Bulletin hebdomadaire n° 1024 du lundi 28 février 2005





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Bulletin hebdomadaire n° 1024 du lundi 28 février 2005

SOMMAIRE



L'evenement - 1
Gaymard : où est le déshonneur ?

par Jean Etevenaux
L'evenement - 2
Salon de l’Agriculture : au risque du "non"

par Serge Plenier
Economie - 1
10% de chômeurs

par Augustin Frontenac
Economie - 2
Mettre en réseau les entreprises et les agricultures
du monde économique francophone

une interview exclusive de Steve Gentili,

président du Forum Francophone des Affaires,

Président de la BRED
Religion
Qu’est-ce qu’un Pape ?

par Gérard Leclerc
Magazine
Les chemins de la bd

par Gihé
Humeur
S’opposer, disent-ils

par Erwan Violin
Livres,

par Catherine Pauchet
D’un jour a l’autre

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Evenement - 1

par Jean Etevenaux

Gaymard : où est le déshonneur ?



“ Notre société a besoin de représentants démocratiquement désignés et, de ce fait, responsables, respectables et respectés. […] Sortons de l’ère du soupçon. Ainsi pourrons-nous reconstruire la “société de confiance“ qui nous fait défaut. Cela passe d’abord par une morale du comportement, par un refus de la société du spectacle et par un rejet de la frénésie politique qui broie les hommes de qualité. Oui, je crois à l’exemplarité du comportement. ” En écrivant ceci il y a six mois dans son essai La route des Chapieux. La politique et la vie (Fayard, Paris, 2004, 270 pages), Hervé Gaymard n’imaginait certainement pas que ces phrases pourraient être facilement retournées contre lui, devenu à son tour victime de cette “ société du spectacle ” qu’il récusait.
Ce qui s’est déroulé en à peine dix jours se trouve malheureusement révélateur des mœurs dans lesquelles le pays est tombé. Le ministre de l’Économie et des Finances a démissionné non pas pour une raison objective, mais à cause de la perception qu’on avait de lui. Certes, on peut estimer qu’un appartement de 600 m2 payé 14 000 euros par mois revient cher à l’État, c’est-à-dire au contribuable. Mais la famille Gaymard représente 10 personnes, son épouse occupant de surcroît un poste très élevé en tant que présidente de l’Agence française pour les investissements internationaux. De toute manière, le ministre n’avait pas choisi le lieu et tout s’est réalisé dans les règles en vigueur — on peut d’ailleurs s’étonner que Jean-Pierre Raffarin, cédant à l’immédiateté de la démagogie, les ait aussitôt modifiées.
Tout au plus pourrait-on dire, comme l’éditorialiste de Témoignage chrétien dans sa chronique du 24 février, que le ministre s’est comporté comme un “ honnête homme un peu distrait ”, c’est-à-dire qu’il n’a pas pris conscience du fait que ces chiffres pourraient éventuellement choquer — ou, comme l’a reconnu Clara Gaymard, qu’il aurait fallu “ poser des questions sur cet appartement ”. Il ne faut en effet jamais oublier que, en France, la propriété ou l’usage de la propriété sont pratiquement considérés comme des tares : mieux vaut aller s’établir à l’étranger et, ainsi, soustraire au fisc ses hauts revenus de sportif ou de chanteur… Par ailleurs, pour risquer une comparaison avec un élément des années Mitterrand que l’actualité du procès des écoutes téléphoniques de l’Élysée a fait ressortir, ce ne sont tout de même pas sa maîtresse et sa fille cachée que le ministre de l’Économie a logées dans des bâtiments de l’État ! Rappelons-le : il n’a commis aucune illégalité et ne s’est rendu coupable d’aucune faute.
Il faut donc parler d’honneur. Or, malgré toutes les insinuations, Hervé Gaymard n’y a pas failli. En revanche, on a constitué pour lui une sorte de ban d’infamie, comme cela existait il y a encore peu dans les régimes totalitaires : on exclut celui qu’on a décrété gênant pour une raison ou pour une autre. Le peu d’hommes politiques qui lui ont apporté leur soutien témoigne de cette crainte très révérencieuse devant une opinion modelée et amenée à penser ce qu’il faut par les grandes consciences qui règnent sur le public : combien ont eu tout simplement peur de ternir leur image à ses côtés, “ obsédés par leur existence médiatique ”, comme dirait Francis Mer (“Vous, les politiques“…, Albin Michel, Paris, 2005, 240 pages) ! Voilà une pression pas très démocratique…
En attendant, la situation personnelle de l’ancien ministre va exiger quelque temps pour qu’il remonte la pente. À 45 ans, il dispose certes encore d’un avenir devant lui. Son problème est celui de son image : bien qu’il ait été pour la première fois ministre il y a douze ans, il n’a pas encore construit le profil permettant de l’identifier et il est parti de Bercy trop tôt pour en avoir retiré un profil précis de grand argentier. De ce côté-là réside peut-être un avantage, celui de ne pas se trouver encore prisonnier d’un personnage ; il est donc impératif qu’il se définisse, ne serait-ce que pour éviter l’accolade réductrice du genre : “ le ministre aux 600 m2 ”. 
L’éphémère titulaire de l’Économie et des Finances va aussi devoir apprendre à se battre. Son profil de gendre idéal n’est plus suffisant et il ne pourra se contenter de ses sourires. Il ne faudra plus qu’il apparaisse sur la défensive, comme à Cent minutes pour convaincre le 17 février face à un Dominique Strauss-Kahn particulièrement teigneux ; il semblait alors n’avoir rien de concret sur quoi s’appuyer, réduit à concéder à son adversaire : “ Je suis d’accord, je suis d’accord ”. Il n’aurait en tout cas jamais dû lui permettre de donner autant de leçons de morale.
Dans son livre,  Hervé Gaymard se demandait aussi : “ La politique a-t-elle donc perdu le pouvoir de nous faire rêver ? ” Il est certain que, lorsqu’on voit la façon dont il a été débarqué du gouvernement, on ne peut que partager avec tristesse son interrogation.

