Calendrier Le travail des relecteurs revient entre 15 mars et 5 avril





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Figure 1. Surfaces de protéagineux dans l’Union Européenne (UE à 12 puis à 15 jusqu'en 2003, à 25 jusqu'en 2006 puis à 27) et principales réformes de la PAC.



Figure 2 : Surfaces de protéagineux et oléagineux en France (source UNIP-ONIDOL).
1.2. Colza : un essor marqué par les réglementations PAC, mais un développement tiré par une industrie spécialisée
Au niveau européen, les superficies en oléagineux de l’EU-15 progressent rapidement de moins d’un million d’hectares en 1970 à un peu moins de 6 millions en 1990. La France et l’Allemagne sont les pays producteurs majeurs sur les oléagineux, avec une influence sur les pays limitrophes de l’Allemagne, Pologne et Tchéquie notamment. Sur la période 1992-2000 on observe une substitution du tournesol par le colza, mais avec des différences importantes entre pays : les surfaces en tournesol dans des pays à faible rendement (Espagne) ont diminué alors que celles en colza dans les pays à plus fort rendement (Allemagne, France) ont progressé. Les surfaces de colza en Allemagne sont passées de 1 million d’ha 1992 à 1.2 millions d’ha en 1999, alors que dans le même temps les surfaces en tournesol en Espagne baissaient de 1,45 millions d’ha à 850 000 ha. En 2009, les surfaces de l’EU-27 en oléagineux étaient de 10,95 millions ha dont 6,5 millions ha en colza et 3,9 millions ha pour le tournesol. Elles sont passées en 2012 à 11,40 millions ha dont 6,27 millions ha pour le colza, 4,25 millions ha pour le tournesol et 400 000 ha pour le soja.

En France, les surfaces emblavées en oléagineux ont plus que quintuplé entre 1973 et 1990, atteignant presque 2 millions d’hectares. La réforme de la PAC de 1992 engendre une baisse des surfaces rapidement annulée par une reprise soutenue de l’augmentation de la sole du colza. Ensuite, malgré le caractère radical de la réforme de l’ « Agenda 2000 », on ne constate pas d’impacts sur les oléagineux qui gardent leur compétitivité par rapport aux céréales.

En effet, le colza représentait 700 000 ha en 1992, mais suite à la réforme de 1992 (Encadré 1), les surfaces commencent à baisser puis repartent rapidement à la hausse et de façon soutenue, alors que les surfaces de tournesol s’érodent doucement depuis 1995 malgré un récent sursaut depuis 2009 (723 000 ha en 2009) et que le lin oléagineux se maintient autour de 10 000 ha depuis 2009 (Figure 2). Depuis 2004, les oléagineux français se maintiennent entre 2.1 et 2.3 millions d’hectares, avec 1,6 millions d’hectares de colza et 682 000 ha pour le tournesol en 2012.


  1. La jachère réglementaire comme point d’ancrage du décollage des oléagineux

Historiquement, on constate que la mise en place d’une « jachère » réglementaire, rendue obligatoire par la réforme de la PAC de 1992 a été le point d’origine d’une expansion des oléagineux. Par cette réforme, les agriculteurs doivent mettre en jachère une partie de leurs terres pour avoir droit aux aides sur les surfaces « COP » (céréales, oléagineux et protéagineux): on parle de « jachère aidée» ou « jachère institutionnelle » qui est en fait un « gel des terres ». Les surfaces ainsi gelées donnent droit à une aide à l’hectare et peuvent recevoir des cultures destinées exclusivement à des fins non alimentaires : on parle de « jachère industrielle » ou « jachère non alimentaire ». Le colza cultivé pour produire le biocarburant « bio-diesel » se développe et une filière spécialisée se met en place, avec un parc industriel détenu en partie par les producteurs eux-mêmes.


