Un calendrier de travail économe en main d’œuvre 8





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Des risques économiques



Cette sensibilité d’Apis mellifera aux prédateurs et parasites implique de procéder à des surveillances attentives et régulières et, le cas échéant, d'intervenir pour limiter l'incidence du parasitisme et de la prédation9.
Aux traitements chimiques souvent nécessaire pour ralentir les développements parasitaires, il faut également ajouter le nourrissage des colonies pendant les périodes de disettes. Les colonies d’A. mellifera, moins adaptées aux conditions climatiques du Sud-Est asiatique que les colonies d’A. cerana, sont aussi plus sensibles aux périodes ou le nectar et le pollen viennent à se faire rares.

Ces nourrissages entraînent les apiculteurs travaillant avec A. mellifera à s'approvisionner en sucre. Cette dépendance induit une sensibilité des exploitations au cours intérieur du sucre. Il s'agit là d'une fragilité complémentaire de ce type d’exploitation apicole. (RATIA G., 1997).
Ces nouvelles charges financières viennent s'additionner aux besoins en investissement qu'implique l'apiculture avec A. mellifera :

  • Pour l'acquisition du matériel génétique puisque cette abeille européenne ne peut être prélevée dans le milieu naturel ;

  • Pour la construction de ruches standardisées permettant le stockage d'importantes quantités de miel produit par ces abeilles performantes ;

  • Pour l'achat de matériel d'extraction, de maturation, de stockage et de conditionnement afin d'être en mesure de récolter les grandes quantités de miel obtenu et de les mettre sur le marché dans de bonnes conditions ;

  • Pour l'achat de matériel de transport pour transhumer10, accéder aux nombreux intrants et aux marchés.


Progressivement, ces investissements et les besoins accrus en temps, nécessaire à la surveillance de ces abeilles sensibles aux nombreux prédateurs des zones tropicales11, vont impliquer une spécialisation des systèmes de production des agriculteurs concernés.
Pour rentabiliser les investissements contractés, ces derniers vont être amenés à accroître la taille de leur exploitation, impliquant un important besoin en financement et en fond de roulement. Ces nouvelles et importantes charges financières limiteront la performance économique des systèmes de production apicoles.
Ainsi, une étude technico-économique réalisée en 1988 auprès d'apiculteurs du programme PROSHIKA12 au Bangladesh, a montré que les productions de miel obtenues par des unités apicoles utilisant l'abeille européenne ne permettaient pas de dégager de profit pendant les 4 premières années d'activité. La rentabilité de ces ateliers était grevée par les intérêts des emprunts contractés pour acquérir l'équipement nécessaire à la production de miel avec A. mellifera. (SVENSSON B., 1995).

Développer l’apiculture avec Apis cerana



Si, une cinquantaine d’années après leur introduction, les abeilles européennes donnent de bons résultats en Thaïlande, il convient de souligner que les efforts d’acclimatation ont été nombreux et coûteux. Ainsi, de la première tentative d’introduction de l’abeille européenne au sein du campus de Kasetsart University en 1950, il ne restait rien 10 ans après (WONGSIRI S., 1989). Il est probable que les tentatives d’introduction au Laos souffriraient des mêmes écueils.
Plutôt que de prendre les risques de l’introduction d’A. mellifera, il semblerait plus judicieux d’appuyer le développement d’une apiculture avec A. cerana, à l’image de ce qui a été entrepris au Sri Lanka (PUNCHIHEWA R.W.K., 1994).
Cette alternative aurait de surcroît le mérite d’accompagner la majorité des agriculteurs du Laos dans leur stratégie centrée sur la sécurité alimentaire à travers la diversification des activités et donc des revenus.
Pour accompagner et renforcer l’apiculture de petite échelle qui existe dans plusieurs provinces du Laos, il conviendrait d’entreprendre un travail alliant l’étude des savoirs-faire paysans, la recherche de techniques simples d’amélioration de l’apiculture ainsi que des produits obtenus et de vulgarisation de ces techniques auprès des apiculteurs et des communautés villageoises intéressées. A plus long terme, ce travail de promotion de l’apiculture pourrait être complété par la recherche et la sélection de souches d’abeilles Apis cerana moins essaimeuses et moins déserteuses.