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Evenement - 2

par Serge Plenier

Salon de l’Agriculture : au risque du "non"



En accusant les partisans du refus de la Constitution européenne de faire une "c…rie" et en affirmant que "l’Europe est une chance pour l’agriculture française, Jacques Chirac, lors de sa traditionnelle visite au Salon de l’Agriculture, a surtout manifesté son inquiétude devant la montée du "non" dans le monde rural.

Il est vrai que les relations des agriculteurs français avec l’Europe ne tiennent guère du grand amour. Depuis longtemps les institutions bruxelloises apparaissent au paysan français la source principale de la plupart de ses maux. Depuis bientôt quarante ans, chaque réforme de la Politique agricole commune a été l’occasion de nouvelles oppositions et, bien souvent, de nouveaux affrontements. Qu’il s’agisse de normes sanitaires, d’ouverture à la concurrence ou de subventions, les paysans ont régulièrement l’impression que Bruxelles s’obstine à légiférer contre leurs intérêts en les appauvrissant et en s’acharnant contre les traditions les plus respectables sous des prétextes imbéciles. Ces derniers temps, on a eu un exemple symbolique avec une directive interdisant la fabrication du fromage de Salers dans une cuve en bois (la fameuse et indispensable "gerle"), les cuves en métal étant désormais les seules autorisées.

Ces derniers temps, cette méfiance, pour ne pas dire cette hostilité, se sont encore amplifiées avec l’élargissement de l’Union Européenne qui risque de réduire encore plus les subventions nécessaires au maintien du revenu des agriculteurs. Et le libéralisme ambiant ne fait rien pour arranger les choses, sans parler de la perspective d’une Turquie en Europe. Le "non" des agriculteurs à l’Europe serait décidément bien excusable, et même explicable.

