Calendrier Le travail des relecteurs revient entre 15 mars et 5 avril





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3. Les limites d’un transfert (uniquement) technique de la recherche aux MAE.




3.1 Mise en œuvre de la MAE jachère dans des exploitations qui la pratiquaient déjà.



Des enquêtes ont été conduites en 2012 dans les exploitations agricoles ayant souscrits des MAE (Beaugendre, 2012) afin de comprendre les motivations des agriculteurs pour la souscription de MAE et les changements de pratiques occasionnés suite à la signature des contrats. 42 exploitants ont été interrogés sur l’ensemble de la Guadeloupe : 9 de ces exploitants produisaient de la banane en culture principale. Sans pouvoir prétendre à un échantillon représentatif avec cet effectif, une diversité de situation est cependant observée car l’échantillon a été choisi de façon à représenter les différentes surfaces d’exploitations existantes en Guadeloupe.
Huit planteurs de banane sur neuf pratiquaient la jachère naturelle/vitroplants sur les exploitations avant la souscription d’un dossier MAE. Déjà nécessaire pour les exploitants ayant la certification GlobalGap32, la jachère permettait d’avoir de meilleurs rendements tout en diminuant les intrants. Le principal argument cité comme choix de souscription est l’intérêt agronomique. La souscription de la MAE a peu changé les pratiques de jachère dans les grandes exploitations où elle était déjà pratiquée selon le cahier des charges. En revanche, sur les plus petites exploitations, la période de jachère était écourtée à une durée de 6 mois alors qu’une durée minimale d’un an est nécessaire avec un contrat MAE. Les entretiens réalisés montrent également que les planteurs des plus grandes exploitations préfèrent la rotation canne-banane à la mise en jachère. Sur les 9 structures enquêtées, 6 planteurs déclarent que le principal changement est la diminution de l’application des nématicides (en particulier le produit Némathorin®). En plus de l’allongement de la durée de jachère déjà citée, la destruction des plantes hôtes de nématodes est aussi mentionnée dans les changements de pratiques annoncés par les planteurs de banane ayant souscrits la « MAE jachère naturelle/vitroplants ».

3.2 Une MAE qui encourage l’application d’herbicides, exclut l’association agriculture-élevage et les plus petites exploitations



