Cours 1 La fin de l’empire des Indes (2h) I. La contestation de la domination britannique Le «joyau de la Couronne»





titreCours 1 La fin de l’empire des Indes (2h) I. La contestation de la domination britannique Le «joyau de la Couronne»
date de publication05.02.2020
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HISTOIRE - Thème 4, question 2

La décolonisation
Cours 1 La fin de l’empire des Indes (2h)


I. La contestation de la domination britannique
1. Le « joyau de la Couronne » britannique

  • La présence britannique en Inde est ancienne mais au XIXe siècle, le sous-continent passe entièrement sous la domination anglaise. Sous la couronne britannique, l’Inde demeure un ensemble d’Etats hétéroclites gouvernés par des maharadjas et des nawabs et une mosaïque de cultures, de castes, de croyances et de langues. Les différentes régions sont autonomes. Toutefois, un vice-roi représente l’autorité britannique et l’anglais devient la langue officielle de l’administration.




  • Les Indes représentent une zone de prospérité financière pour les 120 000 colons anglais qui développent l’exploitation des mines de charbon, de fer, la culture du thé, du café et du coton. Ils transforment également les villes et construisent un réseau de chemin de fer. Il ne faut pas cependant exagérer l’importance de la colonie dans le commerce anglais, puisque l’Inde ne représente qu’à peine 1% du PIB britannique entre les deux guerres mondiales.


  • Dès la fin du siècle, la métropole délègue des pouvoirs aux élites locales, souvent formées en Angleterre – on parle d’indirect rule et de self-government. Celles-ci fondent en 1885 L’Indian National Congress (INC), ou parti du Congrès, avec la bénédiction des autorités britanniques. Une série de réformes entérinent l’autonomie des provinces sans que l’on puisse dire que les Britanniques préparent l’indépendance de la colonie.


2. Le parti du Congrès et la Ligue musulmane

  • Après la Première Guerre mondiale, le parti du Congrès ainsi que de nombreux intellectuels commencent à réclamer l’indépendance de la colonie. L’avocat Mohandas Karamchand Gandhi (bientôt surnommé « Mahatma », « la grande âme ») prend la tête du Congrès et du mouvement de résistance contre la présence anglaise en Inde.




  • Dans le même temps, la Ligue musulmane est fondée en 1906 pour défendre les droits de la minorité de musulmans indiens. Son leader, Muhammad Ali Jinnah, est d’abord favorable à une négociation avec les Britanniques mais réclame rapidement l’indépendance de l’Inde aux côtés des membres du Congrès. Pour autant, il désapprouve les campagnes lancées par Gandhi contre les Britanniques et les tensions entre la Ligue musulmane et le parti du Congrès s’exacerbent.



  • A partir des années 1920, Gandhi prône la « non-coopération » et la « résistance civile » face à l’occupation britannique. Sa stratégie passe par l’organisation de campagnes de boycott des produits anglais et de marches pacifiques, comme la Marche du sel en 1930. Plusieurs fois arrêté, comme des dizaines de milliers d’autres activistes anti-britanniques, il devient une figure internationalement connue.


3. La marche vers l’indépendance

  • En 1935, le Government of India Act apporte un début d’autonomie politique à la colonie : elle devient une fédération de onze provinces dotées de gouvernements autonomies et d’assemblées élues au suffrage censitaire. Toutefois, le parti du Congrès continue de demander l’indépendance totale, tandis que le projet de fédération se heurte à la Ligue musulmane qui réclame la création d’un Etat musulman indépendant à partir de 1940.




  • La participation de l’Inde à la guerre contre l’Axe (1,5 millions d’hommes engagés) semble ouvrir la voie à de nouvelles négociations entre les différentes parties, mais le mouvement Quit India lancé par le parti du Congrès en 1942 durcit la situation : cette campagne de désobéissance civile massive mais pacifique déclenchée par Gandhi entraîne l’arrestation de plusieurs leaders du parti du Congrès, dont Gandhi et Jawaharlal Nehru.