Sans doute, les agriculteurs savent aussi que l’Europe leur est nécessaire. Ils savent aussi que l’Union Européenne est un débouché vital pour leurs produits, et que seules les institutions européennes leur garantissent un cadre. Au Salon de l’Agriculture, cette année, ils auront pu découvrir leurs collègues des dix nouveaux pays européens. Ils auront pu aussi découvrir que ces nouveaux Européens partagent les mêmes inquiétudes que l’agriculteur français quant à l’avenir, qu’il s’agisse des subentions ou de l’entrée de la Turquie dans l’UE.

Un "non" des agriculteurs français à la Constitution européenne risque de peser lourd sur le résultat du référendum de mai. A ce point de vue, le Salon de l’Agriculture, qui se déroule en ce moment, pourrait fournir d’utiles éléments de réflexion.


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Economie - 1

par Augustin Frontenac

10% de chômeurs




C’est au plus fort de la polémique sur le logement du Ministre de l’économie, qui a conduit a sa démission, qu’a été publiée une statistique qui évoque de biens mauvais souvenirs. Le taux de chômage a atteint 10% de la population active en janvier dernier, soit 2 461 000 personnes.

Dans le détail des chiffres, la hausse depuis décembre est modeste (0,7%), il y a toujours un déséquilibre en défaveur des femmes (+0,8% contre +0,7% pour les hommes), et les jeunes s’en sortent mieux (-1% pour les moins de 25 ans). La France rejoint l’Allemagne et s’éloigne de la moyenne de la zone euro (8,9% en décembre 2004).

Cette publication fait suite à celle plus excitante des résultats exceptionnels des grandes entreprises et encourageante de la croissance (2,3% en 2004). La non concordance de ces chiffres finit par déstabiliser nombre d’économistes. Pourquoi, alors que l’on est en situation de croissance et que les entreprises vont mieux, le nombre de chômeurs ne diminue pas ?

Le plan de cohésion sociale mis en place par le gouvernement contient des mesures structurelles qui ne produiront leurs effets qu’a moyen et long terme. Le “ papy boom ” n’interviendra réellement qu’à partir de 2006. Les entreprises embaucheront massivement quand la confiance sera revenue.

La clé de l’amélioration de la situation de l’emploi en France est bien la confiance. Tant que les entreprises considéreront leur avenir comme incertain, elles limiteront leurs embauches. Les gouvernements, depuis plus de vingt ans, ont essayé a peu près tout ce qui était possible, de la réduction des charges aux aides à l’emploi, à droite, à la réduction du temps de travail et l’encadrement législatif du licenciement, à gauche. Il n’y a pas de solution miracle.

Une croissance forte et une confiance dans l’avenir, l’un étant lié à l’autre, sont les seules sources d’espoir pour le front de la lutte pour l’emploi. Le franchissement du seuil symbolique des 10% de chômeurs s’inscrit évidemment contre ces espoirs. L’arrivée d’un homme d’entreprise à la tête des finances françaises, Thierry Breton à Bercy, sera-t-elle source de confiance ? On ne peut que l’espérer.


Economie - 2

Interview de Steve Gentili

(propos recueillis par Serge Plenier)

Mettre en réseau les entreprises et les agricultures du monde économique francophone



Une interview exclusive de M. Steve Gentili, président du Forum Francophone des Affaires

(FFA), président de la BRED, à l'occasion du IXe FFA qui s'ouvre cette semaine à Ouagadougou.
En quoi peut-on parler d'une francophonie des affaires ?

Le mouvement francophone, qui a commencé comme un mouvement culturel et linguistique, puis qui est devenu un espace politique avec l’arrivée de Boutros Boutros-Ghali, bien avant que le concept économique ne fût lancé, représentait déjà 12 % de l’OMC. Et depuis bien longtemps, les entreprises de l’espace économique francophone travaillent ensemble sans qu’il y ait eu besoin d’un quelconque concept économique. On peut parler d’une francophonie économique parce que 12 % de l’OMC ce n’est pas rien, et ça représente sur les cinq continents des forces économiques très importantes.
Pouvez-vous, en quelques chiffres nous montrer la réalité de ce marché francophone ?