  1. Une industrie spécialisée

Malgré le caractère radical de la réforme de 2000 (encadré 1), l’essentiel des acquis de la réforme Mac Sharry est préservé.Les réformes PAC ne sont donc pas directement responsables de la profitabilité des oléagineux sur cette période. Cette profitabilité est par ailleurs favorisée pour le colza et détériorée pour le tournesol, en lien à des contingences techniques et des choix de filière. D’autant que les mesures Agenda 2000 maintiennent des différences institutionnelles notables entre les régimes d’aides aux oléagineux et aux céréales (contrairement à la tendance ébauchée par la réforme de 1992). En revanche, le découplage des aides a rendu caduque la Superficie Maximum Garantie (qui faisait obstacle à l’extension des superficies cultivées en oléagineux), rendant possible le développement sur la sole cultivée des cultures d’oléagineux à destination non-alimentaire, jusqu’alors confinées à la jachère indemnisée. Surtout, le secteur des oléagineux garde sa compétitivité par rapport aux céréales en bénéficiant de la consolidation de la filière industrielle (ADE 2001), grâce à une politique de défiscalisation incitative à l’incorporation de biocarburants. En effet, l’approvisionnement des industries de transformation a pu être satisfaisant car les prix du colza ont été tirés par la demande de cette nouvelle filière : pendant cette période 2000-2003, ils ont augmenté de près de 30 %, alors que ceux des céréales, des protéagineux et du soja restaient globalement stables.

Au total, malgré l’accord de Blair House21 qui impose une contrainte pour augmenter des surfaces de colza sur les « jachères », l’amélioration des prix et des rendements a permis l’augmentation du colza dans les assolements.
Derrière les tendances nationales, de grandes divergences sont cependant constatées au niveau local. Car les aides directes aux cultures oléagineuses sont établies sur la base d’un rendement de référence avec deux valeurs pour le nord et le sud de la France. Cela incite à la concentration des surfaces dans les zones les plus propices et le zonage en seulement deux parties soit renforce soit exclue la culture de colza, selon le positionnement de la zone de production par rapport au rendement de référence. Cependant la sécurité des prix est maintenue, même si elle est moindre. Les impacts agronomiques de ces décisions sont donc très contrastés selon les régions en fonction des contextes pédoclimatiques et des organisations de filières locales (voir 4.2).
c. Un renforcement de la filière par l’incorporation obligatoire : impact positif de la réglementaion…

Depuis 2005, le colza bénéficie d’une garantie de débouchés de par la décision gouvernementale d’atteindre un niveau d’incorporation des biocarburants de 7% . Le développement des biocarburants a donc dynamisé le marché du colza, renforçant des incitations précédentes via notamment la contractualisation des colzas industriels.

De plus, même lorsque la jachère obligatoire est supprimée en 2008 dans l’Union européenne, les agriculteurs pouvant continuer à mettre en jachère volontaire 10 % de leur surface pour des fins environnementales (et le colza est éligible). Ainsi, la filière des biocarburants est suffisamment solide pour assurer sa pérennité via la contractualisation.
Au total, grâce aux surfaces fortes et en augmentation, la France produit ainsi un volume croissant de graines d’oléagineux, atteignant les 7,3 millions de tonnes de graines et les 2,2 millions de tonnes d’huile en 2011. Plus de 70 % de l’huile des colzas produits en France serait aujourd’hui utilisée pour la production de biocarburants.

2. Conséquences des choix politiques sur les pratiques agronomiques
2.1. Un renforcement de la simplification des rotations

La diminution des protéagineux et la substitution du pois par le colza dans les systèmes céréaliers sont concomitantes de la diminution de la durée des rotations et de la simplification des systèmes de cultures, elles-mêmes opérées lors de l’expansion et de l’intensification des zones de productions végétales.


