A quoi servent les sciences sociales du sport ? Recherches et utilité(s) sociale(s)





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5e Congrès International de la Société de Sociologie du Sport de Langue Française :

A quoi servent les sciences sociales du sport ? Recherches et utilité(s) sociale(s)

CRIS, Université Claude Bernard – Lyon 1, 27-29 mai 2009

A QUOI SERT L’ECONOMIE DU SPORT ?
Wladimir Andreff1

Economie du sport: l’expression est ambiguë en langue française puisqu’elle recouvre ce que la langue anglaise permet de clairement distinguer, respectivement the sports economy et sports economics. Il s’agit en premier lieu (sports economy) de l’objet à analyser, disons le secteur économique du sport, i.e. l’ensemble des relations économiques qui traversent le sport (‘le sport et l’argent’) et des relations sportives mettant en mouvement des grandeurs économiques et financières (l’impact économique du sport). Sports economics désigne en revanche la discipline scientifique qui cherche à analyser l’objet précédent; elle est apparue dès 1956 aux Etats-Unis, avec l’article fondateur de Rottenberg (1956), vers la fin des années 1960 en Europe et dans le courant des années 1970 en France. Quelques publications ont déjà fait le bilan de la discipline économie du sport, liste non exhaustive, à un moment ou l’autre de son développement en France (Andreff, 1995), à une échelle plus internationale (Chantelat et al., 1998) ou sur une base comparative Europe-Amérique du Nord (Andreff, 2007a). Une autre a compilé en 86 chapitres les principaux sujets d’économie du sport dans un Handbook on the Economics of Sport (Andreff & Szymanski, 2006), dont l’introduction rappelle l’histoire de la discipline et une dernière a republié les textes les plus marquants en économie du sport, surtout d’origine américaine (Zimbalist, 2001).

Pour répondre à la question posée dans le titre, il convient de voir d’abord la genèse de la discipline (1), puis comment en Europe elle s’est autonomisée de la sociologie du sport et du management du sport (2), y compris en réponse à un besoin de meilleure connaissance empirique de l’objet à analyser (3). La dernière décennie est marquée par un certain nombre de convergences des analyses que mènent les économistes intéressés par l’économie du sport, ce qui conduit à une sorte de globalisation de la recherche économique, de plus en plus dominée par l’analyse économique mainstream d’inspiration anglo-saxonne. Après son autonomisation en tant que discipline scientifique, l’économie du sport s’est institutionnalisée par l’entrée dans certains programmes d’enseignement, la publication de manuels d’enseignement, le lancement de plusieurs revues spécialisées et la création de sociétés savantes couvrant ce domaine (4). L’expansion extrêmement rapide des recherches et des publications en économie du sport dans la dernière décennie (5) a étendu le champ d’investigation et provoqué des convergences transatlantiques dans les analyses des économistes du sport (6). Ce qui ne signifie pas qu’il ne reste pas des questions pour l’heure inexplorées, ignorées ou sous-estimées dans les travaux académiques ou autres (7). Malgré un important développement de la discipline, la question demeure de savoir si l’économie du sport n’est qu’un simple domaine d’application de la science économique ou bien si elle a engendré des concepts ou des instruments d’analyse qui lui soient exclusivement spécifiques (8). Une question, à n’en pas douter, qu’elle partage avec la sociologie du sport et le management du sport et qui, probablement, est encore plus cruciale pour la discipline STAPS (sciences et techniques des activités physiques et sportives).

