S’affirmer comme une alternative à l’économie dominante





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Formation des dirigeants élus de l’E.S.S.

Date de réunion : 10 février 2010

DOCUMENT DE TRAVAIL




  1. L’objectif

Construction du plan d’action pour le cycle de modules départementaux 2010-2011-2012.

Il apparaît fondamental de poursuivre la logique d’action autour de thèmes fédérateurs et transversaux aux différentes familles de l’E.S.S. Il importe d’avoir une vision globale des grands enjeux auxquels elle est confrontée, et des défis qu’elle à relever et court et moyen terme pour identifier le thème des journées départementales avec leur articulation et leur complémentarité. C’est ce qui fera sens pour les acteurs et cela aidera aussi à asseoir notre communication.


  1. Qui est concerné ?

    • En amont les membres du Comité de pilotage et de la cellule d’ingénierie, les deux instances de travail mises en place dans le cadre du schéma régional de formation des dirigeants élus de l’E.S.S.

    • En aval, l’ensemble des réseaux de l’E.S.S.




  1. Les enjeux pour l’E.S.S.

  • S’affirmer comme une alternative à l’économie dominante

La crise économique, écologique et sociale fait apparaître l’urgence du changement… Nous sommes devant un défi majeur, celui de construire un mode de développement qui permette aux hommes et aux femmes de s’épanouir et qui préserve nos ressources et notre écosystème.
Dans la construction de cet « autre développement »  l’enjeu est de permettre aux habitants, sur chaque territoire de Bretagne, de prendre en charge leur devenir, de participer à construire des réponses aux questions qui les concernent1.
Positionner l’E.S..S comme une autre manière d’entreprendre et de concevoir l’économie

C’est avoir une vraie réflexion stratégique et prospective pour construire cet autre développement et positionner l’E.S.S. comme une alternative à l’économie capitalistique. Alternative étant prise comme une autre manière d’entreprendre, de concevoir l’économie ou la relation humaine et l’avenir de la planète.
La synthèse des RESA 2008 a bien mis en évidence que «  lorsque les acteurs de l’E.S.S. soulignent et dénoncent les excès du capitalisme financier érigé en objectif des modèles de développement économique, ils sont dans le vrai. Dans le vrai, lorsqu’ils affirment que ce n’est pas la multiplication du capital et de l’accroissement infini du profit financier qui doit être le moteur de l’économie, et ce au détriment de la production de biens et de services nécessaires à la satisfaction des besoins fondamentaux de la population.

Dans le vrai encore, lorsque les acteurs de l’E.S.S. se saisissent de sujets sociétaux pour essayer de leur apporter une réponse conforme aux valeurs et principes qui sous-tendent l’E.S.S. véritable mouvement social universel ».

« En se fondant sur les valeurs et les actions qu’elle induit, l’E.S.S. ne doit pas seulement tenter de réguler la société mais bien de participer à son changement ».

Oui, assurément l’E.S.S. doit de se saisir des questions sociétales, elle doit être une alternative au capitalisme. C’est bien cette utopie d’aujourd’hui qui doit devenir la réalité de demain.
Une action collective pour permettre l’avènement d’une gouvernance alternative

Le tout marché ou la marchandisation des sociétés humaines a, tout en augmentant de manière inouïe les richesses, généré des coûts sociaux et humains élevés. L’E.S.S. contribue à la contestation du libéralisme et à l’avènement d’une économie plurielle, en créant des espaces dans lesquels le marchand n’est pas la seule grammaire. En ouvrant des espaces propices à agir ensemble, les acteurs de l’E.S.S doivent réaffirmer leur volonté utopique et transformationnelle. L’action collective, initiée par le truchement de ces acteurs, dans les espaces territoriaux doit permettre l’avènement d’une gouvernance alternative.


