La crise économique de 1846-1848





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date de publication07.02.2017
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La crise économique de 1846-1848

 

 Il ne faut pas confondre la crise économique de 1846-1848 avec la crise 1846-1848, ce n’est pas le même sujet. La crise 1846-1848 est une crise unique en son genre, en effet elle allie une crise agraire typique de l’Ancien Régime à une crise industrielle caractéristique des sociétés modernes. Ses conséquences seront cruciales pour l’avenir de l’Etat. Dans quelles mesures la crise économique de 1846-1848 provoque-t-elle une prise de conscience sur l’Etat et son rôle ?

 

I.                  La crise agricole.

 

Il s’agit d’une crise d’Ancien Régime dans le sens où elle est provoquée par le climat, c’est une crise frumentaire. Dans ce cas, il s’agit d’une sécheresse qui provoque une insuffisance des récoltes. Un autre problème apparaît, la maladie de la pomme de terre. Venue d’Irlande elle atteint les campagnes françaises en 1846. Ces problèmes provoquent une flambée des prix des céréales, principalement du blé dont les cours ne cessent d’augmenter pendant l’hiver et le printemps 1847 alors que le blé est l’ingrédient principal dans la fabrication du pain qui est à la base de l’alimentation des Français et que l’alimentation représente 80 % du budget des classes populaires. Ainsi, les prix du pain augmentent à leur tour jusqu’à atteindre des sommets, le prix d’un kilo de pain est à 70 centimes à Paris en 1847. Il existe des céréales de remplacement telles que le seigle, de moins bonne qualité ce qui n’empêche pas la population entière de se ruer dessus ce qui provoque une nouvelle flambée des prix et renforce donc les difficultés pour se nourrir.

 

Cette crise que le régime semble ignorer suscite le mécontentement populaire et provoque une augmentation de la misère et de l’indigence, de grandes manifestions ainsi que la montée des violences et des pillages. Les hommes n’ayant plus rien à perdre s’attaquent aux transports de grains et s’en prennent aussi aux propriétaires et aux notables à qui ils réclament du grain. En cas de refus, ils répondent par le pillage des maisons. De plus, avec le développement du réseau ferré, les hommes peuvent se déplacer à travers le pays, ainsi le désordre s’étend et s’installe.

 

Cette crise agricole a aussi des répercussions en ville. En effet, les salaires baissent, les entreprises n’embauchent plus alors même que le coût de la vie augmente fortement. Les ménages n’ont plus les moyens de consommer, doivent se serrer la ceinture et faire des économies ce qui conduit à l’effondrement de la consommation et donc à la chute des industries textile, de l’outillage et du bâtiment.

 

II.               La crise industrielle

 

C’est une conséquence du développement rapide de l’industrie et du commerce entre 1842 et 1846. Les gros bénéfices provoquent l’euphorie générale et à terme le surinvestissement dans des projets qui n’apportent pas de bénéfices à court terme et nécessite d’autres apports, mais il n’y a plus assez d’argent pour continuer de financer la construction des chemins de fer. Cette crise de surinvestissement se double d’une crise de surproduction en effet la production est toujours la même alors que les ménages consomment beaucoup moins il faut donc baisser la production pour redresser la situation : c’est une crise d’ajustement. En outre, la crise boursière  aboutit à une multiplication des faillites, par exemple celle de la société Talabot chargée de la construction des voies ferrées de la ligne Lyon Avignon. 

 

Ce surinvestissement et cette surproduction conduisent a une crise du crédit : les banques doivent augmenter leurs taux d’intérêts pour éviter les faillites. Les ménages ne peuvent plus emprunter, ni les entreprises, donc la croissance économique baisse et le pays entre dans une période de récession.

 

Cette crise de surproduction, de surinvestissement, de spéculation et du crédit associée à la crise de l’industrie de consommation en particulier du textile et du bâtiment a de nombreuses conséquences d’un point de vue social. En effet, le chômage et la misère augmentent de manière considérable.

 

III.           Guizot et le laisser faire.

 

Guizot est un libéral. Pour les libéraux, la crise économique est nécessaire et ne donne pas de raisons de s’alarmer. En cas de crise, le système est simplement déréglé, la situation doit se régler seule, sans aucune intervention de l’Etat. Cependant, le libéralisme comme le socialisme est une utopie. Dans le cadre de cette crise économique, il est impossible que la situation se règle seule, l’Etat est donc contraint d’intervenir par l’achat de blé aux Russes pour éviter que la population ne meure de faim, ce qui provoque une aggravation du déficit budgétaire.

 

Le pays est dans la spirale de la récession, pour régler la crise industrielle l’Etat doit agir sur la demande en faisant des commandes aux entreprises dans le cadre de politique particulière (politique de grands travaux par exemple). Pour agir sur l’emploi et résorber le chômage, l’Etat doit intervenir en embauchant ce qui conduira au développement de la fonction publique. C’est ce que demandent les socialisants car le seul moyen pour ne pas mourir de faim pendant cette crise c’est de recourir à la charité catholique qui ne peut prendre en charge la totalité de la population.

 

Guizot refuse toute intervention, or c’est justement la prospérité économique qui fonde sa légitimité. Avec la crise et sa décision, il est abandonné de tous patrons, paysans et ouvriers. Il est donc contraint de quitter le gouvernement.

 

 

En conclusion, cette crise annonce les crises modernes qui lui succèdent où l’Etat se doit d’intervenir pour éviter une aggravation de la situation et pour donner des solutions. Il ne peut donc plus se limiter à un rôle d’observateur attentiste et passif.

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