La science politique et le monde arabe : d’une relation problématique à un savoir problématisé





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Deuxième partie. Retrouver le cœur de métier du politiste

Comme je l’ai écrit plus haut, se saisir des objets dont l’observation a rendu la science politique nécessaire est un impératif. Aujourd’hui, nombre d’auteurs s’en détournent par un effet attendu de la division du travail et de la nécessité de trouver une niche où s’épanouir, un territoire à marquer. La fragmentation de la science politique, remarquée aux Etats-Unis (Almond) puis en Europe (Goodin ; Favre, 2010) risque d’atteindre le monde arabe au moment même où il s’affranchit des obstacles qui ont longtemps pesé sur le développement de la discipline. Evidemment, je l’ai aussi dit, il peut être rationnel de s’inscrire dans ce processus de segmentation, accélérateur de mise en réseau. Pour en donner un exemple réel, un chercheur isolé en Suisse trouvera dans la communauté des internationalistes postmodernes australiens des oreilles attentives à ses propos sur une perspective dialogiste en relations internationales (Guillaume, 2010). On peut ainsi avoir le légitime sentiment d’être à l’avant-garde de la science, mais cela suppose qu’il n’y a plus rien d’intéressant à faire à l’arrière-garde. On acquiert alors une double reconnaissance académique, pour la modernité des objets choisis et pour l’audace des méthodes adoptées. Pourtant, il serait dommageable à la science politique arabe que les meilleurs de ses chercheurs négligent ce qui a permis à la discipline de se construire dans les pays où elle est d’abord née, sautant ainsi une étape du cycle d’édification d’une science, dans une optique de rattrapage de la science politique comme elle est faite au Nord. Un rattrapage d’autant plus rapide qu’il est possible de travailler sans aucune des entraves évoquées dans la partie précédente, le pouvoir même le plus tatillon n’ayant évidemment rien à objecter à des recherches qui évitent soigneusement de le prendre pour objet.

Pour discuter ces hypothèses, je vais d’abord me pencher sur le problème de la spécialisation croissante de la discipline afin d’estimer son éventuel impact sur la science politique telle qu’elle est pratiquée dans le monde arabe (section 1). Je m’intéresserai ensuite à ce qu’elle pourrait, elle aussi, éviter de traiter, et j’essaierai de savoir pourquoi (section 2).


Section 1. Lutter contre la fragmentation et l’individualisme des chercheurs

Je crois à la recherche collective dans mon propre pays, qui est un pays « du Nord », « occidental », prétentions universalistes. Pas pour satisfaire des évaluateurs en passe d’aligner les critères d’excellence de la science politique sur ceux de la physique (combien d’articles dans Nature et Science ?). Pareille motivation serait un motif par défaut, une incitation négative à ne pas traîner les pieds trop longtemps. Non, je crois positivement aux vertus du travail en groupe, de l’échange libre des idées, du partage des tâches, de l’émulation et de la mis en commun des savoirs, et par dessus tout, du contrôle mutuel sur les avancements de tâches programmées pour faire face à des échéances collectivement fixées, et qui n’arrangent jamais le chercheur individuel dont les priorités sont toujours autres. Rien de plus efficace qu’une réunion le lendemain pour terminer un texte que l’on s’est engagé à présenter.

Le travail collectif a d’autres vertus que celle d’accélérer le rythme de la production scientifique. Par exemple, il oblige les chercheurs à présenter leurs arguments de façon à les rendre recevables par autrui, au lieu d’en faire l’économie grâce à un simple clin d’œil aux convaincus ; ou, au contraire, à cause du manque d’intérêt pour les autres paradigmes que le sien. En groupe, impossible de maintenir des positions tranchées, antithétiques les unes des autres, qu’elles soient méthodologiques ou idéologiques1.

A rebours d’un marché scientifique divisé par une spécialisation croissante pour que chaque producteur individuel se distingue de tous les autres, les projets communs ont le même effet que n’importe quelle délibération : ils contraignent à monter en généralité, à formater ses arguments pour les ajuster aux procédures et aux normes admises, à faire des concessions sur la pureté épistémologique d’une vision inspirée par des maîtres à penser et dont on a beaucoup de mal à se départir quand on est laissé à soi-même. Ils obligent aussi ceux qui y participent à s’insérer dans un dispositif où ils ne se maintiendront qu’à proportion de leur contribution, celle-ci étant notifiée par une place dans l’ordre des signatures qui ne respecte pas l’ordre alphabétique des patronymes.

