Mexico : les contrastes de l’espace urbain (photographie manuel Belin géo 2nde, 2006.) Les inégalités socio-économiques





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Seconde professionnelle

GÉOGRAPHIE - Sociétés et développement durable

Dossier documentaire



Situation : LES INEGALITES SOCIO-SPATIALES DANS UNE GRANDE AGGLOMERATION



Les inégalités de développement existent à toutes les échelles géographiques : celle d’un pays, d’une région, d’une ville

MEXICO : une ville au développement inégal



Problématique :
Comment se manifestent les inégalités de développement dans l’agglomération de Mexico ?

Avec près de 18 millions d’habitants, Mexico est l’une des plus grandes villes du monde.

Mexico concentre à la fois les hommes, mais aussi une grande partie des activités du pays. Capitale politique, économique et financière, elle assume les fonctions d’une grande métropole.

Mexico connaît une pression démographique forte avec l’arrivée de nombreuses populations de tout le Mexique.

Les disparités sociales et spatiales sont fortes dans cette ville.

Les populations arrivant des campagnes s’installent dans la précarité aussi bien dans le travail (l’économie informelle) que dans les conditions de logement.(voir le reportage du site.tv)
« Le développement des entreprises privées multiplie les emplois hauts et moyens, puisque ici se trouve à la fois la clientèle riche et surtout moyenne toujours plus massive.

Le mode de vie de cette classe moyenne se modernise ici bien avant la province : la maison individuelle à jardin, selon l’idéal nord-américain, s’impose et engendre une forte consommation d’espaces toujours plus éloignés du centre. L’abondance de main d’œuvre bon marché permet certes de construire et d’entretenir la maison et le jardin à moindre frais, mais surtout une domesticité peu coûteuse favorise la persistance de coutumes alimentaires traditionnelles et plus encore le maintien d’une descendance nombreuse.. »

(C.Bataillon, Amérique latine, Géographie universelle, Belin-Reclus, 1995.)
L’explosion urbaine provoque une forte pression sur les ressources nécessaires à la vie des habitants, à l’exemple de l’eau.

Vue de Mexico, la pression démographique


http://dealmeida.robens.neuf.fr/portfolio_files/mexico%20vue%20aerienne.jpg

Vue aérienne de Mexico (2300m d'altitude) www.mexique-fr.com




Mexico : les contrastes de l’espace urbain


(photographie manuel Belin géo 2nde, 2006.)


Les inégalités socio-économiques


Source : Rosa Maria Rubalcava, Martha Schteingart, in « La Cuidad de Mexico en el Fin del Segundo Milenio », Colegio de Mexico, 2000



Strates de population

Population

%

Revenus

%

Instruction primaire et post-primaire

%

Part des logements bénéficiant de l’adduction d’eau

%

Densité par chambre(nombre de personnes)

Haute

7.5

28.1

82.3

94.9

1.6

Moyenne-haute

9.6

17.

79.5

93.1

1.8

Moyenne

16

7.5

68.8

86.1

2.1

Moyenne-basse

23

3.5

60.9

70.3

2.4

Basse

25.8

2

52.7

47.2

2.7

Très basse

18

1.3

42.9

25.8

3

Mexico, les Ambiguïtés d’une mégapole, Alain Musset (directeur d’études à l’EHESS, Paris)

In Les très grandes villes dans le monde ; collectif coordonné par Elisabeth Dorier-Apprill ; Questions de Géographie ; éditions du temps; 2000.
Les disparités socio-spatiales





Extraits de l’article d’Alain Musset :
Mexico est aujourd’hui le symbole de ces villes géantes qui, partout dans le monde, accumulent tous les problèmes d’une urbanisation incontrôlée : congestion, pollution, dégradation du milieu naturel, déficience des services urbains, accroissement des clivages sociaux et des disparités spatiales…(…)

Cette situation s’explique en grande partie par la croissance démographique et l’extension urbaine de l’agglomération. En 1970, l’espace bâti était de 650 km2. Aujourd’hui, il dépasse les 1300 km2(…). Aujourd’hui autour du noyau central (le district fédéral), s’agglutine une couronne de villes périphériques dont la gestion est assurée en théorie par l’Etat de Mexico, mais qui appartiennent à une entité statistique reconnue par tous les acteurs de la vie politique et économique mexicaine : l’Aire métropolitaine de Mexico (AMCM).(…) Aujourd’hui, on estime la population de l’AMCM à 18 millions d’habitants, la majorité d’entre eux vivant à l’extérieur des frontières administratives du District fédéral.

