I définition de la notion de puissance et classification du monde p4 II la Chine, l’Inde et le Brésil, des grandes puissances ? p5





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date de publication16.11.2017
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RIBAUD CLÉMENT

A1-G3B

Enseignement culturel

Peut-on parler aujourd'hui de puissances émergentes ?

SOMMAIRE


Introduction............................................................................................p3


I Définition de la notion de puissance et classification du monde......p4



II La Chine, l’Inde et le Brésil, des grandes puissances ?.....................p5



1- La Chine..................................................................................................p6
2- L’Inde......................................................................................................p8
3- Le Brésil..................................................................................................p10

III Un contexte géopolitique non favorable à l’émergence de ces pays. p12



Dans le contexte géopolitique actuel, il est légitime de se demander si la notion de puissance émergente existe ou non. En effet, nous vivons dans une époque où la classification des pays est difficile à réaliser, il est encore plus délicat de le prédire. L’ordre du monde est bien borné : on peut classer certains pays comme étant des puissances, d’autres comme étant des pays sous-développés… Quant aux pays « intermédiaires », l’échelle de classification reste difficile à établir. Certains pays sont en voie de développement, d’autres encore prennent le nom de nouveaux pays industrialisés. Mais dans cette classification-là, est-il possible de classer certains pays derrière la dénomination de puissance émergente ? L’organisation du Monde actuel laisse-t-elle une place pour l’émergence de nouveaux pays afin de rééquilibrer l’ordre du monde ? Dans un premier temps, nous expliquerons la notion de puissance, terme nécessaire à la compréhension du sujet. Et nous ferons un « état du Monde » actuel : sa classification. Dans un deuxième temps, nous distinguerons le cas de la Chine, de l’Inde et du Brésil. Ce sont des pays qui se démarquent dans la classification précédente. De plus, nous verrons que ces pays émergents ont leur place dans le Monde actuel. Puis, dans un troisième temps, nous discernerons sur le fait que cette notion de puissance émergence aura un sens dans le monde de demain, tant l’avance des puissances, Américains en tête, est importante.

I Définition de la notion de puissance et classification du monde


La notion de puissance est un terme difficile à définir. On a tendance à l’associer à la notion de pouvoir. En effet, étymologiquement, ces deux termes sont identiques. Ils viennent du mot power. Le pouvoir est une capacité à agir. Néanmoins, tous les acteurs ayant du pouvoir ne sont pas forcement puissants. La notion de puissance est centrale dans les relations internationales. Ce concept est la pierre angulaire de cette discipline, comme l’a définie le fondateur américain de celle-ci, A. Wolfers. C’est également un terme important dans les analyses géopolitiques. On peut donc envisager la puissance comme une capacité à agir. Les spécialistes en géopolitique ont cherché à analyser quels étaient les « piliers » de la puissance des Etats. Ainsi, pour le géographe américain N. Spykman, en 1942, il existe dix facteurs de puissance : la superficie du territoire, la nature des frontières, le volume de la population, l’abondance des matières premières, le développement économique et technologique, la force financière, l’homogénéité ethnique, le degré d’intégration sociale, la stabilité politique et « l’esprit national ». Cette classification classique retient donc des facteurs géographiques (territoire, frontières, ressources), démographiques (nombre), militaires et économiques. On peut également envisager la puissance comme caractéristique : le terme est alors utilisé comme substantif (grande puissance, puissance régionale). Bien que l’égalité soit la règle théorique entre les Etats, certains sont plus influents que d’autres. Ces Etats sont des « puissances ». Hubert Védrine a même qualifié, en 1999, les Etats-Unis d’ « hyper-puissance ». Ainsi, la notion de puissance marque la classification des acteurs du système international : il ne peut y avoir de « puissances » que parce qu’il y a des « faibles ». Dans nos sociétés, les facteurs économiques ont été largement réévalués alors que les critères relatifs à l’espace paraissent dévalués. Ainsi, on qualifie le Japon de puissance du fait de son fort développement économique, industriel et technologique et ce malgré les limites imposées par son territoire. La notion de puissance étant définie, essayons de classifier les pays du monde, en suivant les règles de puissances définies précédemment. Nous disions en introduction que l’ordre monde était bien « borné »… Ainsi, parmi les grandes puissances, nous pouvons citer les Etats-Unis, l’Union Européenne et le Japon. A l’opposé, parmi les puissances « faibles », nous pouvons citer la quasi-totalité des pays africains. Ce sont des pays dits du Tiers-Monde ou sous-développés. On voit clairement quels sont les pays sous-développés et les grandes puissances du monde. Leur « sous-développement » peut être expliqué par de graves lacunes dans certains domaines de leur économie et de leur système politique. Citons parmi elles, le comportement de certains dirigeants africains qui confondent aisément leur portefeuille et le portefeuille de l’Etat. De plus, leurs structures juridiques et leurs institutions ne sont pas à même de gérer ces problèmes de corruption… Il y a aussi les pays en voie de développement, avec un indice de développement humain intermédiaire (entre 0,5 et 0,8), avec parmi eux les nouveaux pays industrialisés qui regroupent les pays qui ont amorcé un important décollage industriel dans les années 1960. Parmi les nouveaux pays industrialisés, on retrouve les « Dragons asiatiques » (Singapour, Corée du Sud, Taïwan, et Hong-Kong), les « Tigres asiatiques » (l’Indonésie, les Philippines, la Malaisie et la Thaïlande) et les « jaguars » : le Mexique et le Brésil. On peut de plus ajouter l’Inde et bien évidemment la Chine à cette liste de pays industrialisés. L'ordre du monde est donc divisé en trois grandes catégories : les grandes puissances, les pays en voie de développement et les pays sous-développés. Mais parmi les nouveaux pays industrialisés ne peut-on pas leur donner le nom de pays émergents ? Quelles sont les caractéristiques d’un pays dit émergent ? On parle de pays émergents lorsqu’un « pays s’est donné les moyens, en particulier juridique et culturel, qui l’amènent en phase de démarrage économique et de croissance rapide de la production et du niveau de vie ». Dans ces pays-là, on voit l’apparition de classes moyennes capables de consommer les produits et ainsi lancer l’économie du pays durablement. Les pays émergents connaissent un accroissement de leur revenu par habitant et donc de l'augmentation de leur part dans le revenu mondial. Ces pays investissent de plus en plus à l'étranger : un total de 117 milliards de dollars en 2005, soit 17 % du total mondial contre 10 % en 1982.