Surtout, quand les groupes de recherche fonctionnent bien, leur ambition collective est supérieure à la somme des ambitions individuelles : on voit plus grand, on vise plus haut, on se compare à ceux dont les avancées sont les plus visibles dans le domaine à l’échelle mondiale, pas seulement dans sa propre communauté locale de référence, et que l’on songe sérieusement à intéresser à ses propres découvertes. Les protocoles de recherche sont donc plus complets (on ne s’autolimite pas a priori sur les moyens dont on aurait besoin pour aboutir), il s’inscrivent dans la durée (deux, voire trois fois quatre ans, qui semble être une période de travail usuelle ?). Ce temps laisse la porte ouverte au renouvellement des membres du groupe, ceux qui arrivent apportant une énergie intacte et des idées fraîches bienvenues lorsque partent (discrètement) ceux qui ont épuisé leurs capacités contributives ou (bruyamment) ceux qui n’arrivent plus à gérer leurs désaccords intellectuels avec les autres membres du groupe. Cerise sur le gâteau, les novices ne manquent pas d’exprimer un besoin irrépressible : que leur soit restitué toute l’histoire du travail accompli, les postulats énoncés et les hypothèses émises, faute de quoi leur participation resterait marginale et leurs interventions souvent impertinentes (dans tous les sens du terme). Ces rappels périodiques auxquels ceux qui détiennent la mémoire du groupe répugnent par souci d’économiser leur temps et de ne pas se répéter font du bien à tous, et pas seulement aux néophytes.

Le travail en commun n’a évidemment pas que des avantages. Il n’est pas toujours possible, ni adapté aux besoins des chercheurs. Les difficultés auxquelles ceux qui s’y livrent sont confrontés sont encore plus grandes dans le monde arabe qu’en Europe.

Première difficulté : de tels groupes ne se constituent et ne se maintiennent qu’à cause des engagements qu’ils ont pris en répondant à des appels d’offre. Ils ne remplissent leur mandat qu’à proportion des moyens qui leur ont été attribués à cet effet, dont ils sont comptables. Sans ressources suffisantes attribuées contre un rapport final, le processus est mort-né faute de reditionnalité.

Deuxième difficulté : les effets de seuil sont déterminants : pour qu’une demi-douzaine de personnes travaillent ensemble au moins quatre ans d’affilée, mieux vaut pouvoir compter sur une assiette du double de contributeurs potentiels. Peu d’équipes et d’établissements dans le monde sont susceptibles d’abriter autant de chercheurs concernés par un même projet. Dans une discipline en cours de formation, comme la science politique, le problème est accru par une politique de présence qui tend à disperser les postes sur le territoire au lieu de les concentrer dans quelques lieux.

Troisième difficulté : les rivalités tellement stimulantes quand elles sont collectives (une compétition entre équipes) paralysent les chercheurs quand elles deviennent personnelles. Moins ils sont nombreux dans un établissement, un pays, ou une région tout entière comme le monde arabe (ou autrefois l’Italie), et plus la jalousie improductive se substitue à l’émulation opportune. Appelons cette dérive « syndrome assyriologique » : quand un assyriologue venant d’un pays où ils sont nombreux séjourne dans un pays où ils ne sont que deux, il ne prévient à l’avance de sa venue que l’un des deux spécialistes, réservant la visite au second à un prochain voyage. Contrairement aux apparences, le problème est moins affectif (l’envie) que fonctionnel : dans de tels contextes une stratégie de niche est plus rationnelle qu’une stratégie polyvalente. Trouver le domaine de recherche dont on sera l’unique occupant et pour lequel on jouira d’une reconnaissance incontestée garantit une grande tranquillité en amont de toute future recherche et des éventuelles découvertes qui y seraient liées. Au contraire, courir après une reconnaissance accordée sur des objets divers avec des intérêts multiples est source de risques et d’inconfort.