  1. Spécialisation des territoires et augmentation des surfaces de grandes cultures avec les réformes de la PAC


Depuis les années 1950 et surtout 1970, la mutation profonde de l’agriculture française, encadrée et pilotée par la politique agricole européenne et les impératifs des marchés, est marquée par des évolutions agronomiques et techniques sans précédent. Lors de cette modernisation, les dynamiques spatiales ont engendré une homogénéisation des systèmes de production et une spécialisation des bassins de production et des exploitations agricoles soit pour l’élevage, soit pour les céréales, avec en parallèle une expansion des surfaces en céréales (et oléagineux) (Schott 2010, Mignolet 2012).
Dussol et al. (2003) montrent que la PAC et ses réformes ont fortement favorisé les grandes cultures céréalières et oléagineuses (et la jachère) presque partout en France, que ce soit en zones historiques des grandes cultures comme le Bassin parisien, ou dans les régions d’élevage laitier de l’est et de l’ouest de la France, dans les zones de polyculture-élevage du Sud-Ouest et dans les départements de cultures spécialisées. Elles ne se développent pas seulement là où elles sont en compétition avec des cultures spécialisées dominantes à forte valeur ajoutée (départements très spécialisés en fruits et légumes, fleurs et viticulture) et là où leur développement paraît techniquement le moins favorable (départements d’élevages laitiers et d’embouche du Massif Central et des départements d’élevage mixte bovins-ovins-caprins, où la part des surfaces toujours en herbe reste stable ou augmente). Au total, les surfaces toujours en herbe diminuent alors que l’intensification fourragère se poursuit : de 30 % des surfaces fourragères principales en 1979 et 1988, la part des cultures fourragères (maïs-ensilage inclus) passe à 36% en 2000. Pour ces auteurs, force est de constater que globalement :

  • la réforme de 1992, contrairement à son ambition de maîtrise des excédents de cultures primées et de soutien aux systèmes herbagers extensifs, n’a fait qu’atténuer et non modifier le cours antérieur de l’évolution ;

  • la PAC a d’abord été un instrument de pilotage des marchés, plutôt qu’un instrument d’aménagement du territoire qui aurait pu…PRECISER sinon on reste sur « notre faim » !


Ainsi paradoxalement, alors que les surfaces herbagères et les emblavements en protéagineux se réduisent, les besoins en sources de protéines pour l’alimentation animale augmentent.


  1. Un nombre de plus en plus limité de cultures dans les successions culturales

Au cours des 40 dernières années, la spécialisation des exploitations agricoles et des territoires autour d’un nombre restreint de productions a modifié les assolements. Ils se sont centrés autour d’un nombre limité de cultures et les successions culturales se sont simplifiées et raccourcies. L’usage d’engrais de synthèse et de produits agrochimiques comme les pesticides est le pivot du développement de ces nouveaux systèmes de production végétale spécialisés (Meynard 2010 ; Vanloqueren 2009).

Ainsi, au sein des grandes cultures, on constate la prédominance en surfaces (et en volumes) de trois principales grandes cultures : céréales à paille, maïs grain et colza (Schott 2010, Mignolet 2012) (Figure 3). Ceci est confirmé par une étude récente (Fuzeau 2012). La France se caractérise aujourd’hui par une sole cultivée dominée par les céréales (59 %), maïs compris, et les prairies temporaires (19 %). Les spécialisations régionales accentuent nettement ce phénomène. Le même constat fait au niveau des territoires est applicable à l’échelle des exploitations agricoles : plus de la moitié d’entre elles possèdent un assolement constitué de moins de quatre cultures différentes. De plus, les exploitations présentant au moins quatre cultures sont largement dominées par deux ou trois cultures : seulement 2-3 séquences de cultures suffisent à expliquer plus de la moitié de la sole cultivée de certaines régions sur la période 2006-2009. La rotation blé tendre / orge / colza et le maïs en monoculture dominent largement.
Le cas d’étude du Bassin de Seine illustre bien cette simplification des cultures et la disparition du pois entre le début des années 90 et le début des années 2000 (Figures 3 et 4).