Trop souvent présentée comme un monstre dévoreur d’espace et d’énergie, Mexico n’en reste pas moins une ville qui crée en permanence de la richesse et qui n’a pas encore digérée tous les espaces ruraux situés sur ses marges- et parfois au cœur même de l’aire métropolitaine. En effet, celle ci couvre un peu plus de 4600 km2, dont moins de 30 % sont effectivement urbanisés. Même le District fédéral n’échappe pas à cette règle : sur 1500km 2, les espaces non bâtis (parcs et jardins, réserves écologiques, terres cultivées) représentent encore 40 % du territoire. La délégation la moins urbanisée reste celle de Milpa Alta, située au sud du District fédéral, sur les flancs du massif montagneux de l’Ajusco. Quand on se promène dans les champs de milpas (maïs) ou de nopales (figuiers de barbarie) qui couvrent la plus grande partie de la délégation, on éprouve quelques difficultés à s’imaginer que l’on est encore dans l’aire administrative de la capitale mexicaine, une des plus grandes villes du monde. La population vit toujours dans des villages mal reliés au centre de l’agglomération et la vie quotidienne reste rythmée par les contraintes du calendrier agricole.
A lui seul, le District fédéral (qui correspond aux limites administratives de la ville de Mexico, à l’exclusion des municipalités périphériques) représente néanmoins presque 24 % du PIB mexicain (en 1997) pour moins de 10 % de la population totale. Si l’on raisonne à l’échelle de la mégalopole en formation et que l’on prend en compte les résultats des Etats voisins (Puebla, Tlaxcala, Hidalgo, Querétaro, Morelos, Etat de Mexico), les chiffres révèlent l’inégalité des structures socio-économiques et démographiques de la nation : 42 % du PIB et un quart de la population sur seulement 7 % du territoire.
A l’intérieur même de l’agglomération, les disparités socio-spatiales sont de plus en plus fortes entre quartiers aisés (l’ouest et le sud) et quartiers pauvres (le nord et l’est), même si le partage de territoires urbains n’est pas toujours aussi clairement établi. (…)

Les centres de gravité de la pauvreté urbaine se sont déplacés : Nezahualcoyotl, longtemps présenté comme le bidonville par excellence de Mexico, est désormais une municipalité consolidée, où la majorité des habitants dispose de tous les services essentiels (électricité, eau potable, drainage) et dont l’équipe de Football (les Toros de Neza) joue en première division. Les quartiers sous-intégrés de l’agglomération se trouvent désormais plus au nord et plus à l’est. Au nord le paysage apparaît comme une imbrication d’agricultures résiduelles et de marécages d’usines, et de toutes les formes d’un habitat populaire plus ou moins précaire, plus ou moins régularisé. Dans un cadre naturel hostile de collines stériles, de versants ravinés, de lagunes saumâtres, les contrastes s’accusent entre une industrie écrasant l’environnement de toutes ses pollutions, et les étendues rampantes des bidonvilles. Plus à l’est, vers Ecatepec et Chalco, plus de 76 % des logements ne sont pas reliés aux égouts et moins de 30 % ont un accès direct à l’eau potable.

Santa Fe est le nouveau centre d’affaires de la ville de Mexico
La bourse de Mexico



La pression sur l’environnement
L’explosion urbaine provoque une forte pression sur les ressources nécessaires à la vie des habitants, à l’exemple de l’eau.

→ Voir doc. carte la distribution d’eau potable à Mexico de Musset
Des contraintes et des risques, d’après M.T. Gutierrez, la grande ville enjeu du XXIe siècle, PUF, 1991.

Dans une ville comme Mexico, les facteurs naturels ne doivent pas être sous-estimés car l’adaptation des espaces aux besoins de la population s’avère extrêmement onéreuse.

L’eau du sous-sol est insuffisante pour une population en augmentation, constante ; il est nécessaire de s’alimenter depuis de bassins éloignés, ce qui représente un coût élevé.

