Ch 1 : la psychologie sociale : approche et theories





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FORMES ET NIVEAUX DE RELATIONS




    1. LES PRINCIPALES MODALITES




      1. LES FORMES DE RELATION

  • La relation interpersonnelle ou relation à l’autre : cette conception essentiellement développée par la psychologie sociale américaine , étudie les interactions comme des situations d’individu à individu. Elle montre que dans la relation, c’est à partir de l’individu que se développent les liens avec autrui.

  • La relation organisationnelle ou la relation des normes : on appréhende les relations en les envisageant à partir des rôles que chacun joue selon son appartenance à une société ou à un groupe social donné. Les relations sont alors déterminées socialement par tout un dispositif de normes qui différencie et hiérarchise. Le poids des structures hiérarchiques intervient particulièrement dans ces formes de relations.

  • La relation sociale ou la relation à la différence : La relation de l’individu avec autrui est aussi déterminée par son appartenance à une catégorie sociale définie, à une ethnie, à une classe d’âges. Cet ensemble de facteurs détermine toute relation en créant des distances socio-culturelles entre les individus (langage, style de vie, habillement).




      1. LES NIVEAUX DE LA RELATION

Il existe des niveaux de relation liés notamment à l’état de développement ou d’approfondissement d’une relation.

  • Le premier niveau est défini par un contact zéro, dans lequel deux individus sont mis en présence l’un de l’autre, mais sans se connaître (c’est le préambule de la relation).

  • Le deuxième niveau est défini par la relation superficielle entre deux personnes , qui s’établit par exemple autour de centres d’intérêts communs (cinéma, musique..). La plupart de nos relations quotidiennes sont de ce type .

  • Le troisième niveau est défini par la réciprocité qui comporte deux aspects : une connaissance mutuelle plus grande et le désir de poursuivre des buts communs.




    1. FACTEURS D’EVOLUTION DES RELATIONS


L’étude de l’évolution des relations a surtout porté sur les relations amoureuses. Les recherches ont dégagé plusieurs étapes du développement de ces relations en montrant que l’approfondissement d’une relation s’accompagne d’un certain nombre de changements dans le degré d’implication des partenaires et dans l’intensité de leur sentiments.


      1. LE DEVELOPPEMENT DES RELATIONS

Les contacts physiques et sociaux se développent au fur et à mesure que la relation s’approfondit. Mais les comportements, qui sont positifs au début, critiquent de plus en plus la conduite du partenaire. Le développement d’une relation comporte donc une dimension conflictuelle, dans la mesure où plus elle s’approfondit, plus elle tend à nier les différences et l’expression de soi.


      1. LES NORMES DE L’INTIMITE

Des études (Brain, 1976) ont montré comment les normes déterminent les relations intimes. Elles observent que les normes sont fonction des cultures et des époques (ex : polygamie peut apparaître comme une forme normale des relations sexuelles).


      1. LE ROLE DE LA COMMUNICATION

Au cours d’une étude expérimentale, Gottman (1979) a dégagé des formes de communication spécifiques chez les couples mariés, selon qu’ils étaient heureux ou malheureux. Il a observé que les couples heureux manifestaient, lorsqu’ils étaient en désaccord au cours d’une discussion, une attitude à travers laquelle ils acceptaient la position développée par leur partenaire.. Au contraire, les couples malheureux laissaient apparaître un déficit de communication.

Altman et Taylor (1973) ont étudié le processus d’autorévélation qui désigne l’échange de confidences, la capacité à livrer ses pensées et ses émotions au fur et à mesure qu’une relation s’approfondit. Cette étude a, par ailleurs, permis de dégager que la relation est toujours une situation dissymétrique : s’il y a ouverture de soi au fur et à mesure qu’elle s’approfondit, il n’y a pas forcément réciprocité directe de cette ouverture chez les partenaires.



  1. MODELES EXPLICATIFS DE LA RELATION


Pour expliquer le fonctionnement des relations, un certain nombre de théories se sont développées, parmi lesquelles celles de l’échange et de l’équité.


