Réflexion historiographique sur l’industrialisation des pays scandinaves





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Réflexion historiographique sur l’industrialisation des pays scandinaves

La renommée de grandes firmes nordiques comme Lego, Nokia, Ericsson ou autre Volvo, la flatteuse réputation des papeteries finlandaises ou de l’industrie pétrolière norvégienne, bref tout ce qui semble témoigner du haut niveau technologique atteint par les économies scandinaves provoque des interrogations sur les causes de telles performances. Il faut y ajouter l’attrait qu’a pu revêtir un temps le fameux « modèle scandinave », s’il a vraiment existé. Attention toutefois aux interprétations hâtives qui résulteraient d’une approche trop superficielle. Certaines illusions d’optique demeurent vivaces, surtout celle d’un développement linéaire qui serait fondé a priori sur des traditions anciennes et une sorte d’aptitude naturelle des peuples nordiques à s’adapter aux exigences de la modernité. La marge peut être grande entre la représentation d’un modèle et sa réalité.
Ainsi, les articles composant ce dossier ont-ils pour fonction d’éclairer le débat sur les modalités de la réussite économique scandinave. À vrai dire, nous ne saurions leur attribuer un rôle pionnier. Bien d’autres auteurs avant ceux-là ont renouvelé l’historiographie du sujet. L’abondance de la production intellectuelle concernant l’industrialisation des pays nordiques est d’ailleurs telle que c’est presque une gageure d’en dresser un recensement exhaustif, même en prenant soin de séparer les œuvres scientifiques des ouvrages à vocation idéologique ou sensationnelle. Nous ne disposons pas en outre, pour ce thème, d’une réflexion bibliographique englobant l’ensemble des pays concernés. Tout au plus existe-t-il des synthèses nationales comme celle d’Even Lange et Helge W. Nordvik, consacrée à l’histoire économique norvégienne1, dont nous nous en sommes partiellement inspirés pour montrer comment l’histoire de l’industrialisation a acquis droit de cité en Scandinavie.

C’est dans les années 1920-1930, quand l’histoire économique commence un peu partout en Europe à susciter la curiosité, que les premiers travaux rigoureux apparaissent. Ils traitent surtout des aspects généraux de l’industrialisation2 et plus particulièrement de la question ouvrière. Ils permettent de dresser un premier état du développement des principales branches de l’industrie et de l’importance acquise par les organisations d’obédience socialiste ou, plus rarement, communiste. Ils sont souvent marqués par le traumatisme de la Première Guerre mondiale3, la hantise de la grande crise de 1929-19334 et la volonté de s’interroger sur les déséquilibres sociaux engendrés par l’économie de marché5. La Norvège cultive cependant son particularisme en développant à partir des années 1920 une solide tradition d’histoire maritime dans le sillage de l’œuvre monumentale de Jacob S. Worm-Müller6.
Les décennies 1950-1970 constituent un sommet dans le domaine de la recherche. Elles donnent lieu à quelques grandes synthèses sur les processus d’industrialisation7, à de nombreuses études sur les rythmes conjoncturels8, les évolutions structurelles9, les acteurs sociaux de la production10 et les grands courants d’échanges11.

Dès 1952, la « Société danoise pour l’histoire économique et sociale » se constitue. La mode est aux analyses quantitatives12 et à l’importation de modèles d’inspiration anglo-saxonne, mais aussi aux comparaisons entre monde industrialisé et tiers-monde avec l’objectif de réfléchir aux diverses voies du développement13. Dans les universités suédoises, des départements indépendants consacrés à l’histoire économique s’épanouissent à Göteborg, Lund, Stockholm, Umeå et Uppsala. En 1969, le premier Prix Nobel d’économie est attribué par l’Académie royale de Suède à l’instigation de la Banque de Suède ; plusieurs historiens de l’économie scandinave siègent dans le jury. En Norvège, l’histoire économique acquiert lentement ses lettres de noblesse universitaires pendant cette période avec la création d’un poste de professeur associé à Bergen au début des années 1960 et surtout celle d’une chaire à Oslo en 1972.
La période qui s’étale des années 1980 à nos jours se révèle peut-être moins prolifique sur le plan quantitatif, mais les chercheurs restent mobilisés. Ils proposent d’autres formes de synthèses14. Ils procèdent également à la révision progressive d’anciennes hypothèses, travaillant par exemple sur l’évolution des grandes branches industrielles15, la vie interne des entreprises16, la place des innovations technologiques17, la proto-industrialisation18 et les formes « douces » de développement19.

