Cours forcé des billets





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Le système monétaire international depuis le XIX° siècle
Le système monétaire international est l'ensemble des pratiques et des institutions qui régissent le règlement des transactions entre les pays ainsi que la création de monnaie au niveau international.
I- Le système de l'étalon-or (jusqu'en 1914)
A/ Les bases du système de l'étalon-or

1) À propos des monnaies

Le système de l'étalon-or n'est pas né d'un accord mais résulte d'une situation de fait, établie empiriquement au cours du XIX° siècle, et il s'est mis en place progressivement. Chaque monnaie nationale est définie par un poids d'or :
* Depuis mars 1803, le franc vaut 5 grammes d'argent au titre de 9/10e de fin : c'est le franc Germinal. L'or vaut 15,5 fois plus que l'argent : un franc vaut 5 grammes d'argent, soit 0,322 grammes d'or (9/10e de fin).

* La livre sterling vaut 7,988 grammes d'or au titre de 11/12e de fin.

* Le dollar américain est devenu la monnaie des États-Unis en 1785. Il est d'abord défini en argent, mais il y a bimétallisme.

* Le Reichsmark allemand est la monnaie allemande à partir de 1870.
Toutes ces monnaies contiennent effectivement le poids d'or qu'elles valent. Le Napoléon est une pièce en or de 20 francs ; la pièce de 5 francs («pièce blanche») est en argent.
En 1848 on découvre de l'or en Californie, et en 1852 en Australie. On frappe donc beaucoup de Napoléons. Sous la III° République, les pièces d'argent perdent de leur valeur parce qu'on a beaucoup d'argent-métal. Les Français passent rapidement du bimétallisme au monométallisme, à l'instar des autres pays.
2) Le Gold Standard Act, 1900

Il rattache exclusivement et durablement le dollar à l'or : l'once d'or (31 grammes) vaut 20 dollars. La libre frappe est un principe établi dans tous les pays : en France, n'importe qui peut porter un objet à l'Hôtel des Monnaies et le faire transformer en pièces.
Il existe aussi une monnaie fiduciaire composée de billets de banque. Créée en 1800, la Banque de France a le monopole de l'émission des billets à partir de 1848. En 1913, la Banque centrale fédérale aux États-Unis reçoit le monopole de l'émission du billet vert.
À l'intérieur de chaque pays, les billets sont convertibles en or. Il est précisé sur les billets français que la Banque de France s'engage à convertir l'argent de celui qui le désire en or. Au début du XXe siècle, il n'existe que des coupures de 100 et de 200 francs.
Pour faire face à cette obligation de convertir les billets en or, la Banque de France doit avoir dans ses caisses une considérable quantité d'or. Mais à aucun moment cette réserve n'a été équivalente au nombre de billets en circulation. Les Français ne viennent massivement échanger leurs billets qu'en cas de panique et de nécessité : guerre, révolution, etc. Dans ces cas-là, on déclare le cours forcé des billets, c'est-à-dire la suppression de la convertibilité. Cela s'est produit de 1848 à 1858, de 1871 à 1878, et à partir de 1914. Les banques centrales ont toujours tendance à résister à ce qu'une trop grande quantité de billets soit en circulation.
Avec la révolution bancaire du XIX° siècle, les grandes banques commerciales se développent. Apparaît alors la monnaie de banque : les chèques. Le chèque est reconnu en France en 1845 comme monnaie légale, mais cela ne devient effectif qu'à la fin du XIX° siècle. Jusqu'en 1914, tout titulaire d'un compte bancaire peut à tout moment retirer son dépôt en billets ou en or. Le volume de la monnaie de banque correspond au volume des dépôts.
Les monnaies peuvent circuler librement à travers les frontières, sans contrôle ni droit de douane. À partir de 1914, lorsque les désordres monétaires apparaissent, le système du Gold Standard apparaît comme le meilleur.
B/ Les vertus du système : réalité ou mythe

1) La stabilité des changes

Le système instaure un certain nombre de mécanismes automatiques, qui empêchent les déséquilibres durables de s'installer, tout d'abord la stabilité des changes. Toute monnaie est soumise aux lois du marché. Ces oscillations sont de faible amplitude dans le système du Gold Standard.
Pour une livre sterling, il faut 25,22 (d'une monnaie imaginaire). Si le cours monte, il faut 25,222, 25,223, etc. Au bout d'un moment, il devient plus intéressant de transférer de l'or à la Banque d'Angleterre pour le faire directement changer en livres; cela revient à payer directement en or. Si par contre le cours de la livre baisse, il devient plus avantageux d'acheter des livres et de payer en livres, et non en or. Le cours de la livre est donc régulé de lui-même. La stabilité des monnaies est à peu près parfaite.

