Question : de qui et de quoi s’agit-il ? Sont-ils vraiment différents les uns des autres ? Jouent-ils un rôle déstabilisant?





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date de publication08.02.2017
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LES NOUVEAUX ACTEURS DE LA FINANCE

La crise actuelle a projeté sur le devant de la scène des acteurs mal connus, car peu transparents: les hedgefunds, les fonds de private equity, les fonds souverains, les SPV et les SIV qui s’appuient sur la prolifération de nouveaux titres aux définitions incertaines : ABS ABCP, CDO, MBS, etc…

Question : de qui et de quoi s’agit-il ? Sont-ils vraiment différents les uns des autres ? Jouent-ils un rôle déstabilisant?
LA NOUVELLE GÉNÉRATION DE FONDS D’INVESTISSEMENT

Par rapport aux OPCVM, les nouveaux fonds d’investissement sont plus complexes et souvent plus risqués. Apparus pour la première fois dans l’immédiat après-guerre, ils se sont développés discrètement au cours des années 1970.


  1. Les hedge funds


Définition : Les hedge funds, en français fonds alternatifs ou fonds spéculatifs, sont des fonds d’investissement privés qui ne sont ouverts qu’aux seuls investisseurs avertis, sont de ce fait peu ou pas régulés et n’ont notamment pas d’obligations de valorisation ou de liquidité contraignantes.
Objectif : Les hedge funds se distinguent des OPCVM par leur stratégie, qui vise à décorréler leurs performances de l’évolution de la Bourse grâce à des stratégies complexes d’investissement et d’arbitrage recourant à toute la palette des options et produits structurés qui permettent de se couvrir contre les aléas du marché. Ils cherchent à « surperformer » le marché.
Typologie :

Les hedge funds sont des groupes d’investissement privés. Ils sont en règle générale offshore afin d’échapper aux contraintes fiscales et réglementaires. Les dirigeants sont payés en fonction de leurs performances. Au sein de cet ensemble relativement hétérogène, huit principales catégories de hedge fends peuvent être distinguées (FMI, 1998)

— les macro funds prennent sur les marchés domestiques des positions non couvertes, en fonction des conditions macroéconomiques et financières. Des indicateurs leur permettent de détecter les facteurs de fragilité des économies justifiant des revirements dans les sentiments du marché balance courante, taux d’inflation, taux de change réel

— les global funds effectuent des placements à risque à l’échelle mondiale. Ils comprennent les fonds spécialisés dans les marchés émergents ou dan,s d’autres régions du monde. Ils prennent des positions sur les marches boursiers non pas en fonction d’indicateurs macroéconomiques mais selon des informations relatives aux entreprises

— les fonds uniquement longs qui sont des fonds en actions structurés comme des hedge funds en raison de l’utilisation de l’effet de levier;

les fonds « neutres » qui réduisent te risque de marché en prenant simultanément des positions courtes et longues qui se compensent;

— les fonds sectoriels spécialisés par exemple dans l’énergie ou l’alimentation;

— les fonds spécialisés dans les ventes courtes qui empruntent des titres qu’ils jugent surévalués auprès de courtiers et les vendent sur le marché dans l’espoir de les racheter plus tard à un prix plus bas afin de rembourser l’emprunt initial

— les fonds d’investissement spécialisés dans les événements. Les firmes en réorganisation ou en faillite sont leurs cibles privilégiées. De mense, ils ciblent les perspectives de fusions — acquisitions en vendant les titres de la firme acquise et en achetant ceux de la firme acquéreuse. Les fonds d’arbitrage risqués effectuent ce type d’opérations

— les fonds de fonds qui allouent leurs portefeuilles entre différents hedge funds.

Les points communs entre les différents hedge funds

En dépit de leur diversité, ils partagent un certain nombre de caractéristiques communes du point de vue de leurs stratégies d’investissement (FMI, 1998):

— ils cherchent à identifier les pays ou firmes en situation de vulnérabilité faisant ainsi apparaître des perspectives de fortes fluctuations des prix

— ils privilégient les investissements où les risques de perte en capital sont limités voir nuls. C’est la raison pour laquelle les pays à régime de change fixe sont une cible privilégiée : en cas de fragilité, leur monnaie ne peut que se déprécier ou rester ancrée