Existence d’un savoir-faire paysan



De nombreux villageois des provinces du Nord (Phongsaly, Oudomxay, Samneua, Luang Namtha…) produisent du miel qu’ils utilisent en auto-consommation ou qu’ils vendent sur les marchés locaux. Comme signalé précédemment, les produits obtenus sont généralement de qualité variable et se prêtent mal au transport, au stockage et à la vente sur des marchés de gamme moyenne (supérettes de Vientiane par exemple).

Néanmoins, la présence de ces produits sur les marchés locaux atteste de l’existence d’une tradition apicole au Laos et d’un marché pour le miel.
Les apiculteurs ont appris au fil des ans où et comment récolter le miel, capturer des essaims dans des troncs d’arbres évidés qu’il est ensuite aisé de rapprocher des habitations pour bénéficier d’une protection contre les ravageurs et prédateurs. Ces apiculteurs sont également connaisseurs des techniques de récolte et parfois conscients de l’utilité de ne récolter qu’une partie du miel en vue d’éviter les phénomènes de désertion.
L’incidence des contraintes rencontrées par les apiculteurs disposant de ruchers d’abeilles Apis cerana peut être atténuée par l’introduction d’innovations, portant sur l’équipement et les pratiques apicoles.

Des solutions techniques économes et adaptées à l’apiculture au Laos




Ruche à barres



L’innovation la plus efficace facilitant le contrôle du degré de maturité du miel et la gestion des colonies est l’introduction de la ruche à barres type « Top Bar Hive ». Cette ruche, constituée d’un plateau et d’un corps sur lequel reposent des barres de 2,9 à 3 cm (Cf. figure 3) permet à l’apiculteur d’observer les rayons les uns après les autres et de limiter l’essaimage en facilitant le contrôle de la production de cellules royales.





Figure 1 Plan des ruches à barres utilisées à la Faculté d’agriculture, campus de Nabong, LAOS

Ainsi, en facilitant l’observation des rayons construits par la colonie, cette ruche permet à l’apiculteur :

  • De contrôler la santé des ouvrières, du couvain et de la reine ;

  • De surveiller les prédateurs ou parasites au sein de la colonie ;

  • De suivre l’état et les quantités de provisions en miel et en nectar.


Cet équipement simple, qui peut facilement être construit localement avec des chutes de bois par exemple implique un investissement modique, compris entre 20.000 et 50.000 kips (source PDDP, cf. p.32).




Photo 7 : Ruche à barres de construction villageoise. Province de Oudomxay



Photo 8 : Observation d’un rayon sur barre


Cet équipement va permettre aux apiculteurs de mieux gérer leurs essaims et de mieux planifier leurs interventions sur le rucher, qu’il s’agisse d’interventions pour la récolte, le transfert dans une nouvelle ruche, le renforcement des essaims et pour les plus avancés la division des colonies, la gestion des essaimages.

Enfumoir


Les apiculteurs ont tendance à peu ouvrir les ruches en raison de l’inadéquation de ces dernières mais également des risques de piqûres inhérents aux réactions de défense des colonies. Certains apiculteurs choisissent d’intervenir dans les ruches pendant la nuit. Ces interventions à l’aveuglette limitent la qualité du travail, amenant l‘apiculteur à récolter les rayons sans distinction de maturité, de contenu. En outre, ces récoltes « à tâtons » occasionnent des dégâts importants qui peuvent induire un phénomène de désertion de la ruche.
L’utilisation d’un enfumoir permet de limiter les réactions de protection des abeilles qui, au contact de la fumée, vont ingérer du miel en préparation d’un hypothétique départ de l’essaim. Les abeilles ont dès lors une moindre propension à voler et à piquer. Après avoir enfumé l’entrée de la ruche, l’apiculteur peut aisément procéder aux interventions nécessaires. Celles-ci peuvent donc être programmées à tout moment de la journée, de préférence au cours des périodes de butinage, pendant lesquelles le nombre d’abeilles dans la ruche est au plus bas.
Des enfumoirs rudimentaires peuvent facilement être construits par l’apiculteur à partir de matériaux trouvés à proximité du rucher.

