Cours de Pierre-Charles Pradier





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Economie Découverte

Cours de Pierre-Charles Pradier


Adresses utiles :
Tutorat d’économie : salle c15-05, 10-14h tous les jours.

Site de PiCh4 :
http://picha.univ-paris1.fr/

(adresse accessible sur n’importe quelle machine du livre-service C4xx)

Considérations pratiques :

Cette semaine : début du cours




La semaine prochaine : début du tutorat

Vacances de Pâques : mise en ligne des transparents du cours.

Dernière séance (mai) : entraînement au partiel, annales, derniers conseils.

L’assiduité n’est pas nécessaire, mais fortement recommandée. Elle peut être compensée par des lectures, mais pas par la glandouille effrénée. Méfiez-vous du baratin dans les copies…

Bibliographie indicative



Exemple d’ouvrage général :

Combemale P., Piriou J. –P., Sciences économiques et sociales — Nouveau manuel, Paris, La Découverte, 2003 (ROSE). Quelques exemplaires à la bibliothèque.
Exemple de lexique :

Piriou J. –P., Lexique de sciences économiques et sociales, Paris, La Découverte, plusieurs éditions. Nombreux exemplaires à la bibliothèque.

Mais aussi :

Bernard Guerrien, Dictionnaire d’analyse économique, Paris, La Découverte, plusieurs éditions. Nombreux exemplaires à la bibliothèque.

André Cartapanis, Les marchés financiers internationaux, Paris, La Découverte, Repères.

Et bien sûr les transparents du cours… qui ne suffisent pas.

  1. Introduction

    1. valeur , PIB, croissance

      1. définitions

      2. problèmes

        1. l’indice des prix

        2. privatisations, marchandisation

      3. la rupture des années 70

        1. le trend de croissance

        2. le pb de répartition

    2. Chômage

      1. La rupture des années 70

      2. Explications




  1. Fordisme et crise du fordisme

    1. Développement, apogée

      1. Aux Etats-Unis

      2. En France

    2. Demande et norme de consommation…

La valeur : création de valeur

Sur le site web des Echos, on lit à l’adresse :

http://www.lesechos.fr/formations/finance/articles/article_10_3.htm
Cette intéressante argumentation :

« Une entreprise qui souhaite assurer sa rentabilité durablement ne peut se contenter de se laisser porter par la conjoncture mais doit créer de la valeur pour ses actionnaires [n. i.]… » Et plus loin : « Les marchés financiers peuvent se satisfaire de sociétés qui se laissent porter par une conjoncture favorable. En effet, si les investisseurs sont capables de juger les conséquences des décisions de gestion des entreprises, il leur suffira d’investir [n. i.] quand il le faut pour obtenir des rendements acceptables. »
C’est le type même du charabia à la mode qu’on aimerait vous voir proscrire.
En particulier, ce texte confond création et imputation de valeur. Une entreprise peut créer de la valeur, c’est une autre affaire de l’imputer aux actionnaires, aux salariés, à l’État, à Jésus-Christ ou à Moon. Il faut donc distinguer la création de valeur et la répartition de celle-ci… et distinguer la croissance de ceux à qui elle profite.

La création de valeur : la valeur ajoutée



En fait, la notion économique de valeur ne naît pas d’un point de vue microéconomique mais d’un point de vue macroéconomique. La question cruciale est d’éviter les double-emplois dans la comptabilité des richesses produites par la nation (Petty – Lavoisier – Keynes…). On s’intéresse donc à la valeur ajoutée par une unité économique.

Exemple : un forgeron achète pour 10 € de charbon et de métal pour faire un sabre qu’il revend 150 €. Il a donc ajouté 140 € de valeur aux matières premières (dites « consommations intermédiaires »). Cette valeur ajoutée correspond à la rémunération du travail du forgeron, de son savoir-faire, à l’entretien de ses outils, à son loyer pendant qu’il a forgé l’épée, au paiement des intérêts de la banque… C’est donc une valeur ajoutée brute.
Voilà pourquoi la somme des valeurs ajoutées dans l’économie nationale forme le Produit National Brut. Le produit national net tient compte de l’usure du « capital fixe ».

La valeur ajoutée : conventions


Prenons l’exemple d’un objet ramassé dans la rue… Une cuisinière HS.


  1. Vous êtes un particulier :

    1. vous la conservez en l’état

→ pas de création de valeur

    1. vous la réparez et l’utilisez

→ pas de création de valeur (autoconsommation)

    1. vous la réparez et la revendez (dans un vide-grenier par exemple)

→ pas de création de valeur

    1. vous la revendez en l’état

→ pas de création de valeur (gain spéculatif ?)


  1. Vous êtes imposé aux BIC (ou vous êtes une SNF)

    1. vous la réparez et la revendez

→ création de valeur

    1. vous la revendez en l’état

→ création de valeur (gain spéculatif ?)

La valeur ajoutée : conventions (et problèmes)




On fait face à un double problème :


  • le problème moral d’une « création de valeur » qui ne correspond pas forcément à un service effectif ni à une activité productive (gain spéculatif) ;

  • le problème conventionnel qui situe la « création de valeur » dans les SNF.


