Petite presentation du film, du realisateur, de ses objectifs





télécharger 28.29 Kb.
titrePetite presentation du film, du realisateur, de ses objectifs
date de publication05.12.2019
taille28.29 Kb.
typeDocumentos
e.20-bal.com > économie > Documentos
Utilisation du film « Rien de personnel » par Mathias Gokalp en Première et Terminale ES

PETITE PRESENTATION DU FILM, DU REALISATEUR, DE SES OBJECTIFS

Ce film est soutenu par les salles de cinéma adhérentes à l’Association française des cinémas d’art et d’essai (AFCAE). Cette association a été créée en 1955 par des directeurs de salles et des critiques, et a obtenu un statut officiel en 1959 grâce à André Malraux, alors ministre de la culture. Les écrans de ces salles adhérents sont des fenêtres ouvertes sur des espaces de liberté et d’expression.

Mathias Gokalp explique que « Rien de personnel » a été écrit au moment où les bourses mondiales étaient au plus haut ; les rapports sociaux décrits sont ceux d’une économie de marché. Ce film décrit comment va la société à travers le monde de l’entreprise. En Occident, les gens travaillent plus pour gagner leur vie que par réel plaisir ou pour laisser une trace de leur existence. C’est d’une grande violence et travailler est une vraie souffrance, un « étouffement ». En essayant de faire des films différents des films commerciaux, il a voulu saisir objectivement les questions sociales sans militantisme ni idéologie apparente. Avec Nadine Lamari, scénariste, il s’est appuyé sur « la voix de son maître » de Nicolas Philibert et Gérard Mordillat, « au feu les pompiers » de Milos Forman, mais aussi sur des films d’Alain Resnais et des textes comme La misère du Monde de Pierre Bourdieu et Les carnets d’un inspecteur du travail de Gérard Filoche. Après avoir rencontré des représentants syndicaux et des consultants chargés de restructurations, Mathias Gokalp a montré le film à des spectateurs « test », salariés de grandes entreprises. Il a voulu démontrer que le malheur des individus ne vient pas des autres individus mais du système dans lequel ils sont. Il emploie à ces fins un outil dramatique : la répétition des scènes. Ainsi, le persécuté devient le bourreau, le traître le héros, et le spectateur voit tour à tour le point de vue de chaque acteur : le cadre supérieur, le coach, le délégué syndical, la secrétaire de direction, le patron, le technicien de surface.

DEROULEMENT DU FILM (POUR MEMOIRE)

Le film est découpé en trois parties : la première présente la soirée et ouvre sur l’entretien de Natacha (cadre sup de l’entreprise) avec Bruno (comédien) – la deuxième partie intitulée « la vie conjugale » permet d'entrer dans les rapports au sein des couples et entre les individus – la troisième partie intitulée « tous ensemble » permet au spectateur de reconstituer le puzzle et de d'analyser l'ensemble de l'action et de ses enjeux…

Première partie :

Natacha et Damien, cadres supérieurs chez Müller SA (société se chargeant de la prospection et de la fabrication de produits pharmaceutiques) entrent en scène : ils doivent, lors d'une soirée organisée par leur patron Mr Müller, être très performants afin d'être évalués positivement lors de cette soirée. Ils seront chronométrés sur la capacité qu'ils auront à convaincre un cadre dirigeant une chaîne de production (dont le rôle est tenu par un comédien rémunéré par la société) de coopérer et de réorganiser sa production.

Chacun doit porter un badge faisant mention de son nom. Chaque évaluateur est en costume mauve et chronomètre les interventions des cadres qui pensent se livrer à un exercice de coaching. Les cadres supérieurs en exercice doivent obtenir en un temps record de nouveaux horaires de travail auprès du cadre - comédien qu'ils vont « coacher ».