    1. LES THEORIES DE L’ECHANGE




      1. LES CARACTERISTIQUES DE L’ECHANGE

L’échange est une transaction dans laquelle nous cherchons à obtenir la meilleure relation possible pour nous ; il apparaît comme une situation stratégique. Selon Gergen et Gergen (1981), les individus tentent d’acquérir, à travers l’échange, un plaisir maximal à un coût minimal.


      1. LES FACTEURS DE L’ECHANGE

Il existe un certain nombre de facteurs qui orientent les interactions :

  • Les interactions comme échange de ressources : Foa et Foa (1974) ont classé les ressources de l’échange dans 6 catégories (l’amour, les services, les biens, l’argent, l’information et le statut). Celles-ci varient en fonction de leur particularisation et de leur matérialité. Plus deux actions sont similaires, plus l’échange entre elles est approprié. Par ex., si on vous adresse un sourire, il serait inapproprié d’y répondre en donnant de l’argent.

  • Les stratégies de l’échange : Dans toute situation d’interaction se manifeste un conflit entre le désir de coopérer avec autrui et le désir de l’exploiter. Trois stratégies ont été dégagées : la stratégie de coopération avec pour effet un comportement positif (Rubin et Brown , 1975), ou un comportement d’exploitation (Hammer et Yukl, 1977), la stratégie de résistance, où l’on fait peu de concessions à l’autre (Hammer et Cummings, 1973), et la stratégie de renforcement, où l’on répond à la coopération par la coopération et à l’exploitation par l’exploitation.

Pruitt et Lewis (1965) ont privilégié le concept de fermeté flexible comme la meilleures situation d’échange permettant la coopération . Ils considèrent que, pour qu’un échange réussisse, il faut que les gens maintiennent leur objectif de façon ferme, mais qu’ils montrent une souplesse pour y arriver.



    1. LES THEORIES DE L’EQUITE


Ces théories ont mis l’accent sur la recherche de ce qui est équitable dans une interaction. Dans ce cas, ce qui compte c’est l’acceptation des termes de l’échange résultant d’un équilibre dans les échanges entre les partenaires. Lorsque les individus estiment qu’il n’existe plus de forme équitable d’échanges, ils essaient, soit de la rétablir, soit de trouver des solutions de rechange.


      1. LA VALEUR DE L’EQUITE

Des études ont permis de dégager le caractère relatif et subjectif des règles de l’équité (par ex : réévaluation de la difficulté d’une tâche demandée par rapport au niveau de rémunération ).


    1. ANALYSE CRITIQUE


Ces théories s’inspirent d’une vision économique de la relation et traitent les échanges selon des principes économiques des ressources. En réalité, les interactions ne sont jamais entièrement rationnelles car les individus n’ont à leur disposition que des informations parcellaires et déformées. En outre, tous les échanges sociaux sont déterminés par le statut social des individus en présence, ainsi que la manière de le percevoir.


CH 3 L’INFLUENCE SOCIALE
Les études qui tentent de saisir le processus de l’influence mettent en évidence une dimension essentielle de la relation avec autrui, ainsi que de la relation entre individu et société. Le phénomène de l’influence sociale montre à la fois l’emprise que le social exerce sur l’individu et les modifications qu’elle entraîne au niveau du comportement.



  1. LES BASES DE L’INFLUENCE SOCIALE



L’étude des phénomènes sociaux révèle la tendance des systèmes à l’intégration et à l’uniformisation sociale par la capacité des individus à incorporer les éléments dominants dans une culture.


    1. LES PROCESUS D’ INFLUENCE DIFFUSE


Les psychologues sociaux considèrent l’influence en partant d’abord d’un ensemble de phénomènes diffus tels que la tendance à l’uniformisation dans la société et qui trouve son explication dans des pressions invisibles et cachées qui ont été caractérisées de plusieurs manières :
1.1.1 L’ IMITATION ET LA CONTAGION SOCIALE

Pour Tarde (1903), l’imitation n’est pas une simple copie, mais une transformation d’un comportement individuel en comportement social.