On remarque au travers de ces thématiques la fascination qu’exercent à nouveau les théories libérales, mais pas seulement ; on y lit aussi la volonté de renoncer à une vision téléologique des processus de développement et la conviction qu’il faut partir du terrain plutôt que de théories préconçues. Enfin, l’école suédoise s’affirme à l’échelle européenne au travers de grandes synthèses de gender history20 et d’histoire bancaire21.
Au cours de ces quatre-vingts ans, des revues d’histoire économique ont pu voir le jour. Parmi les plus connues on peut citer Scandinavian Economic History Review (créée en 1953) et Kansantaloudellinen Aikakauskirja (La Revue économique, Finlande). Il faut également noter, outre la publication de grandes œuvres collectives22, la tenue de nombreux colloques internationaux au cours des dernières décennies23. La tradition de recherche s’est donc peu à peu enracinée, ce qui a permis l’éclosion de riches débats sur les origines de l’industrialisation24, la place des différents acteurs (bourgeoisies, classes ouvrières, paysanneries, États etc.)25 ou bien la nature du capitalisme scandinave26 .
Ce faisant, les historiens découvrent que les processus sont beaucoup plus complexes qu’ils ne l’entendaient au départ ; l’objet d’étude apparaît partiellement identifié, mais en aucun cas dépourvu de mystère.

Ses contours, tout d’abord, s’avèrent difficiles à cerner. L’ensemble formé par les pays scandinaves, et a fortiori les régions, n’est pas homogène, loin s’en faut. Les modèles de développement du Norrland n’ont pas été ceux de la Scanie, pas plus que celui de Göteborg n’a ressemblé comme deux gouttes d’eau à ceux d’Helsinki ou de Tampere. Déceler des points d’analogie puis chercher dans le plus petit dénominateur commun une soi-disant industrialisation à la scandinave n’est pas la méthode adéquate d’analyse.

Le point de départ du phénomène n’est pas simple non plus à trouver. Tout dépend de la conception que le chercheur a de l’industrialisation ainsi que des modèles, implicites ou explicites, qu’il utilise. Aujourd’hui, à partir de définitions sans doute moins restrictives que par le passé, les historiens ont tendance à reculer dans le temps la recherche des origines27.

Une autre question débattue est également celle de la fin du processus. Sommes-nous parvenus dans un monde post-industriel ou pas ? L’industrialisation appartient-elle ou non au passé ? Les réponses demeurent diverses, quelques-uns ayant visiblement hâte de traiter d’un « objet froid », d’autres considérant qu’il convient de ne pas précipiter la fin de l’histoire.

