Lecomte, Tristan, “Le commerce équitable”, aux éditions Eyrolles Pratiques, Paris, 2007, 191 pages





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Huet Anne-Sophie


Lecomte, Tristan, “Le commerce équitable”, aux éditions Eyrolles Pratiques, Paris, 2007, 191 pages.

Présentation :


L’auteur de ce livre divisé en deux parties, chacune étant enrichies de nombreux témoignages, cherche avant tout à montrer quels sont les fondements et les dynamiques du commerce équitable d’une part, et qui en sont les acteurs. Après avoir très clairement défini ce qu’est le commerce équitable, il explique les causes, locales et internationales, de la nécessité de développer ce projet. Cela lui permet d’expliquer quels sont les objectifs du commerce équitable mais également du mouvement dans lequel il s’inscrit : le développement durable. La seconde partie est plus centrée sur les acteurs du commerce équitable. T. Lecomte y décrit comment de nombreux projets se sont mis en place et quels ont été les résultats. Il traite également de la manière dont sont structurés les réseaux de commerce équitable. Enfin, la fin du livre est centrée sur le consommateur des produits équitables : leur profil, leurs attentes…

Ce livre cherche donc à démontrer que le commerce équitable est une réponse à la problématique de développement durable, mais que la démarche doit encore répondre à de nombreux enjeux.

« Parce que le commerce mondial est inéquitable, une alternative s’impose »1. Il existe en effet un réel disfonctionnement dans le mode d’organisation du commerce actuel. Travaillant en priorité avec les petits producteurs défavorisés vivant de la Thaïlande au Brésil, en passant par le Ghana, la Palestine, Cuba, les Philippines, la Bolivie, le Sri Lanka, le Mexique, le Nicaragua, l’Ethiopie… le commerce équitable est une tentative pour rééquilibrer les relations commerciales entre les pays du Nord (développés) et ceux du Sud (en développement). Selon le FINE2 « Le commerce équitable est un partenariat commerciale fondé sur le dialogue, la transparence et le respect, dont l’objectif est de parvenir à une plus grande équité dans le commerce mondiale. Il contribue au développement durable en offrant de meilleures conditions commerciales et en garantissant les droits des producteurs et des travailleurs marginalisés tout particulièrement au Sud de la planète ».3 L’auteur de ce livre, Tristan Lecomte, est le fondateur d’Alter Eco, une marque spécialisée, depuis 1998,

dans les produits de commerce équitable et sui se vend principalement dans la grande distribution. Tristan Lecomte est par ailleurs professeur vacataire à HEC en solidarité internationale et développement durable. Il a été manager au sein du département développement durable chez PriceWaterhouseCoopers4 en charge du développement des services liés au commerce équitable. Ce livre précis et enrichi de nombreux témoignages explique ainsi aux consommateurs (militants engagés ou simplement curieux) ce qu’est réellement le commerce équitable.

Quels sont les enjeux de cet « autre commerce » ? En quoi le mode d’organisation du commerce équitable existant aujourd’hui permet-il de garantir un développement durable pour les petits producteurs défavorisés ?

Car en effet, le mouvement du développement durable ,concept apparut en 1987 à la suite du rapport Brunland qui propose une nouvelle manière d’appréhender les enjeux du développement humain, auquel est lié le commerce, équitable vient d’une volonté de rendre le commerce plus soutenable pour l’homme et son environnement.

Nous verrons, dans un premier temps, comment et grâce à qui a put émerger la notion de commerce équitable pour comprendre, dans un second temps, pourquoi le développement de ce projet apparaît-il aujourd’hui comme une nécessité.
I. L’émergence du commerce équitable et du mouvement du développement durable.

a. Les fondements théoriques du commerce équitable.

Les premiers acteurs à s’être engagés dans la voix du commerce équitable furent les associations de solidarité internationales qui menaient déjà des projets de lutte contre la pauvreté dans les pays en développement. Elles se basèrent sur le principe logique selon lequel « les besoins des plus pauvres seraient plus facilement et plus durablement comblés si ils étaient basés au préalable sur des structures productives susceptibles de les financer sans dépendre d’aucune aide »5. Ainsi, à partir du milieu des années 60 commença à se mettre en place une nouvelle façon d’aider les pays les plus pauvres. A la différence de l’aide traditionnelle, celle-ci était basée sur l’échange et non pas sur le don. Le projet du commerce équitable s’autofinançant lui-même grâce aux ressources générées par la vente des produits équitables dans les pays du Nord, il est plus enclin à perdurer qu’un projet qui dépendrait de la générosité des pays occidentaux et cela permet à l’ONG qui travail au projet d’être plus autonome, ce qui évite les risques d’instrumentalisation de celle-ci.
b. L’émergence du commerce équitable et les soutiens à ce mouvement.

