Table ronde sur Alimentation, production locale et circuits-courts





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date de publication11.02.2017
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Table ronde sur Alimentation, production locale et circuits-courts.
Intervention de Jean-Louis Robillard,

vice-président à l’agriculture du Conseil régional Nord-Pas de Calais

Enjeux et contexte
Comment passer du productivisme à l'agriculture de suffisance? Pour Jean-Louis Robillard, l'enjeu de la politique agricole du Conseil régional Nord-Pas de Calais réside dans ce changement de modèle.
Globalement, 4 leviers peuvent être actionnés:

  • la fiscalisation des externalités dues à l’agriculture intensive (avec action au niveau national et européen pour modifier la PAC)

  • le changement des comportements alimentaires et la régulation de la demande alimentaire de l’échelon local à l'échelon international

  • le changement des lieux de gouvernance du système alimentaire

  • le changement de ce qu'on peut appeler l’agro-système.



Comment un Conseil régional peut-il avoir un impact sur le système alimentaire?

Il faut d'abord savoir que le budget total d'une région comme le Nord Pas de Calais sur l'agriculture et l'alimentation est de 14 millions d'euros par an. Si l'on ajoute les autres politiques contribuant au système alimentaire, on peut considérer un budget d’environ 20 millions d'euros par an pouvant avoir un impact sur le système alimentaire.
Ce chiffre est à rapprocher des 310 millions d'euros que perçoit l’Agriculture du NpdC au titre de la Politique Agricole Commune. Il faut donc rester modeste sur les possibilités d’action même si une Région dispose de réels leviers.
Pour faire changer les choses, il est nécessaire de s'appuyer sur le « 4ème facteur »1, qui est la capacité des acteurs, des politiques, des élus et de l’ensemble des composantes et parties prenantes concernées par un secteur d'activité de construire ensemble une intelligence collective. Il faut mobiliser tous ceux qui ont quelque chose à voir avec le système agro-alimentaire actuel (même si ce n'est pas toujours facile, voir ci-dessous).
C’est primordial si l’on souhaite mettre en place les circuits alimentaires de proximité, du voisinage à l’Europe, avec en toile de fond le concept de souveraineté alimentaire des continents ou des inter-pays. C'est l'enjeu aujourd'hui pour passer du productivisme à l'autosuffisance. Les AMAPs, si elles sont de bons laboratoires pour faire autrement, ne suffiront pas à réorienter le système.

Présentation de quelques actions

Appui à la structuration d'une filière régionale de l'agriculture biologique
Le Conseil régional travaille à la mise en place d’un plan régional de développement de l’agriculture biologique, avec comme première priorité une aide à la création de filières régionales de l’agriculture biologique. Il a réuni autour d'une table PME de l’agroalimentaire, coopératives, producteurs et collectivités, ainsi que les structures d’accompagnement.

Les PME de l’agroalimentaire ont alors fait part de leurs besoins : elles sont actuellement importatrices nettes de produits bio car ne trouvent pas ce dont elles ont besoin en région. Sur la base de ces besoins, la Région missionne par convention des acteurs de l’accompagnement pour inciter des agriculteurs à la conversion en bio, et les PME s’engagent à acheter - et sécuriser ainsi pendant 5 ans minimum par l’achat aux agriculteurs - la production biologique. On contribue ainsi à structurer des filières territorialisées dans lesquelles on envisage une réflexion sur la répartition de la valeur ajoutée dans ces filières. Un club des entreprises Bio a été créé avec celles qui ont signé la Charte Régionale de la Bio.
Installation en agriculture

Sur la question de l’installation en agriculture, nous avons également lancé une démarche participative. S'il ne s'agit pas directement d'alimentation, l'enjeu est important en matière d'aménagement du territoire et en matière sociale. Il s'agit également d'un levier important pour changer de système (passer d'une compétitivité par les volumes et les prix, favorisée depuis une quarantaine d'années en NpdC, à une compétitivité par la qualité, l'innovation et la différenciation). Une grande mission d’enquête a été initiée pendant 6 mois avec l’ensemble des acteurs au travers d’ateliers, avec les acteurs économiques, de la formation …. Cela a donné lieu à la rédaction d’un livre blanc – téléchargeable ici – et a abouti, toutes tendances syndicales confondues, tous acteurs économiques confondus, à 12 propositions génériques et 120 propositions concrètes.

Le rôle du Conseil régional a été celui d’un ensemblier des acteurs et d’animation de la mission d’enquête. L’objectif était que les acteurs fassent des propositions de programme d’actions territorialisées, la région s'est déjà engagée en votant un budget de 2M€, pour financer un plan régional de création et de transmission d’entreprises agricoles. Les aides à l’investissement sont par ailleurs bonifiées de 10% quand il s’agit d’une primo installation et à condition que la personne s’engage à réorienter son système d’exploitation.
Nous travaillons également à la mise en place pour l’installation d'un fonds de garantie pour la reprise d'entreprises, ainsi qu'au principe d'une avance remboursable de 40 à 50 000 €, en bordant bien le dispositif pour qu'il n'y ait pas d'effet pervers. Enfin, sur les jeunes agriculteurs nous avons l’APIA (aide pour les jeunes qui ne peuvent pas avoir la « dotation jeunes agriculteurs »), aide de 9000€ pour ceux qui n’ont pas le niveau de formation requis à l’installation. Préserver un nombre suffisant d’agriculteurs est un enjeu pour le développement des circuits alimentaires de proximité.
Transformation sociale et écologique
Le Conseil régional met également en place 9 opérations de développement sur la base de la « transformation écologique et sociale de la région ». L'une de ces opérations concerne la gouvernance du système alimentaire, avec pour objectif de co-construire avec les acteurs une politique régionale alimentaire. Cette démarche associe 7 vice-président(e)s, et vont être mobilisées les partenaires que sont les autres collectivités (départements et intercommunalités) afin qu’elles mettent elles-mêmes en place des pôles de gouvernance alimentaire.

Impacts / Evaluation
Une des difficultés essentielles est celle de la gouvernance et du facteur humain. Pour changer de braquet, sortir d’initiatives à la marge, il faut réussir à faire travailler l’ensemble des parties prenantes du système alimentaire qui n’ont pas l’habitude de le faire (restauration collective, PME agroalimentaires, agriculteurs,...).
La 2ème difficulté, c'est de créer un climat de confiance avec les 13 300 agriculteurs du Nord Pas de Calais, en étant issu d'un parti politique, EELV, qui a peu d'audience chez les agriculteurs. Le travail quotidien d'un vice-président à l’agriculture se fait principalement avec la profession représentée par le syndicat majoritaire qu’est la FNSEA ou les jeunes agriculteurs. On ne peut pas avoir l’ambition d’une transformation sociale et écologique de la région et faire fi des agriculteurs du territoire qui occupent 70% du territoire. Il faut créer un climat de confiance et ne pas aller à la confrontation avec le syndicat majoritaire si on veut avoir l’ambition modeste de faire bouger les lignes. C’est un travail de long terme qui ne montre pas tous ces effets sur le temps d’un mandat.

1 Voir notamment le rapport de la Mission sur les finalités de l'intervention publique dans le domaine de l'économie, sous la présidence de Jean-François Caron http://www.nordpasdecalais.fr/srde/telechargement/missionenquete/rapport_mission_finalites.pdf

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