L’île de la Réunion, située à 800 km de Madagascar et à 200km de l’Ile Maurice, qui est la terre la plus proche est par son éloignement de la France et son





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date de publication07.02.2017
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INTRODUCTION


L’île de la Réunion, située à 800 km de Madagascar et à 200km de l’Ile Maurice, qui est la terre la plus proche est par son éloignement de la France et son isolement dans l’océan indien encore plus méconnue que les départements français d’Amérique (Martinique, Guadeloupe, Guyane).

La Réunion se caractérise d’abord par une population très métissée : ses habitants ont des origines européennes, ouest-africaine, est-africaine, malgache, indienne, viet-namienne, et chinoises. Cette cohabitation a donné lieu à une langue propre à la réunion le créole réunionnais, une gastronomie créole fruit du mélange des gastronomies indiennes, chinoise, européenne, et une musique

Malgré toute cette richesse culturelle et sa nature préservée, la Réunion souffre d’un chômage très élevé (environ 25%), en raison d’une croissance forte de la population qui atteint aujourd’hui 800.000 habitants.

Ces particularités proviennent de son histoire : une colonie qui a bâti sa prospérité sur la culture du café à partir de 1715, puis de la canne à sucre. Ces deux cultures se sont développées par la main d’œuvre d’esclaves venant d’Afrique puis d’Inde et de chine au XIXème siècle. Toutefois, contrairement aux colonies des Antilles le métissage des populations est intervenu dès l’origine, ce qui fait que les blancs créoles ne sont pas autant concentrés dans la classe possédante. Ce métissage a permis que les antagonismes raciaux opposant les ethnies sont moins forts que dans les autres DOM. Il est alors possible de se demander l’origine du département de la Réunion qui a des conséquences sur la situation économique de la Réunion.

Il est donc intéressant de présenter le contexte historique et institutionnel (I-) pour comprendre les évolutions économiques et sociales actuelles (II-)

SOMMAIRE


  1. Contexte historique et institutionnel



  1. Aperçu historique de la Réunion

  2. Spécificités des institutions




  1. Une économie dynamique et diversifiée mais un chômage massif




  1. Dynamisme et diversification

  2. Un chômage massif



  1. Contexte historique et institutionnel


Un aperçu historique (A-) permet de comprendre le statut actuel qui est spécifique à la Réunion.

A- Aperçu historique de la Réunion

La Réunion est une des seules îles de l’océan indien dont les premiers habitants aient été des européens. En effet, l’île était totalement inhabitée avant sa découverte par des navires européens en route vers les indes. Elle aurait été découverte en 1500 par le navigateur portugais Diogo Dias, même si des explorateurs arabes semblent l’avoir déjà repérée avant. Un second navigateur portugais, Pedro de Mascarenhas y débarque en 1512 le jour de la sainte-Apolline, ce qui lui vaut le nom Santa Apollonia. Vers 1520, les îles de la Réunion, Maurice et Rodrigues sont appelées archipel des Mascareignes du nom du navigateur Mascarenhas. Au début du 18ème siècle, l’île restait inhabitée, ne servant que d’ escale pour la route des indes pour les bateaux anglais et néerlandais.

Les français y ont ensuite débarqué en 1642 et l’ont baptisé Ile de Bourbon, du nom de la famille royale. En 1646, douze mutins chassés de Madagascar, alors française, sont abandonnés sur l’Ile de Bourbon. Le peuplement s’intensifie à partir de 1665. En effet, les vingt premiers colons débarquent cette année après une traversée marquée par la mort de douze personnes lors de l’escale du Cap Vert.

