveur du libre accès. La grande majorité des publications scientifiques sont désormais disponibles en ligne dans le secteur des sciences fondamentales, techniques et médicales, et cette proportion croît également dans le secteur des sciences humaines et sociales sans atteindre les mêmes seuils. Les publications scientifiques participent désormais, au même titre que l’ensemble des biens informationnels et culturels, de ce que de nombreux observateurs désignent comme une économie de l’attention.

Economie de l’attention et impératif de visibilité

Popularisé par Michael Goldhaber9 au milieu des années 1990, le concept d’économie de l’attention, né dans les années 197010, se renouvelle avec l’émergence du Web. Il recouvre l’idée que l’attention, dans un contexte de croissance de l’information disponible, sollicitée de toute part sur le réseau, se raréfie. Devenue une ressource précieuse, elle constitue le fondement d’un marché de l’attention économiquement très rentable.

La surabondance de l’offre par rapport aux lecteurs potentiels n’est pas nouvelle dans le secteur de l’édition scientifique. Vanevar Bush, organisateur de l’effort scientifique de guerre aux Etats-Unis, constatait déjà en 194511 ce phénomène que l’augmentation significative des investissements de recherche et développement dans l’après-guerre a amplifié. Plus récemment, l’intégration des technologies numériques à la chaîne éditoriale a produit une baisse drastique des coûts de fabrication, accentuant encore ce déséquilibre entre offre et demande.

Dans ce contexte, la valorisation des publications scientifiques, et plus précisément les médiations qui tendent à les rendre visibles sur Internet, deviennent un impératif, analysé par Jean-Michel Salaün dans les termes suivants :
«  A partir du moment où nous quittons une situation de rareté de documents à cause d’une disponibilité restreinte, pour se trouver dans une situation d’abondance, voire de surabondance, la valeur résidera moins dans les documents eux-mêmes que dans les limites de l’attention que l’on pourra leur porter. Autrement dit, l’important, économiquement parlant, ne sera plus de publier, mais d’être vu. (…) Dans cette perspective, il est indispensable pour la publication scientifique de construire des dispositifs qui permettent à la fois d’assurer la qualité et la lecture, ou plutôt de s’assurer que les documents de qualité soient lus. »12
La visibilité des documents dépend du respect de bonnes pratiques en matière de métadonnées et de structuration des contenus. Elle passe par des stratégies de dissémination et de communication, et par l’indexation des ressources sur les moteurs de recherche généralistes comme Google.  «Ne pas rendre son contenu accessible sur le web, c’est rendre ce contenu invisible de ses lecteurs potentiels13 ».

Jean-Michel Salaün en conclut que l’économie de l’attention est une économie de l’aide à l’accès14, fondée sur le développement d’une offre de services de recherche et de sélection des contenus à destination des usagers. La valeur économique dès lors réside moins dans le bien informationnel lui-même que dans les services qui l’accompagnent : moteurs de recherche, services d’alerte personnalisés, hiérarchisation et visualisation des contenus, systèmes de recommandations mis en place par Google ou Amazon, etc. Ce sont donc les acteurs économiques situés du côté de la médiation et de l’aide à l’accès, les « infomédiaires »15, qui sont favorisés, par rapport aux acteurs de la production et de la diffusion des contenus.

Ce phénomène, parfois décrit comme une « servicialisation16 » de l’accès aux biens informationnels, résulte à la fois de la nécessité d’orienter les usagers dans un contexte de surabondance de l’offre, mais également de contraintes économiques pesant sur le marché des biens informationnels en ligne. En effet, dans la mesure où l’architecture de la toile rend difficile toute restriction d’accès, et où la reproduction des ressources a un coût négligeable, il devient difficile de monnayer les contenus. Pierre Mounier17 souligne ainsi que le modèle éditorial des publications scientifiques est menacé par le principe de gratuité qui tend à s’imposer pour les produits culturels sur le net.

Dans une logique d’adaptation à ce phénomène, les éditeurs ont tendance à faire payer non pas tant les contenus scientifiques qu’ils proposent que les fonctionnalités connexes qui sont vendues de pair avec les abonnements électroniques. Une « économie de services intégrés à la revue18» se développe, fondant l’attractivité des bases de données proposées par les grands éditeurs. Le bien informationnel est dans ces cas  aussi bien contenu que « soubassement d'offres de service nécessaires à la captation et à la fidélisation de l'attention19. » Les grands éditeurs jouissent de plus d’un « effet plateforme », les lecteurs privilégiant les bases de données conséquentes où ils ont le plus de chance de trouver l’information pertinente. Certains auteurs20 soulignent que ce glissement des investissements est sans doute une des raisons du maintien de la position des grands éditeurs commerciaux malgré le développement d’une offre en libre accès. L’attractivité des bouquets de périodiques qu’ils proposent est en effet garantie par cette offre de services connexes.

