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III.2. LE CRITERE DE LA SOLIDARITE  COMME CRITERE ELARGI DANS L’ANALYSE DES ZONES MONETAIRES OPTIMALES :
Dans une zone monétaire, optimale ou pas, les Etats partenaires s’inscrivent dans un processus commun d’organisation de leurs économies, grâce à une monnaie commune ou par définition d’une politique de change fixe entre leurs monnaies nationales. Pouvoir palier aux éventuels chocs dits asymétriques reste l’élément moteur de l’organisation commune au sens optimale de la zone économique. A partir de ce moment, deux cas font l’objet de notre attention : 1- cas : les pays coopérant au sein d’une union économique ont une monnaie commune ; 2- cas : les pays partenaires ont des monnaies nationales articulées autour d’une parité fixe et irrévocable. Dès lors, il apparaît qu’en cas de choc asymétrique, la capacité des Etats partenaires à faire jouer le principe de la solidarité, comme moyen de contre choc, suffit pour faire de cet élément une condition prépondérante et pertinente d’optimalité.
En effet, si des pays partages une monnaie commune, ou coopèrent dans le respect de la fixité de leurs monnaies nationales, les déficits des uns doivent être compensés par les excédents des autres. Il apparaît, dans ce cas, que ces pays doivent arrêter un cadre commun de gestion et de politiques concertées de leurs avoirs extérieurs capables de garantir le retour à l’équilibre de leurs balance des paiements.
Dans cette perspective, Mr Bourguinat (1992) affirme qu’une zone monétaire optimale doit obligatoirement pour être efficace reposer sur des stabilisateurs, ou des transferts compensateurs assurant le rééquilibrage des balances des paiements des régions ou des nations en question. Illustrons le principe de la solidarité dans le cadre d’un modèle à deux pays.
III.2.1. MODELISATION DU CRITERE DE LA SOLIDARITE COMME NOUVEAU CRITERE D’OPTIMALITE MONETAIRE :
Deux pays : Pi et Pj partenaires dans une zone monétaire commune :

-1 Pi : produit du pétrole ;

-2 Pj : non producteur de pétrole.

Hypothèse : choc exogène défavorable à Pj et favorable à Pi.

A terme des déséquilibres apparaissent et se manifestent ainsi :
Dans le pays Pi, trois événements se produisent : excédent de la balance extérieure, augmentation du revenu national et de l’inflation.
Dans le pays Pj, trois événements se produisent aussi : déficit au niveau de la balance extérieure, diminution du revenu national et augmentation du chômage.
Les effets semblent contraires dans les deux pays, sauf que la situation d’inflation en Pi a comme contrepartie le chômage en Pj. Les déséquilibres (au niveau de la balance extérieure et du chômage en Pj, de l’inflation en Pi), entre nos deux pays ne peuvent être résorbés que grâce à un changement de taux, qui au demeurant reste impossible entre nos deux partenaires coopérant dans une même union monétaire. L’incapacité inhérente à cette dernière donne alors tout son sens au principe de solidarité. Comment ?
La solidarité permet des transferts de Pi vers Pj, afin de compenser les déficits de ce dernier. Si les deux pays avaient chacun sa propre monnaie, un simple changement de parité permet de remédier aux problèmes soulevés. Au final, le principe de solidarité joue le rôle de substitut au taux de change alors outil de politique monétaire d’ajustement. Le modèle à deux pays que nous avons analysé offre des perspectives élargies à plusieurs pays. En effet, considérons une zone monétaire composée de plusieurs Etats, notée Zm. Avec Zm = [1,2,3… r, n]
Quelques considérations supplémentaires :

M : la monnaie du pays r, avec r  [1,2,3,…r, n] tel que quelque soit r, j  Zm [r j]

 e  0 / Mr = Mj  ( e = taux de change avec e  0);

Dans le premier degré d’optimalité e = 1.
A la lumière de l’approche monétaire de la balance des paiements (Mundell 1968, Frenkel et Johnson 1976), la variation des réserves ∆R = à la demande de monnaie nationale [Md] diminué de l’offre de monnaie nationale [Mo] soit (Md – Mo.)