Ainsi par exemple, un bambou de grande dimension (diamètre 10-15 cm – entrenœud 30-40 cm) peut constituer le foyer de l’enfumoir.

L’entrenœud choisi sera scié au milieu et ajusté afin que les deux moitiés puissent s’emboîter (Figure 2). Une ouverture sera creusée à l’extrémité de chaque moitié. Dans chacune d’elle sera disposé un bambou de petite dimension. Le bambou situé à la base de l’ouvrage permettra à l’apiculteur de souffler pour activer son enfumoir. Celui situé au sommet de l’ouvrage permettra d’évacuer la fumée et de la diriger vers l’essaim.










Figure 2 Construction d'un enfumoir

Vêtements de protection adéquats


Outre l’enfumoir, il est judicieux de disposer de vêtements de protection qui permettent à l’apiculteur d’intervenir dans les ruches dans de bonnes conditions.
Très facilement, il est possible de fabriquer un voile qui protège efficacement le visage et le cou des piqûres d’abeilles.
Un voile rudimentaire peut être fabriqué en cousant ou agrafant une pièce de gaze à moustiquaire sur un chapeau de paille suffisamment ample afin d’éviter tout contact entre la moustiquaire et le visage. Dans le cas où l’utilisateur souhaiterait une plus grande protection, l’ajout d’un cordon coulissant dans la partie inférieure du voile permettrait de le resserrer au niveau du col, empêchant les abeilles de s’infiltrer et d’atteindre le visage.


Figure 3 Voile de protection

Construction d’un abri pour le rucher


La construction d’un abri sous lequel disposer les ruches est le moyen le plus efficace pour lutter contre les pressions des prédateurs et les phénomènes climatiques.

Spécifiquement adapté aux besoins des abeilles, l’abri donnera à l’agriculteur les moyens de maîtriser au mieux un rucher.


Photo 9 Rucher de la Faculté d’Agriculture, campus de Nabong, LAOS
Ces équipements rudimentaires donneront à l’apiculteur la possibilité de décider de la conduite à adopter.

Capable d’intervenir à tout moment dans son rucher, l’apiculteur pourra donc plus facilement planifier les interventions afin d’opérer dans les meilleures conditions.

Améliorations simples des pratiques



Avec ces amélioration techniques, l’apiculteur sera donc en mesure de contrôler de nombreux paramètres influant sur l’état de la colonie (parasitisme, intempéries, provisions, essaimage) et sur la qualité des produits de l’apiculture (degré de maturité du miel, impureté du miel).
L’adoption de pratiques plus pointues sera alors possible et permettra à l’apiculteur d’exceller dans son art pour optimiser la gestion de son rucher en vue d’avoir des colonies fortes et obtenir un miel de meilleure qualité, en plus grande quantité.

Des techniques permettant d’obtenir un miel de qualité


Ou l’art d’obtenir un miel de qualité

Récolte sélective

Lors de la récolte dans une ruche à barre, l’apiculteur peut observer les rayons et choisir ceux dont il extraira le miel. Dans le cas de rayons présentant un miel à un stade de maturité insuffisant (alvéoles non operculées), l’apiculteur peut décider, soit de remettre le rayon dans la ruche, soit de ne récolter que la partie du rayon dont le miel est suffisamment mûr.



Photo 10 : Séparation des alvéoles operculées de celles contenant un miel non-mûr (vert) et du couvain

La partie du rayon contenant un miel non operculé et/ou du couvain sera attachée sur une barre en vue de sa réintroduction dans la ruche.