Enfin, il n’est pas évident de déterminer le champ couvert par la notion, car il ne touche pas les seuls ateliers et usines, mais englobe en substance certains aspects du développement agricole28 (par exemple, en Scandinavie, la sylviculture ou l’élevage laitier) ainsi que des pans entiers du commerce de gros et des transports29. Une approche réductrice peut entraîner par ailleurs l’oubli des facteurs sociaux dont on sait qu’ils ont eu une part déterminante dans la mise en œuvre des stratégies économiques. Quant à la sphère culturelle, celle de l’éducation, des idéologies, des travaux scientifiques, elle est également concernée de près par l’industrialisation30. Tout cela ne va pas dans le sens d’interprétations unilatérales ou simplificatrices.
Un autre problème important est apparu au cours des échanges entre chercheurs, celui de la continuité ou de la discontinuité du processus de développement. L’idée d’un phénomène inéluctable et quasi-automatique, s’entretenant en quelque sorte de lui-même, n’a pas totalement disparu. Pourtant, nombreux sont ceux qui aujourd’hui seraient enclins à en souligner les ruptures, voire les phases de régression31. Est-ce un sentiment dicté par le spectacle qu’offre aujourd’hui la disparition ou le déclin de nombreux bassins industriels de par le monde ? C’est une hypothèse défendable, nous semble-t-il. Mais parallèlement, les historiens redécouvrent l’importance de la profondeur temporelle en matière d’interprétation économique, ainsi Lars Magnusson débute sa synthèse sur la Suède32 en se référant à Fernand Braudel33. Alors que la fin du XIXe siècle était considérée, il y a 50 ans, comme le point de départ probable de l’industrialisation de la Scandinavie, beaucoup le recherchent aujourd’hui dans des époques bien antérieures34, comme si la complexification du problème posé induisait une appréhension différente de la question des origines.
L’analyse des causes au demeurant a évolué avec le temps. Les historiens ont d’abord focalisé leur attention sur les plus visibles : la croissance de la population, l’appel des marchés extérieurs, le potentiel en matières premières (la problématique de « l’or vert »), les inventions et la technologie35.

Par la suite, leurs successeurs ont souligné que la croissance des marchés intérieurs ainsi que les liens entre développement agricole et développement industriel représentaient également des facteurs à prendre en compte36. Depuis, les chercheurs s’intéressent beaucoup à la proto-industrialisation en Scandinavie37, aux petites unités de production, aux déterminants culturels ou aux liens entre politiques publiques et initiatives privées. La Business History connaît également un essor remarquable, en particulier en Norvège autour d’Even Lange dans « l’École norvégienne de management ». Ces interprétations successives ne s’opposent pas toujours entre elles ; elles ne procèdent donc pas de remises en cause systématiques et périodiques. Elles ressortent davantage d’une diversification des angles d’approche.
Reste la question éternelle de l’originalité scandinave : constitue-t-elle un mythe ? S’affirme-t-elle au contraire par une série de traits saillants ? La réponse doit être nuancée.

Manifestement, il existe des similitudes avec d’autres régions du monde, en particulier l’Europe occidentale38. Elles sont suffisamment nombreuses pour laisser penser qu’en dernier ressort les logiques à l’œuvre ont une tonalité universelle.

Mais les particularismes ne sont pas pour autant inexistants. À l’exception du Danemark, les ressources forestières et l’abondance de l’énergie hydraulique ont joué un très grand rôle dans le démarrage industriel. Elles ont favorisé en outre le lien entre développement rural et croissance capitalistique. La proximité avec la mer a elle aussi été déterminante dans le choix de l’ouverture aux marchés extérieurs. Il faut noter par ailleurs des similitudes dans le rôle dévolu à l’État, l’intérêt porté à l’éducation et aux questions d’innovation. De même, la force des organisations professionnelles, l’importance historique du mouvement ouvrier, la recherche du consensus national, sont observables dans chaque pays. Faut-il dès lors en revenir à l’idée d’un « modèle scandinave », souvent agitée en Europe occidentale ? Nous préconisons pour notre part la prudence et un complément d’enquête.
Les articles qui suivent n’ont pas pour vocation de répondre à toutes les questions que nous avons évoquées. Ils permettent toutefois d’apprécier certains débats et de souligner les tendances de la recherche actuelle. De plus, écrits par des historiens scandinaves et non des « scandinavistes », ils ont la saveur des produits du terroir, une forme d’authenticité qui répugne à la superficialité et au « prêt-à-penser ». Ils n’enferment pas non plus les raisonnements dans une boîte étanche, mais laissent assez d’espace à l’appréciation du lecteur. Ils n’interdisent pas en tout cas de donner une suite à ce premier essai.