La notion de Fair Trade (commerce équitable) émergea en 1964, deux ans après le discours fondateur de la CNUCED (Conférence des Nations Unies pour le Commerce et le Développement) qui évoquait le slogan Trade not Aid, le commerce, pas la charité. Le développement d’associations travaillant pour organiser un commerce plus équitable fut soutenu d’abord par les églises protestantes et catholiques en Europe et aux Etats-Unis qui y virent un moyen d’humaniser et de moraliser l’économie. L’église protestante ayant été la plus impliquée dans ce projet, le mouvement se développa le plus rapidement en Suisse, en Hollande, en Angleterre et en Allemagne. A la suite de ce premier mouvement de soutien au commerce équitable que fut ce courant « humaniste et religieux »6, le mouvement tiers-mondiste de la fin des années 60 pris le relais avec un fondement idéologique et politique. Dénonçant les inégalités entre les pays du Nord et ceux du Sud, ce mouvement marxiste critiquaient le mode d’organisation libérale du commerce mondiale qui conduisait à la prolétarisation des pays du Sud au profit des pays du Nord capitalistes.

Puis, alors que le mouvement du commerce équitable était principalement soutenu par des groupes minoritaires qui se posaient en opposant au système, son intégration à l’intérieur du large mouvement du développement durable permis sa diffusion à un plus large public. En effet, le développement durable ne remet pas fondamentalement en cause le système libéral mais propose des ajustements dans le processus de création de la valeur, afin que la création de richesses aujourd’hui ne mette pas en péril notre capacité à répondre aux enjeux de demain.

c. L’institutionnalisation et la structuration des réseaux de commerce équitable.

Soucieux de limiter les impacts négatifs de la croissance économique sur l’environnement, et de développer un commerce plus solidaire avec les pays du Sud (et avec les générations futures), les mouvements du développement durable et du commerce équitable se sont peu à peu institutionnalisés. En 1988 fut créée l’ IFAT7 et, la même année, soutenus par des associations de solidarité internationale, deux hollandais : Nico Roozen et le père Franz van Der Hoff, créèrent la FLO, une organisation (représentée en France par le label Max Havelaar) qui agrée des groupes de producteurs du commerce équitable suivant un cahier des charges établi au niveau international et adapté à chaque produit concerné. Crée en 1997, la PFCE (Plate forme française pour le commerce équitable) est un collectif national qui fédère près de trente cinq organisations engagées sur le champ marchand (importation, exportation) et non marchand du commerce équitable (renforcement des partenaires du Sud, certification, sensibilisation…) La PFCE s’engage principalement sur la promotion institutionnelle du commerce équitable et sur le renforcement des systèmes de garantie. Enfin, elle développe également la fonction de centre de formation et d’étude.8 En 1998, le commerce équitable fut introduit dans la grande distribution en France. Aujourd’hui, les systèmes de garantie sont très nombreux et un nouvel enjeux se pose : celui d’une harmonisation des systèmes de garantie.
Pourquoi le développement du commerce équitable apparaît-il actuellement comme une nécessité ?

a. Au Sud, une situation parfois catastrophique des petits producteurs.