Du fait de la situation de la vile dans un bassin entouré de montagnes, le contrôle de la pollution du milieu ambiant ‘eau, air, bruit) produite par l’augmentation exorbitante du nombre de véhicules et la localisation inadéquate des industries polluantes, apparaît difficile et coûteux. Située au fond d’un ancienne lac, sur un sous-sol argileux, la ville s’enfonce lentement et connaît des inondations fréquentes. Le sous-sol argileux augmente aussi de manière notable les coûts de construction du métro et des immeubles de plusieurs étages, ce qui limite en général la croissance verticale et oblige la ville à s’étendre horizontalement.

La ville se situe dans une zone sismique, elle est donc menacée par les tremblements de terre.
Gérer l’environnement de Mexico, d’après F.Thomas et O.Terrazas, Revue de géographie de Lyon, n°4, 1999.

Depuis quelques années, le District fédéral de Mexico a engagé un vaste projet de plantation d’arbres pour végétaliser tous les espaces libres. Ajoutée aux effets de la désindustrialisation, cette opération a permis, en 1999, de limiter à 5 le nombre de jours au-dessus du seuil d’alerte à la pollution.

Quant au problème de l’eau, un début de règlement est amorcé dans la mesure où le ralentissement de la croissance démographique et la désindustrialisation ne rendent plus nécessaire les projets pharaoniques d’adduction d’eau qui inquiétaient les Etats voisins.

Par contre, l’organisation de la distribution de l’eau permet encore aux familles des quartiers aisés d’arroser leurs pelouses, alors que les colonias populaires subissent les tolvaneras (tourbillons de poussières) et ne disposent parfois d’un peu d’eau que grâce aux tournées des pipas (camions citernes).

Bibliographie
● Article de Alain Musset, « Mexico : les ambiguïtés d’une mégapole », in Les très grandes viles dans le monde, éditions du temps, 2000.
● Article de François Tomas, Villes d'Amérique latine : plus grandes que leurs problèmes ? Géocarrefour, Année 1999, Volume 74, Numéro 4 (Revue de Géographie de Lyon).
● Revue de Géographie de Lyon, « Mexico, regards sur la plus grande ville du monde », F.Thomas, n°1-1988.


  • Voir l’excellent travail, comme toujours, de nos collègues de l’académie de Paris (Samuel Coulon). Il s’agit d’une comparaison en 2° entre Londres et Mexico sous l’angle du développement durable. Problématique pour Mexico : quelles politiques d'aménagement pour un pays en voie de développement ?

http://www.ac-paris.fr/portail/jcms/p1_319563/londres-mexico-amenager-la-ville-geographie-2de


  • Voir aussi : Réponses publiques pour une gestion durable : des déchets ménagers et des eaux usées à Mexico, Vicente Ugalde, El Colegio de México.

http://crdp.ac-amiens.fr/edd2/docs/villes_et_dd/10_monsieur_ugalde_081216.pdf
● Film :

La zona, propriété privée / La zona / Rodriguo Plà Ecrit par Limess (sortie le 26/03/2008)
L'histoire:

Mexico. Trois adolescents des quartiers pauvres pénètrent dans l'enceinte de La Zona, une cité résidentielle aisée, entourée de murs et protégée par un service de sécurité privé. Ils s'introduisent dans l'une des maisons, mais le cambriolage tourne mal. Plutôt que de prévenir les autorités, les résidents décident de se faire justice eux-mêmes. Une chasse à l'homme sans pitié commence...


http://www.sceren.fr/hist-geo/dvdvilles/ameriques.htm#mexico


  • Manuels scolaires de géographie classe de Seconde.


● Iztapalapa, un quartier sur le volcan, reportage de www.lesite.tv

Mexico vit dans un provisoire qui s'éternise et les tentatives de décentralisation ne ralentissent pas le flux de paysans sans terre qui viennent chercher dans la capitale de nouvelles sources de revenus, tandis que les charges du district fédéral et des municipalités qui l'entourent augmentent dangereusement.
Ce numéro de "Villes en limite" décrit la naissance d'un bidonville, les difficultés d'installation, les petits métiers pour survivre mais aussi l'organisation spontanée, les solidarités et l'espoir que le lotissement soit officialisé comme le furent les "ciudad perdidas" tout autour de Mexico.

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