Kerckhoff et Back (1968) étudient le phénomène de contagion sociale (tendance à imiter un modèle dominant de comportement qui se propage d’une personne à une autre). Leur étude a permis de conclure que les individus qui ont des relations positives entre eux ont tendance à modeler leurs comportements les uns sur les autres, car ils cherchent à se ressembler.
1.1.2 LA COMPARAISON SOCIALE

Selon Festinger (1954), les gens ne sont pas toujours sûrs de leurs opinions, ni de leurs actions, et dans ce cas, ils recherchent auprès des autres si leurs opinions sont exactes, c’est-à-dire acceptées dans le groupe où ils se trouvent.


    1. LA PRODUCTION DES NORMES


Normaliser les comportements et le social est un autre processus fondamental de l’influence. Par l’analyse des normes, nous abordons l’univers des règles invisibles ou formelles qui exercent des pressions sur l’individu, qui régissent ses modalités de relation et qui sont capables d’organiser sa compréhension du monde, de soi-même et des autres.
1.2.1 DEFINITION

Une norme peut être définie comme un type de pression cognitive et psychosociale se référant à des valeurs dominantes et des opinions partagées dans une société ; elle s’exprime sous forme de règle de conduite plus ou moins explicite en vue d’obtenir des comportements appropriés socialement. L’effet d’une norme implicite ou explicite est d’engendrer une certaine uniformité.

1.2.2 RESULTATS EXPERIMENTAUX

Des expériences (ex : Sherif en 1936) illustrent la situation ambiguë face à laquelle on se forme un jugement personnel et la convergence des jugements individuels lorsqu’ils sont confrontés entre eux, vers une position de référence commune.
1.2.3 FONCTIONS DES NORMES

Une première fonction de la norme est la réduction de l’ambiguïté (consolider les positions des individus par un système de réassurance qui leur permet de mieux maîtriser la réalité.

Une autre fonction de la norme est l’évitement du conflit. En ce sens, Moscovici (1972) considère que la variété des jugements individuels empêche la conclusion d’un accord.

Enfin, la normalisation s’opère comme un processus de négociation.


    1. INFLUENCE SOCIALE ET DISSONANCE COGNITIVE


L’influence sociale peut être étudiée à travers les pressions cognitives qui s’exercent comme facteur de changement des attitudes.

1.3.1 LA THEORIE DE LA DISSONANCE COGNITIVE

La dissonance cognitive est un état de tension intérieure résultant d’une coexistence discordante entre des idées ou des opinions acquises antérieurement et un ou des faits nouveaux.
1.3.2 DISSONANCE ET CHANGEMENT D’ ATTITUDES

Des expériences (ex : Zimbardo et Ebbeson en 1969) permettent de conclure que le sentiment de dissonance entraîne un changement des attitudes personnelles, lorsque les individus adoptent publiquement un rôle en contradiction avec elles.



  1. LES FORMES DE L’ INFLUENCE SOCIALE


Il existe deux situations dans lesquelles intervient une modification du comportement qui résulte de pressions spécifiques :


    1. LA CONFORMITE


La conformité peut être définie comme la modification de croyances ou de comportements par laquelle un individu répond à divers types de pressions d’un groupe, en cherchant à se mettre en accord avec les normes ambiantes par l’adoption de comportements approuvés socialement.
2.1.1 LES PREMIERES RECHERCHES SUR LA CONFORMITE

Le processus de la conformité a été connu notamment par les travaux de Asch (1951). A partir d’une expérience sur la perception visuelle, il a cherché à étudier l’indépendance du jugement de l’individu face aux pressions sociales. Il ressort des résultats que le quart des sujets de son expérience adopte les mêmes réponses que les compères, c’est-à-dire se conforme au groupe, plutôt que d’exprimer son jugement personnel, à partir de sa propre perception.
2.1.2 LES THEORIES DE LA CONFORMITE