Maurice CARREZ

Université de Bourgogne

Laboratoire IHC (UMR CNRS 5605)
Jean-Marc OLIVIER

Université de Toulouse 2-Le Mirail

Laboratoire FRAMESPA (UMR CNRS 5136)

1 Even Lange and Helge W. Nordvik, « Economic History », in William H. Hubbard, Jan Eivind Myhre, Trond Nordby and Sølvi Sogner (ed.), Making a Historical Culture. Historiography in Norway, Oslo, Scandinavian University Press, 1995, 438 p., pp. 261-288.

2 Pour la Finlande, par exemple, Martti Kovero, « Suurteollisuuden synty ja kehitys » (La naissance et le développement de la grande industrie), in Suomen kulttuurihistoria IV, Jyväskylä, 1936. Voir également Vilho Annala, Suomen varhaiskapitalistinen teollisuus (L’industrie finlandaise des premiers temps du capitalisme), Helsinki, 1928.

3 E. F. Heckscher (ed.), Bidrag till Sveriges ekonomiska och sociala historia under och efter världskriget (Contribution à l’histoire économique et sociale de la Suède pendant et après la Guerre mondiale), Stockholm, 1926. J. Karhu, Sota-ajan taloudellinen elämä Suomessa (La vie économique du temps de guerre en Finlande), Helsinki, 1917 ; Leo Harmaja, Effects of the War on Economic and Social Life in Finland, Yale U.P., 1933.

4 Oskari K. Kilpi, « Suomen konjunktuurivaihteluista ennen ja jälkeen maailmansodan » (À propos des fluctuations conjoncturelles avant et après la guerre mondiale), Historiallinen Aikakauskirja, 1932, pp. 173-200.

5 Pour la Finlande, la grande thèse d’Heikki Waris, Työläisyhteiskunnan syntyminen Helsingin Pitkäsillan pohjoispuolella ( La formation d’une société ouvrière à Helsinki au nord de Pitkäsilta), Helsinki, 1932-1934. Väinö Voionmaa, Tampereen kaupungin historia (Histoire de la ville de Tampere), tomes 3 et 4, Tampere, 1932-1935.

6 Jacob S. Worm-Müller (ed.), Den norske sjøfart fra de œldste tider til vore dage (La navigation norvégienne des temps anciens jusqu’à nos jours), Kristiania/Oslo, 1923-1951, trois volumes.

7 Ainsi, la collection Suomen taloushistoria (Histoire économique de la Finlande) en trois gros volumes, Helsinki, Tammi,1980-1983.

Voir également : Erik Dahmén, Svensk industriell företagarverksamhet (L’esprit d’entreprise dans l’industrie suédoise), Lund-Stockholm, 1950, deux volumes.

8 Heimer Björkqvist, Prisrörelser och penningsvärde i Finland under guldmyntfotsperioden 1878-1913. En struktur-och konjunktur analysis (Mouvements des prix et valeur de l’argent à l’époque du change-or 1878-1913. Une analyse structurelle et conjoncturelle), Helsinki, 1958.

Voir aussi : Lennart Jörberg, Growth and fluctuations of Swedish Industry 1869-1912, Lund, 1961.

9 Ragnar Bentzel, « Tillväxt och strukturomvandling under efterkrigstiden (Croissance et changements structurels pendant l’après-guerre) », in B. Södersten (ed.), Svensk ekonomi (L’économie suédoise), Stockholm, 1970.

10 Kun yhteiskunta muuttuu (Quand la société évolue), mélanges en l’honneur du professeur Sven-Erik Aström, Helsinki, SHS, 1981.

11 Erkki Pihkala, Suomen ulkomaankauppa 1860-1917 (Le commerce extérieur de la Finlande 1860-1917), Helsinki, 1969.

12 Juul Bjerke, Langtidslinjer i norsk økonomi 1865-1960 (Le temps long dans l’économie norvégienne), Oslo, Samfunnsøkonomiske studier 16, 1966.