∆R = (Md – Mo)/e = B

B = la balance des paiements.

e = le cours de change à l’incertain.
Exprimons la balance des paiements en monnaie nationale :
B = h (Md – Mo) alors,

Si Md – Mo < 0, B < 0, donc on observe un déficit.

Si Md – Mo > 0, B > 0, donc on observe un excédent.
Le mécanisme qui rééquilibre la balance des paiements apparaît clairement. Par ailleurs, les variations des réserves ∆R étant égal à la variation des avoirs extérieurs nets ∆Aen, alors ∆R = ∆Aen.
Revenons au modèle à deux pays Pi et Pj. Si ces derniers peuvent faire face à deux cas de figures : déficit ou excédent. Alors, nous pourrons relever quatre possibilités : 1- Pi et Pj ont tous deux des déficits ; 2- Pi et Pj ont tous deux des excédents ; 3- Pi connaît un déficit et Pj un excédent ; 4- Pi un excédent et Pj un déficit. On peut tirer le constat, que les solutions pour les cas 1 et 2 sont identiques, de même que pour les cas 3 et 4.
Si nous considérons le cas 1, alors le déficit de Pi > au déficit de Pj et inversement.

Si nous considérons le cas 3, alors le déficit de Pi > à l’excédent de Pj et inversement. Parmi toutes les possibilités retenons le cas 3 car son analyse reste intéressante comme nous allons le voir.
En effet, nous pouvons relever trois cas de figure :


  1. le cas où l’excédent de Pj couvre totalement le déficit de Pi, alors :

∆R* = 0  ∆AenPi + ∆AenPj = 0.
L’équilibre est parfait avec l’extérieur et induit la stabilité de la monnaie ou des monnaies de la zone.


  1. l’excédent de Pj est supérieur au déficit de Pi, alors :

∆R*  0  ∆AenPi +∆AenPj  0.
Il apparaît un excédent dans ce cas par rapport à l’extérieur qui induit une appréciation de la monnaie commune ou des monnaies de la zone.



  1. l’excédent constaté en Pj ne compense pas le déficit de Pi, alors :

∆R*  0  ∆AenPi + ∆AenPj  0.
Dans ce troisième cas de figure, la zone monétaire connaît un déficit extérieur favorisant une dépréciation de la monnaie de la zone ou des monnaies nationales.
Nous observons que le cas de figure 3 (l’excédent de Pj ne compense pas le déficit de Pi) dépend du niveau de solidarité entre les pays Pi et Pj. En effet, une solidarité même affirmée entre les partenaires conduit à une modification de la parité de la monnaie commune ou des monnaies communes de la zone dans les mêmes proportions. Les situations particulières des balances des paiements de Pi et Pj n’ont pas d’effet direct sur le changement presque irrévocable de la modification de parité.
A l’inverse, une absence totale de solidarité, toute chose égale par ailleurs, peut induire la disparition pure et simple de l’union monétaire. Au final, la solidarité est un élément de consolidation de la coopération entre les partenaires d’une union plus que dans le cas de coopération d’un pays avec un partenaire hors zone.
Les observations précédentes débouchent sur une formulation généralisée des conditions d’optimalités solidaires. Reprenons le cas de nos deux pays Pi et Pj constituant soit une union monétaire avec une monnaie unique, soit des changes fixes entre leurs deux monnaies. Les impacts de la solidarité varient selon leur degré à l’intérieur ou à l’extérieur de la zone.
En effet, si cette solidarité est plus forte à l’intérieur qu’à l’extérieur de la zone, alors les pays partenaires constituent une zone monétaire optimale. Cependant, si cette même solidarité est moindre à l’intérieur de la zone que vis à vis de l’extérieur, alors le choix pour des monnaies nationales et des changes flexibles reste préférable en les pays Pi et Pj.
Deux principes forts d’optimalité au sens de la solidarité :
Principe 1 : Pi et Pj coopèrent dans une zone monétaire optimale dès lors qu’ils sont totalement solidaires. Dans ce cas la solidarité est un principe nécessaire pour l’optimalité.
Considérons Z* (une zmo) caractérisée par un faible budget ne couvrant pas les besoins de transfert d’un pays vers l’autre.