Quatrième difficulté : les gratifications obtenues dans le cadre d’un travail collectif sont moindre que celles que l’on peut raisonnablement espérer à l’issue d’une recherche personnelle. Cette règle s’applique à la réputation (qui doit être individualisable), aux recrutements et aux promotions, aux ressources supplémentaires autorisées par cette réputation, laquelle suscite une demande d’interventions devant des publics divers. Quand les traitements ne sont pas proportionnés à la qualité de l’expertise atteinte des rémunérations accessoires sont nécessaires : ce fait est connu en France, mais le mal est plus aigu dans plusieurs pays arabes. Si un second métier est nécessaire, il est plus facile d’en exercer un quand on est le spécialiste unique ou quasi unique d’un problème (mettons, l’insécurité dans les banlieues, ou les négociations au Proche-Orient) ;

Section 2. Centrer la recherche sur l’ordre politique et son contraire, la violence

La place de la science politique parmi les autres sciences (toutes les sciences, mais bien sûr, surtout les sciences sociales) est singulière : elle se situe au-dessus et à la fin du processus de construction de savoirs scientifiques, ce qui ne veut pas dire qu’elle est meilleure que les autres sciences sociales. Elle est au-dessus d’elles par ses objets (un point établi depuis longtemps par Jean Leca et Bruno Jobert), car ce sont ses objets à elle qui rendent ceux de toutes les autres sciences sociales possibles (sans politique et institutions, pas de loi de la relativité, ni de lois tout court). Elle n’est supérieure aux autres ni par ses méthodes (souvent à la traîne des avancées de l’économie, par exemple), ni par ses résultats (que j’ai eu, dans un autre texte du mal à détailler).

Ce privilège n’en est pas un : cette position en surplomb exigerait en bonne logique une focalisation sur tout ce qui est central dans une société, tout ce qui est susceptible de transformer un agrégat de communautés sociales (des communautés d’origine diverses) en une communauté politique (une communauté de destin unique). La tâche est lourde et malaisée partout (en raison des effets de « boîte noire », et du manque d’expérience de nombreux politistes dans l’exercice du pouvoir). Elle est plus malaisée encore dans le monde arabe où est refusé aux observateurs extérieurs l’accès aux lieux où les décisions les plus importantes pour la société se prennent. De plus, la fragilité de la communauté de destin n’assure pas une égalité de chances à ceux qui se lanceraient dans une telle entreprise : selon la communauté d’origine dont ils proviennent, ils sont plus ou moins légitimes aux yeux des détenteurs du pouvoir, soucieux de ne pas se livrer à des personnes différentes d’elles. On imagine mal par exemple, un chercheur non chiite travailler sur le Hezbollah au Liban (ce que furent autorisés à faire des étrangers, mais sans aller jusqu’à connaître les instances dirigeantes du parti), et un palestinien de l’extérieur chrétien faire de même avec le Hamas.

Par ailleurs, la globalité nécessaire de la science politique autorise toutes les dérives interprétatives, qui tendent à faire passer des essais pour des explications. Ghassan Salamé consacre un chapitre très instructif de son ouvrage de 2005 Quand l’Amérique refait le monde à la façon dont quelques auteurs ont formaté le débat sur « le nouvel ennemi » arabo-islamiste accusé de refuser l’Amérique pour ce qu’elle est et non pour ce qu’elle fait2. A un pareil niveau de généralité(s) tout est à la fois vrai et faux, autrement dit rien n’est scientifiquement attesté, ni ne peut l’être. Parler de ce qui est central dans une société, c’est d’abord approfondir la recherche au sein de cette société, puis la comparer avec d’autres, enfin l’englober dans une trame d’interactions plus vaste. Ce n’est pas lisser sans justifications théoriques l’hétérogénéité des conduites et des convictions, afin d’ériger en modèle d’élégance explicative une vision du monde biaisée, myope, et borgne.