  • Dans les mois qui suivent, des grèves et des manifestations sont organisées. Des postes de police, des gares et des bureaux de poste sont attaqués et les attentats à la bombe se multiplient. La répression menée par l’armée britannique entraîne l’arrestation de plus de 90 000 indépendantistes et cause plus d’un millier de morts.



II. Vers les négociations et la partition
1. 1945 : un contexte favorable à la décolonisation

  • Outre le fait que les deux superpuissances sont hostiles à la colonisation (dont les Etats-Unis, alliés privilégiés du Royaume-Uni), plusieurs facteurs expliquent la rapidité de l’indépendance des Indes britanniques. Comme les autres métropoles européennes, le Royaume-Uni sort affaibli du second conflit mondial et doit faire face à ses propres difficultés économiques, alors que les émeutes se multiplient en Inde après l’échec de pourparlers entre représentants du gouvernement britannique, du parti du Congrès et de la Ligue musulmane.




  • Les Britanniques sont également confrontés à une agitation nationaliste croissante dans leurs autres colonies ou les territoires sous mandat (Birmanie, Palestine, Indes britanniques, Palestine, etc.). Ils veulent avant tout éviter une guerre avec l’une de leurs colonies. D’autre part, le Royaume-Uni a fondé en 1931 le Commonwealth, une communauté d’Etats autonomes l’associant avec ses anciennes colonies, protectorats et dominions. Cette organisation permet au Royaume-Uni de préserver ses intérêts économiques sans supporter le coût de l’administration coloniale.



  • Enfin, en 1945, le parti travailliste remporte les élections en Grande-Bretagne. Winston Churchill, très attaché à la domination britannique sur l’Empire, cède la place à Clement Attlee, qui devient Premier ministre. Ce dernier n’est pas hostile à une indépendance des colonies à la condition que celles-ci demeurent liées au Royaume-Uni par des liens économiques.


2. Les tensions de l’après-guerre

  • Alors que le gouvernement britannique et le parti du Congrès s’accordent sur le principe de la construction d’un Etat fédéral, la Ligue musulmane s’y oppose et Jinnah réclame la création de deux Etats. Son parti refuse de participer au gouvernement intérimaire et à l’Assemblée constituante élue en 1946. En août, Jinnah organise une journée d’action pour imposer la création d’un Pakistan indépendant.




  • Des émeutes éclatent entre hindous et musulmans, faisant plusieurs milliers de morts à Calcutta, la capitale administrative de l’Empire. L’agitation gagne plusieurs provinces, au Bengale et dans le nord-ouest de l’Inde. Elle se poursuit au cours de l’année suivante. Les gouvernements locaux, qu’ils soient hindous ou musulmans, annoncent clairement dans ces provinces qu’ils n’interviendraient pas contre leur communauté pour protéger la communauté minoritaire. Les massacres sont donc quasiment encouragés à des fins politiques.



  • Dans le même temps, la ligue musulmane remporte une victoire lors des élections législatives précédent la mise en place d’une Assemblée constituante, en remportant tous les sièges réservés aux musulmans. Pour Jinnah, c’est la confirmation de la légitimité de son parti à revendiquer un Etat musulman indépendant.


3. Les négociations et la partition

  • En février 1948, Clement Attlee annonce que des mesures seront prises « pour mettre en œuvre le transfert de pouvoir entre des mains indiennes responsables, au plus tard en juin 1948. » Attlee justifie cette décision en expliquant que le processus de self-government entrepris depuis longtemps par les Britanniques a abouti : « aujourd’hui, l’administration civile et l’armée indienne sont, dans une large mesure, aux mains de fonctionnaires et d’officiers indiens. » Cette décision précipitée – Attlee abandonne en effet le principe d’unité du nouvel Etat – s’explique par la situation intérieure de l’Inde, au bord de la guerre civile.