13 Par exemple chez Lennart Jörberg, « The Industrial Revolution in Scandinavia 1850-1914 », in C.M. Cippola (dir.), Fontana Economic History of Europe, tome IV, Londres, 1976.

14 Un bon exemple : Lennart Schön, En modern svensk ekonomisk historia. Tillväxt och omvandling under tva sekel (Une nouvelle histoire économique suédoise. Croissance et changement durant deux siècles), Stockholm, SNS Förlag, 2000, 560 p.

15 Un bon exemple en est la thèse de Markku Kuisma, Metsäteollisuudenmaa : Suomi, metsät ja kansainvälinen Järjestelmä 1620-1920 (Le pays de l’industrie du bois : la Finlande, les forêts et le système international 1620-1920), Helsinki, SHS, 1993. Voir également : Eli Moen, « Oligopoly and vertical integration : the reshaping of the pulp and paper industry, 1950-1970 », in Entreprises et histoire, 1998, n° 19, pp. 85-97.

16 Voir les nombreuses publications à propos de Nokia et plus particulièrement : Jussi Koivuniemi, Mervi Kaarninen et Pekka Kaarninen, Nokia ja Pirkkalan historia (histoire de Nokia et de Pirkkala), Pirkkalan, Nokia kaupunhi ja Pirkkalan kunta, 1990, 813 p. Sur les grandes firmes suédoises, voir les travaux d’Ulf Olsson, ou ceux de Mats Larsson sur les banques.

17 Kristine Bruland, British Technology and European Industrialization. The Norwegian textile industry in the mid nineteenth century, Cambridge, Cambridge University Press, 1989 (Paperback ed. 2002), 193 p. ; Timo Myllyntaus, The Gatecrashing Apprentice. Industrialising Finland as an adopter of New Technology, Helsinki, Publications du Centre d’histoire économique et sociale de l’université d’Helsinki, n° 24, 1990.

18 Des éléments de débat dans Bertrand de Lafargue, « Quelques questions sur l’histoire économique et sociale de la Norvège, 1850-1970 » in Hommage en l’honneur de Bertrand de Lafargue, Toulouse, Éditions Méridiennes, publication prévue en 2006 ; voir aussi l’article de Johan Söderberg dans ce dossier, « L’économie pré-industrielle de la Suède avant 1720 ».

19 Eli Moen, «L’industrialisation douce de la Norvège », in Hommage en l’honneur de Bertrand de Lafargue, Toulouse, Éditions Méridiennes, publication prévue en 2006.  

20 Ulla Wikander, Kvinnoarbete i Europa 1789-1950. Genus, makt och arbetsdelning (Le travail féminin en Europe 1789-1850. Genre, pouvoir et division du travail), Stockholm, Atlas Akademi, 1999, 198 p.

21 Youssef Cassis, Gerald D. Feldman, and Ulf Olsson (eds), The Evolution of Financial Institutions and Markets in Twentieth-Century Europe, Aldershot, Scolar Press, 1995, 337 p.

22 Suomen taloushistoria, op. cit. ; Kun yhteiskunta muuttuu, op. cit. ; Hans Kryger-Larsen (dir.), Convergence ? Industrialisation of Denmark, Finland and Sweden 1870-1970, Helsinki, 2001.

23 Dans cet esprit, le XIVe « Congrès international d’histoire économique » aura lieu à Helsinki du 21 au 25 août 2006. La session 16, organisée par Klas Nyberg et Erik Lindberg de l’université d’Uppsala, portera sur « Merchant settlements as intermediaries for European influence in the Baltic North, or elsewhere 1650-1850. Economic, social and cultural aspects ». L’actuel vice-président de « l’Association internationale d’histoire économique » est le professeur Riitta Hjerppe de l’université d’Helsinki.

24 Une controverse significative oppose indirectement Kristine Bruland à Eli Moen sur le rôle des influences étrangères en Norvège.

