La culture informationnelle en éducation pour répondre au défi de la société de la connaissance au XXI ème siècle





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Extraits de la thèse de Jean-Paul Pinte

La culture informationnelle en éducation pour répondre au défi de la société de la connaissance au XXI ème siècle :

Application à la conception d’une plateforme de veille et de partage de connaissance en éducation : Commun@utice

« L’intelligence n’est pas un processus d’accumulation de l’information

mais bien de production de connaissances dans le cadre de stratégies collectives »

Wilenski, 1960
Jean-Paul Pinte est un spécialiste de la culture informationnelle depuis 2002.

Il entre dans le flux des pratiques de ses étudiants pour y faire appliquer une certaine diététique de l’information à l’aide d’une démarche pratique et d’une mallette d’outils qui permettent aux étudiants de devenir des travailleurs du savoir
En conclusion du chapitre 2 (p. 275-276) de sa thèse sur la culture informationnelle, l’auteur signale que si l’information est bien un instrument du savoir, elle ne saurait être le savoir. Née du désir d’échanger les savoirs en rendant plus efficace leur transmission, l’information reste une forme fixe et stabilisée de ceux-ci, indexée sur le temps et son utilisateur : une nouvelle est fraîche ou ne l’est pas.

Aussi l’information est-elle potentiellement une marchandise qui s’achète et se vend sur un marché et dont l’économie repose sur la rareté, tandis qu’un savoir, en dépit de certaines limitations (secret défense, formes traditionnelles de savoirs ésotériques par exemple), « appartient de droit à tout esprit raisonnable, sans que cela soit contradictoire avec la nécessité de protéger la propriété intellectuelle » nous rappelle Jérôme Bindé dans l’introduction du rapport mondial de l’UNESCO (Vers les sociétés du savoir)

L’importance excessive accordée aux informations par opposition aux savoirs révèle combien notre rapport au savoir s’est trouvé profondément modifié par la diffusion des modèles d’économies de la connaissance.

Aujourd’hui la société mondiale de l’information où la technologie a accru de manière surprenante la quantité d’informations disponibles et la vitesse des transmissions nous incite à croire que tout commence seulement dans l’histoire des sociétés du savoir car pour que l’information prenne sens pour chacun de nous dans cette nouvelle « infostructure », il faut que notre éducation partout dans le monde puisse donner les mêmes chances d’aborder l’information disponible avec discernement et esprit critique, pour l’analyser, la trier et en incorporer les éléments jugés pertinents dans une base de connaissances.

Sans cette diététique ou écologie de l’information, l’excès d’informations nous amènera à être maîtrisé par le savoir plutôt que de le maîtriser ! Il faut maintenant apprendre à veiller.
C’est précisément l’objet du prochain chapitre que de décrire le concept de « culture informationnelle en éducation », passage obligé pour gérer l’accumulation des savoirs et leur complexité afin de:

    • se déplacer avec aisance dans la masse informationnelle ;

    • maîtriser les bons outils pour traiter l’information ;

    • développer les capacités cognitives et l’esprit critique pour faire la part entre l’information utile et le bruit ;

    • distinguer dans les savoirs utiles ceux qui ne sont pas exclusivement les savoirs immédiatement valorisables dans une économie de la connaissance : savoirs « humanistes » et savoirs « scientifiques obéissant chacun à des stratégies différentes d’utilisation de l’information.

La culture informationnelle comme outil d’intégration d’une société du savoir dans le troisième millénaire1.


Chacun de nous, les prospectivistes, économistes et politiques s’accordent aujourd’hui pour donner au savoir, à la compétence, aux moyens de les acquérir et donc à l’apprentissage, une fonction vitale dans le développement des personnes, des organisations et des nations de ce XXI° siècle naissant.

Le livre blanc sorti en 1995 et intitulé « Enseigner et apprendre » avaient déjà pour unique objectif : Préparer les Européens à passer sans heurts à une société fondée sur l’acquisition des connaissances, où l’on ne cesse d’apprendre et d’enseigner tout au long de la vie, autrement dit à une société cognitive.

Notre modèle scolaire serait dominé comme le cite Carré dans son ouvrage sur l’apprenance2 par «Le scénario de la transmission et les figures de l’élève ou du formé, réceptacles plus ou moins volontaires, plus ou moins passifs, de l’action éducative du maître ou du formateur ».

Des sujets sociaux apprenants cités par Dumazedieri aux travailleurs du savoir (Bouchet, 2004), notre enseignement se doit de toute urgence de jouer un rôle principal dans ce capitalisme cognitif et saisir cette chance, cette opportunité exceptionnelle de renouvellement de nos conceptions en matière d’éducation, de formation et de pédagogie pour que chacun puisse s’intégrer dans les sociétés du savoir et développer un capital humain apte à affronter les savoirs de nos sociétés.
Affronter ne voulant pas dire uniquement acquérir de l’information par l’unique transmission de l’information mais bien par la mobilisation de l’apprenant, de ses ressources cognitives, voire affectives, de sa motivation (registre conatif3).

La chance est aussi du côté de la pédagogie en la repositionnant au centre des questions vives qui animent l’apprentissage du XXI° siècle.

C’est ainsi qu’il convient d’impliquer l’apprenant et l’enseignant dans le processus de création de savoirs par le principe de la servuction4.

Dans ce contexte, la fonction d’apprentissage devient stratégique à tous les niveaux de l’organisation sociale et il est raisonnablement possible de penser que nous sommes en train de passer à une économie apprenante au sein de laquelle le succès des individus, des entreprises, des régions et des pays passera avant tout par la capacité à apprendre pour accompagner les propos de l’OCDE (2000).

On peut lire aussi dans un rapport du Conseil Economique et Social Européen (CESE, 2000) : « Dans la société de la connaissance, la rémunération n’est plus liée aussi directement qu’autrefois au temps consacré à effectuer un travail donné, mais dépend dans une mesure accrue de l’habileté, de l’originalité et de la rapidité dont une personne fera preuve pour identifier de nouveaux problèmes et les résoudre. »

Au cœur de ces « nouvelles » habiletés cognitives se situe la veille informationnelle, véritable clé de voûte du nouveau système apprenant que nous nous proposons d’analyser ici.
Ce chapitre situe donc le contexte institutionnel dans lequel prend place la nécessité d’une veille informationnelle c'est-à-dire dans la logique de l’évolution de la recherche documentaire pratiquée depuis plus d’un demi-siècle et aujourd’hui rendue encore plus complexe avec le développement du Web. Nous évoquerons ensuite le concept de veille et son évolution récente dans nos sociétés en passant par sa typologie par domaine avant d’en décrire enfin ses applications sous l’angle de l’éducation (objet de la thèse). Nous conclurons enfin alors sur la nécessité urgente d’en faire une matière à enseigner dés le plus jeune âge avant d’en décrire un exemple d’application possible à l’université.
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