La connaissance des pratiques dans les exploitations agricoles, des référentiels techniques vulgarisés et des mécanismes de construction des instruments de politiques agri-environnementales en Guadeloupe interroge cependant sur la pertinence de l’innovation proposée pour l’ensemble des producteurs de banane.
En effet, comme nous l’avons vu, les premières MAE ont été conçues pour de la bananeraie pérenne d’altitude, d’après les recommandations des chercheurs, mais ces critères ont été assouplis dans la définition du cahier des charges de la mesure. A partir de 2007, la mesure jachère naturelle/vitroplants prend le relais. Avec ce changement de mesure, on passe de la rémunération pour le maintien de pratiques respectueuses de l’environnement pour la bananeraie d’altitude à la rémunération de pratiques alternatives permettant de diminuer les traitements. Deux éléments semblent expliquer ce changement de la MAE principale en production bananière. Du point de vue de la technique agronomique d’une part, la maîtrise du parasitisme reste difficile avec la bananeraie pérenne qui n’est pas replantée. Par ailleurs, cette mesure qui concerne les zones d’altitude est mal adaptée aux zones de plaines mécanisables. Les grandes exploitations bananière possédant des terres dans les zones mécanisables ont alors demandé à la recherche d’élaborer un cahier des charges d’une mesure intégrant la jachère. C’est pour partie en réponse à cette demande que l’ITK recommandé a été construit puis diffusé auprès de tous les planteurs. Le soutien financier apporté par les MAE est venu alors renforcer le processus de diffusion de cette technique dans l’ensemble des exploitations agricoles bananières.
Pourtant les contraintes des grandes sociétés qui produisent de la banane et des plus petites exploitations agricoles ne sont pas les mêmes. Cela est particulièrement vrai pour ce qui concerne l’utilisation des jachères par le pâturage, ce que ne permet pas le cahier des charges qui préconise l’usage d’herbicides sur la jachère. La recherche s’est alors impliquée dans la conception des ITK avec couvert végétal pour les jachères (jachère semée présentée précédemment). Cependant, les ITK conçus en station de recherche restent difficiles à mettre en œuvre dans les exploitations agricoles : les MAE correspondantes sont ainsi très peu souscrites. Pourtant, l’observation et la compréhension des pratiques de jachère dans les exploitations bananières qui associent la production bananière et l’élevage auraient pu inspirer des cahiers des charges différents et des mesures mieux adaptées aux caractéristiques et besoins d’une partie des exploitations.
Si une marge de manœuvre pour la définition locale d’un cahier des charges existe bien pour la définition des MAE en Guadeloupe, nous pouvons noter que les asymétries de pouvoir entre différents types d’exploitation n’ont pas permis l’expression de la diversité d’itinéraires techniques qui conviennent à la diversité des structures de production. De nombreux planteurs enquêtés soulignent le fait que le groupement de producteurs de banane en Guadeloupe (Les Producteurs de Guadeloupe, issu de la fusion de Karubana et Banagua) est chargé de la centralisation de la production et de la gestion des comptes de vente des planteurs et dirigé par les « gros planteurs » souvent en connivence avec certains fournisseurs ou maison d’exportation (Duféal, 2011 ; Govindin, 2001).
Les modalités de destruction de la bananeraie et d’élimination des repousses sur la jachère dans la MAE jachère naturelle/vitroplants ne sont pas précisées, mais la destruction chimique n’est pas interdite. En revanche, dans la partie relative à la plantation des vitroplants dans la mesure de jachère semée/vitropants (PHYTO2), un désherbage chimique est mentionné. Le manuel du planteur de banane de Guadeloupe est également clair à ce sujet : il est recommandé de planter les vitroplants sur litière de résidus végétaux détruits à l’herbicide. La destruction de l’ancienne bananeraie est réalisée par injection de glyphosate dans chacun des bananiers de la parcelle et l’herbicide est ensuite utilisé pour « détruire systématiquement toute repousse de bananier et contrôler le développement des herbes sur la parcelle ».
L’utilisation recommandée d’herbicides interroge ainsi l’expression « jachère naturelle » utilisée dans les MAE et sur la formulation dans les objectifs de ces mesures dans le PDR Guadeloupe : « Ayant de toute évidence une action favorable sur l’eau, cet engagement favorise par ailleurs le développement de la faune et de la flore utile et contribue donc au maintien de la biodiversité en zone de cultures ». Il est ainsi précisé dans le Manuel du planteur de banane de Guadeloupe que le glyphosate est « peu nocif pour la faune, les animaux et l’homme et il ne semble pas s’accumuler dans l’environnement ».
Pourtant, les mouvements d’associations de protection de l’environnement ou de défense des consommateurs qui dénoncent les pollutions au glyphosate sont nombreux et anciens. Les études commanditées par les industriels, notamment Monsanto, et les travaux de laboratoires universitaires présentent des différences de conclusions qui sont parfois considérables. Une recherche sur le WOS et Scopus montre que de nombreuses publications scientifiques existent sur la question des résistances au glyphosate et les risques sur la faune, la flore et la santé humaine de cette molécule. Ces références se multiplient ces dernières années, mais sont relativement anciennes. Les résultats sont souvent contradictoires, affirmant l’absence de risque pour la santé humaine (Williams et al., 2000) ou de manière plus récente les effets sur les cellules humaines (Gasnier et al., 2009). L’absence de toxicité sur la faune est rapportée (Mann et al., 1999), ainsi que la toxicité, dans certaines conditions (Howe et al., 2004).
Si la crise du chlordécone a accru la demande sociétale de réduction des pesticides notamment sur les nématicides33, nos résultats montrent cependant un effet « partiel » de substitution entre les nématicides et les herbicides. Cet effet de substitution interroge en termes d’impacts environnementaux. Après la crise du chlordécone et les moyens alloués face à ce problème (plan chlordécone), un plan banane durable (2008-2013) a été défini avec comme objectif principal de réduire l’usage de pesticides. La prochaine programmation (2008-2020) intègre dans ses objectifs prioritaires la réduction de l’usage de désherbants. Elle poursuit en réalité une gouvernance du processus d’innovation par une partie de la profession.
L’usage d’herbicides exclut de fait l’association agriculture-élevage. Or des producteurs de banane pratiquent pourtant une jachère pâturée, soit pour leurs propres animaux soit suite à un arrangement avec des éleveurs. Ils rencontrent des difficultés techniques (comme la question de la charge en pâturage permettant de contenir la repousse de la végétation, la question des passages et respects des propriétés, etc.) auxquelles ni la recherche ni les structures d’encadrement agricole ne répondent pour l’instant.
L’analyse des freins aux pratiques de jachère montre l’importance du manque de surfaces agricoles utiles et de surfaces agricoles utiles mécanisables. Le manque à gagner pendant la période de jachère et le coût d’entretien de la jachère sont insupportables pour ceux qui n’ont pas suffisamment de revenu et de trésorerie pendant la période de transition (Bonin & Cattan, 2006).
Ainsi, la MAE jachère naturelle/vitroplants exclut l’association agriculture-élevage et les plus petites exploitations, alors que des pratiques d’agro-écologie pouvant être soutenues par des MAE pouvaient être recherchées. Les pratiques qui associent rotations culturales et vitroplants que nous avons observées présentent un intérêt économique et environnemental, mais aussi social car elles assurent une amélioration du revenu d’exploitations souvent de petite taille. Cependant, la « découverte » de la pollution des sols anciennement cultivés en banane et la contamination des produits agricoles cultivés sur ces parcelles (en particulier les tubercules) constituent un frein important à la mise en place de la diversification en zone bananière.

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