Les échanges internationaux ont décuplé entre 1880 et 1914.
2) L'équilibre de la balance des paiements

Si la balance des paiements est en déficit à un certain moment, des transferts d'or ont lieu dans les pays par rapport auxquels elle est déficitaire : on puise pour cela dans les réserves de la banque centrale. Mais cela crée des risques pour la convertibilité : la banque centrale réagit donc en protégeant son encaisse, par exemple en augmentant le taux d'intérêt des crédits. Ces taux d'intérêt sont définis par rapport au taux d'escompte.
Les mesures de protection de l'encaisse entraînent une diminution de la masse monétaire, donc une baisse des prix, donc des produits plus compétitifs et des importations plus faciles, et finalement un rééquilibrage de la balance des paiements. Les transferts d'or ne sont plus nécessaires alors.
Ce bon fonctionnement est une réalité.
C/ Les limites

D'autres paramètres interviennent. Si le système a bien fonctionné, c'est parce qu'il y avait une puissance dominante, la Grande-Bretagne. Plusieurs pays n'ont pas réussi à garantir la valeur-or de leur monnaie. D'autre part, les conséquences économiques du système peuvent être mauvaise : augmentation des taux d'intérêt, donc affaiblissement des investissements et freinage de la croissance économique.
En France, il y a régulièrement des petites crises financières (1846-1848, 1857, 1873...), qui sont dues au décalage entre l'offre et la demande, et aussi à des causes monétaires.
Au XXe siècle, les économistes ont rêvé de revenir à ce système, mais il y avait plusieurs obstacles :

* L'URSS et l'Afrique du Sud sont les pays qui ont le plus d'or au XX° siècle;

* La Grande-Bretagne ne peut plus jouer le rôle qu'elle jouait avant 1914. La livre sterling était en effet devenue une monnaie internationale, tant on avait confiance en elle;

* Un tel retour serait un frein pour la croissance.

II- De l'ébranlement de l'étalon-or à Bretton-Woods (1914-1944)

A/ L'impossible retour à l'étalon-or

1) L'impact de la première guerre mondiale

Elle provoque de graves désordres monétaires dans les pays belligérants à cause de l'énormité des dépenses nécessaires. L'inflation persiste après la guerre par suite des pénuries et du décalage entre l'offre et la demande. De plus, la guerre a remis en question le rôle de la livre sterling. En revanche, on assiste à la montée en puissance des États-Unis, mais ils ne sont pas assez puissants pour jouer le rôle de la Grande-Bretagne, et du reste ne le souhaitent pas. C'est donc une période d'incertitude.
Le retour à l'or n'est pas difficile pour les États-Unis qui en 1920 possèdent 30% du stock d'or mondial. Le dollar revient à la parité-or de 1900. La convertibilité est maintenue mais seulement sous forme de lingots. Mais dans les autres pays, la situation est beaucoup plus difficile :
La Grande-Bretagne : Churchill, ministre des Finances, restaure en 1925 la parité-or de 1817 pour la livre. Les Anglais font comme si de rien n'était, mais cela au prix d'une politique de déflation très sévère.

* L'Allemagne vit une inflation galopante :

1914 1 dollar 4 RM

1919 1 dollar 14 RM

Mars 22 1 dollar 401 RM

Janvier 1923 1 dollar 17 000 RM

15 novembre 1923 1 dollar 4 200 milliards RM
Cela s'explique par la guerre, les Réparations, la politique patronale qui encourage l'inflation, l'occupation de la Ruhr par la France. Après l'intermède du Rentenmark, un nouveau Reichsmark en or est institué sur la base de la parité-or de 1875. La convertibilité se fait en lingots seulement. Ce rétablissement a été rendu possible en partie grâce au plan Dawes.

* La France met dix ans à pouvoir rétablir la parité-or. Après la politique de rigueur de Poincaré (1926-1928), le franc est dévalué en 1928 mais rattaché à l'or sur une base équivalent à 1/5e du franc germinal. La convertibilité se fait en lingots.