Au total, il sera aisé de saisir en quoi l’économie du sport est socialement utile – quelques économistes diraient même qu’elle est devenue totalement indispensable. On pourra alors envisager en conclusion si, après une enfance commune et une croissance qui les a séparées, l’économie du sport et la sociologie du sport peuvent renouveler un dialogue en partie interrompu par la forte autonomisation et les récents développements de la première. Mes compétences personnelles ne me permettront pas d’adopter ici le double point de vue de l’économiste et du sociologue du sport, mais au moins d’indiquer quelques conditions d’un dialogue renouvelé entre les deux disciplines et de pointer quelques dangers soit d’isolement, soit d’impérialisme de l’économie du sport envers les autres sciences sociales du sport.
1. La genèse de la discipline «économie du sport» : socio-économie et économie politique versus mainstream economics
En Europe, on ne souligne pas toujours que les premiers travaux d’économie du sport ont été réalisés et publiés en Amérique du Nord, notamment après l’article initial de Rottenberg et ceux de Neale (1964) et Jones (1969). Dès 1971, paraît le premier modèle économique formalisé (El Hodiri & Quirk, 1971) de l’organisation et du fonctionnement d’une ligue de sport professionnel conçu dans le cadre de la théorie économique néo-classique d’inspiration libérale, dominante (mainstream) aux Etats-Unis. Le premier programme de recherche coordonné, découlant d’un colloque organisé par la Brookings Institution en 1971, a rassemblé pratiquement tous les économistes américains intéressés par le sport et a donné lieu à un ouvrage qui ne sera guère dépassé pendant une vingtaine d’années (Noll, 1974).

La première publication européenne identifiable dans ce champ de recherche est allemande (Melzer & Stäglin, 1965), près de dix ans après l’article de Rottenberg; elle est une discussion avec transposition des deux premiers articles américains parus à l’époque au cas du football allemand. Une autre trace historique est l’ouvrage de Volpicelli (1966) dont l’approche largement sociologique comporte des éléments analytiques d’économie industrielle et d’économie du travail, sans correspondance avec les travaux américains. Viennent ensuite les travaux de Sloane (1969 & 1971) au Royaume Uni qui émettent l’hypothèse de comportements (stratégies) différents dans les économies du sport européenne et nord américaine, notamment parce que les clubs européens ont pour objectif de maximiser les victoires sportives alors que les ligues professionnelles américaines maximisent leur profit et le répartissent entre leurs clubs. La première hypothèse tient encore aujourd’hui dans la plupart des analyses européennes.

En France, s’il me fallait mentionner une seule année comme date de naissance de l’économie du sport, je choisirais 1977. Cette année-là, sont publiés: la thèse de doctorat de Malenfant-Dauriac (1977) élaborant un compte satellite de l’économie du sport en France, la thèse complémentaire de Gerbier et Di Ruzza (1977), influencée entre autres par l’ouvrage de Volpicelli, et le premier mémoire de DEA en Sciences Economiques soutenu à l’Université de Paris 1 sur l’économie du cyclisme professionnel (Reydet, 1977). La réalité est plus complexe et plus diffuse, et les sociologues du sport y ont leur part. La thèse publiée de Brohm (1976) a suscité des réactions chez les économistes, pas toutes positives (sauf chez certains marxistes), mais on ne peut nier qu’elle a eu une réelle influence, puisqu’elle s’intéresse à la création de valeur économique par le processus sportif analysé (à la Marx) comme un processus de travail créateur de valeur, l’un des sujets centraux de l’économie politique. Le courant Bourdieusien aussi a apporté ses contributions, pour n’en citer qu’une, l’analyse de Pociello (1981) différenciant les pratiques sportives à l’aide de variables sociologiques, mais aussi économiques, et avec une ouverture effective vers l’apport des économistes (Andreff, 1981).

Immédiatement après 1977, on observe en France une floraison de travaux universitaires en économie du sport avec les thèses de doctorat de Fouques (1978) qui analyse l’offre et la demande sur le marché du travail sportif en appliquant la notion de capital humain de Garry Becker, de Calvet (1981) sur les convergences et les conflits d’intérêts économiques dans le cyclisme professionnel, en particulier dans le Tour de France, et de Sobry (1982), prototype d’une approche socio-économique des déterminants (économiques et sociologiques) de la demande sur le marché des articles de sport. On ne peut ignorer enfin l’impact, à la même époque, des travaux menés au Centre de Droit et d’Economie du Sport de Limoges (créé en 1977) avec la thèse de Nys (1983) sur les subventions aux clubs de football, soutenue en 1979, le mémoire de DEA de Bourg (1983) achevé en 1981 ou la mise au point d’un plan comptable simplifié pour les associations sportives à but non lucratif (Andreff, 1980).