Mais on s’aperçoit rapidement que ces comédiens, que les cadres sup sont censés bousculer et convaincre sont en fait eux mêmes les coachs qui poussent les cadres dans leurs derniers retranchements afin de tester leur résistance et leur capacité à s'adapter à des situations conflictuelles et problématiques : tel est pris qui croyait prendre… Entrons dans le détail :
Natacha et Bruno :

Natacha est en plein test, elle a 1à mn pour convaincre Bruno/ Elle signifie à Bruno qu'ils travailleront ensemble dorénavant. Elle veut l'aider à « redistribuer les compétences, à organiser la production en redéfinissant les besoins techniques et humains pour faire face à la demande qui va exploser ». Elle y va franchement en lui spécifiant qu'il y a des « ruptures de process ayant entraîné des infléchissements de productivité » dans son atelier, selon un rapport d'expertise dont elle a pris connaissance. Bruno se sent bien évidemment évincé et le prend mal puisque c'est lui qui dirige la chaîne. Natacha reste sur sa position, l'évaluateur lui signifiant qu'elle n'a plus que quelques minutes pour le convaincre, elle parle à Bruno dans un langage très technique et de plus en plus abscons : prospection, comparaison interentreprises, « chrono » sur la chaîne et rationalisation de la rotation de la chaîne sur 24 heures pour une mise au point définitive. Elle parvient à fixer un rendez vous le lundi suivant avec Bruno avant que celui ci ne parte au buffet, déstabilisant ainsi Natacha qui n'a en tête que sa propre efficacité et ses résultats pendant ce test. Elle vise en effet une promotion interne.
Le délégué du personnel et Bruno :

Bruno , une fois sorti des « griffes de Natacha » pense devoir déstabiliser et évaluer les compétences du délégué syndical. Il s'arrange alors pour se faire aborder par lui. Il se présente et lui explique, dans un discours misérabiliste, qu'il dirige une des usines de la société mais qu'il est en CDD depuis un an, et que personne ne doit en être informé à l'extérieur du site. Il est en période d'essai depuis plus d'un an précise-t-il, après une période de chômage. En effet, après 15 ans dans la même entreprise, celle ci a subi des restructurations et il a été licencié. Il a trois enfants et vit une période difficile. Müller SA serait une opportunité pour lui, une deuxième chance. Il précise qu'il a déjà accepté d'être embauché à -30% de son dernier salaire et qu'il est à 10 jours seulement de la fin de sa période d'essai. Le délégué du personnel lui demande alors qui est son référent. Bruno nomme Natacha au grand étonnement de son interlocuteur qui trouve cela anormal car non légitime, de même que la période d’essai qu’il dit être illégale. Lorsque le délégué syndical propose son aide à Bruno, qui se plaint de devoir assumer le mauvais rôle en imposant des heures supplémentaires et des horaires de nuit pour forcer la production, Bruno avale du verre et se blesse la bouche tout en refusant une quelconque aide. Il pousse son rôle jusqu'au paroxysme.

Deuxième partie « La vie conjugale »

On découvre ici une Natacha plus humaine. Elle évolue parmi les invités après avoir demandé à faire une pause auprès de celui qui est chargé de l’évaluer. Elle « écoute » le mari de la secrétaire de direction parler ( Mr Barbieri), tout en se servant au buffet. Elle s’isole, mange beaucoup comme pour se dé stresser et entend malgré elle des bribes de phrases : « des personnes vont être virées », « ils ont financé cette soirée pour bluffer les repreneurs ». Elle est bouleversée et va tout droit vers le délégué du personnel afin d’entamer un dialogue avec lui.

Natacha et le délégué du personnel :

Natacha s’adresse sincèrement au délégué du personnel, Gilles, qui lui pense que cette soirée n’est qu’une mascarade, un jeu pour cadres qui s’ennuient. Natacha lui apprend que Müller va être racheté, qu’elle vient d’entendre cette rumeur parmi les invités. Gilles s’étonne et lui affirme qu’il n’est au courant de rien, il soupçonne Natacha d’être la mieux placée car elle est l’épouse du chef du service juridique (Damien). En effet, qui de mieux placé que ce dernier pour savoir à l’avance si l’entreprise pour laquelle il travaille n’est pas sur le point de préparer une stratégie afin de définir un plan de licenciement ?

Natacha et son mari

Natacha, emplie de doutes et de douleur se sent perdue et se dirige vers son mari en plein exercice d’évaluation pour lui demander s’il était au courant pour le rachat de l’entreprise. Celui-ci lui dit qu’il l’aurait avertie au moment opportun s’il l’avait été. Elle comprend alors qu’elle a été évincée ou trahie par son mari et s’évanouit.