2) La conférence de Gênes (mai 1922)

Les grandes puissances se sont rétablies, mais le système est moins un système d'étalon-or que de change-or : c'est le Gold Exchange Standard de la conférence de Gênes.
On ne peut se procurer des dollars qu'en exportant vers les États-Unis, or ceux-ci mènent une politique protectionniste. Il y a donc un dollar gap (manque de dollars) en Europe. Pour acheter aux États-Unis et construire leur encaisse monétaire, les petits pays sont obligés d'emprunter aux États-Unis. Mais ceux-ci n'assument pas leurs devoirs de pays riche.
Les Britanniques sont d'autre part incapable de maintenir leur rôle; la confiance en la livre baisse à cause des difficultés de l'économie.
3) La crise des années 1930

La Grande Crise désintègre le Gold Exchange Standard. La crise est économique (production, échanges, emplois) mais aussi monétaire et financière. Ceux qui ont des dépôts à Londres cherchent à récupérer leurs avoirs, alors que la Grande-Bretagne est touchée par la faillite des banques d'Europe centrale :
* Faillite du Kredit Anstalt de Vienne en mai 1931;

* Faillite de la Danat Bank et de la Dresdner Bank en juillet 1931.
La crise atteint Londres à la mi-juillet 1931. Le relèvement du taux de l'escompte ne parvient pas à empêcher la fuite des capitaux, et le stock d'or anglais fond. Ramsay McDonald adopte une politique de rigueur, mais cela ne suffit pas :
* En septembre 1931, on abandonne la convertibilité-or et on dévalue la livre de 30%;

* En janvier 1934, c'est la même chose pour le dollar et le yen.
Il n'y a aucune coopération internationale; on voit coexister un bloc-sterling, un bloc-dollar, un bloc-or (France, Belgique, Italie, Pays-Bas), une zone mark, une zone yen.
La crise a donc fait éclater le Gold Exchange Standard. L'absence de concertation a été nuisible selon les experts qui en juillet 1944 vont s'efforcer d'éviter les erreurs de l'entre-deux-guerres, en mettant en place un système monétaire concerté.
B/ Le système de Bretton-Woods

1) La conférence de Bretton-Woods (juillet 1944)

La conférence de Bretton-Woods a lieu en juillet 1944 à l'appel des États-Unis. 44 États y sont représentés, essentiellement des pays alliés. La France y est représentée par Pierre Mendès-France; il y a aussi un observateur soviétique, et aucun représentant allemand. Une triple volonté préside à cette conférence monétaire et financière :
1. Éviter les désordres de l'entre-deux-guerres et les erreurs dues au traité de Versailles;

2. Stabiliser les changes;

3. Créer des conditions favorables à une croissance harmonieuse des échanges et à la prospérité.
Cependant, les intérêts des pays ne convergent pas forcément, et les pays ne sont pas à égalité sur le plan économique. Deux thèses s'affrontent rapidement, la Grande-Bretagne avec Keynes et les États-Unis avec Harry White (sous-secrétaire aux Finances) :

* Les deux s'accordent sur un système de change fixe (fixité de la parité des monnaies), et sur la création d'un organisme international chargé de prêter à qui en a besoin.

* Mais il y a des divergences. Keynes est favorable à un système monétaire supranational éliminant l'or, sans donner de privilège à une monnaie internationale. Il est favorable au bancor, une monnaie qui ne serait pas gagée sur l'or, mais définie par ses rapports avec les diverses monnaies.
White refuse une institution à laquelle les États-Unis devraient transférr leur souveraineté. Il est favorable au rôle du dollar, seule monnaie convertible en or, dont le pouvoir d'achat s'était maintenu, qui donnait accès à un marché abondant, diversifié, répondant aux besoins de l'époque.
C'est la thèse américaine qui l'emporte.
2) Principes du nouveau système