Dans cette économie de l’aide à l’accès, les métadonnées associées aux ressources, qui rendent possible cette offre de services performants, prennent une valeur économique croissante. La question de la normalisation documentaire n’est plus dès lors l’apanage des professionnels des bibliothèques mais concerne l’ensemble des industries culturelles et du marché de l’information. On peut s’interroger cependant sur l’importance accrue que peuvent jouer les bibliothèques dans ce contexte.

L’importance accrue de l’aide à l’accès et à la recherche d’information invite en effet à relativiser l’importance du phénomène de désintermédiation souvent décrit comme associé à l’émergence du Web 2.0. Marin Dacos et Pierre Mounier21 soulignent qu’en définitive celui-ci n’a pas produit de désintermédiation, mais plutôt une redéfinition des fonctions de médiation. Jean-Michel Salaün souligne l’enjeu pour les bibliothèques de s’adapter à ce nouvel environnement :
«  On peut être surpris, alors, de l’intérêt relatif du monde documentaire pour les moteurs de recherche, qui justement sont les principaux outils aujourd’hui de cette économie de l’attention sur le web, y compris dans le domaine scientifique. Cette logique risque encore de s’accentuer avec les évolutions du web vers un « web sémantique » piloté par des « ontologies » (…). Aussi, il reste encore de beaux jours pour les activités de médiation, à condition d’accepter une modification radicale des métiers et des techniques et de construire les bonnes analyses pour les positionner correctement22. »

« S’assurer que les documents de qualité soient lus », pour reprendre les mots de Jean-Michel Salaün, tel est l’enjeu premier de la valorisation des productions scientifiques de son établissement par le SCD. Celui-ci se place ainsi dans une mission de diffusion des savoirs et de facilitation de l’accès à l’information, qui est l’une de ses vocations premières.

La question de l’accès aux publications scientifiques et de la circulation des connaissances revêt d’autre part des enjeux économiques et politiques de taille, dont les politiques publiques prennent acte à travers la problématique de l’accès à l’information scientifique et technique (IST) d’une part, et par un soutien au mouvement du libre accès aux résultats de la recherche d’autre part.
Les enjeux économiques et politiques de la valorisation des publications scientifiques 
La création, la diffusion et la transmission de l’information sont au cœur de la création de richesse et de l’amélioration de la productivité dans une « société de l’information23» ou une « économie de la connaissance». Les résultats de la recherche scientifique nourrissent l’innovation technologique et industrielle, et la question de l’accès à l’information scientifique et technique (IST) est un enjeu de taille dont se saisissent les pouvoirs publics. La valorisation des publications scientifiques doit dans cette optique permettre la circulation des informations entre les milieux de la recherche appliquée et les milieux de la recherche fondamentale, mais aussi entre le milieu académique et les milieux industriels.
Le rapport remis en 2008 par le Comité de l’Information scientifique et technique24, dit rapport Salençon, dresse ainsi le constat que 

«  l’accès à l’information scientifique et technique (IST), sa circulation et sa disponibilité sont des facteurs clés de l’efficacité de la recherche scientifique, de la compétitivité industrielle et du progrès social. »

Il s’agit de prendre en considération « les besoins de la communauté des scientifiques, en premier lieu, mais aussi ceux des industriels pour lesquels l’IST est un facteur important d’innovation et de compétitivité25. »

Le rapport préconise la mise en place d’un partenariat public / privé dans la diffusion et la production de l’information scientifique. Il recommande dans cette perspective la création d’un « méta-portail de l’IST en France » ou encore d’une « bibliothèque numérique scientifique » pour répondre aux besoins de la recherche publique et industrielle, l’adoption d’une politique documentaire commune au public et au privé, le dépôt des travaux industriels dans HAL tel qu’il se pratique déjà parmi les chercheurs de Sanofi et de Sony, enfin l’amélioration de la visibilité des thèses à destination des industriels.

Les bibliothèques universitaires, notamment à travers leurs représentants à l’ABES26, se voient ainsi chargée de valoriser les thèses à destination des milieux industriels. Le « portail des thèses » mis en place par l’agence doit constituer un portail unique de signalement des thèses soutenues et fournir des renseignements sur les thèses en cours. Il offre un moteur de recherche sur les thèses, des syndications par flux RSS, et la possibilité pour les entreprises de proposer des sujets de thèse. L’amélioration de la visibilité des thèses pour les milieux industriels a également pour vocation d’aider à l’insertion économique des jeunes chercheurs. Elle requiert de la part des professionnels sur le terrain un travail de sensibilisation des doctorants aux enjeux de la diffusion électronique des thèses, car celle-ci ne saurait se faire sans leur accord. L’enjeu est de taille dans la mesure où l’attrait de la base pour les chercheurs dépend fortement de son exhaustivité.
Les insuffisances de l’accès à l’IST en France relèvent également, selon une les termes de la position commune adoptée par Couperin, l’ABES et l’AURA27, du « caractère durablement inélastique du marché mondial de l’IST » :

