“ Travail et mondialisation : le choc des cultures ? ” Conférence du jeudi 19 avril 2001





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Intervention de la salle


Je voudrais poser en gros trois questions à Monsieur Cabanettes. C’est très important. Je voudrais qu’il nous dise la différence qu’il a avec par exemple Eurodisneyland, dans la culture d’entreprise ; comment ils ont été amenés à choisir l’anglais, parce que c’est le même problème que certaines ONG que l’on voit à l’échelon national ; et comment ils sont arrivés à lutter, surtout dans les pays d’Extrême-Orient, contre les phénomènes de bakchichs dans le choix des contrats.
Philippe Cabanettes

C’est un peu difficile pour moi de répondre à la troisième question, parce que je ne connais pas bien Eurodisney. Je le connais comme vous. Ce que j’en connais, ce que j’en ai entendu, ce que j’en ai lu ne sont pas des choses très agréables : pas de barbe, pas de boucles d’oreille, des choses que nous n’avons jamais mises en place. Je ne peux donc pas vous dire : ce sont les méchants et nous sommes les gentils. Ce serait un peu trop facile.
Je peux vous répondre sur l’anglais plus clairement et parce que cela me touche directement. C’est la langue de nos clients, c’est la langue du pétrole. L’origine de la compagnie, c’est le pétrole. La langue du pétrole parce que les grands clients étaient américains, les Exon et Compagnie étaient des Américains. J’ai presque envie de dire que c’est la bonne raison de l’époque. Regardez ce Monsieur d’Annonay, en Ardèche. Quand il arrive en Chine, le premier réflexe qu’il a avec son interprète, c’est de parler non pas en français, mais en anglais, peut-être justement parce qu’il n’a pas pu trouver d’interprète français-chinois. Il a dû passer par un interprète anglais-chinois. Ce Monsieur pourrait nous dire pourquoi l’anglais est utilisé là. Mais ce n’est pas notre choix, mais la raison en est nos clients à l’époque, et le métier, l’environnement. Mais aujourd’hui, c’est la langue véhiculaire. Dans la rue, quand quelqu’un s’approche de vous et vous demande un renseignement, il vous parle anglais. Si vous allez en Espagne et que vous ne parlez pas espagnol, vous parlez anglais.
Sur la lutte contre les bakchichs, c’est un point où là encore, ma réponse va vous paraître un peu facile parce que je bénéficie du passé. Quand vous n’avez jamais marché dans la combine, c’est plus facile de ne pas y marcher. Nous sommes dans des métiers où la sécurité est importante, la qualité du service et la sécurité de l’environnement et des gens est importante. Quand vous avez un environnement aussi dur, le copinage ne fonctionne pas. Quelqu’un qui va gagner un contrat parce qu’il va faire du bakchich, parce qu’il va payer, est quelqu’un qui est en position de faiblesse parce qu’il ne va pas naturellement gagner ce contrat. Il ne va le gagner que parce qu’il aura payé. S’il le gagne parce qu’il le paye, il n’aurait pas dû l’avoir. D’une façon ou d’une autre, à un moment donné, la probabilité est grande qu’il ne réussisse pas à faire ce qu’il devait faire.
Or, cela peut se passer peut-être dans d’autres métiers. Mais dans nos métiers, avec les risques liés à cela et le prix de l’immobilisation d’une plate-forme pétrolière - cela peut se louer jusqu'à 100.000, 200.000, 300.000 dollars par jour - un jour d’arrêt pour une compagnie est catastrophique. Si vous n’êtes pas là à vous donner le bon service, je parle encore des clients et du service, mais si vous n’êtes pas là, si vous n’êtes pas prêt à délivrer ce pour quoi vous êtes payé, à la fin cela coûte beaucoup plus cher. Le bakchich, on peut donc le refuser facilement en disant : “ Nos prix sont ça, et vous savez ce que vous allez avoir en échange ”.
Je vais vous avouer une chose. Nous avons perdu des contrats, nous perdons des contrats. Certains de nos compétiteurs perdent des contrats parce qu’ils refusent de payer. Cela fait partie des choses qu’une entreprise doit savoir accepter.
Nous avons une règle. Pour les gens qui sont jeunes, seuls, face à des douaniers qui demandent des millions, pas des millions parce que cela serait refusé, mais des centaines de francs, ce qui est le plus dur, ce sont les petits bakchichs. A la limite, ce n’est pas dur de refuser un million de dollars. Vous pouvez dire que ce n'est pas vous qui décidez. Ce qui est dur, c’est le petit bakchich, tous les jours. Vous vous faites arrêter par la police parce que vous avez brûlé un feu, il n’y a pas de feu : “ Je suis policier : 200 francs ”. Cela, c’est difficile. Nous avons une règle qui est de dire aux gens : “ Si vous pensez que ce n’est pas bien, ne le faites pas. Vous serez “ foutu ” à la porte - excusez-moi l’expression - si vous faites quelque chose qui n’est pas bien, mais jamais si vous perdez un contrat parce que vous n’avez pas payé ”. C’est une règle de fonctionnement.

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