En 1715, la présence de la France se renforce dans l’archipel des Mascareignes car l’île Maurice passe sous son contrôle, prenant le nom d’Ile de France. Bertrand-François Mahé de la Bourdonnais, gouverneur de l’Ile de Bourbon de 1715 à 1735, donne une dimension stratégique à l’île, qui sert de base de ravitaillement à l’Île Maurice. Ainsi, jusqu’à la cession forcée de l’Ile Maurice à l’Angleterre en 1815, le développement de la Réunion est sacrifié au profit de sa voisine l’Ile Maurice. La culture du café permet une relative prospérité à la colonie au XVIIIème siècle. Mais d’une part cela n’empêche pas un appauvrissement d’une partie de la population blanche dont les deux tiers sont considérés indigents en 1836. D’autre part la culture du café, comme plus tard celle de la canne à sucre est à l’origine du développement de l’esclavage.

A la Restauration, la perte de l’Ile Maurice fait que la Réunion est avec la Martinique et la Guadeloupe l’un des trois seuls territoires de production de canne à sucre. C’est pour cette raison que l’économie est réorientée vers cette culture qui bientôt supplante celle du café.
La culture de la canne à sucre, permise par l’esclavage, fait culminer sa prospérité sous le second-empire.

Le 20 décembre 1848, Sarda Garriga, nommé par Victor Schoelcher pour mettre en œuvre le décret d’abolition de l’esclavage à la Réunion, proclame cette abolition. Louis-Henri Hubert Delisle devient le premier gouverneur créole de 1852 à 1858. Malgré sa politique d’aménagement, la crise économique touche l’Ile à partir de 1870. D’une part, en raison de l’ouverture du canal de Suez en 1869, qui détourne les grandes routes maritimes loin au nord de l’Océan Indien. D’autre part, du fait de l’intérêt privilégié que le gouvernement français porte à partir de 1880 à Madagascar.

La seconde moitié du XIXe siècle voit la population réunionnaise évoluer, par l’arrivée massive d’engagés indiens dont une partie s’installe définitivement dans l’île, et par la libération de l’immigration en 1862. De nombreux Chinois et musulmans indiens s’installent alors, et forment deux importantes communautés qui participent à la diversification ethnique et culturelle. À partir de la fin du XIXe siècle, les sources d’engagements se tarissent peu à peu. Nombre de propriétaires terriens louent alors leurs terres (pratique du colonage), d’où l’émergence d’une population de travailleurs agricoles indépendants.

La Réunion participe à la première guerre mondiale en envoyant de nombreux réunionnais en métropole, comme Roland Garros l’aviateur, ou Lucien Lacaze ministre de la guerre de 1915 à 1917. La guerre a des conséquences positives pour la Réunion puisque les cours du sucre augmentent, la France étant privée de ses terres betteravières, lieux de combats. La modernisation se poursuit pendant l’entre-deux-guerres : l’électricité apparaît dans les foyers aisés et dans les rues de Saint-Denis de la Réunion, la radio en 1926. L’industrie sucrière se concentre en quelques grands groupes, qui se substituent aux exploitants individuels de sucrerie. Mais ces progrès profitent surtout aux propriétaires terriens, industriels, cadres, gros commerçants, la masse de la population demeure pauvre.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, la Réunion souffre beaucoup de l’arrêt total de ses approvisionnements par la métropole. De 1940 à 1942, le régime Vichy est imposé par le Gouverneur Pierre-Emile Aubert. En 1942, un commando des Forces Françaises Libres débarque à Saint-Denis et restaure le régime républicain. La guerre laisse la Réunion dans une situation économique désespérée et il faut attendre la fin du conflit pour que la France lui apporte à nouveau son aide.

Lors de sa transformation en département par la constitution de 1946, la Réunion ruinée, bénéficie de gros efforts de la France pour la reconstruction de l’économie et le progrès social.

La départementalisation à partir de 1946 a donc beaucoup profité à la Réunion, ce qui explique son fort attachement à son statut départemental malgré les possibilités d’évolution sous la Vème république, ce qui fait l’objet du B-.