— en raison du recours à l’effet de levier, les hedgefunds prennent des positions importantes sur les marchés lorsque le coût des capitaux est bas

— ils sont attirés par les marchés liquides sur lesquels les coûts de transaction sont faibles
Historique

Le premier hedge fund a été créé en 1949 aux États-Unis. Ils se sont développés rapidement au cours des années 60, pour ensuite décliner et connaître à nouveau une phase d’expansion dans les années 90 à la suite de la libéralisation financière. Entre 1990 et 2006. leur nombre est passé de 610 à 9462 et le montant des actifs gérés de 39 milliards de dollars à 1 427 sur la même période. Cela représente en termes de PIB des pays de l’OCDE une part qui est passée de 0,1 % à 4.9 %.


Les activités des hedge funds

Les hedge funds combinent deux activités :

la vente courte : ils empruntent des titres elles vendent en anticipant de les racheter à un prix plus bas sur les marchés avant le moment où ils devront les rembourser au prêteur

l’effet de levier : pour développer leurs activités ils utilisent des fonds empruntés.
Une importance quantitative modeste : Les montants qu’ils gèrent, environ 1 700 milliards de dollars d’actifs dans le monde, sont modestes comparés aux actifs gérés par les banques et les fonds d’investissement classiques (90 000 milliards de dollars) et représentent moins de 2 % du total des actifs des pays industrialisés.
Un facteur de déstabilisation 

Ils peuvent influencer les marches de deux manières principales :

  1. en jouant sur l’effet de levier, ils sont en mesure de prendre des positions très importantes sur les marchés et de provoquer ainsi des fluctuations de cours

  2. étant donné leur réputation en matière d’anticipations, toute publicité relative à leurs positions est susceptible d’entraîner un mouvement d’imitation des autres investisseurs. C’est cette imitation qui provoque les perturbations sur les marchés.

De plus, les hedge funds restent perçus comme des acteurs risqués étant donné:

la complexité de leurs stratégies, qui demande des compétences dont rien ne garantit qu’elles soient présentes ;

le manque de transparence de ces fonds, qui publient peu d’informations financières et qui sont pour plus des trois quarts installés dans des centres offshore;

la pratique de la vente à découvert, sachant que les pertes sur une vente à découvert peuvent être illimitées;

le recours systématique à des effets de levier importants, qui sont financés par les banques et qui les rendent donc vulnérables aux modifications de la liquidité bancaire.
qui reste à nuancer : Loin de constituer une source de risque systémique, il semblerait que les hedge funds aient plutôt joué un rôle stabilisateur, se portant acquéreurs, plutôt que vendeurs, des titres dépréciés.
L’exemple de LTCM
La création du fonds

En 1994, John Meriwether, ancien directeur du département fixed income de Salomon Brother, bat le rappel des meilleurs physiciens, mathématiciens et experts en finance quantitative des États-Unis. Son dessein: opérer la jonction des scientifiques et des traders les plus doués du New York Stock Exchange, pour fonder le Long Terme Capital Management (LTCM), qui allait devenir le hedgefund le plus célèbre de l’histoire financière.
Objectif

Là où flair et instinct passaient pour vertus cardinales, Meriwether mise sur l’application systématique de modèles statistiques à l’évaluation des actifs. Il réunit 125 docteurs d’université, une pléiade de professeurs et de jeunes mathématiciens. Il s’associe surtout les deux plus grands noms de la théorie financière contemporaine: Robert Merton et Myron Scholes, tous deux à l’origine du modèle de Black & Scholes, récompensés par le prix « Nobel » en 1997.
Le fonctionnement

 Chaque investisseur doit apporter un minimum de 10 millions de dollars, bloqués pendant trois ans, sans droit de regard sur les transactions, avec des commissions deux fois plus importantes que la norme du moment: 2 % des fonds investis et le quart des gains.

La stratégie fondamentale du LTCM consiste à traquer des opportunités d’arbitrage sur les marchés des taux d’intérêt, puis à en tirer profit. Anticipant un rapprochement entre les taux de rendement des obligations privées et ceux des bons du Trésor américain, LTCM a acheté des titres privés et vendu simultanément des titres publics. Par de telles transactions, LTCM escomptait une plus-value.

Comme les opportunités d’arbitrage ne sont pas légions, le LTCM utilise des montages financiers parmi les plus complexes jamais créés.