Photo 11 : Attachement sur une barre de rayons contenant un miel vert et du couvain
Première transformation du miel

Comme lors de la récolte, il est préférable d’opérer pour ces différentes étapes dans une atmosphère peu chargée en eau. Il est, en particulier, déconseillé de procéder à l’extraction et au conditionnement en saison des pluies, pendant laquelle l’humidité de l’atmosphère peut rapidement atteindre des valeurs voisines de 80 %. Comme signalé précédemment, la teneur en eau d’un miel placé au contact d’une telle atmosphère évolue très rapidement.

Séparation et classement des rayons

Une fois la récolte des rayons effectuée, ceux dont les alvéoles sont bien operculées seront séparés des rayons présentant des alvéoles irrégulièrement operculées ou présentant des impuretés (pollen, fragments de cire).


Photo 12 Récolte de miel sur le campus de Nabong

Ces derniers donneront un miel de qualité inférieure. La teneur en eau et la présence de nombreuses impuretés confèreront à ce miel un risque important de fermentation. Ces miels seront préférentiellement consommés ou vendus dans le voisinage de l’apiculteur.

Les miels dont la qualité intrinsèque est plus grande seront manipulés avec soin en vue d’un conditionnement et d’une commercialisation dans de bonnes conditions.

Pression

A l’issue de ce classement, les rayons des différentes qualités de miels seront pressées séparément. Cette opération implique de détacher les rayons en éléments homogènes qui seront alors pressés manuellement. La pâte homogène obtenue pourra alors être filtrée.

Filtration

La filtration est cruciale. Elle doit permettre de séparer le miel de la majorité des impuretés (fragments de cire, pollen, déchets, cendres de l'enfumoir, abeille morte, larve) afin de limiter la contamination du miel par les germes véhiculés par ces corps étrangers.
Par ailleurs, pendant cette opération, le miel n’est plus protégé par l’opercule de cire. Il est au contact de l’atmosphère dont il va avoir tendance à capter l’eau.

Plus le temps passé au contact de l’atmosphère est long, plus la teneur en eau du miel s’élève et moins la qualité du miel est intéressante en raison de l’augmentation de sa teneur en eau. Rappelons qu’au-delà de 20 % d’humidité, le miel devient un milieu dont l’équilibre osmotique est favorable au développement des levures. Le miel entre alors dans un processus de fermentation qui se manifestera plus ou moins rapidement, compte tenu de facteurs comme le taux de levure du miel, la température, la qualité du conditionnement.
miel et impuretés en un temps réduit.

En milieu paysan, il est possible de procéder en deux temps en utilisant des ustensiles communs. Une première filtration, au moyen d’une passoire ou d’un tissu à grosses mailles, retiendra les gros éléments. Celle-ci sera complétée par une filtration avec un tamis ou un tissu à mailles fines.


Photo 13 Tissu à grosses mailles et tamis fin utilisés
pour la filtration du miel


Conditionnement hermétique

A l’issue des opérations de filtration, le miel sera placé dans un conditionnement hermétique soigneusement préparé. L’apiculteur veillera en particulier à ce que le récipient choisi soit propre et sec afin de conserver la qualité du miel et éviter de nouvelles sources de contamination. Il vérifiera également l’herméticité du récipient, évitant les obturations avec des déchets de plastiques, papiers ou cartons qui sont peu efficients et potentiellement chargés de germes indésirables.


L’art de gérer un rucher



Les améliorations en terme de qualité du miel seront d’autant plus intéressantes que la quantité de miel sera élevée et que donc le rucher sera bien géré.

Cette gestion dépendra avant tout des interventions réalisées dans le rucher et des dates auxquelles elles auront été réalisées.

Visite sanitaire et surveillance

La visite du rucher est généralement très instructive et permet de renseigner l’apiculteur sur l’état général des colonies13. Il pourra, en cas de besoin, procéder à une visite approfondie des colonies.
Par ailleurs une surveillance régulière du rucher et de son environnement permettra à l’apiculteur de repérer les facteurs pouvant limiter la production du rucher, qu’ils soient d’ordre parasitaires, climatiques, alimentaires.

