Le bassin caraibe : interface americaine, interface mondiale





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THEME N°1

Un espace français et européen

peu intégré régionalement

LE BASSIN CARAIBE : INTERFACE AMERICAINE, INTERFACE MONDIALE

Introduction

Il s’agit de réfléchir sur un espace d’échelle moyenne, en situation d’interface, c’est à dire un espace de contact qui met en relation deux ensembles géographiques distincts. Ceux-ci peuvent être physiques comme celui de montagne/plaine, mais ils sont dans ce cas plutôt économiques dans la mesure où la réflexion portera sur la ligne de clivage entre pays du Nord et du Sud, mais aussi sur les interactions nées de la mondialisation des échanges. Cette ligne de clivage n’est pas linéaire dans cette partie du monde. En effet, contrairement à l’interface méditerranéenne où le « Mare Nostrum » permet de visualiser une ligne de partage plus clairement identifiable, cette interface comprend des espaces nombreux, imbriqués aux superficies souvent réduites. Ainsi, cet espace comprend 38 Etats : de l’ensemble insulaire des Antilles aux pays d’Amérique latine dont l’espace économique privilégie la façade atlantique, depuis le Mexique jusqu’aux Guyanes. A cet espace caribéen, il faut adjoindre les Etats-Unis d’Amérique, puisque la première puissance du Nord est une des clés de compréhension des rapports entre ces différents espaces. L’existence de territoires encore dépendants contribue à complexifier davantage ces rapports.

Cette région est héritière d’une histoire commune marquée par la présence des Amérindiens et l’arrivée des colons européens (Espagne, Angleterre, France et Pays–Bas) qui, dans certains pays, ont fait venir des esclaves africains. Sa population est donc marquée par le métissage.

En quoi cette position d’interface est-elle à l’origine d’espaces originaux ? En pleine mondialisation, est-elle facteur de développement ?

1. UNE INTERFACE NON LINEAIRE CONSTITUEE DE PAYS OU DE REGIONS PARFOIS MINUSCULES, AUX NIVEAUX DE DEVELOPPEMENT DIFFERENTS.
1.1 Des limites floues, un espace difficile à définir.
Le terme de Bassin Caraïbe reste encore vague aujourd’hui. Les Anglo-saxons distinguent un « Caribbean Basin » centré sur la mer de Caraïbes, englobant le sud de la Floride et les Bermudes au nord, et le Venezuela au sud. Mais il n’intègre qu’une partie des pays d’Amérique centrale et du Golfe du Mexique. On peut l’agrandir en intégrant des espaces plus vastes. Avec le Golfe du Mexique et la Mer des Antilles, on obtient alors une superficie marine de près de 4 millions de km2, à peu près équivalente à celle de la Mer Méditerranée.

Ce bassin est alors centré sur les trois îles des Grandes Antilles (Cuba, Jamaïque, Haïti/République Dominicaine). La périphérie est définie au nord par les Etats du Sud des Etats-Unis, du Texas à la Floride. A l’ouest, il y a les façades littorales caribéennes des pays d’Amérique Centrale et à l’est on trouve les petites Antilles. Enfin, la limite sud s’étend de la Colombie jusqu’aux Guyanes. C’est cet espace qui nous intéresse malgré son hétérogénéité.
Car finalement, en dehors de leur relative proximité, de l’importance du littoral et de l’ouverture vers la mer, ces espaces ont une géographie physique très différente. Difficile en effet de comparer la partie continentale (plus de 95% de la superficie) et quelques pays géants comme le Mexique ou le Venezuela, avec des îles, de taille très variée, allant de 100 000 km2 pour Cuba à 53 km2 pour les Bermudes.

Parler de Bassin caribéen suppose donc de prendre une définition plus culturelle.

La culture des Amérindiens Arawak et Carib s’est étendue sur cette région puis avec la découverte d’Hispaniola, c’est l’influence européenne qui a dominé. Jusqu’au XVIIe siècle, c’est surtout une domination ibérique, à la fois économique et culturelle. Puis arrivent les Hollandais, les Anglais et les Français. Le commerce transatlantique soude alors les trois continents, créant ainsi, déjà, une véritable interface mondiale, au détriment d’ailleurs des échanges entre les îles. Le système des plantations va donner naissance au concept de « créolisation », mélange de métissage des langues et des cultures. Il y a donc « un espace créole » qui donne une unité à cette région mais qui explique aussi sa fragmentation. Avec le XIXe siècle, la donne change et les Etats-Unis deviennent la puissance de référence. D’ailleurs pour certains1, le terme « Caribbean Basin » est vraiment utilisé dans le contexte de Guerre Froide, l’unité de cet espace se trouvant dans sa position stratégique pour les Etats-Unis. D’ailleurs les limites nord et sud du bassin sont marquées par deux sites hautement stratégiques, Cap Canaveral en Floride et Kourou en Guyane Française.