A la suite des travaux de Asch, quelques recherches ont tenté de savoir pourquoi le gens se conformaient. Il en est ressorti deux orientations : selon que la conformité est analysée comme une caractéristique individuelle (ex : Crutchfield , en 1955 a défini le conformiste comme un individu inintelligent et inadapté), ou d’après son expression au sein d’un groupe (ex : Asch , en 1952 a défini la conformité en montrant que les individus se servaient d’informations provenant du comportement et des croyances d’un groupe pour déterminer leurs propres attitudes.
2.1.3 LES DETERMINANTS DE LA CONFORMITE

Les recherches de Worchel et Cooper, 1976, ont établi que plus un individu se sent compétent pour accomplir une tâche, moins il aura le désir de se conformer au groupe.

Asch (1951) a étudié l’influence de la taille du groupe sur la variation du niveau de conformité. Il a observé que la conformité augmentait suivant la taille du groupe, jusqu’à ce que celui-ci se compose de quatre personnes ; au-delà, le poids de la conformité diminue.

Pour d’autres auteurs (Latane et Wolf, 1981) la conformité s’accroît à mesure que la taille du groupe augmente, mais le degré de conformité des individus est fonction du moment à partir duquel ils arrivent dans le groupe.

Les recherches sur les caractéristiques de la situation consistent à cerner dans quelles situations les individus se conforment le plus ou le moins. Blake, Helson et Mouton (1957) ont montré que la conformité était plus importante lorsqu’une tâche était difficile et ambiguë que lorsqu’elle était simple à réaliser.

2.1.4 L’ INTERPRETATION DE LA CONFORMITE

La conformité est le résultat d’un besoin de repérage chez l’individu, car il s’efforce d’être en harmonie avec les autres comportements et croyances auxquels il est confronté. On peut en conclure que moins une personne a confiance en elle, plus elle est susceptible de subir les pressions en direction de la conformité.

De manière plus générale, on peut expliquer la conformité par l’idée de dépendance. Lorsqu’un groupe est confronté à l’évaluation d’une situation, il élabore un système de réponses qui assure la réduction de l’anxiété et sa propre cohésion.

En 1976, Personnaz s’est demandé si , dans une situation de conformité, le consensus correspondait effectivement à l’acceptation de la norme majoritaire et a conclu que la dépendance ne crée pas une véritable influence et que la conformité reste une modification momentanée : le sujet conserve son identité, mais elle est temporairement clandestine.


    1. LA SOUMISSION


Les recherches distinguent deux types de soumissions, comme aspects de l’influence sociale :
2.2.1 LA SOUMISSION LIBREMENT CONSENTIE

Il s’agit d’un type d’influence qui consiste à amener quelqu’un à se comporter de façon différente qu’à son habitude, en le manipulant de telle sorte qu’il a le sentiment de faire librement ce qu’on lui demande. La soumission consentie est obtenue à travers deux stratégies :

* La stratégie d’influence du pied dans la porte : ce procédé consiste à amener quelqu’un, à travers un première demande anodine, à faire ce qu’on attend réellement de lui.

* La stratégie de la faveur déguisée (ou de l’amorçage) : elle consiste à amener quelqu’un à s’engager sur une proposition qu’on lui fait, mais sans qu’il connaisse le coût réel de son accord.
2.2.2 LA SOUMISSION A L’ AUTORITE

C’est la modification du comportement à travers laquelle un individu répond par la soumission à un ordre qui lui vient d’un pouvoir légitime : travaux de Milgram (1965-1974). Milgram essaie d’expliquer l’obéissance par plusieurs facteurs : les conditions de la socialisation, les facteurs de changement de l’obéissance et la faiblesse de la résistance humaine.

Dans les deux formes d’influence sociale que nous venons de voir, les individus sont placés dans des situations où ils modifient leurs comportements et se soumettent à des ordres. Dans la conformité, c’est la pression du groupe qui s’exerce ; dans l’obéissance, c’est l’ordre d’une autorité.
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