Quels grands enseignements peut-on tirer de ce processus de genèse de l’économie du sport ? Tout d’abord que la genèse est très différente en Amérique du Nord et en Europe, mis à part le décalage chronologique en faveur des économistes américains. Le questionnement porte exclusivement sur le sport professionnel en Amérique, en raison du contexte d’un sport à finances privées, sans intervention de l’Etat (ou très peu), à contact particulier entre le sport professionnel et les amateurs (les compétitions universitaires). En Europe, les premiers travaux d’économie du sport ne traitent pas seulement du sport professionnel, comme l’indiquent les titres cités, et lorsqu’ils en traitent, c’est surtout en réponse à des problèmes ou des crises (faillites de clubs de football, détermination ou distorsion des pratiques sportives par l’afflux d’argent, les atteintes à l’éthique sportive, etc.). Des recherches sont aussi consacrées au sport en général, au sport compétitif amateur, au sport de masse, à la gestion, à la comptabilité et au financement des clubs non professionnels, aux subventions étatiques du sport et ainsi de suite. Il en découle que les questions analysées ne sont pas les mêmes des deux côtés de l’Atlantique  (Andreff, 2007a): concurrence et régulation des ligues de sport professionnelles, marché du travail des talents sportifs, application de la loi-antitrust, maximisation des revenus et des profits des clubs en Amérique; en Europe: les déterminants économiques de la pratique sportive, les marchés de la pratique, du spectacle et des biens sportifs, le financement mixte public/privé du sport, la marchandisation des activités sportives, l’impact des intérêts économiques sur la gouvernance du sport, le bénévolat sportif. Il en résulte que les principaux interlocuteurs des économistes européens sont le plus souvent des hommes de loi, des gestionnaires, des hommes d’affaires, des propriétaires de clubs et des syndicats de joueurs en Amérique, alors qu’en Europe les économistes sont en contact avec les sociologues, les spécialistes des institutions, les juristes et les dirigeants sportifs.

Si l’on poursuit la comparaison, le paradigme dominant (mainstream) est la théorie néo-classique aux Etats-Unis alors qu’en Europe les économistes du sport sont plutôt, à l’origine, des chercheurs intéressés par le secteur social, le non lucratif, le bénévolat, le rôle de l’Etat dans l’économie et la régulation. Ils se recrutent donc principalement parmi les économistes hétérodoxes et ne se reconnaissant pas dans le mainstream. On les trouve parmi les tenants de l’économie politique (classique ou marxiste), les post-keynésiens, les régulationnistes, les économistes institutionnalistes et évolutionnistes. Ceci détermine les méthodologies les plus fréquemment utilisées: principalement formalisée et quantitative chez les économistes du sport américains avec un fort recours à la microéconomie, à la modélisation mathématique et aux tests empiriques de type économétrique; chez les économistes du sport européens, beaucoup plus d’analyses qualitatives, macroéconomiques et, pour la validation empirique, des études descriptives et des traitements statistiques, des calculs de multiplicateurs et l’usage du tableau d’entrées-sorties, et pas seulement l’économétrie.