Quand une opportunité d’arbitrage est décelée, par exemple deux obligations fondamentalement identiques mais valorisées différemment par le marché, il suffit de vendre à découvert l’actif survalorisé, et avec l’argent ainsi récupéré d’acheter l’actif sous-valorisé.

 La gestion du LTCM repose-t-elle avant tout sur l’utilisation d’un important effet de levier : pour un dollar possédé, le LTCM place plus de 25 $, ce qui lui permet d’afficher des résultats remarquables les quatre premières années (40 % de rendement annuel en 1995 et 1996). Le fonds spéculatif s’est ainsi endetté auprès de grandes banques. Pour avoir une estimation de l’ampleur de l’effet de levier, on peut considérer les données suivantes : début 1998, le capital de LTCM s’élevait à 4,8 milliards de dollars pour un bilan total de 120 milliards, soit près de 25 fois plus ; en outre, le montant total de l’encours notionnel de produits dérivés détenus hors bilan s’élevait à 1.3 trillions de dollars.
Les hypothèses

La possibilité de succès de la stratégie du LTCM reposait sur deux hypothèses:

1) les marchés sont tendanciellement à l’équilibre, c’est-à-dire que les erreurs d’évaluation faites par les acteurs sont systématiquement corrigées

2) les marchés sont liquides, c’est-à-dire qu’on peut toujours y vendre ou acheter n’importe quelle quantité de l’actif au prix où il s’échange.

Deux hypothèses habituellement vérifiées en situation « normale », mais qui deviennent pure fiction quand des chocs de grande importance frappent l’économie.
Les raisons de l’échec

Or, en août 1998, la Russie se trouve dans l’impossibilité d’honorer sa dette. À la grande surprise du monde financier, aucun accord n’est trouvé avec le FMI pour renflouer les caisses.

Dans les quatre derniers jours d’août, Wall Street perd 12 %. La panique fige les marchés qui deviennent illiquides. Du jour au lendemain, le LTCM perds 5 milliards de dollars, 90 % du capital qui avait été accumulé depuis sa création.
Sauvetage et liquidation

Devant le risque de crise systémique encouru si le LTCM était contraint d’écouler précipitamment ses actifs sur les marchés, le président de la Banque centrale de New York réunit les principaux responsables des seize banques et sociétés d’investissements les plus puissantes du monde dans une pièce, les enjoint à faire le nécessaire pour sauver le fonds d’un naufrage brutal, et éviter ainsi l’effondrement des bourses. 3,5 milliards de dollars sont alors injectés dans le LTCM, permettant sa liquidation en bon ordre


  1. Les fonds de private equity

Définition : Le private equity, ou capital-investissement consiste à prendre des participations dans le capital de sociétés de petite et moyenne taille non cotées en Bourse (d’où le terme «private » par opposition à «public »). Il se distingue en cela des OPCVM, qui investissent dans des sociétés cotées.

Objectif : Le private equity n’a a priori rien de spéculatif et ne joue pas de rôle de transformation. Ses investissements sont des investissements de long terme, avec un horizon de l’ordre de dix ans. Les capitaux des fonds de private equity sont levés auprès de particuliers fortunés ou d’investisseurs institutionnels, banques, assurances et, surtout, fonds de pension, qui disposent de passifs ou de fonds propres leur permettant d’investir à long terme.

Rôle : Le private equity joue un rôle important, voire irremplaçable, dans l’économie, dans la mesure où il se substitue largement au crédit bancaire aux PME, qui s’est violemment contracté au cours des années 1980 et 1990. Il permet aux PME d’accéder à des capitaux à un coût réduit et de bénéficier de l’expérience ainsi que du réseau professionnel des associés des fonds.

Le private equity joue un rôle particulièrement important en tant que capital-développement, dans la croissance des «gazelles» et des start-up innovantes dont il est, avec les business angels, l’un des principaux financeurs.

⇒ Par sa présence sur ces deux segments, le private equity est un acteur pivot de l’innovation et de la recherche-développement. Néanmoins, son activité principale (80 % de ses investissements), qui est aussi la plus rentable, se concentre dans le capital-transmission ou leveraged buyout (LBO) qui accompagne les PME à travers les différentes étapes de leur croissance.

Une importance quantitative modeste : Due à la modestie des montants en cause, inférieurs à 0,2 milliers de milliards de dollars dans le monde, soit moins de 0,2 % du total des actifs dans le monde.