  • Se situer par rapport à l’économie marchande et l’économie publique

L’objet des réflexions que doit avoir l’E.S.S. est de s’interroger sur ce qui perpétue ses principes structurants, lui préserve sa cohérence dans un contexte de mutation et lui permet de se présenter comme un espace autonome de projet sociétal et politique.
Une composante dynamique et innovante d’une économie plurielle

Face aux deux grandes polarités constituées par l’économie marchande et l’économie publique, l’E.S.S. se situe comme une composante dynamique et innovante d’une économie plurielle où ses formes d’intervention sont le relais indispensable pour trouver des réponses aux problèmes de notre société.
PP

ECONOMIE MARCHANDE ESS



Qui dit alternative dit « solutions de remplacement », appelle à une visée à long terme et des processus à affirmer.


L’E.S. S dans le marché

Puisqu’elle est présente dans tous les secteurs de la vie quotidienne, l’E.S.S. est dans le marché. Elle est soumise à une concurrence exacerbée des entreprises classiques, mais on constate aussi qu’au sein des familles de l’E.S.S. – sur des activités de même nature – celles-ci se mettent en concurrence et cela de plus en plus fréquemment.
Pour asseoir et faire reconnaître ce qui la distingue, elle doit s’appuyer sur ses valeurs fondamentales, mais aussi s’affirmer comme un espace autonome de projet sociétal et politique.
Les entreprises de l’E.S.S. ont aussi fait la preuve que les entreprises à but lucratif ne sont pas les seules ressources de la création de richesses et de l’innovation, mais également que les pouvoirs publics n’ont pas le monopole de l’exercice des formes de solidarité. Elles créent des espaces de réciprocités et proposent des leviers différents pour l’émancipation des personnes.
Au détour de leurs nombreuses initiatives, elles ont démontré qu’elles sont souvent plus performantes que les entreprises lucratives pour rassembler autour d’un projet entrepreneurial des ressources hybrides (marchandes ou non, monétaires ou bénévoles).
Une interpénétration évidente

Il s’agit des initiatives portées par des organisations ou des réseaux de l’E.S.S. qui bénéficient du mécénat de l’appui d’entreprises classiques.
Les SCIC, dont le statut permet d’associer autour de projets de développement local, des multiples acteurs (salariés, bénévoles, usagers, collectivités publiques, entreprises, ….) est une autre illustration.
Entre économie monétaire et non monétaire, différentes sphères s’entrecroisent et démontrent toute l’interpénétration qui existe entre elles.
Une dynamique de passerelles entre les acteurs de l’économie régionale

Pour rappel, l’étude du CESR « L’économie sociale et solidaire en Bretagne » (décembre 2006) mettait en avant, parmi les défis à relever, celui « d’articuler les enjeux économiques et sociaux en Bretagne ». Les auteurs insistaient sur « les passerelles qui apparaissent entre le principe d’unité de l’économie sociale et le principe de compétitivité de l’économie capitalistique ».
Pour encourager cette dynamique de passerelles et de recherche de synergies entre les acteurs de l’économie régionale, un certain nombre de préconisations ont été formulées, dont la recommandation de

    • Soutenir toutes les initiatives visant à susciter des coopérations, des mutualisations, des effets de synergies et de complémentarités entre les acteurs de l’E.S.S. et les autres acteurs de l’économie



  • Se faire connaître comme une véritable force de transformation sociale


Un rôle pionnier dans la recherche de solutions aux problèmes de société

L’économie sociale est jugée à la qualité des services qu’elle rend à la société. Sa proximité territoriale et son ancrage sociétal lui permettent d’être à l’écoute des besoins sociaux. A cet égard, elle joue un rôle pionnier, à la fois réparateur aux maux de la société et initiateur de solutions nouvelles.
Une nécessité de communiquer sur notre façon d’entreprendre et de faire de l’économie