Il y a d’abord ce chiffre que je vous ai donné : la Francophonie économique, c’est 12 % de l’OMC, 2 pays au G7, 8 pays membres de l’OCDE. La Francophonie économique, par rapport à d’autres espaces linguistiques, tels que les lusophones ou les hispanophones ou le Commonwealth, n’a pas à rougir. La Francophonie économique, c’est-à-dire les pays francophones, représente le PNB de l’ensemble du Commonwealth.
Le Forum Francophone des Affaires tient son IXe congrès à Ouagadougou et abordera l'organisation du marché africain. Quel est le poids de l'espace francophone sur ce marché?

Le Forum Francophone des Affaires, qui est la seule organisation économique dépendant du sommet des chefs d’Etat francophones, organise chaque année des assises économiques. Les premières assises économiques en 2005, ont eu lieu au Burkina Faso, pays-hôte du sommet des chefs d’Etat francophones, en novembre 2004. Nous y attendons des centaines de chefs d’entreprise qui commercialisent déjà en Afrique, ou qui ont l’intention de s’ouvrir au marché africain. Nous ferons ensuite des assises économiques à Rabat, les 19 et 20 mars, jour de la Francophonie. Là, c’est le roi du Maroc et le Premier ministre marocain qui exposeront ,devant déjà 300 chefs d’entreprise inscrits, la réalité économique marocaine et les possibilités offertes aux investisseurs. Les troisièmes assises se tiendront à Paris, où nous avions réuni l’année dernière, pour la première fois, l’ensemble des ministres de l’Agriculture francophones, afin de pouvoir mettre en réseau aussi bien les entreprises de l’agroalimentaire que les agricultures des pays francophones, sachant, bien entendu que l’agriculture est, dans les pays du Sud, souvent la première activité économique.

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Religion

par Gérard Leclerc

Qu’est-ce qu’un Pape ?



La nouvelle hospitalisation du Saint-Père à l’hôpital Gemelli suscite un mouvement d’affection et de prière pour sa personne, mais relance aussi la controverse sur les facultés de Jean-Paul II à poursuivre sa mission. Certes, toutes les interrogations ne sont pas illégitimes. Elles se doivent, cependant, d’être relativisées. On n’insistera jamais assez sur le fait que l’Eglise catholique ne consiste pas d’abord dans une administration et que son chef ne saurait être apprécié d’après les critères communs de la direction d’entreprise ou même de la responsabilité politique. On pourrait résumer d’une formule l’essentiel de la question en disant que dans la papauté se transmet et subsiste le charisme de Pierre, tel qu’il apparaît déjà dans les évangiles. En vingt siècles d’histoire, celui-ci s’est incarné dans des formes historiques diverses, pour certaines disparues, mais selon un principe pérenne de continuité. En tous temps, l’universalité ecclésiale s’est reconnue dans l’Eglise de Rome, héritière de la primitive Eglise de Jérusalem.

Le propre de cette Eglise ne consiste pas dans son génie de l’organisation et du droit dont elle aurait hérité en prenant la suite de la Rome impériale. C’est en vertu du charisme de Pierre que toute Eglise particulière doit nécessairement s’accorder à elle, selon les paroles de saint Irénée de Lyon au deuxième siècle. Tout pourrait d’ailleurs se résumer à la parole de Jésus, rapportée par l’évangéliste Luc : “J’ai prié pour que ta foi ne défaille point, et toi, tu affermiras tes frères”. On a noté que cette déclaration fondatrice s’inscrivait dans un cadre eucharistique qui recouvre la totalité du temps de l’Eglise jusqu’à la Parousie. C’est ce qui permettait au cher Père Louis Bouyer d’affirmer que ce n’est jamais aux bureaux du Vatican qu’a été accordée la mission de “Mère et de chef de toutes les Eglises de la terre”. C’est bien plus significativement “à la cathédrale du Latran, où les papes, à travers les siècles ont préché l’Evangile à une société fidèle, baptisé, présidé à la prière commune et au banquet eucharistique”, qu’est dévolue la continuité du ministère pétrinien.