Cette définition plus culturelle est nécessaire car ce bassin se singularise par la présence d’une mosaïque d’États, parfois minuscules, avec des conditions politiques, économique et sociales bien différentes.
1.2 Un bassin très fragmenté
Si l’on prend en compte le nombre de territoires administratifs, c’est l’anglais qui domine, mais si on prend comme critère la démographie, c’est la langue espagnole qui est la plus parlée, sans oublier les quelques millions de francophones pourtant en retrait.

Ces différences culturelles sont renforcées par la diversité des situations politiques, avec des Etats souverains mais aussi toute une gamme de territoires non-souverains aux statuts plus ou moins autonomes, comme les territoires ultramarins de l’Union Européenne ou le cas original de Porto Rico associé aux Etats-Unis. Beaucoup d’indépendances dans la région sont tardives comme Curaçao, qui se détache des Pays-Bas en 2010. Non : Curaçao s’est séparé des Antilles néerlandaises mais reste dans le Royaume des Pays-Bas avec un statut d’autonomie interne.

Au niveau économique, les situations sont très disparates, allant du pays émergent (Mexique) au PMA (Haïti). Le niveau du PIB par habitant est très variable, avec une échelle des revenus qui varie de 1 à 21. Par exemple en 2011, d’après la Banque mondiale, les PIB/Hab en PPA vont de 25 074$ pour Trinidad à 1 171$ pour Haïti.

En prenant le développement comme critère avec l’IDH, l’espace a de bonnes performances mais, en 20122, les écarts restent très importants entre d’un côté la Barbade (38ème au monde) et de l’autre Haïti (161ème rang).

Les activités touristiques dominent l’économie des petites îles, certains pays ont une vocation agricole (Guyana, Guatemala, Dominique), d’autres sont plus industriels (Venezuela, Trinidad, Porto-Rico, Honduras, etc.). Plus rares sont ceux qui ont développé une activité tertiaire hors-tourisme (Panamá, Barbade, Guyane).
Dans un tel contexte, même si l’espace étudié possède des Etats continentaux attractifs comme le Venezuela, Panamá ou la Guyane, la région a surtout été une zone de départ. La Caraïbe est la zone au monde qui connait la plus forte émigration. D’après le PNUD, le flux d’émigration est sept fois supérieur à l’afflux de population dans la zone. En tête des pays d’émigration : la Jamaïque, Cuba, la Dominique, Haïti. Dans ce dernier pays, en 2006, 82% des diplômés du supérieur sont partis.

Ces départs s’expliquent par des raisons économiques (mythe de l’El Dorado, « Brain Drain », stratégies de survie) ou politiques : les médias montrent souvent ces « boat people/balseros » qui tentent de rejoindre la Floride. Ces flux s’orientent en effet vers les anciennes métropoles (langue, liens culturels…), mais c’est l’Amérique du Nord qui est la zone la plus attractive. A une autre échelle, la Martinique et la Guadeloupe, qui sont des foyers de départ, sont aussi des lieux d’accueil en raison de leur haut niveau de vie et des emplois saisonniers à bas salaires disponibles. On retrouve la même dynamique entre Haïti et la République Dominicaine, ou encore avec la Guyane Française et ses voisins.
On a donc des espaces du nord qui sont très intégrés à des pays du nord comme les Départements Français des Amériques, Porto-Rico ou encore les îles néerlandaises. Mais il peut aussi s’agir d’Etats fortement intégrés dans la mondialisation grâce aux paradis fiscaux (Iles Caïmans) ou au tourisme comme la Barbade. En dehors des Etats-Unis, le leadership économique des îles est assuré par les Bahamas et Trinidad. Mais ces territoires restent fortement dépendants de l’Europe ou des Etats-Unis.

Il y a aussi des espaces du sud aux niveaux de développement très hétérogènes. Cuba par exemple présente un IDH moyen mais est confronté à une situation économique difficile. Les Etats continentaux qui ont des atouts réels comme le Mexique et le Venezuela restent marqués par des tensions sociales très fortes et une violence difficilement contenue. Ces inégalités socio-spatiales, typiques des « sud » et criantes dans des villes comme à Caracas, se retrouvent cependant dans tout le bassin, y compris dans les «nord ». C’est notamment le cas de la Guyane Française où par de nombreux aspects, on est à la fois dans un pays du Sud (natalité, violence, développement urbain, orpaillage illégal) mais aussi dans un pays du Nord (IDH, protections sociales, CSG).