L’économie sociale sera d’autant plus visible qu’elle sera perçue comme une force de transformation économique et sociale incontournable qui contribue à résoudre les problèmes auxquels notre société est confrontée, qu’il s’agisse du chômage et de la précarité, de la question de l’insertion et des inégalités, des problèmes d’environnement, de santé, d’habitat et d’évolution des modes de vie… Toutefois, pour donner consistance à ce projet, s’appuyant sur une utopie alternative et poursuivre les adaptations nécessaires (intensification de la concurrence, modification des rapports avec les PP, interrogations sur le système de valeurs), il faut communiquer sur cette façon d’entreprendre et de faire de l’économie, centrée sur la personne, qui n’offre pas de prise à la spéculation financière et portée par un projet collectif tourné vers l’intérêt général. Il faut démontrer les valeurs ajoutées de l’E.S.S.2
Sur la base de valeurs fondatrices de l’E.S.S., les acteurs ont construit progressivement une vision commune de leur action : importance de l’adhésion volontaire et de l’initiative de la société civile, l’utilité sociale, la non-lucrativité et l’attachement à la démocratie interne des organisations. L’engagement autour de ces valeurs doit toujours être renouvelé pour conserver ses vertus, mais c’est évidemment grâce à lui que les organisations de l’économie sociale sont en mesure de mettre en œuvre des logiques de production et de consommation différentes, au bénéfice de leurs membres et de l’ensemble de la société
Tout le travail engagé autour de la valorisation de l’utilité sociale participe de cette démarche.

La réflexion, engagée par plusieurs réseaux sur la place de l’usager dans la gouvernance, sera également déterminante en ce qu’elle montre que l’E.S.S. est en capacité de rendre chacun responsable de sa vision de la société et peut concourir à la recherche de solutions.

Les démarches de filières et secteurs d’activités (SAP, éco-construction, éco-habitat, circuits courts, etc… sont autant d’exemples qui montrent les synergies.

La mise en place des pôles de développement de l’E.S.S. concoure à cette dynamique d’ensemble (visibilité, appartenance, mutualisation, coopérations…).
Revendiquer d’être un mouvement de transformation sociale :

 C’est interroger en permanence :

    • Les mouvements et les dynamiques de la société,

    • Les modèles de pensées,

    • Les façons de vivre ensemble,

    • Les complémentarités dans l’E.S.S.

    • La manière de rendre plus saine les concurrences.

 C’est réfléchir à l’organisation d’alliances et complémentarités avec les pouvoirs publics et les autres acteurs économiques des territoires.
Mais un préalable indispensable, il faut organiser une unité, avoir une parole collective. Bref, parler d’une voie forte et unie. 


  1. Le choix d’une stratégie

  • La formation, un excellent outil

Les acteurs de l’E.S.S. disposent d’un certain nombre d’outils pour regrouper, mutualiser et coopérer. Les pôles de développement représentent un levier efficace. L’Observatoire régional de l’E.S.S. se donne également pour objectifs d’apporter une plus grande lisibilité du secteur, de renforcer la culture commune par la diffusion d’informations utiles aux actions d’adaptation, et d’être un support d’aide à la décision.

Pour sa part, la formation des dirigeants élus de l’E.S.S. est un excellent outil de mutualisation d’analyse et d’expérience pour mieux comprendre l’environnement, la réalité des problématiques en jeu et les situations locales. Le document de référence du schéma régional créé en avril 2007 valorise la logique horizontale parce ce qu’elle répond à une nécessité de transversalité « c’est dans un échange large entre les uns et les autres, porteurs de pratiques et de cultures différentes, que seront renforcées les capacités de chacun à répondre aux enjeux d’aujourd’hui et anticiper les défis de demain dans une vision partagée. ».


  1. Le choix de l’action

Le premier cycle est clos. Nous devons ouvrir les voies d’un nouveau cycle.

La proposition 

La question est de savoir quelles sont les modalités que l’économie sociale et solidaire doit mobiliser pour s’affirmer comme un acteur de transformation sociale.

Le cycle 1 a soulevé des questions existentielles, le cycle 2 pose la question du mode opératoire sur la base de l’hypothèse : ce qu’est l’ESS et ce qu’elle fait ne sont pas suffisamment connues ou mal connues et qu’elle a peine à s’affirmer.
Philippe Frémeux évoque « un secteur qui peine à s’affirmer comme une réelle alternative à l’économie dominante. Faute d’unité, faute d’apparaître comme un véritable mouvement de transformation sociale, faute aussi d’être à même de mobiliser – ou de vouloir le faire – ses adhérents, ses sociétaires ou ses associés3 ».

Il poursuit : « Et si nombre de personnalités de l’économie sociale affirment aujourd’hui la nécessité pour celle-ci de parler d’une voix forte et unie, elles peinent à se mettre d’accord dès qu’il s’agit de répondre à la question : pour dire quoi ? »

Cela peut apparaître dur, mais du coup ne faut-il pas s’y appuyer pour construire le projet de formation.