Ce n’est qu’à partir de ces données de la Tradition qu’il est possible de comprendre la façon dont Jean-Paul II assure aujourd’hui, avec tous les signes de la fragilité humaine, les handicaps de la maladie, les limites d’un corps affaibli, la charge de son ministère. Celle-ci peut même, en certaines circonstances, se concentrer dans une attitude oblative en relation avec la prière universelle de tous ceux qui sont plus que jamais avec lui en communion de foi et d’espérance. En cette période de carême, il est sans doute plus aisé de le comprendre, avec la méditation sur la Passion du Seigneur, qui implique l’entrée dans le silence, la suspension de toute activité seconde, dans le seul but de mieux s’associer aux souffrances de Celui qui ouvre les portes du Salut. 

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Magazine

par Gihé

Les chemins de la bd



Avec quelque 3 000 titres sortis en 2004 — dont, il est vrai, beaucoup de mangas japonais — la bande dessinée apparaît de plus en plus comme un monde dans lequel il est difficile de se reconnaître. Aussi, pour faciliter les chemins de la découverte, nous avons sélectionné deux bons ouvrages de référence et trois revues spécialisées.
Le premier est le plus ancien, puisqu’il s’agit de la quinzième édition, 2005-2006, la première étant sortie en 1979. Les Trésors de la bande dessinée. Catalogue encyclopédique sont plus connus par la première lettre de leurs trois auteurs, BDM, autrement dit Bera, Denni, Mellot (Éditions de l’Amateur, Paris, 2004, 1040 pages). D’abord argus — ce qui permet de constater que le Tintin le plus cher est coté à 8 000 euros —, il est devenu la mine indispensable permettant de différencier les éditions anciennes et de comprendre les transformations des magazines. On y découvre aussi les Voyages et aventures surprenantes de Robinson Crusoë, parus dans le pays de Vaud en 1805. De nombreuses études thématiques s’y révèlent fort utiles.
On retrouve deux des auteurs du BDM aux côtés de Claude Moliterni pour la deuxième édition du BD Guide 2005. Encyclopédie de la bande dessinée internationale (Omnibus, Paris, 2004, 1786 pages). Il s’agit d’un panorama historique et contemporain de la bande dessinée, avec l’immense avantage de présenter la plus grande partie des pays du monde. En quelque 4 000 articles, on fait le tour des dessinateurs et des scénaristes, sans oublier les grands héros et les séries ; diverses monographies — comme les adaptations cinématographiques — complètent heureusement le tout.
Trois revues publiées en France méritent d’être citées :

- AnimeLand, qui concerne l’animation et le manga, permettant notamment de découvrir la diversité de ce dernier et son ancrage dans la culture japonaise ;

- Bang !, qui vient juste de démarrer sous sa nouvelle formule associant Les Inrockuptibles et Casterman et dont le premier numéro est consacré aux mangas — ce que Casterman développe justement beaucoup ;

- BDMag, qui en est à sa cinquième livraison : d’excellente qualité graphique, il combine extraits de bd et articles, le plus souvent sous forme d’interviews, n’accordant qu’une toute petite place aux mangas.

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Humeur

par Erwan Violin


S’opposer, disent-ils



Ne pas voter un texte sur lequel on est d’accord tout en s’arrangeant pour le faire passer, c’est le plaisant exercice auquel se sont livrés les socialistes, sous les ors de l’hémicycle du Congrès, à Versailles, avec la Charte de l’Environnement.

Le problème était le suivant : le Parti socialiste pouvait-il se permettre de voter deux fois de suite un texte soumis à l’approbation du Parlement par Jacques Chirac, président de la République française, ou devait-il voter contre une charte, sans doute perfectible, mais qui constituait un vrai pas en avant pour la protection de l’environnement ? Fallait-il apparaître comme des supplétifs de la droite ou comme des ennemis de la cause environnementale ? Rarement, dans les annales de la Vème République, parlementaires de gauche s’étaient retrouvés devant un dilemme aussi cornélien.