Elle passait donc dès le début du film pour la persécutrice, mais s’avère être persécutée aussi bien par Bruno qui la fait passer pour le cadre référent chargé d’évaluer sa fin de période de CDD , que par Gilles qui croit sincèrement le discours de Bruno le comédien. De plus, Natacha se croit trahie par son propre mari Damien, et n’a plus confiance en personne. Elle est en situation d’anomie et de totale perte de contrôle. A son réveil, elle fait une crise de nerfs. Sa réaction est à la mesure de son implication dans sa tâche de cadre supérieur.

Ici les rôles se clarifient : les persécuteurs sont en fait les persécutés et le système se referme sur les cadres, pressurisés et évalués, chronométrés, poussés dans leur dernier retranchement.

Troisième partie du film « Tous ensemble »

Müller et le délégué syndical

Müller prend à part le délégué du personnel et lui fait des confidences : il lui apprend que Müller SA vend ses parts à Tétralab. Il veut licencier 30 personnes (les cadres qui n’auront pas fait leurs preuves lors de cette soirée) afin que Tétralab pense que la société est plus saine et épurée. Ainsi, la valeur de Müller SA augmentera, Müller vendra la société plus cher et se fera réembaucher. Il explique que Tétralab veut la gamme de produits et les usines clef en main, avec les ouvriers de production et les techniciens. Mais il faut licencier ceux qui « pèsent », les « improductifs » : les cadres qui seront de trop. Müller propose à Gilles un poste de directeur d’un de ses laboratoires s’il ne fait pas de vagues. Celui-ci refuse, au nom de ses convictions et de ses valeurs. Müller lui explique qu’il n’aura de toutes les façons pas de mal à trouver 30 cadres qui accepteront de partir avec leurs indemnités de licenciement. Müller méprise Gilles à qui il affirme qu’il se bat pour rien. Gilles s’isole, fait une crise d’asthme, est consterné. Ce plan du film révèle son humanité face au caractère inhumain de Müller.

Le spectateur a alors le sentiment que seuls Natacha et Gilles semblent être les seuls à avoir des émotions dans cette assistance grise et calculatrice.

Müller chante

Il y a dans cette scène un contraste évident entre la beauté et les beaux sentiments du chant qu’entame le PDG et la gravité de la situation sociale qui se trame sous ses yeux et sous son impulsion cynique. Le chant s’intitule « sommation irrespectueuse » d’Emmanuel Chabrier.

Ici le réalisateur essaie de mettre en contraste les préoccupations du PDG et celles de ses salariés. Alors que lui se permet de chanter et de faire étalage de sa culture, de sa superficialité, les cadres eux sont préoccupés, manipulés, stressés par leur imminente évaluation.

Après son chant, Mr Müller, le PDG, est félicité par Mme Barbieri. Mais il est vite informé que Mr Barbieri, saoul et trop bavard, est à l’origine de la rumeur qui s’étend dans la foule, ébruitant que la société va être rachetée. Le PDG furieux règle son compte à sa secrétaire de direction et ancienne maîtresse. Puis, se rendant aux toilettes, il se fait rattraper par celle-ci. Mais elle s’aperçoit que Müller continue à la mépriser. Il urine tout en chantant « plaisir d’amour ne dure qu’un moment ». Elle décide alors dans un élan de colère de l’enfermer dans les toilettes. Celui-ci y restera vraisemblablement un bon moment…

Ceci n’est pas sans rappeler l’actualité et les séquestrations de patrons en ces temps de crise sociale et économique.

Dénouement ?

A la sortie de la soirée, l’imposteur (l’ancien technicien de surface qui se pare du costume Agnès B. de Bruno Couffe) tend le classeur des évaluations à Bruno, qui le donne à son tour à Gilles. A l’intérieur du classeur sont notés les cadres de Müller SA. Une petite mention est écrite à la page de Natacha : « défavorable », « défaut persistant ». Elle sera donc licenciée. Gilles a maintenant les cartes en mains afin de négocier lors d’un mouvement social qui défendra l’intérêt de tous : ouvriers comme cadres.