Chaque État doit définir sa monnaie soit en dollars soit en or. Une once d'or équivaut à 35 dollars. Le dollar «as good as gold» a supplanté la livre sterling. En effet, les États-Unis détiennent les deux tiers du stock d'or mondial.
Chaque État doit s'engager à maintenir la parité définie. On condamne le système des changes flottants. Une marge de 1% est autorisée par rapport à la parité définie. Les banques centrales s'engagent à veiller à ce que cette fluctuation ne soit pas dépassée.
Chaque État doit veiller à l'équilibre de sa balance des paiements.
Dans certains cas, des fluctuations plus importantes sont tolérées, mais elles sont réglées par le FMI (fond monétaire international), mis en place en 1947. C'est une caisse de secours mutuels, financée par chacun de ses membres et venant en aide à ceux qui sont en difficulté. Chaque État a un droit de vote proportionnel à l'importance de sa quote-part. Chaque État a le droit d'obtenir un crédit proportionnel à sa quote-part, versée pour 25% en or et pour le reste en monnaie nationale. Le crédit automatique est égal à deux fois la somme d'or versée. Le crédit conditionnel est égal à 1,25 fois la quote-part.
Il existe une seconde organisation, la BIRD (Banque internationale de reconstruction et de développement), qui aide les pays à se développer.
Enfin, on a essayé de créer une troisième organisation, qui s'efforcerait d'harmoniser le commerce. Aucun organisme n'est créé, mais un accord général sur les tarifs douaniers et le commerce (General Agreement on tarifs and trade : GATT) est signé en 1947 par de nombreux pays. Le GATT conduit à des négociations, les Rounds (par exemple, dans les années 1960, le Kennedy Round entre les États-Unis et la CEE).
Il y a une exception à Bretton-Woods : un pays prêt à acheter et à vendre librement de l'or est dégagé de l'obligation de maintenir la parité de sa monnaie. D'autre part, les États-Unis sont dispensés d'intervenir sur le marché des changes pour maintenir le dollar : le système de Bretton-Woods va finir par se dégrader et échouer.

III- Le système de Bretton-Woods à l'épreuve

A/ Le fonctionnement du système de 1944 à 1971
1) Les premières difficultés (1944-1949)

Le système ne commence vraiment à fonctionner que dans les années 1950. En effet, la supériorité américaine contraste avec la destruction et les ravages des pays qui ont fait la guerre, la désorganisation due aux mouvements de populations et la pénurie :
* La balance commerciale des États-Unis est excédentaire (peu d'investissements, réduction des dépenses militaires, peu d'importations);

* Les autres pays manquent de moyens de paiement : le dollar gap est bien plus important qu'après la première guerre mondiale. C'est dangereux pour les États-Unis (surproduction, chômage, etc., s'ils ne vendent pas), et pour les autres pays (menacés par la misère qui est «le meilleur allié de Staline»).
* En 1951, la parité des changes a été fixée, mais les pays manquent d'or et de dollars.
Les États-Unis apportent une aide massive à l'étranger. Ils annulent la dette de la plupart des pays étrangers (en France, accord Blum-Byrnes en mai 1946). Il y a aussi le Plan Marshall. Le FMI autorise la dévaluation :
* En Allemagne, la réforme monétaire a lieu en juin 1948. Le Deutschemark remplace le Reichsmark. Une dévaluation de 20% a lieu en 1949.

* En France, le franc est dévalué de 18% en octobre 1948, puis à nouveau en septembre 1949, après la dévaluation de la livre.
En 1949, presque tous les pays européens dévaluent. On crée l'UEP (Union européenne des paiements) pour essayer de limiter les échanges de monnaie.
2) Les années 1950

C'est l'apparition du déficit de la balance des paiements américaine qui va permettre au FMI de fonctionner. Ce déficit n'est pas dû à un déficit de la balance commerciale, qui est largement excédentaire. Mais les sorties de capitaux américains ont largement augmenté à cause :
* Des guerres (Corée, etc);

* Des accords, des aides militaires, des systèmes d'alliances (OTAN, OTASE);

* Des investissements à l'étranger, très importants à partir de 1944 et de plus en plus tournés vers l'Europe : en 1950, ce sont 19 milliards de dollars, à la fin des années 1950, 40 milliards.
Ces sorties de capitaux correspondent au renforcement de la puissance américaine. Le déficit ne pose pas de problème aux États-Unis, car ils paient leurs dettes en billets verts. On voit aussi se multiplier les balances-dollars (dollars détenus par les étrangers et accumulés par les banques à l'étranger). À cette époque, le stock d'or américain est plus important que l'ensemble des balances-dollars réparties dans le monde : c'est donc sans danger et l'on a confiance. Ce déficit présente en plus un double intérêt pour les pays étrangers :
* Il renforce les réserves. En 1958-1959, l'UEP est liquidée car la convertibilité des monnaies étrangères est à nouveau possible;

