Amartya sen: sa vie, son œuvre. Fiche réalisée par Anne-Charlotte mougenot





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Tentations autoritaires


Même lorsque la contrainte n’est pas explicitée clairement, l’insistance des autorités influe la conduite des individus. En effet, l’auteur souligne que les pressions sont simplement différentes, et peuvent être beaucoup plus vicieuses devenant ainsi similaires à celles présentes dans les politiques coercitives (menaces verbales, chantage à la stérilisation pour obtenir ou pour avoir accès à certains services de santé…). Sen constate donc de nouveau, une transgression grave des droits démocratiques.

Il constate également que partout où est appliquée la méthode coercitive, elle pèse sur les classes les plus pauvres et défavorisées car elles doivent appliquer une conduite qu’elles réprouvent. En effet, en mettant en œuvre la coercition par des mesures répressives et vexatoires, l’Etat s’approprie en réalité le droit de procréation des femmes. Ainsi la seule possibilité pour juger l’acceptabilité ou non de la coercition par les populations défavorisées serait d'organiser une confrontation démocratique sur le sujet, c’est-à-dire une confrontation entre le gouvernement et les citoyens.

Une remarque pour conclure


Sur le long terme, la violation des droits civiques, politiques et des droits de procréation causés par l’application de la coercition n’est pas envisageable car elle n’aboutit pas à des résultats plus rapides que le changement social volontaire et le développement. Amartya Sen met en évidence que pour réduire la natalité, deux facteurs paraissent déterminants : non pas le niveau de revenu mais l’alphabétisation des femmes et leur insertion dans le monde du travail. La solution au problème de la population exige un élargissement des libertés, et non leur restriction, pour les femmes tout particulièrement.

Chapitre 10 : Culture et droits de l’homme


Fiche réalisée par Sébastien HERVO
La victoire apparente de la notion de droits de l’homme coexiste avec un réel scepticisme dans des cercles très exigeants qui décèlent une trop grande simplicité dans toute la structure conceptuelle qui sous-tend les incantations en faveur des droits de l’homme : quelle est la légitimité de ces droits ? Est-il cohérent de parler de droits sans parler de devoirs ? Existe-t-il une éthique réellement universelle ; les droits de l’homme ne seraient-ils pas dépendant de chaque culture ?

Critique de légitimité


Karl Marx déploie des trésors de conviction pour expliquer que les droits ne sauraient en aucun cas précéder l’instauration de l’Etat (notamment dans Sur la question juive). Pourtant il existe bien des droits que personne ne pense possible de codifier. Cette notion de droits de l’homme est-elle universelle ? N’entre-t-elle pas en contradiction avec d’autres constructions morales – celle des cultures confucéennes, par exemple – qui donnent le pas à la discipline et à la loyauté sur les droits ? La spécificité des valeurs asiatiques a souvent été invoquée, au cours des années récentes, pour donner une assise théorique aux orientations de gouvernements autoritaires.

Sen poursuit ensuite en présentant l’idée de Jeremy Bentham, selon laquelle les droits naturels ne seraient que des « non sens » et le concept de « droits naturels imprescriptibles » de simples « non-sens sur pilotis ». Grâce à ces deux critiques des droits et de leurs concepts, Sen peut donc établir que les droits proviennent des institutions et non de la légitimité éthique… Pour Sen, les droits et les principes d’égalité ne proviennent que d’un désir commun, une formalité, visant au bonheur collectif. Les droits deviennent réels et non plus potentiels lorsqu’ils permettent de compléter les lois, par exemple, le droit de respecter ne fait pas l’objet de lois particulières et efficaces…

Critique de cohérence


L’idée selon laquelle un droit s’accompagne de devoirs chagrine Sen. Effectivement, pour parler de droits, il faut spécifier qui garantit leur respect. Il y a donc un problème au sens ou le droit d’autrui s’accompagne d’un devoir parallèle, de plus ces agents chargés de faire respecter les droits ne sont nullement mentionnés lors de la proclamation des droits. Il semble donc légitime de s’interroger sur l’assurance de ces droits puisqu’il n’est pas précisé qui doit les faire assurer. Kant parle donc « d’obligation parfaite », c'est-à-dire le devoir précis d’un agent en vue de réalisation de ce droit.

Sen va ensuite réfuter cette théorie, précisant que sur le plan de la discussion normative, les droits sont partagés par tous, ainsi les droits ne peuvent être toujours satisfaits. En somme, on devrait plus parler de libertés que de droits, chaque être humain s’aidant dans le but d’accéder ou de faire accéder à telle ou telle liberté.