Finalement, la condition salariale reste le dénominateur commun de la lutte sociale et le PDG n’a pas réussi à casser l’action collective.

Une question persiste à la fin du film : les comédiens sont-ils les repreneurs ? Ou est ce le technicien de surface qui repart dans la voiture de luxe ?
QUESTIONNAIRE :

1) Personnages principaux du film :

Prénom / Fonction, Poste occupé / Rôle au sein de l’entreprise / Rôle au sein de la soirée / Traits de caractère

2) Quels sont les personnages qui à première vue semblent persécuter leur interlocuteur lors du coaching? (définir le « coaching »)

3) Quel personnage vous semble central dans ce film et pourquoi ? (justifiez votre réponse)

4) Cherchez les définitions des termes suivants :

- productivité

- chaîne de production

- CDD

- CDI

5) Faites une synthèse en 5 à 6 lignes des échanges entre Natacha et Bruno en utilisant les termes ci-dessus.

6) Qu’est ce que la précarité ? Pourquoi peut-on dire que Bruno a été visiblement « déclassé » ?

7) Cherchez la définition de Taylorisme, Fordisme, Organisation scientifique du travail (OST)

8) Comment a été utilisé et justifié le chronométrage dans le cadre de l’OST ?

9) Quels sont les personnages qui finalement sont pressurisés et chronométrés lors de cette soirée ? Qui sont en réalité les comédiens ?

10) Recherchez la définition d’OPA et de contrat de travail

11) Qui s’agit il ici de licencier et pourquoi (nommer les fonctions des personnels en question)

12) Pourquoi Müller SA aurait une valeur supérieure si Mr Müller licenciait avant de vendre à Tetralab ?

13) Quels sont les droits d’un salarié ?

14) Qui représente les salariés au sein d’une entreprise ? Celui qui joue ce rôle dans le film est il au courant de la rumeur d’OPA ?

15) Que propose Müller à Gilles ? Vous semble-t-il que Gilles soit tenté ? S’il accepte sa proposition, quelles pourraient être les conséquences pour l’entreprise et pour les cadres supérieurs ?

16) Recherchez la définition d’action collective et de grève. Quels peuvent être les coûts de l’action collective pour un salarié ?

17) Faites en quelques lignes (10 au maximum) une synthèse du film, en utilisant le vocabulaire économique et social précédemment défini.

 

 

similaire:

Petite presentation du film, du realisateur, de ses objectifs iconAd signale un film disponible en Audio-Description permettant aux...

Petite presentation du film, du realisateur, de ses objectifs iconMarc Khanne, réalisateur du film Et du Collectif ccc24
«rayées de la carte» selon Marc khanne. Elles menaient une vie de famille, elles avaient un travail, un logement. Elles sont tombées...

Petite presentation du film, du realisateur, de ses objectifs icon2. Présentation et objectifs du dim elicit

Petite presentation du film, du realisateur, de ses objectifs iconIntitulé du projet, son contexte, ses objectifs, ses livrables majeurs...

Petite presentation du film, du realisateur, de ses objectifs iconUne entreprise crée-t-elle de la valeur pour ses actionnaires, pour...

Petite presentation du film, du realisateur, de ses objectifs iconIi- consommation d’un téléviseur
«veille» et une petite lumière rouge reste encore allumée. Cette petite lumière consomme tout de même 15 W

Petite presentation du film, du realisateur, de ses objectifs iconCadrage du champ de l’étude et de ses objectifs

Petite presentation du film, du realisateur, de ses objectifs iconTranscription de mes notes prises durant le film «Demain»
«Demain», dont les commentaires, ci-dessous, du Monde sont enthousiastes. Selon le Monde, le succès du film se fait surtout par le...

Petite presentation du film, du realisateur, de ses objectifs iconTranscription de mes notes prises durant le film «Demain»
«Demain», dont les commentaires, ci-dessous, du Monde sont enthousiastes. Selon le Monde, le succès du film se fait surtout par le...

Petite presentation du film, du realisateur, de ses objectifs iconL'inauguration de la jndj sera l’occasion de projeter en avant première...
«banque de Demain». Visite du siège social, de la salle des marchés et présentation de la diversité des métiers






Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
e.20-bal.com