Pi et Pj  Z* (Mi = Mj)  ∆AenZ* = ∆AenPi + ∆AenPj de sorte que si ∆AenZ* 0, alors : ∆e/e = k où [e  0 et k  0.]
Principe 2 : Pi et Pj sont solidaires et les deux pays forment une zone monétaire optimale. Dans ce cas cette solidarité est un principe suffisant d’optimalité.

∆AenZ* 0 et ∆e/e = k [k  0 et e  0] où Mi = eMj, par conséquent ∆AenZ* = ∆AenPi + ∆AenPj, avec Pi et Pj  Z* [zmo.]
les deux principes forts ci-présentés plus haut conduisent à la détermination des conditions nécessaire d’optimalité.

III.2.2. LES CONDITIONS D’OPTIMALITE PRECISEES :
Le principale risque inhérent à tout système de changes fixes, c’est l’apparition dans l’un des pays partenaires un problème de balance des paiements, suite notamment à un problème d’une moindre compétitivité renforcée par des politiques économiques intenables sur le long terme (Artus, 1997.) En effet, la perte de compétitivité s’accompagne d’un déficit de la balance des paiements qui induit un épuisement des réserves du pays. L’effet, immédiat né de ce déficit ne peut être résorbé par un ajustement du taux de change impossible dans le cas d’une union monétaire ou une zone à changes fixes. Par conséquent, au sens du critère de la solidarité, la ZMO dépend des réserves totales et du taux de variation du cours de changes des monnaies de l’union.
Enfin, rappelons la différence essentielle entre convergence et solidarité. Pendant que convergence implique le suivi d’un processus concerté par le respect d’une série de critères macroéconomiques entre partenaire afin de rapprocher leurs économies, la solidarité ne s’inscrit pas dans un cadre normatif. Elle est caractérisée par des soucis qui vont au de-là des simples faits économiques de la part des partenaires, pour toucher, dans le cas qui nous concerne, la finalité de la zone économique : son optimalité, sinon sa cohérence et sa pérennité à la lumières des économies partenaires.
La solidarité permet de rééquilibrer les conséquences des disparités et la mauvaise gestion dans les performances économiques des Etats. Son efficacité dépend de 1- la renonciation à la souveraineté en matière de politiques économiques, notamment au plan monétaire ; et 2- de l’acceptation d’un contrôle mutuel dans la gestion économique du pays partenaire, dont l’impact dans la gestion commune des avoirs extérieurs communs.
Les conséquences incertaines qui sont implicites à l’acceptation des contraintes liées à l’efficacité de la solidarité précédemment précisée induise trois types d’union monétaires au sens de Bourguinat (1992) : 1- l’union monétaire en cas d’alignement du petit pays au grand ; 2- l’union induite par la contrainte quant à l’alignement imposé par le partenaire hégémonique dans le but d’une unification forcée ; et enfin 3- l’unification économique et monétaire, comme résultat d’une convergence négociée (le cas de l’Union Européenne.)
A partir des trois types d’unions monétaires relevées plus haut, l’UEMOA reste conforme au second cas, où la zone monétaire s’est inscrite dans un processus historique et colonial qui a déterminé sa création et sa pérennité. Même restructurée, cette union est toujours marquée par le poids de son histoire singulière en général et l’influence de la France en particulier. La solidarité a toujours été le pendant de la coopération des Etats de l’UEMOA et de façon élargie les pays de la zone franc et a empêché l’éclatement de cette dernière.
En 1994, ensemble, les pays de l’espace CFA ont procédé à une dévaluation de leur monnaie commune, le FCFA malgré les différences que les zones ont pu naturellement avoir en matière de réussite ou d’échec dans leur gestion économique respective. Telle fût le cas de la BEAC, à partir de 1994 la CEMAC et de l’UMOA qui devient l’UEMOA.