Critique culturelle et les valeurs asiatiques


Dans cette argumentation, Sen commence par poser la question : « la notion de droit est-elle vraiment universelle ? ». En effet, cette idée parait confuse et ardue du fait qu’il existe une multitude de religions, de cultures différentes. En Asie, par exemple, certains hommes (proches du pouvoir notamment) s’attardent à déceler une véritable contradiction entre les droits de l’homme (soit disant universels), et leur conception de la liberté politique et de la reconnaissance des droits civiques. Effectivement, l’Asie, immense territoire rassemblant pourtant plus de 60% de la population mondiale, possède à l’intérieur même de son continent de multiples divergences théoriciennes. De plus les divergences sont également présentes au sein d’un même pays, prenons par exemple le Japon, regroupant des bouddhistes et des shintoïstes. Ainsi, parler de droits universels de l’homme, c’est réduire à l’extrême la notion, il n’est pas possible de trouver une conception universelle des droits, elle diverge trop en fonction des continents, des pays et parfois même des villes…

L’occident contemporain peut-il revendiquer une spécificité ?


En Asie, l’autoritarisme, que l’on prête au confucianisme, s’oppose formellement au respect des libertés individuelles malgré les tentatives de rationalisation de l’autoritarisme… Le monde semble désormais vouloir rejoindre le « club de démocraties occidentales », voulant « copier » son modèle. Or cette volonté provient du fait qu’on a tendance à juger le passé par le présent. Expliquons : on trouve dans l’histoire occidentale, comme dans les Lumières ou dans Aristote, la légitimation de certaines notions particulières sur lesquelles s’appuie désormais la politique. Mais il est également possible de trouver la même chose dans la tradition asiatique. Il y avait chez Aristote, des idées actuellement dites notions de liberté ou nécessaires à la bonne société, mais nous faisons tout de même abstraction de certains points, comme la situation de la femme… Il en est de même pour la question de la tolérance, des libertés individuelles, … mais la véritable question est de savoir s’il est possible de trouver la même chose dans les écrits des auteurs asiatiques… L’objectif est de savoir non pas si les thèses contraires à la liberté existent mais si la perspective de la liberté est présente… En prenant l’exemple du bouddhisme, on constate que la liberté dispose d’une place majeure, puisque cette religion est basée sur une philosophie indienne de volonté et de libre arbitre… Même si cette religion semble prôner la liberté personnelle, cela ne remet pas en cause le confucianisme que suit la discipline en Asie…

Les interprétations de Confucius


Cela consiste en une lecture univoque des enseignements su maître. Pour Confucius la vérité est indissociable de la servitude, or on se demande si les responsables de la censure tels que Pékin ou Singapour suivent cette idée. Deux notions fondent les valeurs asiatiques : la loyauté à la famille et l’obéissance à l’Etat. Il semble y avoir certains conflits entre ces 2 notions, ils ne savent pas toujours quoi favoriser, la famille ou l’Etat, le confucianisme favorise la famille.

Ashoka et Kautilya


Il est possible de trouver dans la tradition indienne une multitude d’œuvres reflétant aussi une réflexion sur la liberté, la tolérance et l’égalité. Celle qui fonde la nécessité de la tolérance vient d’Ashoka. Ashoka était un empereur régnant sur d’immenses territoires. Il contribua à la diffusion du bouddhisme grâce à des émissaires, insistant sur la tolérance. Ashoka défendait son point de vue universaliste, qui comprenait également les « peuples de la forêt », c'est-à-dire les tribus qui vivaient en autarcie de la cueillette et de la chasse.

De même, Kautilya, autre penseur indien, et son « arthashastra », « science économique ». Ses écrits permettent de montrer le peu de valeur que la tradition indienne accordait à la liberté et à la tolérance. Kautilya n’est certes pas démocrate, ni un égalitariste, ni le prôneur des libertés individuelles, en revanche lorsqu’il écrit les avantages dont les couches les plus favorisées devraient jouir, la liberté apparait au 1er plan.

En clair, cette opposition entre ces deux penseurs indiens soutient la comparaison avec Aristote.