Les petits producteurs et les artisans des pays pauvres sont encore actuellement dans une situation frappante d’isolement et de dénuement. Vendant leurs productions pour une misère, en dessous de leur prix de revient, la majorité de ces populations peinent à faire vivre leur famille dignement. En effet, 20% des pays les plus pauvres fournissent seulement 1% du PIB (produit intérieur brut) mondial contre 86% pour les 20% des pays les plus riches.9 Et les écarts s’accentuent principalement pour deux raisons. En premier lieu, il existe des facteurs locaux causés par le manque de structure ou le verrouillage des marchés, associé à une demande très faible. La situation de pauvreté des petits producteurs est en effet en grande partie liée à leur isolement et à leur incapacité à se regrouper, vendant sur les marchés locaux où à des intermédiaires puissants qui fixent eux-mêmes les prix. Par conséquent, les prix des produits agricoles stagnent ou baissent, ce qui conduit à une baisse du niveau de vie des producteurs qui sont obligés de partir chercher du travail dans les villes et qui finissent ainsi par s’entasser dans les bidonvilles que l’on retrouve aux abords des toutes les grandes métropoles des pays du Sud. Puis, il existe des facteurs internationaux liés aux conditions défavorables des échanges entre le Nord et le Sud qui contribuent également à accentuer les inégalités. En effet, les cours des denrées agricoles type riz, cacao, thé, bananes ou coton sont très fluctuants et, si dans nos économies développées, il est possible d’y faire face à grands coups de subventions, la situation est différente dans les pays pauvres. De plus, le protectionnisme est toujours utilisé par les pays les plus riches car ce sont eux qui dictent et transgressent les lois de l’OMC. Enfin, les critères sociaux et environnementaux très stricts imposés aux pays du Sud sans transition ni accompagnement sont souvent perçus comme une nouvelle forme de protectionnisme.
b. Le commerce équitable : un défit allant dans le sens d’un rapprochement et d’un développement solidaire Nord-Sud.

Le fonctionnement actuel de l’économie mondiale est essentiellement basé sur le rendement et le profit. Les prix et les conditions d’achat sont imposés sans négociations aux petits producteurs. Le commerce est indispensable à toute société et fonde en partie le lien social et pourtant, tel qu’il est pratiqué aujourd’hui, il banalise une situation de dominant /dominé. Depuis quarante ans, la démarche du commerce équitable tente de proposer une alternative efficace pour réduire les inégalités engendrées par le commerce conventionnel et redonner à l’homme sa place centrale dans les échanges. Heureusement, le contexte du commerce équitable a fortement évolué sous l’effet d’une opinion publique favorable et d’un développement des parts de marché. La consommation éthique et responsable se développe au Nord grâce aux compagnes de sensibilisation, notamment au sein des classes moyennes. Les différentes crises alimentaire (vache folle, grippe aviaire, OGM) y ont contribué. Le commerce équitable est une occasion de réfléchir à sa propre consommation. Il entend aider les petits producteurs isolés à démarrer leur activité et à avoir accès au commerce international. Les acteurs du commerce équitables travaillent ainsi à faire respecter plusieurs principes : assurer une juste rémunérations pour les producteurs, respecter les droits fondamentaux, établir des relations durables entre partenaires économique, préserver l’environnement et proposer des produits de qualité.
Ainsi, le commerce équitable apparaît bien comme un outil de développement durable efficace car son objectif est autant le développement local que la régulation des marchés au niveau international et le développement de normes et d’un label social international. Cependant, il faut espérer que les consommateurs ne se lassent pas de ces produits équitables qui connaissent de plus en plus de succès car si les préoccupations de l’opinion publique peuvent changer rapidement, il faut 10 à 25 ans aux petits producteurs pour arriver à atteindre un niveau de vie décent et pour entrer dans un processus de développement durable.

1 Tristan Lecomte, « Le commerce équitable », 4° de couverture, aux éditions Eyrolles, Paris, 2007.

2 Forum informel qui réunit quatre organisations de commerce équitable (FLO, NEWS, IFAT, EFTA). Il permet l’échange d’informations et la recherche de positions communes dans le but de consolider le mouvement du commerce équitable et favoriser son expansion, notamment grâce au plaidoyer.

3 http://www.commerceequitable.org/117. Site consulté le 25/08/2007.

4 PriceWaterhouseCoopers est un cabinet de service financier, d’audit et de certification des comtes, de conseil et d’expertise technique selon le site http://www.pwc.fr/china_europe.htlm, consulté le 25/08/07.

5 Tristan Lecomte, « Le commerce équitable », aux éditions Eyrolles, Paris, 2007, P. 48.

6 Tristan Lecomte, « Le commerce équitable », P. 50.

7 Fédération internationale du commerce équitable.

9 Tristan Lecomte, « le commerce équitable », aux éditions Eyrolles, Paris, 2007, P. 15.




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