B- Spécificités des institutions


  1. Une opinion réunionnaise départementaliste


L’échec de la bidépartementalisation est révélateur de l’attachement beaucoup plus fort des réunionnais au département. En effet, le projet de loi d’orientation pour l’outre-mer de 2000 prévoyait dans sa rédaction initiale un article prévoyant la création, au plus tard au 1er janvier 2002, de deux départements en lieu et place du département actuel. Le gouvernement Jospin entendait de cette façon résorber le déséquilibre économique et social entre un nord –ouest riche et un sud et est plus pauvre. Rebaptisé « bidep » localement, ce projet a été abandonné en 2000 en raison de l’hostilité des réunionnais qui ont manifesté à Saint-Denis, le chef-lieu en scandant « coup’pa nou » qui veut dire « ne nous séparez pas » en créole. Un sondage réalisé par l’institut Louis Harris du 19 octobre 2000 indiquait que 63% des réunionnais y étaient opposés.
De plus, les deux assemblées locales conseil général et régional ont émis un avis défavorable sur l’avant-projet de loi. Ce découpage a notamment été contestée par Saint-Paul et dans l’ouest en général, les habitants de cette micro-région pourtant proche de Saint-Denis se trouvant lésé par leur inclusion annoncée dans le département sud. D’une manière générale, la classe politique a été très divisée. Même à droite, certains comme le maire de Tampon André Thien Ah Koon ont soutenu le projet, tandis que Jean-Paul Virapoullé maire de Saint-André dans l’est a pris la tête de ceux qui y étaient opposé. Celui-ci a même fait déposer à proximité immédiate de l’hôtel de ville de Saint-André une plaque commémorative des manifestations opposées à la bidépartementalisation ou elles sont présentées comme un grand acte de résistance du peuple de Réunion à une forme d’oppression.

2) Le refus d’ évolution statutaire inscrit dans la constitution de 2003

Comme les autres DOM, la Réunion est nommément définie par la constitution, ce qui signifie qu’elle ne peut être supprimée sans révision de la constitution. Elle est régie par l’article 73 sous le régime juridique de l’assimilation législative. La révision constitutionnelle a assoupli ce régime qui permet maintenant aux départements d’outre-mer d’adapter les lois « dans les matières où s’exercent leurs compétences et si elles y ont été habilitées par la loi » (article 73). Toutefois, les élus n’ont pas voulu de l’alinéa suivant qui permet de fixer des règles dans des matières relevant du domaine de la loi. Ils ont considéré que c’était trop s’éloigner du statut des départements de métropole, même si cette possibilité pour les assemblées de Guyane, Martinique et Guadeloupe ne peut pas porter sur des domaines régaliens.
L’amendement qui exclue la Réunion du droit d’adaptation des lois a été déposé par les sénateurs de la Réunion Mme Anne-Marie Payet et Jean-Paul Virapoullé lors de la discussion de la révision de 2003. La motivation de ces deux sénateurs s’appuyait sur les propos de Jacques Chirac prononcés à Champ-fleuri à la Réunion le 18 mai 2001 : « chaque collectivité d’outre-mer a droit à sa liberté de choix, y compris celle de garder son statut actuel, et ne doit pas se trouver entraînée dans des évolutions qui ne seraient pas souhaitées explicitement par sa population. A cet égard, la Réunion a choisi de rester dans son statut départemental actuel et ce choix doit être respecté. » L’exposé des motifs ajoutait que la Réunion tenait à respecter strictement le principe d’assimilation adaptée des lois et règlements prévue au premier alinéa de l’article 73 alors que l’alinéa refusé consacrait un principe proche de la spécialité législative qui régit les collectivités d’outre-mer. D’autre part, les élus de la Réunion ont aussi refusé la disposition de la loi d’orientation pour l’outre-mer qui prévoyait la création d’un congrès réunissant les conseillers généraux et régionaux pour faire des propositions d’évolution des institutions. Ces deux exemples montrent à quel point la population comme les élus sont opposés à toute évolution qui éloignerait la Réunion du statut des départements de métropole.

Malgré une économie dynamique et en expansion, les conditions sociales restent beaucoup plus difficiles avec un chômage massif, notamment des jeunes (50% environ)(II-).