Monter en généralité sans tomber dans la généralisation abusive, et encore moins dans les généralités mondaines : l’affaire n’est pas simple ! Elle se complique encore quand vient le moment de s’intéresser au cœur de métier des politistes : le rapport entre violence et tragédie, d’une part ; normes et droit d’autre part – autant de points délicats partout qui rendent difficiles les relations entre membres de la discipline et pouvoirs publics. Adoptant la définition de base selon laquelle la politique c’est l’art de vivre avec les gens que l’on n’aime pas, j’en arrive à l’idée suivante : les opérateurs de la médiation entre la force et le droit sont l’ordre politique (ou la communauté politique) et le débat public (ou la délibération). La politique, en effet, c’est l’évitement de la violence ouverte ou son euphémisation, la conversion de la force, de la barbarie, ou de l’anarchie en ordre politique légal et légitime et du pouvoir réel en pouvoir symbolique : nombre de ces processus se traduisent par des délibérations plus ou moins opaques. Il ne faudrait pas en conclure que seuls les ordres politiques à débat public transparent réussissent ce tour de force, encore moins qu’en leur sein personne ne s’y livre à une manipulation du droit. Il ne faudrait pas croire non plus aux effets de cliquet, car un retour à la force est toujours possible, notamment quand elle est supposée économiser la violence (par exemple, quand des élections sont annulées pour ne pas faire le jeu de ceux qui souhaiteraient s’en passer une fois élus). Instrumentaliser le droit que l’on a soi-même énoncé, interpréter les normes (et les insérer dans la file d’attente de celles qui deviendront finalement des règles), exercer une violence symbolique presque aussi insupportable que la violence physique : tout ceci se produit à des degrés divers dans la plupart des sociétés, depuis que nous avons de la documentation à leur sujet. Il s’ensuit que l’étude de ces manipulations incessantes peut aboutir à des résultats opposés selon le moment où elle est faite (le moment de l’énonciation de nouvelles normes, prometteuses ; ou le moment de leur application biaisée, décevante). On peut ainsi se tromper tout aussi bien au Nord qu’au Sud sur l’état d’euphémisation voir de contrôle réel de la violence, et celle-ci est toujours susceptible de resurgir. Ets-ce une raison poor s’abstenir d’étudier ces processus ?

Le fait que la violence soit peu étudiée, ou récemment seulement, dans la science politique française (et même, qu’il y ait peu de successeurs au Ted Gurr de Why men rebel dans le monde anglophone) a de nombreuses causes : la difficulté matérielle, personnelle et morale de traiter de sujets comme la répression ; le caractère second de la transgression par rapport à la construction de la norme et à l’étude du tout (l’ordre politique cohérent et en tout cas, « durable ») ; la contradiction apparente entre retour aux normes (qui ne disent rien des valeurs sous-jacentes) et adhésion à des valeurs qui ne seraient pas occultées par des calculs utilitaristes.

Conclusion

Parce qu’elle traite de ce qui lie entre elles toutes les sphère sociales et toutes les communautés d’origine, et qu’elle constitue les interactions sociales puis en fixe ou en change les règles du jeu, l’activité politique ne se laisse pas toujours observer au niveau où elle se déroule, celui de la communauté politique tout entière, de la culture politique majoritaire, et du gouvernement. Des pans entiers de la vie publique sont ainsi préservés de la discussion critique – ce qui est vrai aussi, mais de moins en moins, dans de nombreux pays, même occidentaux. De ce fait, nombre de convictions morales et causales ne font pas problème, elles sont tenues pour acquises, l’analyse politique ne pouvant se déployer qu’à l’extérieur de ce périmètre de croyances « naturelles ». Afin que la science politique arabe, ou sur le monde arabe, complète son parcours, il faudrait que les objets dont elle peut légitimement se saisir se multiplient, et que le travail empirique soit mené avec des moyens à la hauteur du temps à rattraper.

« Banaliser » pour s’affranchir La science politique au Maroc entre expertise et ancrage disciplinaire », AFSP Grenoble,

Mark Levine, culture jeune et cultures alternatives dans le monde arabe, Heavy Metal Islam : Rock, Resistance, and the Struggle for the Soul of Islam, Three Rivers Press, 2008, 304 pages.

1 Dans un groupe, scientifique, s’entend : ce genre de collectif est moins atteint par le mal du groupthink que d’autres, parce qu’il n’est ni isolé dans l’espace pour une durée déterminée et brève, comme une cellule de crise (Janis), ni placé aux marges de la politique dont ses membres se méfient ().

2 Le texte vise principalement Daniel Pipes, Fuad Ajami, et surtout Bernard Lewis (voir p. 441-460 et 495-500).
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