Contrôle de la pression des prédateurs

Une information cruciale collectée pendant ces visites régulières sera l’importance des parasites à proximité de la ruche. Les abeilles Apis cerana disposent de techniques de défense (système vulnérant) et d’intimidation (bruissement de l’abdomen) efficaces face à la plupart des prédateurs de leur environnement. Toutefois, il arrive que, suite à des prédations successives et prolongées, la colonie soit affaiblie ce qui peut entraîner une désertion et dans tous les cas une diminution notable de la population d’abeilles et en conséquence des provisions de miel.
L’apiculteur veillera à limiter les impacts de la prédation en éloignant les ruches des zones à risques (forêt dense, proximité d’essaims de frelons, de guêpes, de fourmis, d’ours), en les surélevant par rapport au sol et éventuellement en traitant les supports de la ruche de matières répulsives (huile de vidange).

Protection contre les phénomènes climatiques

Une autre raison expliquant les fréquentes désertion des abeilles Apis cerana est l’exposition à des phénomènes climatiques défavorables. Ainsi par exemple, les vents et pluies violents des périodes de mousson peuvent affaiblir la colonie qui va de ce fait consommer ses provisions en miel pour maintenir l’homéostasie de l’essaim.

A contrario, une exposition aux rayons du soleil pendant les heures chaudes des journées de saison sèche provoque une augmentation conséquente de la température de l’essaim, impliquant une ventilation importante de la ruche.
Jusqu’à une certaine limite, les abeilles parviennent à maintenir une stabilité de la température et de l’humidité de l’atmosphère dans l’essaim. Au delà de cette limite, souvent dépassée aux heures les plus chaudes de saison sèche et les plus humides et venteuses de saison de mousson, les essaims abandonnent la ruche, ce qui explique les nombreux cas de désertion pendant ces périodes critiques.
Un apiculteur attentif et précautionneux parviendra, en prenant garde à l’exposition des ruches au soleil et aux vents dominants et le cas échéant en procédant à des aménagements simples (pare-vent, pare-soleil, toiture), à contrôler l’ambiance à l’intérieur de la ruche. Ce contrôle diminuera la consommation d’énergie nécessaire à la ventilation et au maintien de la température de l’essaim ainsi que la fréquence des désertions.

Mesure du potentiel de l’espace apicole

Pour accompagner le développement de ses colonies, l’apiculteur doit nécessairement prendre en compte les aspects alimentaires, c’est à dire la disponibilité en glucides (nectar) et protides (pollen).
Cela implique d’être en mesure de définir la zone de butinage des colonies.

En général, les abeilles Apis cerana peuvent parcourir jusqu’à 500, voire 700m. L’apiculteur devra alors repérer le périmètre ainsi constitué et le qualifier en notant les zones d’habitation, les espaces agricoles et forestiers ainsi que les essences végétales qui les peuplent.


Figure 4 Définition et qualification d’une zone de butinage. Cette zone est définie par la distance parcourue par une abeille (500 à 700m dans le cas de l’espèce A. cerana).
Dans le cas présent, la zone de butinage recouvre le village, des rizières (marron -foncé),des forêts (jaune et vert - clair).

Partant de ces informations, l’apiculteur est alors en mesure de construire un calendrier de floraison (cf. encadré 5) et de définir les périodes propices au butinage, à la production de miel ainsi que celles de disette alimentaire.

Construction d’un calendrier de floraison

A partir de l’observation de l’espace apicole, l’apiculteur peut rassembler des informations sur la flore, les périodes de production de nectar, de pollen, de miellat. Rassemblées sur un calendrier, ces informations vont aider l’apiculteur à prévoir les miellées ainsi que les périodes de disette alimentaire.



Encadré 5 Calendrier de floraison des villages Ban Thiao et Ban Khoum (Province de Oudomxay)



D
ès lors, l’apiculteur pourra planifier ses interventions dans le rucher afin d’optimiser la gestion des colonies.