Les socialistes ont donc choisi… de ne pas choisir. Leur attitude possède un petit arrière-goût politicien, mais du moins, ils auront réussi à prouver qu’ils étaient des opposants, des vrais, non mais sans blague !

Et dire qu’un vain peuple s’imagine que faire de la politique, c’est d’abord de savoir choisir !
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Livres

par Catherine Pauchet


L’Homme libéré



Cela commence par une diatribe contre le “ retour des piètres penseurs ” et le sectarisme de l’idéologie soixante-huitarde conduite par deux de ses hérauts, Bourdieu et Lacan. Une véritable exécution, un vrai régal pour le lecteur ! Car Joseph Macé-Scaron, directeur de la rédaction du “ Figaro Magazine ”, a la plume acerbe et l’argument décisif. Grand admirateur de Montaigne - il lui a consacré son précédent livre - il ne cache pas ses opinions : il est un homme de droite, mais un “ homme libéré ” (le titre de son nouvel ouvrage) des pesanteurs partisanes. C’est sa voie, son intimité qu’il cherche à construire, celle d’un individu autonome et moderne, ouvert aux autres, agissant au sein d’une fraternité, à mille lieues de l’individualisme et du communautarisme. De confession orthodoxe et pratiquant, Joseph Macé-Scaron nous invite à faire avec lui un bout de son chemin spirituel.

“ L’Homme libéré ”, Joseph Macé-Scaron, Plon, 210p., 18 euros.
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D’un jour à l’autre

France



Épilogue

L’affaire de l’appartement de fonction d’Hervé Gaymard s’est terminée par la démission de l’ancien ministre, un épilogue que le gouvernement voudrait vite oublier. En nommant Thierry Breton, jusque-là PDG de France-Télécom, au ministère de l’Economie et des Finances, le Premier Ministre fait le pari de l’efficacité et de la nouveauté.
Inquiétant chômage

Le taux de chômage a atteint la barre des 10% de la population active en janvier, soit le plus mauvais chiffre depuis cinq ans. Cette hausse tombe au plus mal pour le gouvernement qui doit faire face à une dégradation du climat social. La journée de grève et de manifestations du 10 mars prochain a valeur de test.
En route vers le referendum

Le compte à rebours devant nous mener au referendum sur la constitution européenne est lancé. Les parlementaires, députés et sénateurs, réunis à Versailles en Congrès ont procédé à la révision constitutionnelle permettant à notre loi fondamentale de se couler dans ce texte supra-national.
Franc parler

Jacques Chirac est connu pour son franc-parler : il l’a encore démontré tout récemment. Alors qu’il inaugurait le salon de l’agriculture, le président fut pris à partie par un agriculteur favorable au “ non ” à la constitution européenne. “ Si vous voulez vous tirer une balle dans le pied, faites-le mais ne venez pas protester après ” lui répliqua le chef de l’Etat. D’ajouter “ voter non est une connerie, je vous le dis ”. Au moins, c’est clair !
100,000 euros tout compris

Jean-Louis Borloo, ministre de la cohésion sociale, a pris le problème de la rénovation urbaine à bras le corps. Il souhaite démolir à tour de bras les barres d’immeubles dans les quartiers sensibles et les voir remplacées par des maisons individuelles. Afin de d’aider les familles aux revenus modestes à accéder à la propriété, le ministre étudie avec les collectivités locales et les institutions financières l’idée de la maison à 100.000 euros, tout compris.
Mineurs étrangers

Un projet de décret devrait permettre le versement de prestations familiales pour les enfants mineurs dont les parents sont des étrangers en situation régulière. Cette mesure devrait coûter près de 3 milliards d’euros aux Caisses d’allocations familiales dont les comptes (déficitaires) n’avaient pas besoin de cela.
Défense des consommateurs