« quel que soit le prix réclamé par le marché, la demande d’IST reste constant dans la communauté scientifique, cette ressource étant indispensable. La difficulté de peser sur un marché contraint est encore accentuée, en France, par des moyens financiers insuffisants et par le manque de coordination des différents acteurs impliqués28 »

Le texte pointe ainsi les entraves que le modèle économique de l’édition scientifique fait peser sur l’accès aux connaissances. Le marché de l’information scientifique, « marché contraint », place les bibliothèques et leurs usagers en position de faiblesse dans la négociation des contrats. La déclaration conclut que :

« Une politique nationale de l’IST implique (…) un soutien actif aux tentatives actuelles pour faire émerger de nouveaux modèles de publication scientifique, visant sinon à se substituer au modèle commercial actuel, du moins à rééquilibrer le rapport des forces en présence. Dans ce domaine, la France accuse un retard croissant29. »
Le mouvement du libre accès aux résultats de la recherche s’ancre de même sur le constat que la structure du marché de l’édition scientifique constitue un obstacle pour la circulation des résultats de la recherche. Le contexte économique et juridique de la production et de la diffusion des connaissances déterminent en effet fortement les conditions de l’accès aux ressources.
Le mouvement du libre accès aux résultats de la recherche
Né dans les années 1990 aux Etats-Unis, le mouvement du libre accès aux résultats de la recherche répond à trois objectifs principaux :

 Optimiser le partage des connaissances au sein des communautés de chercheurs

 Garantir un accès pérenne, libre et indépendant aux résultats de la recherche.

 Optimiser l’utilisation des fonds publics qui financent la recherche en leur assurant le maximum de retombées économiques et politiques

Répondre à un besoin de communication scientifique désintermédiée

Le développement des archives ouvertes répondait d’abord à un besoin de communication scientifique désintermédiée :

« Le Web a été construit à l’origine sur le modèle de la communication scientifique qui se réalisait à l’intérieur de communautés éclatées géographiquement, mais limitées en nombre, culturellement homogènes et autorégulées. Le Web a été inventé pour résoudre les difficultés de la communication scientifique30. »

Jean-Michel Salaün souligne ainsi que la mise en place des archives ouvertes répondait d’abord à des impératifs d’économie cognitive, dans des milieux disciplinaires où la communication immédiate des travaux était nécessaire. Paul Ginsparg31 explique dans un article de 1994 que cette pratique s’inscrit dans une tradition de communication désintermédiée entre chercheurs sur la base des premières versions de leurs communications : avant l’invention d’Internet, les preprints étaient photocopiés et circulaient par envoi postal. L’archive a donc pour fonction d’optimiser la communication scientifique et d’accélérer la diffusion des travaux ; c’est aussi le moyen de soumettre un article à ses pairs et d’apporter des corrections avant même sa publication.

Paradoxalement, les établissements de recherche et les bibliothèques universitaires ont été amenés à prendre une importance croissante dans l’organisation des archives ouvertes, qui désormais font souvent l’objet d’une gestion institutionnelle. Les SCD assument des tâches d’archivage et de conservation des publications, de structuration des bases de données et de normalisation documentaire. On observe donc in fine, davantage qu’un phénomène de désintermédiation, un déplacement des fonctions de médiation vers la structuration des contenus qui participe également d’une économie de l’accès.

L’action des bibliothèques cependant s’inscrit ainsi plus largement dans un mouvement aux motivations politiques affirmées et dans des débats sur les modèles économiques qui doivent sous-tendre l’accès aux biens informationnels et culturels.
Garantir un accès universel, libre, pérenne et indépendant aux résultats de la recherche

Le mouvement des archives ouvertes promeut des idéaux de partage universel des connaissances à l’échelle mondiale. Il s’agit en premier lieu de réduire la fracture qui oppose le Nord et le Sud et de garantir un accès libre à la recherche scientifique pour les chercheurs des pays en développement. Le Web et ses technologies créent les possibilités techniques d’une diffusion universelle des contenus et d’une démocratisation de la connaissance à des coûts économiques marginaux. Leur émergence ranime l’idéal d’une diffusion sans barrière des connaissances scientifiques. Cet optimisme technologique converge avec une approche qui tend à faire reconnaître la connaissance, et les biens informationnels en général, comme des « biens communs ». Ses tenants soulignent les connaissances scientifiques se construisent « par le partage d’acquis » et son l’œuvre de communautés participatives ; les procédures de validation par les pairs et la circulation du savoir au sein des communautés disciplinaires jouent en effet un rôle constitutif dans la production des connaissances. Issus de l’économie du don, les productions scientifiques auraient ainsi vocation à être accessibles à tous.
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