Résumé : L’économie de la connaissance est aujourd’hui envisagée comme voie de sortie du sous-développement pour les pays qui ne sont pas encore entrés dans un processus d’émergence.





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Mickaël Clévenot

Centre d’économie Economie Paris Nord (Cepn), umr 7115,

Université Paris 13, msh Paris Nord
David Douyère

Laboratoire des sciences de l’information et de la communication (LabSic),

Université Paris 13, msh Paris Nord


Pour une critique de l’économie de la connaissance

comme vecteur du développement
Interaction entre les institutions, la connaissance et les IDE dans le développement

Résumé : L’économie de la connaissance est aujourd’hui envisagée comme voie de sortie du sous-développement pour les pays qui ne sont pas encore entrés dans un processus d’émergence. Il apparaît toutefois que de nombreuses conditions doivent être réunies pour atteindre cet objectif. Elles sont relatives notamment au degré de développement institutionnel, à la qualité de l’environnement technique et éducatif, alors même qu’elles dépendent largement du niveau de développement économique. Par conséquent, souhaiter voir émerger une économie fondée sur la connaissance dans les PVD revient à faire abstraction des conditions matérielles de la production de celle-ci. Le concept d’économie de la connaissance apparaît en effet très incertain, qui semble procéder d’une réduction du travail et de la production à la seule dimension cognitive, oubliant, là encore, sa dimension matérielle. Apparue comme relais et prolongement de la notion de société de l’information, cette approche s’inscrit historiquement dans le souci d’un « dépassement » des idéologies marqué par l’extension du capitalisme des pays développés et se réduit à un déterminisme technologique oubliant l’importance de l’Histoire.


Mots clés : développement, économie de la connaissance, institutions, TIC, rapports Nord-Sud.
Keywords : development, knowledge economy, institutions, ICT, North South relationships

JEL : O14, O3, C21

La montée de la croissance africaine depuis les années 2000 s’est accompagnée récemment d’une augmentation des IDE et d’un accroissement sensible du taux d’équipement en TIC, particulièrement en téléphones portables (Rapport PNUD [2007]). La conjonction de ces éléments a participé à la formation d’une croyance selon laquelle l’Afrique, à l’image de l’Asie du Sud Est, pourrait émerger grâce aux TIC. C’est dans ces conditions que l’économie de la connaissance semble être devenue la nouvelle « pierre philosophale » de l’économie du développement pour les institutions internationales. Le PNUD a ainsi publié plusieurs rapports centrés sur les apports de l’économie de la connaissance pour le développement. De son côté, la Banque mondiale publie des indicateurs de connaissance (KEI, Knowledge Economy Index). Ce serait en effet grâce à la diffusion des TIC que les pays de la périphérie (Perroux [1949], Braudel [1985]) pourraient parvenir à sortir du sous-développement.
Ce nouveau thème arrive après celui de la bonne gouvernance porté par les théoriciens de la nouvelle économie institutionnelle (D. North [1990], O. Williamson [1993]), qui remplace celui des grands équilibres véhiculés par les auteurs libéraux (Mac Kinnon [1973], Shaw[1973]), qui s’est lui-même substitué aux stratégies de développement autocentrées défendues par les auteurs structuralistes durant les années soixante (F. Perroux [1949], O. A. Hirschman [1958], R. Prebisch [1950] G. Myrdal [1957]). Ces principes généraux, qui devaient permettre aux pays périphériques d’opérer un rattrapage et une convergence vers les pays les plus développés, sont pour la plupart loin d’avoir produit les effets escomptés. Leur succession montre leur faiblesse. Aussi le thème de l’économie de la connaissance comme vecteur du développement économique doit-il être considéré avec méfiance. L’analyse de ce contexte historique renforce les suspicions que l’on peut forger sur cette idée : il apparaît que l’économie de la connaissance peut constituer un bon alibi pour les institutions internationales, les gouvernements et les agents économiques, quant à la situation de sous-développement de nombreux pays en ce qu’elle invoque une cause externe : la connaissance.
Ainsi, nous nous efforcerons dans ce travail de souligner les liens entre la connaissance et les conditions matérielles de sa production car c’est finalement une conception particulière des connaissances qui permet d’envisager que la diffusion des connaissances permettrait par elle-même le développement. La question même de la circulation de la connaissance et non de l’information pose problème. Enfin, la question relative à la mobilisation de ces connaissances dans le cadre de productions matérielles et intellectuelles ne se produit pas dans un cadre dématérialisé, sans rapport sociaux, ni structuration de l’activité économique. En effet, pour pouvoir tirer profit des TIC, il faut une base économique matérielle et intellectuelle suffisante. Ainsi, l’économie de la connaissance comme vecteur du développement met en abime les conditions matérielles et institutionnelles de la diffusion, de la production et de la mobilisation de ces connaissances. Ceci conduit à une situation paradoxale, où les conditions matérielles du développement sont évacuées au profit de l’analyse de l’économie de la connaissance, des conditions idéelles qui sont dans la réalité le résultat d’un processus cumulatif ayant pour condition nécessaire le dépassement d’un seuil de développement économique. Or ce seuil dans de nombreux pays subsaharien n’est pas atteint (X. Gurgand [2004]).
Dans un premier temps nous reviendrons sur l’économie de la connaissance et sur le capitalisme cognitif vu à la fois à travers les sciences de l’information et de la communication et les sciences économiques. Dans un second temps, pour revenir aux sources du modèle qui, implicitement, selon ses partisans, pourrait orienter l’Afrique, nous questionnerons l’idée d’un modèle asiatique fondé sur l’économie de la connaissance afin de souligner les facteurs de production traditionnels qui sont à l’origine d’un décollage qui débute à la fin des années 1960, c'est-à-dire bien avant que la question de l’économie de la connaissance ne soit placée au cœur des débats sur l’émergence. Enfin, une fois établi un cadre de réflexion dégagé des apories de l’économie de la connaissance, nous tenterons d’appréhender l’impact des IDE et de la montée du taux d’équipement en TIC en Afrique. On soulignera qu’une part importante des IDE participe au maintien ou même au renforcement de la division ricardienne du travail, qui tend à reproduire la spécialisation de l’Afrique sur des produits de base à faible valeur ajoutée, contribuant ainsi à maintenir une spécialisation appauvrissante (Hugon [2002]). Cette situation, si elle est temporairement voilée par la montée des termes des échanges, risque dans un second temps, déjà présent, d’accroître plus fortement les inégalités entre les pays producteurs de ces matières premières et le reste des pays africains, ce qui peut générer de l’instabilité sociale et politique, défavorable au développement économique. Les émeutes de la faim apparues, en avril 2008, dans l’ensemble des pays de la périphérie indiquent les limites d’un développement extraverti fondé sur l’exploitation du secteur primaire. Pour confirmer cette idée, on étudiera dans un troisième point la nature des IDE à destination de l’Afrique.

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