* Les échanges marchent bien.
Le FMI fonctionne bien dans une période où les besoins mondiaux correspondent avec les intérêts américains. Il fonctionne à l'avantage non seulement des Américains mais aussi des autres pays qui peuvent reconstituer leur monnaie puis leur économie.
3) Les années 1960 et le déficit américain

Le déficit de la balance des paiements augmente beaucoup, l'excédent commercial diminue. Le déficit commercial apparaît en 1971, ce qui n'était pas arrivé aux États-Unis depuis 1893. Pourquoi le déficit américain augmente-t-il?
* Les États-Unis ont de plus en plus de mal à exporter;

* Les salaires américains sont élevés, les prix le sont donc aussi;

* Les gains de productivité sont moins élevés, et le chômage d'environ 6%;

* La concurrence est vive avec l'Allemagne et le Japon. C'est aussi l'époque où les États-Unis dénoncent la forteresse européenne, la concurrence déloyale du Japon, la sous-évaluation du yen, l'importance des frais de la défense européenne;
* Les dépenses civiles et militaires restent massives :

* Mars 1961 : c'est l'Alliance pour le Progrès, c'est-à-dire des crédits destinés à l'Amérique Latine, dans un contexte de guérilla castriste. L'Alliance pour la paix prend corps à la conférence de Punta del Este en août 1961.

* Septembre 1961 : Le Corps de la Paix (peace corps) créé en mars par Kennedy devient un organisme spécialisé du Département d'État, faisant appel à des spécialistes, hommes et femmes, volontaires pour contribuer gratuitement au développement des pays sous-développés. En 1965, il compte 10 000 membres, surtout en Afrique et en Amérique Latine.

* La guerre du Viet-Nam.

Les investissements à l'étranger ne cessent d'augmenter dans les années 1960 : 19 milliards de dollars en 1950, 40 milliards en 1959, 130 milliards en 1971.
L'émission massive de dollars provoque l'inflation dans les pays étrangers; l'augmentation de la masse monétaire en circulation fait augmenter les prix. Les eurodollars sont prêtés aux entreprises européennes, voire américaines.
La confiance dans le dollar faiblit. Beaucoup demandent la conversion de leurs dollars en or, mais dès le début des années 1960 ce n'est plus possible : il y a moins d'or aux États-Unis que de dollars dans le monde. Les demandes de conversion croissent, si bien qu'entre le printemps 1961 et le printemps 1968, le stock d'or diminue de moitié. Les Américains doivent prendre des mesures, car ils refusent de dévaluer.
- Mesures américaines - En 1961, le pool de l'or est organisé, groupant huit banques centrales qui s'engagent, pour stabiliser le prix de l'or, à acheter et vendre toutes quantités d'or au cours de 35,2 dollars l'once. Plus exactement, elles s'engagent à maintenir le cours de l'or autour de 35 dollars l'once, en rachetant en cas de baisse et en vendant en cas de hausse. La France se retire du pool en 1967.
Les contributions nationales au FMI sont relevées de 25%.
Le Kennedy Round (mai 1964-mai 1967) discute l'abaissement des droits de douane entre les États-Unis et la Marché commun.
Les États-Unis réduisent leurs dépenses.
Mais ces mesures ne suffisent pas à rétablir la confiance. Les États-Unis suspendent en 1968 la convertibilité en or pour les particuliers étrangers. Elle n'est désormais possible que pour les banques centrales. Parallèlement, le pool de l'or est dissous suite à une ruée sur l'or à Londres en 1967-1968. En mars 1968, on crée deux marchés parallèles de l'or :
1. Le marché officiel, réservé aux banques centrales, sur la base du prix maintenu de l'once d'or à environ 35 dollars.

2. Le marché libre, où la valeur dépendra de l'offre et de la demande des particuliers.
En même temps sont instaurés les DTS (droits de tirage spéciaux) par le FMI. C'est une nouvelle liquidité internationale qui se substitue à l'or, mais son utilisation est limitée aux transactions entre banques centrales; le dollar garde une place prépondérante.
B/ À la recherche d'un nouvel ordre économique mondial

1) La fin du système de Bretton-Woods

Le système est critiqué pour son injustice, son incohérence et son caractère inflationniste. Dans les années 1960, les pays pauvres réclament une refonte du système lors des réunions de la CNUCED (Conférence des Nations-Unis pour le Commerce et le Développement) :
* CNUCED I : mars-juin 1964, demandée par le groupe des 77 constitué en 1963.