Figure 5 Des pratiques adaptées aux évènements environnementaux
Suivi du développement des colonies

Renseigné sur le potentiel apicole de l’environnement du rucher, l’apiculteur est en mesure de définir le nombre maximum de ruches qu’il peut installer dans le rucher pour éviter une trop forte densité d’abeilles par rapport aux productions nectarifères et polliniques. Il peut également assurer un meilleur suivi du développement des colonies, en stimulant la ponte par l’agrandissement des espaces à couvain lors de la phase d’établissement de la colonie, en surveillant les stocks de miel en période de disette et le cas échéant en apportant un complément alimentaire (sucre ou sirop de sucre) pour éviter la désertion de la ruche.

Contrôle de l’état des cires

Le suivi régulier du développement de colonies permet aussi de conserver une ambiance favorable. Ainsi en période de récolte et de disette, l’apiculteur peut décider d’enlever des rayons pour récolter le miel ou diminuer le volume des ruches. Il doit alors veiller à conserver les rayons dont les cires sont récentes et, supprimer ceux dont les cires sont abîmées. Après quelques mois d’utilisation pour l’élevage de couvain, les alvéoles noircissent (succession des cocons produits par les nymphes) et deviennent sujettes aux développements de moisissures qui peuvent entraîner un départ de la colonie.

Contrôle de l’essaimage (& Collecter les essaims)

La fin de saison des pluies est propice à l’élevage par les colonies de nouvelles reines qui peuvent conduire à un ou plusieurs essaimages.
Un essaimage entraîne un affaiblissement de la colonie d’origine. Cependant, compte-tenu que ce processus est difficile à arrêter, l’apiculteur aura tout intérêt à l’accompagner et à collecter les nouveaux essaims qui sont généralement très vigoureux.
En surveillant son rucher, l’apiculteur pourra repérer les périodes d’essaimage. Dès lors que l’essaim est formé, l’apiculteur peut capturer l’essaim au moyen d’une « cloche » en paille positionnée au-dessus de l’essaim, dont l’intérieur aura été précédemment enduit de cire d’abeille.





Illustration : PDDP

Figure 6 Capture d’un essaim au moyen d’une « cloche » en paille
Progressivement les abeilles vont s’installer dans la « cloche ». Il est alors aisé de

transférer cet essaim dans une ruche préparée à cet effet (cf. encadré 6).


Encadré 6 Préparation d’une ruche en vue de l’introduction d’une colonie



Préparation d’une ruche à barre pour un nouvel essaim




Préparation des barres

Pour inciter les abeilles à construire les rayons dans le sens longitudinal des barres et en leur milieu, une amorce peut être déposée sur ces dernières. Ces amorces à partir desquelles les abeilles construiront les rayons peuvent être constituée de cire d’abeille. Une fois liquéfiée, la cire chaude est déposée au centre de la barre comme il apparaît dans le schéma ci-dessous.


Préparation du corps de ruche

Avant d’y placer un essaim, le corps d’une ruche doit être nettoyé et, dans la mesure du possible, sommairement désinfecté par le feu.

Ensuite, les parois internes de la ruche seront frottées avec un pain de cire afin d’imprégner le bois de particules de cires.

Au delà de cette maîtrise minimale d’un rucher et des colonies, l’apiculteur devra, pour être en mesure de développer son activité apicole, affiner ses connaissances et savoir-faire apicoles en vue de surveiller et provoquer la production de cellules royales, diviser des ruches, sélectionner de souches moins essaimeuses et non déserteuses.

Un effort de vulgarisation



Dans plusieurs provinces du Laos, une apiculture de petite échelle est apparue au fil des ans. Le développement de cette apiculture avec l’espèce Apis cerana implique un effort de vulgarisation des équipements améliorés et des pratiques novatrices, sur la base de ce qui a déjà été entrepris à la Faculté d’agriculture (campus de Nabong), dans les provinces d’Oudomxay et de Phongsaly.