  • C’est dans un contexte de violences extrêmes que Lord Mountbatten, nommé vice-roi des Indes, négocie l’indépendance et la partition lors de la conférence de New Delhi (juin 1947) avec les deux figures les plus importantes des mouvements nationalistes, Nehru et Jinnah. Malgré l’opposition de Gandhi, la partition ne peut être évitée. L’évacuation par les Britanniques devait prendre 15 mois. Le vice-roi l’organise en trois mois seulement.

  • La partition donne naissance à deux Etats, conformément à l’Indian Independence Act qui entre en vigueur le 15 août 1947 : l’Union indienne et le Pakistan. Ce dernier est lui-même divisé en deux parties, le Pakistan occidental (l’actuel Pakistan) et le Pakistan oriental (l’actuel Bangladesh, indépendant en 1971 à la suite de la troisième guerre indo-pakistanaise). Dès août 1947, l’Inde et le Pakistan intègrent le Commonwealth. En 1948, l’indépendance de Ceylan (l’actuel Sri-Lanka) et de la Birmanie met définitivement fin à l’Empire des Indes.



III. L’Inde après l’indépendance
1. Déplacements de populations et massacres

  • Nehru devient Premier ministre du nouvel Etat indépendant indien et une Assemblée Constituante est formée. Cette dernière est entièrement composée d’Indiens : les délégués de la Ligue musulmane décident en effet de la boycotter. De son côté, Jinnah devient gouverneur général du Pakistan, puis il est élu président de l’Assemblée constituante.




  • L’indépendance des Indes britanniques s’accompagne d’un vaste mouvement de populations : 7 million de musulmans rejoignent le Pakistan occidental ou oriental, tandis que 10 millions d’hindous se déplacent de ces régions vers l’Union indienne. C’est le plus grand déplacement de population dans l’histoire de l’humanité. La rapidité du processus de décolonisation explique sans doute le déchaînement de violence qui se produit alors.



  • Une véritable guerre civile se déroule entre les communautés, notamment au Pendjab, au Bengale et dans le Cachemire. On estime que ces massacres font environ 500 000 victimes parmi les hindous, les musulmans et les Sikhs (mais certaines estimations évoquent les chiffres de 1 à 2 million de morts). Nehru tente en vain de s’opposer au massacre. En 1948, Gandhi est assassiné par un extrémiste hindou qui lui reproche sa trop grande tolérance à l’égard des musulmans.


2. La première guerre indo-pakistanaise et ses conséquences

  • Au nord-ouest de l’Inde, le Cachemire fait l’objet d’un désaccord entre Indiens et Pakistanais. Il est majoritairement peuplé de musulmans, mais sont prince est hindou. Une première guerre éclate entre les deux Etats, qui aboutit en 1949 au partage du Cachemire entre l’Inde et le Pakistan.




  • Le conflit indo-pakistanais se poursuit néanmoins au sujet de la province, puisque deux autres guerres opposent ces Etats nouvellement indépendants en 1965 et 1971. On constate donc que la précipitation dans laquelle s’est effectuée l’indépendance des Indes britanniques est à la source de conflits internes et internationaux.



  • D’autre part, dans le contexte de la guerre froide, et bien qu’ils participent tous deux au mouvement des non-alignés, l’Inde et le Pakistan deviennent un enjeu de l’affrontement Est-Ouest. Ainsi, le Pakistan devient l’un des piliers de l’endiguement américain dans la région, tandis que l’Inde se rapproche de l’Union soviétique.


3. Les défis de l’Inde indépendante

  • Les enjeux de l’Inde indépendante sont également sociaux et économiques. Sur le plan du développement, l’Inde mise sur une industrialisation fondée sur le modèle socialiste et lance une « révolution verte » pour nourrir une population en pleine croissance. Le pays bénéficie d’une administration héritée de la période coloniale pour mettre en œuvre cette politique.




  • Mais l’Inde hérite également des fortes inégalités entre les élites qui ont émergé durant l’occupation britannique et la masse de la population pauvre et non-éduquée. Cette situation est aggravée par la persistance du système de castes que les Britanniques n’ont pas remis en cause et qui cloisonne la société civile au sein de la nouvelle démocratie.







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