II- Une économie dynamique et diversifiée mais un chômage massif
Le dynamisme de l’économie (A-) ne permet pas d’endiguer le chômage de masse (B).
A- Dynamisme et diversification
L’économie de la Réunion, même si elle souffre comme les autres DOM d’une dépendance financière de la métropole, semble plus équilibrée et dynamique dans plusieurs domaines. En 2002, La Réunion a produit 9 milliards d’euros de valeur ajoutée. Plus de 84 % provient des services dont plus du tiers des services administrés. L’économie réunionnaise est une économie fortement tertiaire. Le secteur primaire n’est plus qu’à l’origine de 2 % de cette valeur ajoutée, contre 3,2 % en 1997. Les secteurs traditionnels (agriculture, filière sucrière) et les services administrés perdent du poids dans la structure de la valeur ajoutée. Les services marchands (services aux entreprises, hotels-restaurants, services aux particuliers) et l’industrie ont connu, entre 1993 et 2002, une croissance de leur valeur ajoutée plus rapide que le PIB. L’économie réunionnaise est donc en voie de transformation.
Le secteur du commerce est le plus développé avec le tourisme. Ces dernières années, l’augmentation du pouvoir d’achat des ménages permise par le rattrapage progressif du salaire minimum des DOM sur celui de la métropole a bénéficié aux entreprises commerciales et surtout aux grandes et moyennes surfaces. En effet, les petites épiceries ont été remplacées progressivement par des distributeurs franchisés.