Développement d’un syllabus de cours et d’outils pédagogiques à la Faculté d’agriculture


Conscients du potentiel apicole du Laos, plusieurs employés de la Faculté d'Agriculture ont entrepris en 2001 de développer une petite unité apicole sur le campus de Nabong en vue d'une part de disposer d'outils pédagogiques pour le cours d'entomologie et le cours optionnel d’apiculture proposé dans le cadre de l’année de spécialisation en fin de cursus BSc. et d'autre part de produire et commercialiser du miel.
Suite à plusieurs tentatives de captures d’essaims, de transferts de colonies sauvages dans des ruches ainsi qu’à des voyages d’études dans des zones apicoles au Laos et en Thaïlande, l’équipe a progressivement construit un rucher pédagogique sur le campus de Nabong et développé un cours « apiculture avec l’espèce Apis cerana ». Ce cours, proposé aux étudiants en cinquième année du programme de BSc, présente l’économie apicole mondiale avant de se focaliser sur l’abeille Apis cerana, sa morphologie, l’organisation d’un essaim, la communication au sein de la colonie. Dans un second temps sont étudiées les pratiques apicoles traditionnelles et améliorées ainsi que la qualité des productions obtenues. Ce cours laisse une large part à la pratique apicole au moyen des pratiques et matériels novateurs (cf. syllabus en annexe 3). Il devrait permettre de mettre sur le marché de l’emploi une vingtaine de professionnels ayant des connaissances théoriques et pratiques en apiculture.

Appui à l’apiculture dans le cadre du projet CBRDP (Oudomxai)


Partant des constats que la faune apicole est très développée à proximité d’Oudomxai et qu’existent dans certains villages des techniques traditionnelles d’élevage des abeilles, le projet de développement communautaire pour la conservation des bassins versants de la Nam mau et Nam Beng a entrepris dès 2002 une activité apicole.
L’objectif était d’identifier les facteurs limitant le développement de l’apiculture et de proposer des solutions.

Très rapidement, l’équipe technique du projet a proposé l’introduction de ruches à barre, déjà utilisées pour l’apiculture avec Apis cerana au Népal. De façon concomitante, des formations techniques ont été organisées afin d’apprendre aux villageois comment utiliser ces ruches à barre, comment les construire et comment en tirer le meilleur parti.

Appui à l’apiculture dans le cadre du projet PDDP (Phongsaly)


Dans le district de Phongsaly, le PDDP a débuté en septembre 2002 une activité d’amélioration des techniques apicoles en vue de permettre aux villageois d’augmenter la quantité et la qualité du miel produit, tout en limitant l’augmentation du coût de main d’œuvre.
Au cours de l’exercice 2002/03, 5 villages ont été sélectionnés en vue de dispenser aux familles le désirant une formation sur l’apiculture et sur l’utilisation de la ruche à barre. A l’issue de la formation, une ruche à barre a été donnée pour modèle à chacun des villages.

Cette expérience, renouvelée à l’identique en 2003/04, a entraîné la construction dans les 10 villages retenus de 104 ruches à cadre par les paysans eux-même. La production de miel de ces dernières a été plus de 3 fois supérieure à celle des ruches traditionnelles (respectivement 2,4 et 0,7 l).
En mars 2004, l’organisation par le PDDP d’un séminaire « apiculture inter villageoise » a permis aux participants d’échanger sur leurs expériences apicoles et notamment sur l’utilisation des ruches à barre. 22 villages ont participé à ce séminaire de diffusion des techniques améliorées et ont entrepris, par la suite, la construction d’une centaine de ruches à barre.

Etendre les techniques améliorées ?


La réalisation de formations à l’utilisation d’équipements adaptés à l’apiculture et à l’amélioration des pratiques a permis d’obtenir des résultats intéressants tels que le développement de ruchers pédagogiques à Nabong, le développement de l’apiculture dans les villages ciblés par les projets PDDP à Phongsaly et CBDRP à Oudomxai.

Obtenir ces résultats à l’échelle du Laos permettrait le développement d’une apiculture performante avec l’espèce A. cerana.

Cela implique :

  • d’étendre ces actions de vulgarisation à l’ensemble des provinces disposant d’un potentiel apicole ;

  • d’entreprendre simultanément un travail de sélection des souches d’abeilles peu déserteuses et peu essaimeuses.



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