La tolérance islamique


Cette explication des penseurs indiens est importante car c’est en quelque sorte la base de leurs successeurs. On peut de même mentionner Akbar (règne de 1556 à 1605), non pas démocrate mais souverain qui toléra et défendit la diversité religieuse et sociale, et un certain nombre de droits de l’homme, comme la liberté de culte. En revanche cette tolérance ne s’élargit pas, notamment dans les relations homosexuelles. On associe aujourd’hui le Moyen Orient à l’intolérance, or on semble omettre ces empereurs qui prônaient les tolérances religieuses…

La lecture de l’autoritarisme asiatique se fonde donc sur une lecture trop partielle de la tradition…

La mondialisation : économie, culture et droits


Aujourd’hui les préjugés dus à une lecture trop partielle d’une tradition amènent à la destruction de l’idée de diversité des cultures et de la valeur des traditions. En revanche cela n’empêche pas l’hégémonie de l’Est de s’affirmer : « le soleil ne se couche jamais sur l’empire de coca cola. »

Avec le processus de mondialisation c’est inévitable, le commerce s’accroit, les idées se diffusent, et la concurrence et dynamisée par les avancées technologiques. Mais cette croissance ne profite pas de façon égalitaire à tous les pays : on tente tout de même d’aider ces pays à rétablir leur économie, baisser les taux de chômage, etc.

Désormais Internet favorise la communication et les échanges, il demeure cependant des problèmes : en effet, comment se servir d’Internet sans s’y connaitre ou apprendre un minimum ? Il est impossible de profiter des bienfaits des services de communication sans avoir reçu une certaine formation… Et même si certains pays parviennent à combler leurs lacunes, d’autres tels que l’Afrique ne peuvent rattraper leur retard… L’autre problème en rapport avec cette modernisation provient de l’appréhension que peuvent provoquer les nouvelles machines sur un peuple, mais aussi de la nostalgie des anciennes machines. Il est certes possible de conserver les anciennes machines, outils, accessoires, etc. Mais ces volontés émanant de la population peuvent se voir contraintes par les coûts de ces opérations. Il faudrait pour bien faire organiser des discussions publiques, nous dit Sen, et non seulement des personnes les plus favorisées. Mais pour participer à la vie économique, aux discussions, etc., il est nécessaire d’avoir reçu une certaine éducation, savoir lire, écrire, s’exprimer convenablement… C’est sur une question comme celle-ci que les droits de l’homme entrent en compte.

Echanges culturels et circulations des idées


A partir ce cela, il semble légitime de s’interroger sur la communication interculturelle et son intérêt pour les autres civilisations. Nous savons que nous sommes capables d’apprécier des œuvres d’art indépendamment de son contexte ou de son origine. Or les discours sur la « tradition nationale » visent à négliger la réalité des influences extérieures, comme les Anglais qui « britannisent » le curry.

Il faudrait une approche plus fine de la circulation des idées, et il faudrait apprendre à apprécier les œuvres conçues par d’autres civilisations. En clair, il serait fâcheux que la défense d’un patrimoine culturel se fasse au détriment de la curiosité intellectuelle et esthétique.

Présomptions universalistes


Sen aborde enfin la question du séparatisme culturel. Il défend son universalisme consistant à croire en la faculté de partager les valeurs communes et les engagements, quelle que soit la culture à laquelle nous appartenons.

Après avoir montré que les « valeurs asiatiques » ignorent les libertés et que la culture « occidentale » lui accorde de l’importance. Autre jugement maintenant : l’hétérodoxie… En effet, ce phénomène propre à l’Occident, s’accompagne d’une importante tolérance en matière de religions, ainsi on trouve en Occident l’acceptation de l’athéisme. Cette idée pourrait choquer certains asiatiques, or il existe des formes de tolérance en Asie également, il suffit de chercher, et de constater que finalement la tolérance des religions est nécessaire et non contingente, même si parfois certains ont tendance à négliger cette tolérance (camps de concentration par exemple).

Une remarque pour conclure

Pour conclure, on peut donc dire que la légitimité des libertés élémentaires et de leur traduction en termes de droits repose sur leur importance intrinsèque, leurs conséquences, leur rôle constructif dans l’élaboration des valeurs et des priorités.

Il est nécessaire d’admettre que la diversité est présente dans toutes les cultures. De plus aucune civilisation n’est monolithique et les oppositions continuent.

A. Sen croit en notre faculté de partager un certain nombre de valeurs communes et d’engagements, quelle que soit la culture à laquelle nous appartenons. Parmi ces valeurs communes, la prééminence de la liberté. En effet la légitimité des libertés élémentaires et de leur traduction en termes de droits repose à la fois sur leur importance intrinsèque, leurs conséquences (favorables à la sécurité économique) et leur rôle constructif dans l’élaboration des valeurs et des priorités.
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