Figure 3 : Evolution de la proportion de triplets de cultures majoritaires dans les terres labourables du bassin de la Seine entre les périodes 1992-95 et 2006-2009 (Source enquêtes Teruti) – Figure de Mignolet 2012.
Blé-blé-blé

Colza-blé-orge

Colza-blé-blé

Pois-blé-betterave

legende


Figure 4 : Simplification des successions du Bassin de la Seine – Figure de Mignolet 2012.
Alors que la région Centre était une région historiquement fortement productrice de pois, elle est aujourd’hui une des zones de production céréalières à haut rendement et à fort niveau d’intrants., L’observation des systèmes effectuée dans le cadre des réseaux INOSYS souligne aussi que les légumineuses n’ont pas disparu des rotations et donc des assolements, mais que leur place s’est réduite notamment en lien avec leur compétitivité comparée aux autres cultures (Projet régional Centre - Supplément Nouvelles Brèves N° 183 Décembre 2012) : Figure 5.



Figure 5: Part de l’assolement cumulé en colza-blé-orge (du rouge foncé au crème clair : Plus de 80 % ; 70-80 % ; 60-70 % ; Moins de 60 %). Source : DRAAF-SRISE (2010)

+ fig assolement pois région centre seulement ? voir avec Catherine M

Localement, la régression du pois n’est pas toujours corrélée à l’augmentation du colza et une étude plus fine des évolutions d’assolement et de pratiques au sein des territoires (petites régions agricoles ou bassins de collecte) serait nécessaire pour mieux comprendre les facteurs explicatifs des évolutions respectives et des impacts spécifiques dans les pratiques agronomiques.

  1. Les problèmes agronomiques et écologiques qui en découlent

En termes agronomiques, une conséquence de cette simplification des successions culturales, au cours des dernières années, est la multiplication dans certaines régions des situations d’impasses techniques liées aux résistances aux herbicides (comme le ray-grass résistant aux FOPS (Aryloxyphénoxy-propionates) et Sulfonylurées) ou à l’épuisement des sols (baisse de productivité due notamment à la réduction de la teneur en matière organique et de l’activité microbienne).

Pour le contrôle de l’enherbement, la diversification de la rotation est en effet un levier préventif important surtout s’il y a peu d’autres moyens de lutte agronomique qui sont mis en œuvre, comme le travail du sol ou le décalage de la date de semis des céréales (étude Ecophyto R&D de l’INRA : Butault 2010).
Prenons un exemple : dans le cas du Barrois où la succession Colza-Blé-Orge couvre pratiquement 65 % de la SAU, les impasses techniques liées au désherbage constituent un problème majeur rencontré par les exploitants en grandes cultures (Arvalis 2012, Brousse 2012). Les agriculteurs font face à des problèmes croissants de maîtrise des adventices, malgré des coûts élevés de protection chimique des cultures, qui affectent leur rendement. On estime une diminution des rendements de l’ordre de 20% est envisagée si rien ne change. Ils ont aujourd’hui peu de solutions pour remédier à ce problème mais et sont pousser à en trouver pour rester rentables et diminuer leur utilisation de produits phytosanitaires pour respecter les objectifs d’Ecophyto 2018. L’introduction de pois dans cette région est alors envisagée par les agriculteurs et les conseillers pour mieux gérer l’enherbement par un décalage de la date de semis (printemps ou fin automne, pour le pois d’hiver) par rapport aux levées habituelles des adventices.
En plus des problèmes agronomiques économiques et réglementaires, la simplification des assolements pose également divers problèmes écologiques : uniformisation des paysages entraînant une perte de biodiversité, aggravation de la contamination des ressources en eau par le nitrate et les pesticides, etc.. Ces problèmes sont aujourd’hui à la base de réflexions visant à re-diversifier les cultures et à allonger les rotations culturales (Meynard et al. 2013). Cette re-diversification des cultures dans l’agriculture française doit s’organiser dans l’espace et dans le temps, sur la base de l’assolement et de la rotation des cultures (Fuzeau 2012).
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