Depuis 2000, Le tourisme est la première ressource économique de la Réunion, devant la production de sucre. Le bilan entre 1990 et 2000 du développement touristique est très positif : le nombre de touristes a doublé passant de 200.000 à 400.000 par an. Toutefois, en 2005, la Réunion est touchée par la crise globale dans le secteur du tourisme comme les autres DOM. Le Comité de tourisme considère que la cause de cette crise vient d’une mauvaise image dont souffrirait la Réunion, notamment du fait de l’épidémie de chikungunya, c’est pourquoi il a mis en place une campagne de promotion du tourisme dans l’île.
Cependant, outre la crise conjoncturelle de 2005 et 2006, il apparaît que le développement du tourisme est limité par des handicaps structurels. Ainsi, l’agence ODIT France chargée du développement touristique en France a pointé les faiblesses du tourisme dans un rapport de 2006. Tout d’abord, l’île ne cible pas la bonne clientèle : le tourisme affinitaire est trop important (46%) car il attire des vacanciers qui dépensent peu en hébergement ou en restauration puisqu’ils sont reçus par la famille ou les amis. La dépendance à cette clientèle a montré ses limites pendant l’épidémie de chikungunya : l’ile Maurice qui a une clientèle beaucoup plus diversifiée a beaucoup moins souffert de cette crise. Ensuite, cette clientèle est majoritairement française. Cela peut s’expliquer par un déficit de présence sur internet : la moitié des sites sont rédigés uniquement en français, ce qui ne favorise pas une clientèle internationale. Le rapport de la région Réunion sur les sites réunionnais en 2005, a relevé que sur 50 sites, seuls 13 sont en allemand, alors que les germanophones sont les plus nombreux européens non-français à visiter l’île.
Les structures d’accueil sont insuffisantes (6000 chambres classées contre 30000 à l’île Maurice) et mal réparties. Le volcan au sud, pourtant lieu emblématique de l’île, dispose de très peu de structures touristiques. Pourtant, la Réunion à un réel atout : un patrimoine naturel très riche composé de paysages variés comme des fôrets primaires, chutes d’eau, caldeiras. Cette nature préservée plaide en faveur du développement d’un tourisme durable, ou éco-tourisme. Cette volonté s’est concrétisée par la création du Parc National des hauts en mars 2007, établissement public qui a pour but de permettre le développement durable des hauts , c’est-à-dire de la région montagneuse centrale de l’île. Une autre mesure pour valoriser le patrimoine naturel : la demande d’inscription de la Réunion au patrimoine mondial de l’UNESCO en janvier 2008. Le positionnement de la Réunion sur le marché du tourisme était jusque là assez flou, ces mesures devraient donner une autre image de l’île, celle d’une destination d’exception qui offre des paysage et une biodiversité uniques au monde. Mais ce repositionnement de l’offre touristique implique aussi un changement de clientèle, sans doute plus aisée, ce qui nécessite des efforts pour améliorer la qualité de l’hébergement et de la restauration. Malgré une nette reprise en 2007, la destination Réunion souffre toujours d’une désaffection en août 2008, le nombre de touristes étant encore loin de son niveau d’avant la crise de 2005 : environ 380.000 contre 430.000 en 2004.
Longtemps, l’économie de la Réunion n’a été basée que sur la filière de la canne à sucre, dont l’exploitation est liée à l’esclavagisme. Elle est à l’origine de grands groupes industriels réunionnais comme Bourbon ou Quartier français. Elle occupe la moitié de la surface agricole utilisée, soit environ 26.000 hectares et procure encore environ 12.000 emplois directs et indirects. Elle est toutefois menacée par la poussée de l’urbanisation et la diminution des subventions nationales et européennes. Elle représente encore aujourd’hui le premier produit d’exportation, mais n’apporte qu’un tiers de la valeur ajoutée à côté de l’élevage et des cultures vivrières. Ce qui montre que l’agriculture de la Réunion est plus équilibrée que celle des Antilles ou de la Guyane. Les filières animales notamment porcine et avicole se sont particulièrement développée ces 20 dernières années. Son développement se poursuit grâce à une politique de pâturages en altitude, et notamment au programme d’aménagement des Hauts de la Réunion où réside un cinquième de la population de l’île et où les activités agricoles, pastorales et forestières se multiplient. es autres productions agricoles traditionnelles sont la vanille, les essences à parfum (géranium, vetyver, ylang-ylang). L’importance économique de ces cultures traditionnelles régresse inexorablement depuis de nombreuses années. La Réunion fut pourtant le premier producteur au monde grâce à la découverte d’un esclave Edmond Albius en 1841. La concurrence de pays à faible coût de main d’oeuvre (Madagascar, Indonésie) a fait de La Réunion un producteur marginal sur le marché de la vanille.
Malgré une économie plus dynamique que les autres DOM, la Réunion ne parvient pas à endiguer le chômage, qui s’explique notamment par une croissance démographique très forte (B-).
B- Un chômage massif
Malgré une économie dynamique, la Réunion ne parvient pas à endiguer le chômage, qui s’explique notamment par une croissance démographique très forte. La demande de travail des jeunes qui arrivent sur le marché du travail est en effet trop importante en raison de la faible taille du marché intérieur. A ce phénomène s’ajoute le développement du travail féminin, ce qui entraîne une forte croissance de la population active. La priorité est donc la lutte contre le chômage.
La composition ethnique de la Réunion est beaucoup plus diversifiée que celle des Antilles ou de la Guyane.

Les antagonismes raciaux issus de la période de l’esclavage ont peu à peu disparu à partir de la fin de la seconde guerre mondiale. La population réunionnaise s’est alors rapidement transformée avec la généralisation de l’éducation, la démocratisation résultant de la départementalisation et le progrès économique qui a profité aux membres des diverses communautés. Le métissage s’est accru, ce qui fait que les différences ethniques sont moins fortes. Si la Réunion constitue un modèle harmonieux sur le plan ethnique, les disparités demeurent fortes au niveau des revenus, de la formation, des patrimoines : ce sont des inégalités sociales mais non ethniques. En effet, les travailleurs indépendants et les salariés disposent de revenus corrects, voire confortables, mais la masse des chômeurs (25% des actifs, et 50 % des jeunes), des RMIstes (plus de 67 000, 8,5% de la population) constitue le problème majeur auquel est confronté l’île. L’émigration vers la métropole, bien qu’active, ne peut à elle seule résoudre le problème. La croissance économique forte n’a qu’un effet limité en termes de baisse du chômage.
Les mesures publiques pour soutenir l’économie de la Réunion sont pour l’essentiel les mêmes que celles des autres DOM. Ce sont d’une part des mesures qui ont fait leur preuve : des aides directes, d’autre part une approche nouvelle reposant sur des moyens plus indirects.