Cela ne veut pas dire que, au cours des trois premières décennies d’existence, ces deux approches de l’économie du sport n’aient pas montré certaines limites, mais ce ne sont pas les mêmes ici et là. Jusqu’au début des années 1990, l’analyse des économistes du sport européens rencontrait souvent les obstacles suivants: absence de données empiriques fiables et non tenues secrètes, biais informationnels sur les données divulguées, recours nécessaires à des estimations, parfois «pifométriques» ou grossières, le tout alimenté d’importants débats sur la définition du sport et les sources des données (souvenons-nous du fameux débat entre l’INSEE et l’INSEP en 1987 ! – voir aussi Surault, 1989), mais aussi sur les méthodes et les paradigmes. En revanche, peu de questions étaient «taboues» qu’il s’agisse du dopage, de la corruption, de l’éthique bafouée ou d’autres distorsions moins graves du sport au contact de l’argent. En Amérique du Nord, l’approche était plus unifiée, les données parfois plus accessibles (sur le sport professionnel), mais toute question non directement liée au sport business avait tendance à être négligée, les seules analyses critiques portant sur la discrimination raciale et par genre et sur «l’exploitation» des athlètes professionnels par les propriétaires des clubs, exploitation au sens néo-classique qui se produit lorsque l’athlète n’est pas rémunéré à sa productivité marginale et que le propriétaire du club empoche alors une part de la rente de marché normalement destinée à l’athlète (Scully, 1974).
2. Séparation entre management du sport et économie du sport: les années 1990
On aura noté que, en Europe et en France, l’économie du sport est née au contact avec d’autres sciences sociales du sport, outre les STAPS, la sociologie du sport et l’étude de la gestion des activités sportives (management du sport dans la suite); dans cette dernière se sont engouffrées plusieurs sciences sociales, en particulier la partie concernée des STAPS, avec la montée de la demande de pratique sportive à partir des années 1970, l’expansion des marchés correspondants et le développement du sport non fédéral, i.e. le sport commercial et le sport auto-organisé. Ces évolutions ont créé une demande sociale de compétences gestionnaires doublées d’une connaissance approfondie du sport. Jusqu’à la fin des années 1980 en France, la réponse à cette demande sociale a été multiforme et a eu plusieurs origines. Les diplômés, enseignants et chercheurs de STAPS y ont accordé une attention croissante et ont adapté les cursus de formation en conséquence, fournissant le gros des contingents du management du sport. Les juristes, les économistes, les sociologues et les spécialistes des sciences de la gestion ont également participé à satisfaire cette demande sociale. La création du CDES à Limoges, premier centre de recherche sur le sport auprès d’une Faculté de Droit et de Sciences Economiques, suivie de la formation d’autres équipes et centres de recherche, se situe dans ce contexte. Pour ce qui des économistes, une de leur préoccupation majeure des années 1980 fut la collecte et la création de données économiques publiques et fiables d’où leur recommandation récurrente de produire de telles données à l’aide d’une comptabilité nationale de l’économie du sport qui permettrait des macro-analyses évaluant le poids économique du sport, celui de certains de ses sous-secteurs et des marchés du sport. Ils y ajoutaient l’évaluation des politiques publiques économiques et sportives, un intérêt (mal renseigné) pour l’industrie des articles de sport et, surtout (zone de concurrence avec le management du sport), des études d’impact ou d’avantages-coûts des évènements sportifs et des infrastructures sportives sur l’économie locale et l’emploi.

On peut parler d’une sorte de «lune de miel» entre économie du sport, sociologie du sport et le management du sport naissant dans les années 1980. Mentionnons-en quelques indices, pas seulement français. En France d’abord, la coopération entre sociologie, management et économie du sport a culminé dans les années 1980, avec des thèmes économiques abordés par, entre autres, Pociello, Camy, Ehrenberg, Loret, Chazaud, Chantelat, Bessy, Chifflet, Hillairet, Raspaud, Maudet, Durand, Charrier, Michon, Ohl, Michel, les trois derniers étant signataires de chapitres dans l’ouvrage de référence en économie politique du sport (Andreff, 1989). Un autre exemple est la collaboration étroite et directe de sociologues et d’historiens du sport avec des économistes dans une étude sur les retombées des Jeux d’Albertville (Andreff, 1991). La coopération et les échanges s’accompagnaient parfois d’une thématique commune, même si les méthodologies restaient souvent différentes. Ainsi, les économistes préféraient et recommandaient l’analyse avantages-coûts des évènements et des équipements sportifs, certes plus compliquée et plus exigeante en données, aux études d’impact plus souvent administrées par le management du sport ou des sociologues du sport. La première exige en effet la maîtrise des notions telles que la valeur de non usage de l’évènement sportif, de coût d’opportunité, de prix hédoniques, de consentement à payer, de marchés contingents, d’effets de substitution et d’éviction, notions maîtrisées par tout étudiant de Sciences Economiques en fin de cursus, moins certainement en fin de cursus STAPS ou de sociologie du sport à l’époque.