25 La thèse de Pertti Haapala, Tehtaan valossa. Teollistuminen ja työväestön muodostuminen Tampereella 1820-1920 (À la lumière de l’usine. Industrialisation et formation de la classe ouvrière à Tampere 1820-1920), Helsinki, SHS, 1986, remet ainsi en cause la vision péjorative (selon lui) des conséquences de l’industrialisation donnée par un auteur comme Väinö Voionmaa.

26 En France, par exemple, les ouvrages de Jacques Arnault, Le socialisme suédois, Paris, Éditions sociales, 1970, ou, plus récemment, Finlande, finlandisation, Union Soviétique, Paris, L’Harmattan, 1986, viennent contrebalancer les visions beaucoup plus optimistes du socialisme « à la scandinave » données par des auteurs comme R. Fusilier.

27 C’est visible chez des auteurs comme Markku Kuisma, op. cit. ou bien Johan Söderberg, op. cit. .

28 Mats Morell, Jordbruket i industrisamhället 1870-1945 (L’agriculture dans la société industrielle 1870-1945), Borås, Natur och Kultur/LTs Förlag, 2001, 392 p.

29 En français, voir Bertrand de Lafargue, art. cit. ; Maurice Carrez, La classe ouvrière finlandaise entre 1880 et 1920. Approche matérielle d’un concept historique, thèse manuscrite, Paris VII, 1987, sous la direction de Jean-Jacques Fol, première partie portant sur la nature de l’industrialisation finlandaise.

30 Eli Moen, op. cit. ; J.R. Hollingsworth et alii (dir.), Governing Capitalist Economies : Performance and Control of Economic Actors, New-York, Oxford, 1994.

31 L’article écrit pour ce dossier par Markku Kuisma va dans ce sens, puisqu’il souligne les difficultés terribles des économies scandinaves au début du XIXe siècle après des décennies prometteuses de croissance.

32 Lars Magnusson, An economic History of Sweden, Londres/New York, Routledge, 2000 (première édition suédoise en 1996), 305 p., cf. p. xi.

33 Fernand Braudel, Civilisation matérielle, économie et capitalisme, Paris, Armand Colin, 1979.

34 Markku Kuisma, op. cit., qui débute au XVIIe siècle.

35 Lennart Jörberg, Growth and Fluctuations of Swedish Industry 1869-1912, Lund, 1961, est caractéristique de cette tendance.

36 La contribution de Viljo Rasila, « Ensimmäinen teollistumiskausi » (La première période d’industrialisation), à Suomen Taloushistoria, op. cit., tome 2, en est un bon exemple. Lennart Schön, Fran hantverk till fabrikindustrin. Svensk textiltillverkning 1820-1870 (De l’artisanat à l’industrie. La production suédoise de textiles 1820-1870), Lund, Arkiv Anhandlingsserie, 1979, 232 p.

37 Lars Magnusson, « Proto-industrialisation, culture et taverne en Suède (1800-1850) », Annales ESC, janvier-février 1990, n° 1, pp. 21-36.

Maths Isacson et Lars Magnusson, Proto-Industrialization in Scandinavia, Craft Skills in the Industrial Revolution, Leamington Spa/Hambourg/New York, Berg Publishers, 1987, 151 p.

38 Ainsi, le concept « d’industrialisation douce », employé par Eli Moen, a été créé par Jean-Marc Olivier lors de son analyse des petites industries de la montagne jurassienne franco-suisse : Société rurale et industrialisation douce : Morez (Jura) (1780-1914), thèse de doctorat d'histoire réalisée sous la direction de Claude-Isabelle Brelot, soutenue le 14-XII-1998, université Lumière Lyon II, 2 tomes, 668 p. Publiée sous le titre : Des clous, des horloges et des lunettes. Les campagnards Moréziens en industrie (1780-1914), Paris, Éditions du CTHS, 2004, 608 p.




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