En ce qui concerne le problème moral… on fait de l’économie, pas de la morale.
Quant au second problème, il faut comprendre à quoi sert le PIB : le point de vue macroéconomique est celui de l’État, qui cherche à prévoir les rentrées fiscales (toujours la filiation de Petty)…

La valeur c’est donc ce qui est taxable.

PIB et %PIB


A la lumière de ce qui vient d’être dit, on peut analyser un paradoxe :

la « faible » part des dépenses de santé dans le PIB français (en comparaison de l’espérance de vie des Français).





%PIB et efficacité :

le PIB est un indicateur de moyens, pas de résultats

La France (et surtout le Japon) ont un rapport espérance de vie / dépense de santé bien plus élevé que les pays anglo-saxons. Ce french paradox (qui est d’abord japonais) a souvent été mis au compte de la cuisine méditerranéenne : huile d’olive et légumes vs. régime carné et graisses animales des néfastes foudes. Le régime alimentaire des japonais, frugal et fourni en protéines de poisson est effectivement de nature à baisser notablement les risques de maladies cardio-vasculaires.
Mais on peut aussi se demander si le phénomène vient pas en partie d’une sous-comptabilisation des efforts des personnels hospitaliers : les fonctionnaires coûtent moins cher que des agents du privés, sont plus dévoués, plus enclins au système D.
Un tel schéma se retrouve à l’Université : voyez le coût de fonctionnement des universités anglo-saxonnes (et leur standing) en comparaison d’ici. L’exemple de l’eau est encore plus cruel : depuis la privatisation (par concession) des régies d’eau, le prix du produit a augmenté très fortement sans justification, cela provient évidemment de la nécessité pour les entreprises privées de réaliser un profit.

Fiabilité du PIB

L’exemple de l’eau est particulièrement représentatif des biais du PIB comme indicateur de richesse. Au moins trois problèmes importants méritent d’être abordés :





  1. la privatisation des services publics entraîne un accroissement artificiel du PIB (ce dont on vient de parler) ;




  1. de la même façon, le PIB négligeant les autoconsommations, on peut s’attendre à ce qu’une marchandisation des ses services domestiques dope artificiellement le PIB ;




  1. enfin il ne faut pas négliger le problème du déflateur de prix.


Ces trois problèmes ont acquis une acuité particulière durant les vingt dernières années puisque privatisation et marchandisation ont été de pair, tandis que la question du calcul de l’indice des prix devenait cruciale.

L’État et les cuisinières


La sphère privée échappe donc à la comptabilité nationale (= comptabilité du PIB) ; ce qui n’est pas le cas des activités illégales (sur lesquelles l’État espère remettre la main).
Sauvy (Alfred) disait en forme de boutade que si vous épousez votre cuisinière, vous faites baisser le PIB.
Autre histoire d’économiste : Maurice Allais expliquait en 1946 à ses thésards que le mariage est « une mauvaise affaire ». Allais comparait le coût d’une épouse avec les services de professionnelles diverses (femme de ménage, cuisinière, et plus si affinités). Mais ce bourreau de travail avait oublié combien les lois sociales sont tyranniques dans un pays semi-soviétique ;) comme la France. Pour s’affranchir des quarante heures, il a donc épousé sa secrétaire en 1950. En revanche, il n’a pas trouvé utile de faire des enfants, puisque c’est cher et que ça ne change rien à la retraite qu’il touche.

Vous voyez donc qu’on peut être prix Nobel (d’économie)

en même temps qu’imbécile, et encore goujat.

Du PIB à la croissance


« La croissance » est le grand mot des économistes (et des politiques qui les imitent). On peut faire de la croissance de manière parfaitement artificielle en « marchandisant » des services gratuits.
Exemple : jusqu’au 31 décembre 1995, les administrations bénéficiaient de la franchise postale. La suppression de cette franchise (pour les habituelles raisons) a entraîné l’augmentation du chiffre d’affaires de la poste et du PIB… Et toutes les magouilles fiscales, les parcmètres, etc.
Exemple emprunté à la vie réelle : la multiplication des assistantes maternelles (avec l’augmentation du taux d’activité des femmes) augmente le PIB. Ça ne signifie évidemment pas que les enfants n’étaient pas gardés avant…

Une question importante est de savoir si l’enrichissement décrit par la croissance du PIB est autre chose qu’un artefact statistique. On peut à cet égard opposer les trente glorieuses et la croissance des 90’s.

Indice des prix à la consommation

et

« panier de la ménagère »

Pour rendre compte de la hausse des prix à la consommation, on va considérer le budget moyen des ménages… et représenter chacun des postes budgétaires par un article.
Exemple : Madame Michu dépense

50 % de son revenu à acheter des voitures de sport, 20 % à manger, 30 % à fumer des gitanes.
L’indice des prix sera composé à 50 % du prix d’achat d’une voiture de référence, à 20 % d’aliments et à 30 % par une marque de cigarettes.

Un exemple d’indice des prix
Un indice des prix bien de chez nous :

50 % Goldoxx™, 50 % Grokitach®.