Un autre signe de cette «lune de miel» est la référence faite par des économistes du sport aux travaux de sociologues du sport et vice-versa. Ce fut le cas dans les débats méthodologiques sur les données de pratiques sportives entre l’INSEP et l’INSEE. Plus généralement, les économistes français engagés dans l’économie politique du sport ou la socio-économie du sport faisaient leur miel des travaux sociologiques à interprétation économique possible. A l’étranger également, notamment en Allemagne, le sociologue Heinemann (1984), ainsi que Gärtner & Pommrehne (1978) en épistémologie, et Frank (1995) en management du sport, étaient des références pour les économistes du sport. Il en allait de même au Royaume Uni avec des travaux de Gratton ou Collins par exemple, de Puronaho en Finlande, de Brunelli en Italie et j’en passe.

Les années 1990, surtout après 1995, ont mis un terme à cette proximité entre sociologie et économie du sport. Trois facteurs l’expliquent. Le premier est l’évolution de la science économique vers plus de modélisation mathématique, plus d’économétrie, plus d’hypothèses et de protocoles méthodologiques conformes au mainstream2 désireux de faire de l’économie une science «dure» (la seule parmi les sciences sociales !), ainsi qu’un poids relatif décroissant des approches hétérodoxes, l’ouverture du mainstream à divers courants issus de l’hétérodoxie tels l’économie néo-institutionnaliste ou néo-keynésienne, la nouvelle économie politique formalisée, et ce jusqu’à l’intégration de certains d’entre eux au sein de la théorie dominante. De plus, le mainstream s’est, plus qu’avant, préoccupé de questions économiques concrètes et donc du social, du non lucratif, des régulations, etc., mais en l’abordant avec la méthodologie «dure» mentionnée. C’est évidemment une approche qui tend à séparer la science économique des autres sciences sociales, séparation paradigmatique avec une différence dans le mode de questionnement de la réalité et les méthodes scientifiques, sinon par les objets d’analyse. La même évolution a été constatée dans le courant des années 1990 en économie du sport, notamment en matière de publications (4 infra), d’où la césure grandissante avec les sociologues du sport et le management du sport.

La deuxième évolution, résultant de la première, a été la recherche d’une plus grande autonomie, ou plutôt spécificité, de l’économie (et surtout des économistes) du sport par rapport à la sociologie, à la socio-économie, à l’ancienne économie politique, aux sciences de gestion et au management traitant du sport et dont certains objets d’analyse étaient similaires à ceux de l’économie du sport. La méthodologie «dure», l’identité disciplinaire de plus en plus institutionnalisée (4 infra) et basée sur les critères de sélection des publications en économie ont largement approfondi la séparation entre économie du sport et les sciences sociales qui s’en étaient rapprochées à propos de l’objet sport. Cette évolution est le prélude à l’autonomisation de l’économie du sport vis-à-vis des autres sciences sociales qui avaient entouré sa naissance en France (même phénomène en Europe bien qu’un peu moins marqué).

La troisième évolution tient au succès et à l’importance croissante du management du sport dans les vingt dernières années et à l’attraction qu’ils ont exercé sur les enseignants, chercheurs et diplômés de STAPS et sur des sociologues du sport intéressés par des sujets opérationnels, voire platement gestionnaires (gestion courante d’activités et de structures sportives), et bien évidemment des quelques spécialistes des sciences de gestion très investis dans le sport (tels Minquet, Ramanantsoa, Bayle et d’autres). Les années 1990 ont vu croître le nombre d’études descriptives, empiriques et opérationnelles consacrées au sport avec des références simultanées (bibliographiques et méthodologiques) à la sociologie du sport, au marketing et au management, et intégrant en général a minima une dimension économique. Les économistes (disons les diplômés de Sciences Economiques) ont peu participé à l’expansion de ce marché des études inspirées de ce qui devenait la nouvelle discipline fédératrice, le management du sport, et ce d’autant moins que leur méthodologie «dure» et l’autonomie visée les amenaient à négliger le management du sport, voire à critiquer la «mollesse» de certains de ses outils méthodologiques.

A la fin des années 1990, la séparation entre économie du sport et sciences sociales du sport – y compris le management du sport - est consommée et totalement aboutie, mais la première est à l’époque beaucoup moins organisée et institutionnalisée que les secondes (par exemple, en Europe, la European Association of Sport Management s’est constituée dès 1992).
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