* CNUCED II : février-mars 1968 à New-Dehli. Les PVD se sont réunis à Alger en octobre 1967 pour résumer leurs revendications (c'est la charte d'Alger).

* CNUCED III : avril-mai 1972 à Santiago du Chili.

* CNUCED IV : mai 1976 à Nairobi.

* CNUCED V : mai 1979 à Manille.

Les pays non-alignés refusent cette demande lors de la conférence d'Alger en septembre 1973.
Le système monétaire international est incohérent : ou bien les États-Unis ont une balance excédentaire et le dollar est fort, mais le monde manque de dollars; ou bien la balance est déficitaire et les autres pays ont plein de dollars, mais ces dollars ne sont pas sûrs. Ces critiques ont trouvé de l'écho chez De Gaulle.
Le 15 août 1971, Nixon annonce la suppression totale de la convertibilité du dollar en or. 10 pays entérinent cette inconvertibilité en décembre 1971 (accords du Smithsonian Institute), le yen et le Mark sont revalorisés. Les accords de Washington accordent aux monnaies une marge de fluctuation de 2,5%. Les principes fondamentaux de Bretton-Woods ont donc disparu :
* Inconvertibilité du dollar;

* La parité est moins importante qu'une évolution plus réaliste, plus proche de la valeur réelle de la monnaie en question.
Il existe dans le cadre de la CEE les montants compensatoires monétaires, créés pour protéger le revenu des agriculteurs des variations des taux de change à l'intérieur de la CEE. Le Serpent monétaire européen naît le 24 avril 1971, mais il ne dure pas. Avec le système monétaire européen (17 mars 1979) les pays de la CEE s'engageait à ne pas faire varier leur monnaie de plus de 2,25%.
Les difficultés sont grandes pour les pays de l'OPEP : le prix du pétrole est faible, mais l'affaiblissement du dollar les encourage à augmenter leurs prix. En effet, les États-Unis dévaluent le dollar de 10% en janvier 1973.
À partir de 1973, c'est un flottement généralisé des monnaies. L'on entre dans un système de changes flottants : les monnaies n'ont plus entre elles de parité fixe. Le cours est défini en fonction du marché.
2) Les accords de la Jamaïque (janvier 1976)

Ils officialisent les bases du nouveau système :
1. L'or est démonétisé; on ne peut plus définir une monnaie par rapport à l'or;

2. Les banques centrales n'ont plus d'or, mais des DTS ou des monnaies nationales;

3. Les DTS deviennent monnaie internationale, définie à partir de 16 (ou 19?) monnaies. Mais leur rôle est marginal;

4. Les taux de change sont flottants, avec à terme une parité stable non ajustable.
Le dollar évolue de façon contrastée. Il subit une forte dépréciation dans les années 1970, en particulier à partir de 1976. Un dollar vaut 5,5 francs en 1971, 4 francs en 1979. Mais cela ne permet pas d'augmenter les exportations.
À partir de 1979, la politique est complètement différente. C'est un renchérissement du dollar («un dollar rare et cher»). La hausse des taux d'intérêts entraîne une arrivée massive de capitaux étrangers. Le dollar monte énormément (1 dollar vaut 10 francs en 1985). Cela a des conséquences très lourdes pour les autres pays qui payent le pétrole en dollars ; à partir de ce moment l'on annonce le cours du dollar aux informations télévisées.
Cela n'empêche pas l'affaiblissement de la balance commerciale aux États-Unis, et un regain de protectionnisme dans les années 1980. Les États-Unis sont désormais les débiteurs du monde. La dette atteint 2 000 milliards de dollars en 1985.
Depuis 1985, l'on revient à une certaine concertation mondiale. Le rôle du dollar n'est pas affecté par ces problèmes, il continue à jouer le rôle de monnaie internationale, parce qu'aucune autre monnaie ne peut jouer ce rôle. En ce qui concerne le SMI, le Marché commun et l'écu obligent les Européens à une solidarité de fait. Il existe en outre des monnaies fortes (Deutschemark, yen).

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