Un facteur de déstabilisation : Néanmoins, le private equity a été récemment perçu comme une menace potentielle pour le fonctionnement des entreprises ainsi que pour la stabilité financière :

les stratégies agressives d’endettement menées par les fonds de LBO font craindre une augmentation dangereuse de l’endettement des entreprises

l’endettement bancaire des fonds de LBO et sa titrisation à hauteur de 70 % rendent incertaines les conséquences systémiques d’une crise du marché du private equity;

l’opacité des fonds inquiète.

qui reste à nuancer : Il semble clair aujourd’hui que le private equity n’a pas joué de rôle de détonateur ou d’amplificateur dans la crise actuelle.


  1. Les fonds souverains

Définition : Les fonds souverains (sovereign wealth funds) sont des fonds publics qui gèrent des capitaux essentiellement publics. Ces capitaux proviennent pour l’essentiel :

  • des revenus pétroliers (plus de 70 %)

  • des réserves de change

  • et des contributions aux fonds de pensions publics.

Objectif : Les fonds souverains ont pour vocation d’optimiser la gestion financière de ces capitaux par rapport à la gestion plus conservatrice des banques centrales, des assurances sociales, des entreprises publiques et des ministères. Ils correspondent donc à un objectif d’efficacité financière.

Une importance quantitative modeste : Ces fonds souverains inquiètent en raison de leur opacité plus qu’en raison de leur puissance financière, qui est limitée : ils représentent plus de 2,5 milliers de milliards de dollars de capitaux, soit 2,5 % du total des actifs des pays industrialisés.

LA FINANCE STRUCTURÉE
Les canaux de la finance structurée

Définition : La finance structurée travaille sur des fonds d’un type particulier, qui mêlent inextricablement transformation, investissement et titrisation. Elle repose sur une imbrication complexe des différentes structures, qui contribue à leur opacité.

Objectif : Elle vise à disperser le risque quand la banque et l’assurance le concentrent pour le mutualiser. Elle repose sur deux techniques, la titrisation et les conduits, qui sont apparues au début des années 1970.


  1. La titrisation


Définition : La titrisation est une technique financière qui transforme des actifs peu liquides, c’est-à-dire des actifs pour lesquels n’existe aucun marché efficace, en valeurs mobilières pour lesquelles existe un marché efficace.

Cette technique consiste à vendre les actifs peu liquides à une société intermédiaire ad hoc, qui se finance en émettant des titres négociables garantis par les actifs peu liquides qui ont été cédés. Les actifs cédés doivent générer des revenus (intérêts, dividendes, cotisations etc.) qui servent à payer les intérêts de l’emprunt et à rembourser le capital, et qui constituent la garantie financière, ou collatéral, de l’emprunt.

Les titres adossés aux actifs cédés sont dénommés asset backed securities (ABS).

Les sociétés intermédiaires qui portent ces actifs et l’emprunt sont, quant à elles, dénommées special purpose vehicle (SPV). En France, ces véhicules prennent la forme plus générale de fonds communs de créance (FCC) et bientôt de fonds communs de titrisation (FCT).

Rôle : La titrisation convertit ainsi des titres illiquides en titres liquides. Elle permet ce faisant de sortir du bilan tout ou partie du risque, ce qui présente un intérêt tout particulier pour les institutions régulées, comme les banques et les assurances.

La typologie des ABS : L’ABS peut être découpé en tranches différenciées selon leur degré d’exposition au risque. Les tranches les plus exposées sont qualifiées de «junior» ou « C ». Les tranches les moins exposées sont qualifiées de «senior» ou «A» et sont en général notées triple A, ce qui en rend leur placement très aisé et en réduit le coût.

En fonction des actifs auxquels ils sont adossés, on distingue plusieurs familles d’ABS :

Les mortgage backed securities (MBS) sont des ABS adossés des crédits hypothécaires, qui peuvent être soit :

  • des crédits résidentiels dénommés residential MBS (RMBS)

  • soit à des crédits commerciaux dénommés commercial MBS (CMBS).

Les collateraljzed debt obligations (CDO) sont des ABS adossés à un portefeuille de titres à revenus fixes, qui sont eux-mêmes des ABS, et découpés en tranches de risque.