Les consommateurs devraient voir leurs moyens d’actions renforcés en leurs donnant de nouveaux droits face aux pratiques abusives sur certains marchés, comme les banques ou les opérateurs de téléphonie mobile. Une avancée qui satisfait l’UFC-QUE CHOISIR, principale association en la matière.
Une date qui tombe mal

La Commission d’évaluation du Comité international Olympique vient à Paris le 10 mars pour se rendre compte, sur place, des atouts de notre capitale pour être la ville organisatrice des JO de 2012. Or, c’est justement la date retenue par l’ensemble des syndicats pour manifester contre la politique économique du gouvernement. Une belle pagaille en perspective et une drôle de façon de promouvoir Paris…
Petit décodeur

Le célèbre dictionnaire “ Le petit Robert ” s’enrichit d’un titre supplémentaire. On connaît le dictionnaire tout court, celui des synonymes ou des citations : voilà maintenant le petit décodeur, lexique destiné à traduire au grand public le langage de l’administration. Une initiative à la fois amusante et utile.


Monde




Le Premier ministre libanais démissionne

Omar Karamé, Premier ministre libanais a présenté sa démission. Cette démission est intervenue alors que le Parlement s’apprêtait à examiner une motion de censure présentée par l’opposition antisyrienne. Dans les rues de Beyrouth, plus de 60 000 personnes ont défilé contre la Syrie accusée d’être directement responsable de l’attentat qui a coûté la vie à l’ancien Premier ministre Rafic Hariri.

Attentat en Irak

Un attentat suicide a fait 114 morts et 133 blessés dans la ville de Hilla, située au sud de Bagdad. Une voiture piégée a explosé le matin au milieu de fonctionnaires qui s’apprêtaient à passer une visite médicale pour entrer dans la police. C’est l’attentat le plus meurtrier en Irak depuis un an.

Vatican : le pape réapparaît

Le pape a fait une apparition imprévue en bénissant la foule de sa fenêtre de la clinique Gemelli. Le Souverain Pontife, à la suite d’une rechute, a été hospitalisé une nouvelle fois et a subi une trachéotomie qui lui a retiré l’usage de la parole. Les derniers bulletins de santé parlent cependant d’ "une bonne condition générale".

De l’uranium russe pour l’Iran

La Russie s’est engagée à fournir de l’uranium à l’Iran dans le cadre du programme nucléaire civil de la république islamique. L’uranium utilisé sera ensuite renvoyé en Russie pour y être recyclé. La nouvelle de cet accord a provoqué de vives réactions de la part des Américains qui soupçonnent l’Iran de vouloir se doter de l’arme atomique.

Attentat à Tel-Aviv

Quatre personnes sont mortes dans un attentat devant une boîte de nuit, à Tel-Aviv.Cet attentat a été revendiqué par le Djihad islamique. Cependant Ariel Sharon, Premier ministre israélien et Mahmoud Abbas, président de l’Autorité palestinienne accusent le Hezbollah, lui-même manipulé par les Syriens.

Togo : Fauré Gnassinbgé jette l’éponge

Fauré Gnassinbgé, fils et successeur du dictateur Eyadema, a décidé de renoncer à la présidence du Togo où l’armée l’avait porté. Cette renonciation est le résultat d’une forte pression internationale. Fauré Gnassinbgé compte cependant se présenter lors des prochaines élections qui auront lieu dans quelques semaines.

Vers un statut définitif pour le Kosovo

Le Danois Soeren Jessen-Petersen, chef de la mission des Nations Unies au Kosovo a estimé que les discussions sur le futur statut de la province du Kosovo pourraient débuter dans la seconde moitié de l’année 2005. D’ores et déjà, deux


Sports



Football (1)

La 27e journée de Ligue 1 marquera-t-elle un tournant dans le championnat de France ? C'est probable, et Lyon, qui, de plus, a l'habitude de bien terminer ses saisons est le grand bénéficiaire du week-end achevé. Non seulement il l'emporte face au voisin de Saint-Etienne (2-1), mais ses rivaux immédiats sont battus, comme Monaco par Nice (2-1) ou, comme Marseille et Lille, concèdent le match nul respectivement devant Istres (1-1) et Rennes (0-0).
Football (2)