CONCLUSION 
Les limites des critères traditionnelles à expliquer de façon satisfaisante l’UEMOA sous l’angle de son optimalité ou pas, reflète la difficulté à appliquer les économies du Sud, par le canal de modèles initialement pensés et mis en pratique dans les pays industrialisés du Nord. Loin de rejeter toute explication fondée sur des points de vue extérieurs à l’UEMOA, il nous est apparu que le dépassement analytique traditionnel des ZMO par d’autres critères plus conformes aux conditions propres de la zone en question devait s’imposait.
C’est dans cette optime que notre critère de la solidarité s’est inscrit comme élément élargi d’explication de la zone monétaire Ouest africaine. Mais malgré ses limites au plan théorique, en l’étape actuelle de la modélisation, ce critère nous a offert une certaine satisfaction : au plan théorique des critères élargis (critère de solidarité en l’occurrence) des ZMO, l’UEMOA semble justifié. Par extension, c’est l’adhésion de la Mauritanie à cette zone qui est confortée par le canal théorique. Celle – ci ne sera effective, cependant, que par la volonté politique du nouvel adhérent.
Récemment, Corsetti et Pesenti (2002) dans la lignée de Frankel et Rose (1998 et 2000) pour qui, les unions monétaires ont un effet positif sur le commerce international et la croissance, ont montré, suite à leurs études empiriques et théoriques, que la mise en place d’une union monétaire reflète une anticipation, qui au demeurant, conditionne l’émergence du phénomène attendu. Ils ont souligné le caractère endogène des implications nées du processus de construction monétaire, où l’intégration commerciale et la corrélation des chocs sont la conséquence de l’union monétaire. Il apparaît donc que la finalité justifie les moyens.
Ainsi, la finalité intrinsèque à cette zone, en terme de nouvel outil de la recomposition des Etats dans le processus renouvelé de la reconstruction des économies de l’UEMOA est en soit, un critère d’optimalité.

Par ailleurs, pour cette zone, à l’instar du continent africain sujet à toute forme d’échecs, notamment pour ce qui est de la stabilité des nations, l’union des peuples peut être un vecteur pertinent d’optimalité pour la paix. Ceci est d’autant plus vrai pour une région actuellement en phase, dans certains de ses pays, à de graves crises qui, sur certains plans, hypothèquent sérieusement leurs objectifs de développement, pour ne pas dire leur pérennité en tant qu’Etats.
En effet, souvenons nous que les premières motivations de la construction européenne étaient régies par la volonté des Etats sortis juste de deux terribles guerres, de favoriser le rapprochement de leurs peuples afin de conjurer les démons des conflits armés. Aujourd’hui, l’Europe semble avoir atteint l’essentiel de ses objectifs en terme de création d’une identité commune à l’échelle du continent où un conflit armé continental semble utopique. En cela, intégrer une région est, de notre avis, implicitement une option optimale dans ces objectifs unificateurs.

BIBLIOGARPHIE
Alesina A. et Perotti R. (1995): « Political Economy of Budget Deficits », IMF Staff Papers - Vol. 42(1) pp.1-31.

Alesina A. et Tabellini G. (1990) : « A Positive Theory of Fiscal Deficits and Government Debt », Review of Economic Studies 57(3), pp.403-414.

Barthe.Marie-Annick, « Economie de l’union européenne » 2ème édition – Economica – 2003.

Bayoumi T. et Eichengreen B, “shocking aspects of European integration” CEPR discussion Paper n° 624 – 1992.

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