En effet plus qu’une limite nord-sud régionale, pas toujours pertinente, il y a par contre une réelle opposition entre des littoraux bien mis en valeur et des espaces intérieurs souvent délaissés et moins valorisés, que l’on soit dans la péninsule du Yucatan au Mexique ou à la Dominique.
C’est dans ce contexte de disparités économiques qu’il faut replacer l’importance, qui n’est pas nouvelle, des échanges et des flux économiques.

2. DES FLUX Où LE MONDIAL L’EMPORTE SUR LE REGIONAL
2.1 Des espaces essentiellement en contact avec deux des pôles de la Triade
Si le pôle asiatique, en pleine ascension, n’est pas absent grâce à la présence du canal de Panama, c’est avant tout avec l’Europe occidentale et surtout l’Amérique du Nord que la majorité des échanges s’opère. Les deux-tiers du commerce de la zone s’effectuent avec un seul partenaire, les Etats-Unis. Ces derniers ont remplacé les Espagnols à la fin du XIXe siècle, récupérant de nombreux territoires comme Porto-Rico et exerçant une forte influence comme en Amérique centrale.

Traditionnellement avec l’Europe, ces échanges se font via :

  • les territoires appartenant encore à la Couronne britannique (Bermudes, Iles Vierges…) ou relevant du Commonwealth (Belize, Jamaïque, Guyana, Trinidad et Tobago…).

  • les territoires plus ou moins fortement liés aux Pays-Bas en fait relevant de la Couronne des Pays-Bas (Curaçao, Aruba et St Martin) ou sous influence comme le Surinam.

  • les Départements Français d’Amérique (Guadeloupe, Guyane et Martinique). Avec 1 million de Français mais aussi 10 millions de francophones, la France possède des intérêts dans la région. Les échanges dans cet espace, marqué par l’insularité et la fragmentation, sont dominés par l’importance de la mer et du ciel. Les transports maritimes et aériens jouent un rôle multiple, marque de la dépendance à l’égard de l’extérieur, ils peuvent aussi œuvrer à la constitution d’unités régionales.


2.2 Des flux aériens et maritimes qui structurent la région.
La circulation maritime est dominée par le commerce des matières premières, au premier rang desquelles se trouvent les hydrocarbures. Dotée d’un appareil de production et de raffinage d’ampleur mondiale, la région génère et attire d’énormes flux en provenance du Venezuela et de Trinidad (5ème plus gros exportateur mondial de gaz liquéfié en 2012), qui possèdent d’importantes raffineries. Le raffinage de ce pétrole, et de celui en provenance du Moyen Orient, a aussi permis des implantations aux Bahamas et aux Iles Vierges pour le marché étatsunien. La découverte de nouveaux gisements au Venezuela mais aussi au large du plateau des Guyanes et de l’Amapá au Brésil devrait entrainer une augmentation de ces flux pétroliers régionaux.
Le transport minéralier est aussi important. La bauxite (Suriname, Jamaïque et Guyana) et le minerai de fer (Venezuela) sont en recul aujourd’hui face à la concurrence (Australie, Guinée), mais ces pays ont su développer des produits dérivés permettant d’exporter vers l’Europe et l’Amérique du Nord.
Enfin le transport de produits agricoles n’est pas négligeable (sucre avec Cuba, bananes avec le Honduras et le Costa Rica et grains en provenance des Etats-Unis), et il est intégré au système monde. Pour la plupart des îles de la zone, c’est une source de devises précieuse même si ces productions agricoles sont de faible valeur ajoutée. Elles représentent aussi peu de poids sur les marchés internationaux dans la mesure où elles sont concurrencées par des plantes européennes à forte productivité, comme la betterave pour le sucre, ou par des pays qui offrent de vastes superficies et de la main-d’œuvre à faible coût (exemple de l'ananas et de la banane produits par les Etats d'Afrique et d'Amérique centrale). Ces produits constituent un facteur de développement mais aussi de dépendance.
Les flux de produits manufacturés exportés proviennent des secteurs manufacturiers dans un contexte de délocalisation (notamment textile) souvent dans des zones franches. Les importations concernent des biens de consommation et d’équipement à la fois américains et européens mais aussi de plus en plus asiatiques.