Le premier type d’aide consiste en aides au financement des équipements et infrastructures. Ce sont les aides européennes accordées aux régions éligible à l’objectif 1, dont font partie les DOM. Ils s’élèvent à 3,4 milliards d’euros pour la période 2000-2006. S’y ajoute pour cette période les crédits des contrats de plan Etat/région qui sont de 2,3 milliards. Une autre aide spécifique aux DOM est accordée par le Programme d’Options Spécifiques liées à l’Eloignement et à l’Insularité des Départements d’Outre-mer (POSEIDOM) de l’Union Européenne. Ainsi au titre de ce programme, depuis 1994, La Réunion se voit attribuer des aides pour compenser le surcoût lié à l’insularité, notamment pour la pêche au thon. Pour 2006, cette aide était de 1400 euros pour 618 tonnes et concerne en plus du thon, le requin, le marlin et la dorade.

Le second instrument qui a fait ces preuves est la défiscalisation des investissements productifs. Il a été renforcé par la loi de programme pour l’outre-mer de 2003 qui lui confère une validité de 15 ans.

Le troisième instrument consiste en l’abaissement du coût du travail par l’exonération de charges sociale dans les DOM. La loi de programme pour l’outre-mer a entendu favoriser l’emploi en secteur marchand par des aides accrues aux secteurs porteurs comme l’hôtellerie, le tourisme, le bâtiment, mais aussi aux entreprises de transport aérien.
Les approches nouvelles sont des moyens plus indirects, comme des fonds de garantie proposés aux banques pour favoriser l’octroi de prêts aux PME. Les effets de ces dispositifs sont pour le moment moins facilement mesurables, ils semblent assez prometteurs. D’autres mesures concernent le désenclavement des DOM. Cela passe d’abord par le renforcement de la continuité territoriale pour permettre aux jeunes d’accéder à des formations en métropole, avec par exemple le passeport mobilité. Cela passe aussi par une meilleure intégration des DOM dans leur environnement économique immédiat avec la formation de «  zones de complémentarité économique ». La Réunion se distingue des autres DOM, pusiqu’elle fait partie d’une organisation régionale, la Commission de l’océan indien qui a un rôle en matière de coopération politique et économique et qui réunit Madagascar, Maurice, les Seychelles et l’Union des Comores.

Toutefois les échanges sont surtout développés avec Maurice, qui à beaucoup d’éléments culturels communs avec La Réunion, notamment la langue créole, du fait de leur passé de colonies françaises. Ces relations sont beaucoup plus limitées avec ses autres voisins, déjà éloignés, Madagascar à 800 km, les Comores à 1600 km, et l’Afrique du sud à 3000 km.

CONCLUSION


La Réunion est marquée par une plus grande stabilité statutaire que les Départements Français d’Amérique depuis la révision constitutionnelle de 2003. Toutefois, et malgré un taux de croissance supérieur à la métropole depuis vingt ans, le problème du chômage, notamment des jeunes, reste aussi important qu’en Guyane, Martinique ou Guadeloupe. La Réunion partage en effet les mêmes caractéristiques d’insularité et d’éloignement. Cela nécessite donc un effort massif au niveau de la formation des jeunes, sans quoi aucun développement durable de l’île ne sera possible.

BIBLIOGRAPHIE

Ouvrages 


  • L’outre-mer français un espace singulier, Jean-Christophe Gay, Belin Sup, 2003

  • Droit des collectivités d’outre-mer, Jean-Yves Faberon et Jacques Ziller, LGDJ Manuel, 2007

  • L’outre-mer français : la nouvelle donne institutionnelle, sous la direction de Jean-Yves Faberon, La Documentation française, 2004


Sites internet 



Moussé Julien Master ATDL 2009/2010


La Réunion






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