Gauloises à 3 €, Corbières à 3 €

Indice des prix = 6.

Gauloises à 5 €, Corbières à 3 €

Indice des prix = 8.

Donc si le salaire du consommateur est resté stable à 1200€, son pouvoir d’achat et passé de 200 kits de survie à 150 kits soit une baisse de 25 %.

CAC 40
Pour le CAC 40, on procède de même : on choisit les 40 valeurs les plus échangées à Paris.
On les pondère en fonction de leur poids dans les transactions.
Exemple : si Carouf©®™ représente 5 % du CAC 40, et si Carouf©®™ augmente de 20 % alors le CAC 40 augementera de 1 % à cause de la hausse de Carouf©®™.
Evidemment, l’enjeu politique (ou financier) est tout aussi grand à cause de l’existence des SICAV indicielles…
Deux sous de mathématiques

(et les dessous de la politique)
Evidemment, c’est plus compliqué (il y a plus d’articles) à la fois du point de vue des mathématiques… et de la politique.
Mathématiques :

on n’ajoute pas le prix d’une demie-voiture avec celui de 20 % d’une carotte…
Politique : le prix du paquet de Gauloises fut bloqué de 1950 à 1979… donc la SEITA a inventé les Gitanes puis les Fontenoy…

De plus en plus compliqué
Avec le passage à l’euro, on a assisté à une polémique : l’indice des prix sous-estimerait l’inflation réelle. De fait, un décrochage s’opère entre inflation perçue et inflation mesurée par l’indice… La controverse a touché l’INSEE puis a rebondi cet été avec Sarkozy, etc.
La réponse des économistes tient à la prise en compte de l’effet-qualité.
On en reparlera à propos des prix hédoniques et de la nouvelle économie… ex. : les ordinateurs.

Inflation perçue,

inflation mesurée par l’indice

Source : Alternatives économiques, n°224, avril 2004.

Voir aussi :

http://www.insee.fr/fr/nom_def_met/methodes/doc_travail/docs_doc_travail/f0404-1.pdf

Exemples d’effet-qualité

Exemple 1 : les lecteurs DVD
Le marché des lecteurs de DVD a connu une forte extension en 2003 avec un renouvellement important des modèles. Dans un domaine aussi technologique, le progrès de la qualité semble aller de soi. Toutefois, on a vu l’apparition de modèles très simples et très bon marché. Ces modèles ne possèdent pas toutes les options : absence de décodeurs dolby ou DTS, connectique plus simple… L’indice de la variété décroît d’environ 20 % entre décembre 2002 et décembre 2003 avec les ajustements de qualité.

Toutefois un calcul simple montre que le prix moyen des lecteurs présents dans l’échantillon en décembre 2002 était de 275 € contre 201 € pour les modèles suivis en décembre 2003 soit une baisse « brute » de 27 %5. Dans ce cas, l’ajustement de qualité a limité la baisse de l’indice en intégrant une simplification moyenne des modèles suivis.

Exemple 2 : les micro-ordinateurs.
L’indice des prix des micro-ordinateurs a baissé d’environ 15 % entre décembre 2002 et décembre 2003. Or, le même calcul sur les prix moyens, montre que le prix des micro-ordinateurs suivis dans l’échantillon ne baisse sur la même période que de 7,6 %.
[…D]ans ce cas l’effet qualité est positif, càd que l’augmentation moyenne de la qualité s’est traduit par une amplification de la baisse de l’indice. Toutefois, sur la période étudiée, l’effet qualité n’est pas le seul responsable de la baisse de l’indice car on constate une réelle baisse de prix. La part de l’effet qualité dans l’évolution de l’indice est sans doute variable dans le temps. Lors d’une étude préliminaire menée également dans le cadre européen […] l’impact de qualité pour ces produits était plus important avec une baisse de l’indice de 25 % et un prix moyen des produits suivis stable.

Exemple 3 : chemise homme manches longues
Les résultats de l’étude montrent un ajustement de qualité important dans le secteur de l’habillement. L’effet qualité est d’autant plus remarquable que l’indice des prix de l’habillement est stable sur un an. Le cas des « chemise homme manches longues » est représentatif du secteur. Pour ce produit, nous disposons d’un modèle hédonique pour calculer l’effet qualité de façon explicite. L’indice de cette variété reste quasiment stable sur un an avec une hausse de 0,1 %. Cette faible variation cache des mouvements importants notamment dus aux périodes de soldes. Toutefois, hors remplacement, hausses et baisses se compensent. Lors des remplacements, notamment « en différent », les différences de prix sont majoritairement à la hausse mais l’effet qualité déterminé lors de ces remplacements annule globalement ces augmentations. Sans ajustement, l’indice de ce produit aurait augmenté de 1,8 %.

Impact de l’effet qualité en 2003





« Effet

qualité »

Poids dans

l'indice

Produits alimentaires, boissons et tabac

0,1%


1 924

Habillement et chaussures

1,7%

499

Ameublement, équipement

ménager et entretien courant de la maison

0,6%

628

Transport

0,3%

1 644

Loisirs et culture

0,5%

861

Autres

0,1%

4 444

Ensemble


0,3%

10 000
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