Enfin il ne faut pas oublier les flux des navires de croisière avec Miami, le plus grand port de croisière au monde en 2012 avec 4 millions de passagers.

Ces flux maritimes passent par quelques routes majeures dont plusieurs passent par Panamá. La route maritime Panamá-Europe/Moyen-0rient/Proche-Orient transite par le nord des petites Antilles. Autre route très fréquentée, rejoignant les grands ports étasuniens de la côte est, et passant entre Cuba et Haïti, c’est le passage du Vent. Il y a ensuite de nombreuses autres routes comme celle reliant le Venezuela à la côte est nord-américaine en passant au large à l’ouest de Porto Rico, le passage de Mona.
L’analyse des échanges aériens met en évidence le poids des visiteurs extra- régionaux (touristes et émigrés) donnant un poids, encore une fois, plus important à l’extraversion. Presque tous ces territoires ont une relation directe avec Miami (à part Cuba). Le faisceau atlantique, deux fois inférieur en nombre de passagers, fait émerger Paris, Londres et Amsterdam, fruit de l’histoire pour les Caraïbes, et Madrid pour la partie hispanique (Rappel : en vol direct, Fort-de-France vers Montréal : 5 heures de vol ; Fort-de-France vers Paris : 8h de vol).

Les accords Open Skies3 signés entre les Etats-Unis et les pays d’Amérique centrale à la fin des années 1990 ont renforcé les échanges avec Miami. Cet aéroport a accueilli 19,3 millions de passagers en 2012, dont la moitié en provenance de 70 villes latino-américaines, ce qui en fait le second aéroport aux Etats-Unis pour les passagers internationaux4. Dans les îles, c’est San Juan à Porto Rico qui concentre les trafics. Son volume de vol est 5 fois supérieur à celui de la Guadeloupe, Martinique et Barbade réunies, avec d’ailleurs des problèmes de saturation.

Le paysage aérien est très mouvant et s’adapte en permanence mais même si les liaisons interrégionales sont denses, elles restent peu performantes : pas de réseau régional organisé (nécessité de passer par plusieurs compagnies), temps de trajets longs (enregistrement, formalités), tarifs élevés, … Les flux majeurs restent concentrés sur quelques liaisons avec le Nord (EUA/Canada) et l’est (UE), il y a encore peu de prolongements vers l’ouest et le sud. L’espace Caraïbe reste encore en 2013 un espace « cul-de-sac ». Les îles des Caraïbes ont signé des accords plus récemment avec les Etats-Unis, l’Europe ou le Brésil. Un accord est par exemple signé en mars 2013 entre les EUA et le Guyana. A terme ces accords devraient entraîner une hausse du trafic aérien.
Enfin il existe aussi un axe routier passant par l’Amérique Centrale qui ne doit pas être oublié. C’est un axe majeur pour les échanges à travers l’Amérique centrale mais il n’est pas au même gabarit et il n’est pas continu. La région inhospitalière du Darian, entre la Colombie et Panamá, reste pour l’instant un territoire enclavé sans route majeure. Il y a bien un « Proyecto Mesoamerica » (2008), soutenu en grande partie par le Mexique, pour structurer davantage cet axe mais il s’agit encore pour l’essentiel de programmes de faible ampleur.

Cette extraversion a pour corollaire la constitution d’une plate-forme idéale pour le trafic de drogue entre l’Amérique du Sud et l’Europe, mais aussi avec l’Amérique du Nord.
2.3 Une mondialisation des trafics en plein essor
La Caraïbe est devenue une plaque tournante et un lieu de transit pour les trafics en tous genres. Il y a des conditions favorables : l’écrasante proximité du géant américain, le morcellement de la région, sa situation à la croisée d’un axe Nord-Sud et d’un axe Ouest-Est. Il s’agit très souvent de produits de contrebande (asiatiques notamment) qui transitent par les zones franches. Mais la médiatisation de ces trafics concerne principalement le trafic de drogue. Celui-ci parcourt en effet massivement la région, ce « Narcotrafic » transiterait à 80% par la mer d’après la JIATH-South, l’organisation de lutte anti-drogue américaine.