Le classement de la Ligue 1, au soir le 27e journée, met Lyon en position plus que favorable avec 56 points. Marseille, son suivant immédiat, n'en compte que 48, et Lille qui marque vraiment le pas, 47.Monaco, avec 44 points ne semble plus en mesure de pouvoir briguer le titre. En bas de tableau, Istres, que l'on donnait comme condamné il y a quelques semaines, n'a plus que 4 points de retard sur Caen le premier des non relégables.
Football (3)

Le fait de la semaine aura sans douté été, côté français, en Coupe de l'UEFA, la victoire de l'AJ Auxerre sur l'Ajax Amsterdam en match retour (3-1). A l'aller les Hollandais l'avaient emporté (1-0). Les Bourguignons sont donc qualifiés pour les huitièmes de finale où ils affronteront Lille qui s'est qualifié aux dépens de Bâle.

Rugby (1)

Tournoi des six nations. Il aura fallu la défaite des Français face au Pays de Galles (18-24) pour que les commentateurs fassent taire des critiques qui avaient accompagné les deux victoires précédentes, face à l'Ecosse puis face à l'Angleterre. De l'avis général, les Français ont fait preuve de grandes qualités (mobilité, rapidité dans le repositionnement, précision) face à des Gallois qui dominent largement ce tournoi.
Rugby (2)

Tournoi des six nations encore. Les Irlandais, comme les Gallois, ont gagné leurs trois premiers matchs et sont désormais les seuls à pouvoir rêver de Grand Chelem. Ils ont cette fois battu les Anglais (19-13) qui concèdent leur troisième défaite consécutive. On concédera toutefois un léger avantage aux Gallois, dans la mesure ou un Grand chelem irlandais suppose une victoire de l'équipe au trèfle sur la France.
Cyclisme

Cette fois, ça y est, la saison 2005 est lancée. Alessandro Petacchi (Fasa Bortolo) semble lui, bien lancé pour être le roi du sprint. Il a remporté trois étapes sur cinq du Tour de Valence et, pour faire bon poids, le Tour lui-même. Il avait en outre pris la 2e place de la 4e étape et la 3e place de la 3e étape. Difficile de faire mieux. Le seul Français à s'être distingué est G. Lequatre, Crédit Agricole (6e de la 1ère étape et 4e de la 2e étape).
Basketball

Décidément il est difficile d'établir une hiérarchie en PRO A. Le Mans qui semblait s'installer seul à la première place doit, au soir de la 22e journée, la partager avec l'ASVEL. Les Manceaux ont perdu face à Chalon (75-68) et l'équipe de Villeurbanne à battu les Varois de Hyères Toulon (83-76). Résultat : Le Mans et l'ASVEL comptent chacun 39 points et Chalon-sur-Saône, comme Strasbourg, 37.
Tennis

Federer encore et toujours. On voit mal, sauf accident, ce qui pourrait empêcher le Suisse Roger Federer de s'imposer totalement en 2005. Toujours est-il qu'il vient de remporter, au tournoi de Dubaï, sa troisième victoire de la saison qui débute. Il faut attendre la 28e place du classement ATP pour trouver le 1er Français : Sébastien Grosjean. A ce même tournoi, c'est la Russe Marie Shaporova qui l'emporte chez les dames.
Automobile

La saison 2005 de Formule 1 va démarrer le 6 mars 2005 avec le Grand Prix d'Australie disputé à Melbourne. Pas de grande surprise ou innovation à l'aube de cette saison et notamment chez Ferrari, on joue la continuité avec les inamovibles Michael Schumacher et Rubens Barrichello au volant. On attendra évidemment l'écurie Renault qui intègre Giancarlo Fisichella qui sera remplacé par Jacques Villeneuve chez Sauber. .

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Impression par nos soins – ISSN: 0789-2757

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