Les asset backed commercial papers (ABCP) sont des ABS adossés à des titres longs mais financés par des titres courts émis auprès des banques et des entreprises.

Quelle quantification ? La titrisation représente un volume mondial d’actifs de l’ordre de 10 milliers de milliards de dollars. Les RMBS représentent 60 % de ce total. Les CDO, qui contiennent un stock non négligeable de MBS (81 %), représentent près de 20 % du total. Les ABCP représentent 10 % du total. Ces chiffres ne s’additionnent pas du fait que certains ABS sont adossés à d’autres ABS.


  1. Les conduits


Les structured investment vehicles (SIV) et les conduits sont des fonds qui empruntent à court terme pour investir à long terme dans des ABS, notamment des MBS correspondant aux crédits hypothécaires que les banques désirent sortir de leur bilan. Les titres qui financent les SIV sont donc des ABCP. Ce faisant, les SIV ont une fonction de transformation de créances à court terme en créances à long terme. Les banques ont d’ailleurs été très actives dans le montage de SIV qui leur permettent de sortir aisément de leur bilan les risques qu’elles ont souscrits. Les SIV sont donc sont exposés à un risque de liquidité lié au mismatch entre la duration de leur passif et celle de leur actif, ainsi qu’à un risque de crédit.
Les avantages de la titrisation

La crise des subprime a conduit à s’interroger sur la fonctionnalité de la titrisation. Si on concentrait l’ensemble des risques dans le monde pour les disperser immédiatement ensuite, qu’est-ce qui aurait changé par rapport à la situation initiale ? En fait, beaucoup de choses auraient changé.

La titrisation permet ainsi :

 En renvoyant au marché une partie des risques préalablement mutualisés par la banque et l’assurance, on oblige le marché à révéler les informations privées dont il dispose : les agents acceptent de mutualiser, dans le cadre de leur propre « bilan », des risques ou des portefeuille de risques dont ils estiment qu’ils sont faiblement corrélés aux autres risques qu’ils gèrent.

 En outre, ces risques peuvent être découpés en petites tranches susceptibles d’être transférées à un coût plus faible aux investisseurs.

La finance structurée permet donc d’optimiser le niveau de la mutualisation au-delà de ce que la banque et l’assurance sont en mesure de faire. Cette meilleure mutualisation permet de relever le niveau de tolérance au risque de l’ensemble de l’économie, à taux d’aversion au risque inchangé. Elle ne peut donc que favoriser le bien-être général notamment parmi les populations les plus fragiles (notamment cette majorité de ménages américains qui a accédé durablement à la propriété grâce aux crédits hypothécaires que la titrisation des subprime a permis d’accorder).
Les problèmes posés par la titrisation

Jusqu’à présent, la finance structurée a plutôt été considérée comme un facteur de réduction des risques que comme une source de risques. La crise des subprime a fait voler en éclat cette certitude.

Les banques dans la tourmente

En raison de préoccupations de réputation et de garanties de liquidité qu’elles avaient accordées, certaines banques ont été obligées de réintégrer les opérations de véhicules en difficulté dans leur bilan et d’afficher des pertes supplémentaires. La banque s’est, par ce biais, retrouvée au coeur d’une crise dont elle pensait pourtant avoir fait le nécessaire pour se protéger grâce au modèle originate and distribute, où les banques souscrivent un risque puis s’en séparent en le titrisant.

Les autres acteurs des marchés financiers eux aussi touchés

Une grande majorité des SPV, SIV, hedgefunds et OPCVM ayant acquis des MBS, le risque du subprime a potentiellement infecté par contagion l’ensemble du marché, sans que l’on sache si les 75 milliards de dollars de provisions constituées par les banques récemment sont suffisantes pour éponger leurs pertes potentielles.

Le problème principal tient au fait que la politique monétaire n’arrive pas à contrôler la situation. Et elle n’y arrive pas parce que le risque n’est pas localisé dans la banque, mais à l’extérieur de celle-ci, et qu’il ne revient vers la banque que progressivement, au fur et à mesure des difficultés rencontrés par les SPV et SIV. La titrisation semble avoir réduit l’efficacité de la politique monétaire face à un risque systémique.
Source : d’après Jean-Hervé Lorenzi, Regards croisés sur l’économie, n°3,

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«théoriques» générales. IL faut au contraire montrer en quoi les concepts et les théories sont des instruments qui permettent de...






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