Les trafiquants utilisent à la fois des embarcations rapides, les fameuses « Go fast » qui leur permettent de relier par exemple la Colombie à Haïti en moins de 24h, mais aussi des « Slow movers » (bateaux de pêche, porte-conteneurs…) qui sont plus discrets mais aussi efficaces (seulement 5% des conteneurs dans le trafic maritime mondial sont contrôlés). Dernière innovation, une flotte importante de navires à flottaison basse difficilement détectables par radar, coulés une fois leur cargaison déchargée. Des submersibles semblent aussi en cours de développement, ils pourraient constituer un défi considérable pour les forces de l’ordre.
En 2013, le principal hub de ce trafic semble être le Venezuela. Pour de nombreux observateurs, le pays peut être caractérisé de narco-Etat5 depuis 2010 et la drogue transite par ce territoire pour passer ensuite par les îles. Le chapelet des petites Antilles à l’est constitue des frontières poreuses et mal contrôlées, même si la situation est nuancée par la présence des possessions ultramarines des puissances européennes sur zone (Aruba, Curaçao, Iles Vierges, Antilles françaises). Le cas des Grandes Antilles est différent car elles communiquent directement avec le Golfe du Mexique. Mais alors que Cuba a une politique ferme et des moyens, Haïti est une porte d’entrée facile, terminus d’un corridor maritime souvent utilisé par les embarcations rapides des trafiquants.
Depuis 2007, c’est l’émergence d’une route vers l’Europe qui part du Venezuela ou du Brésil et qui passe ensuite par l’Afrique de l’ouest, c’est « l’autoroute 10 » du nom du parallèle concerné. Les narcotrafiquants se sont durablement implantés dans un certain nombre de pays du Golfe de Guinée, comme en Guinée-Bissau.

Le trafic est en adaptation permanente, utilisant à la fois des routes anciennes et de nouvelles. Même le terme de « route » devient inadapté à la réalité actuelle, les itinéraires directs ont laissé place à des trajectoires qui rebondissent de ports en ports, de point de transit en point de transit6. Illustration spectaculaire de cette réalité en Septembre 2013, la saisie record à Roissy-CDG de 1,3 tonne de cocaïne (valeur estimée de 350 millions d’euros à la revente) dans un avion-cargo d’Air France en provenance de Caracas, surprenant de nombreux observateurs.

Ce trafic de drogue a des retombées économiques importantes pour des pays comme Haïti ou Cuba. Il est vrai qu’il est difficile de contrôler tous les bateaux de plaisance et toutes les criques, surtout lorsque les autorités sont corrompues. Cette multiplication des trafics inquiète les autorités nord-américaines qui augmentent la pression sur les Etats et renforcent les moyens de lutte (douanes, mobilisation de l’US Navy, etc.). En 2008, les Etats-Unis ont réactivé la IVe flotte en partie pour assurer une surveillance renforcée de la mer des Caraïbes. En mars 2012 des forces spéciales américaines participent à des exercices au Guyana reconnaissant le rôle stratégique joué par le pays dans la lutte contre le narco-trafic. La coopération internationale dans le cadre de la JIATF-South fonctionne avec 14 nations partenaires et la France y possède une zone de responsabilité permanente. Les pays les plus impliqués cherchent à mettre en place des zones maritimes « tampons » pour bloquer les flux primaires de drogue à la source. Mais les missions se multiplient et les budgets et les navires diminuent que ce soit aux EUA ou en France.
L’espace caraïbe est donc naturellement un des grands foyers mondiaux de blanchiment de l’argent « sale », en particulier celui issu du trafic de drogue.

Il ne faut cependant pas généraliser, tous les flux financiers ne sont pas douteux, loin de là. C’est le cas par exemple de l’argent renvoyé sur place par les émigrés haïtiens ou cubains travaillant aux Etats-Unis (plus de 6 millions de personnes). 13% du PIB de la zone proviendrait ainsi des « remises », des chiffres très supérieurs aux investissements directs en provenance des pays extérieurs (6%) et de l’aide au développement (1%). Les îles françaises et hollandaises bénéficient aussi des transferts d’argent public, des fonds du FEDER, et des salaires des fonctionnaires majorés.
Ces flux multiples sont des atouts majeurs pour les territoires de la région.

3. DES TERRITOIRES QUI PROFITENT DE PLUS EN PLUS DE LA MONDIALISATION DE CETTE INTERFACE
3.1 De nombreux espaces dérogatoires de toutes sortes illustrent bien le basculement d’une interface américaine à une interface mondiale.
La zone multiplie les privilèges, les immunités commerciales, douanières ou fiscales, et autres statuts particuliers parfaitement légaux. Aujourd’hui les territoires qui n’en proposent aucun sont devenus très rares. Leur traduction spatiale prend deux formes :
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