Etats-Unis/Economie/Crise





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Etats-Unis/Economie/Crise

Detroit : La fin d'un mythe américain déjà bien écorné



(MFI/23.07.2013) La ville de Detroit, aux Etats-Unis, berceau de l'industrie automobile américaine, a engagé ce 18 juillet une procédure de mise en faillite. L'annonce a été faite par Dave Bing, le maire de Detroit. Triste épilogue après soixante ans d'appauvrissement et d'exode.
Detroit est devenue ce 18 juillet la plus grande ville américaine à se déclarer en faillite. Avant elle, huit autres villes avaient engagé cette démarche. En tête : Jefferson, dans l'Alabama, qui affichait une dette de 4 milliards de dollars, cinq fois moins que celle de la ville de Detroit. La dette cumulée de Detroit était devenue insoutenable : 18,5 milliards de dollars. Dès le mois dernier, la municipalité avait prévenu qu'elle serait obligée de faire défaut sur une partie de cette somme. Une dette vertigineuse, construite - selon l'expert mandaté par le gouverneur du Michigan - sur des années de mauvaise gestion financière, d'exode de la population et donc aussi d'érosion fiscale.
Déclin économique et déchéance sociale
En soixante ans, Detroit a perdu la moitié de sa population, passant de près de 2 millions d'habitants à 700 000 aujourd'hui. L’exode a débuté dans les années 1950, et s'est accéléré dans la foulée des émeutes de juillet 1967, les plus sanglantes de l'histoire des Etats-Unis (43 morts, 467 blessés, plus de 2 000 bâtiments détruits). Une population divisée par deux, c'est autant de revenus en moins pour la municipalité. Dans le même temps, la population active s'est réduite à peau de chagrin. On compte deux retraités pour un actif. Le taux de chômage est de près de 19 %, soit deux fois plus que le taux national. Il y a 70 ans, les habitants de Detroit étaient de ceux qui avaient le meilleur niveau de vie des Etats-Unis.

Aujourd'hui, c'est son taux de criminalité qui est l'un des plus élevés du pays. La ville

se vide et ses services avec : hôtels, centres commerciaux, banques... On ne compte plus les fermetures. Dans certains quartiers, un quart des immeubles est laissé à l'abandon, ce qui est source d'insécurité, l'éclairage public n'est plus assuré partout. Il y a la vétusté des bâtiments et des services, des ambulances jamais remplacées : seul un tiers du parc ambulancier était en service au premier semestre 2013.

Motor City n'était pas un surnom usurpé. Detroit était le berceau des « BIG 3 », les trois grands, pour les trois grands constructeurs de voitures aux Etats-Unis : Ford, Chrystler et General Motors.
Une chance pour la ville
Les destins de l'industrie et de la ville sont intimement liés, et ce déclin est aussi un symbole du déclin de l'industrie américaine plus généralement. D'autant que Detroit ne s'est pas diversifiée. Elle aurait pu devenir un berceau de l'industrie musicale. C'est à Detroit, en effet, qu'est née en 1959 la Motown, la célèbre maison de disques de soul et de rythm and blues. Mais la maison a déménagé, comme les habitants finalement, au début des années 1970, pour aller s'installer à Los Angeles.

Entre les lignes, c'est ce que semblait dire ce jeudi le maire de Detroit, Dave Bing : « Nous avons pris la décision de déclarer la ville en faillite. L'une des choses que je souhaite dire à mes concitoyens, c'est que je ne voulais pas en arriver là, mais même si c'est très difficile à vivre, maintenant que nous en sommes là, il faut tirer le meilleur parti de la situation. C'est très dur pour nous tous, mais si ça peut arranger la vie de nos concitoyens, nous devons voir cela comme un nouveau départ. »

Un nouveau départ, une chance en effet dans la mesure où la ville, une fois déclarée en faillite, pourra renégocier sa dette et ne sera plus tenue de rembourser ses créanciers. Elle aura le temps d'assainir son économie et de repartir sur de bonnes bases, des bases financièrement saines. C’est d'ailleurs le sens des propos tenus ce vendredi par le gouverneur du Michigan. Rick Snyder voit là l'opportunité de mettre fin à soixante ans de déclin et de revenir avec une ville plus forte et meilleure. Il ne manque plus maintenant que le feu vert de la justice fédérale, seule à même de dire si Detroit peut, ou non, être placée sous le régime des faillites.
Clémence Denavit

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