Ainsi, sur la base du constat suivant :


Du point de vue de la C.R.E.S et du C.C.B
Les journées départementales :

  • Sensibilisent, informent

  • Favorisent le débat et la confrontation

  • Produisent de la mutualisation et de la co-construction

  • Articulent débat et pratiques

  • Donnent des outils pour agir

  • Valorisent l’action par les témoignages d’expériences.


Voici ce qui se passe et qui permet de :


  • Du point de vue des participants
    Interroger, modifier, croiser les regards

  • prendre conscience

  • Se reconnaître de l’E.S.S.

  • Se positionner comme tel

  • Produire des outils

  • Inciter à améliorer les pratiques


Pour le cycle 2

Quels sont nos résultats attendus pour ces journées ?

  • Consolider l’appartenance

  • Que cela devienne un réflexe

  • Que cela fasse système

  • Que cela créé une synergie globale

  • Que cela fasse unité sur des enjeux transversaux

  • Que cela favorise la pair-émulation, l’essaimage


Quelle est sa valeur ajoutée spécifique ?

  1. Relever les défis par la preuve

  • On est dans l’E.S.S.

  • Les modes opératoires pour transformer la société

  1. Aider à la co-construction d’un positionnement

  • Stratégique

  • Politique

  • Opérationnel

En quoi les dispositifs et outils existants produisent de la transformation et quelle transformation ?










A partir de ce schéma, travailler sur la vision partagée
Pour être force de transformation sociale :

  • Il existe plusieurs ressources/outils disponibles

  • Les acteurs ont-ils connaissance ?

  • Ces ressources sont-elles utilisées, appropriées et mobilisées.

  • Comment ?

  • Avec qui ? dans quelle dynamique ?

  • Quelles adéquations et articulations avec d’autres logiques ?

  • Y-a-t-il un essaimage ?

  • Quels impacts ? Qu’est-ce que cela a produit ?



Objectifs

Face aux défis identifiés, en quoi les outils existants concourent à faire de l’E.S.S. une force de transformation sociale ?

L’idée sous-jacente, c’est la coopération, les connexions et articulations, ainsi que la veille et l’innovation.

  1. La mise en œuvre dans un projet à 3 ans

Un Thème général : « l’E.S.S. une force de transformation sociale et une alternative à l’économie capitaliste »

2010 en 3 jours :

  1. Le projet : en quoi il est alternatif. Quel projet on a face à la crise ? Quelle stratégie partagée ? Quels outils de communication on met en œuvre en interne et en externe (question à traiter en atelier) ?

  2. Le modèle économique spécifique (les modes de gestion). Comment ce projet alternatif se concrétise dans la gestion ? comment rendre opérationnel le projet.

  3. Les perspectives pour se développer, les champs innovants à investir. 

2011 – La stratégie de communication de l’E.S.S. pour s’affirmer comme une réelle alternative à l’économie dominante et pour apparaître comme un véritable mouvement de transformation sociale.

2012 – Quelle est l’implication des élus bénévoles dans ce projet alternatif. Il s’agit là d’interroger la relation salariés/bénévoles dans cette réponse alternative ?

Quel équilibre à trouver entre le rôle des dirigeant bénévoles et des dirigeants salariés. Quelles évolutions à envisager pour répondre à ces nouveaux enjeux ?


  1. L’opérationnalité

L’élaboration concrète des journées départementales est à faire.

    • Rédaction fiche action (contenu, pédagogie, choix intervenants…)

    • Calendrier

    • La communication en direction des réseaux

    • L’organisation matérielle (notamment le choix des sites)

    • Le dossier de financement au Conseil Régional



1 Document « Quel avenir pour la Bretagne ? 50 propositions des acteurs de l’E.S.S. (janvier 2010)

2 Réflexions issues des RESA 2008

3 Alternatives économiques n° 288 de février 2010 « L’économie cherche sa voix »

Formation des dirigeants élus de l’ES.S.S. - Document de travail pour réunion du 10/02/2010 Page


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