Ainsi, les pays émergents sont des " pays en développement" qui pratiquent, d'une manière plus ou moins efficace, l'économie de marché et accèdent aux financements internationaux.


II La Chine, l’Inde et le Brésil, des grandes puissances ?



Pour comprendre l’émergence de certains pays, essayons de voir qu’elle est la stratégie des NPI. Leur développement s’articule autour de cinq principes fondamentaux. Le décollage industriel commence par des réformes agraires importantes. En effet, ces mesures permettent la création d'une classe moyenne nécessaire pour créer une demande interne. Les NPI développent une stratégie d'industrialisation à partir de la production de biens destinés à l'exportation. Les exportations représentent environ 30% du PNB des NPI. Il s'agit donc d'économies très ouvertes et dépendantes de l'extérieur. Ces exportations s'adressent en premier lieu au marché mondial. La concurrence avec les pays développés est rude. En effet, leur main d'œuvre est abondante et bon marché. Le droit du travail n’est pas aussi complexe que dans les sociétés des pays développés. Le modèle de développement est un mélange de libéralisme et d'interventionnisme direct et actif. L'Etat crée les infrastructures nécessaires à l'industrialisation, mise en place de mesure protectionniste, choix des secteurs considérés comme prioritaires pour l'industrialisation. Enfin, une politique scolaire active qui aboutit à un taux d'alphabétisation élevé. De plus, cela a deux effets positifs. La main d’oeuvre est mieux qualifiée et donc plus productive. Et le deuxième effet positif, dans ces pays, cela entraine une baisse de la fécondité. On reconnait d’après ces critères le mode de développement de la Chine, de l’Inde et du Brésil de ces dernières années. Dans la suite de cette partie, nous allons analyser l’histoire économique de ces pays et ainsi, nous verrons que ces pays ont leur rôle à jouer dans l’organisation du monde actuel.


1- La Chine



La Chine est le plus vieil empire du monde. Du VIIème siècle au Xème siècle, la Chine connaît un rayonnement militaire et culturel très important ce qui se traduit par la domination de ses voisins asiatiques. La Chine repose sur ses 500 000 ans de civilisation. Mais au XIXème siècle, la Chine est figée, fragile. Les occidentaux ont imposé à la Chine des « traités inégaux » : le traité de Nankin en 1842, à la suite de la guerre de l'opium, qui donne le droit aux Anglais de commercer dans 5 ports dont Canton et Shanghai et qui donne également une concession sur Hong Kong. Les Français « arrivent » également en Chine et signent un autre traité : le traité de Tien-Tsi en 1860 qui accorde aux occidentaux de nouveaux ports et d’autres privilèges commerciaux dans le cadre de concessions (comptoirs c'est à dire des enclaves territoriales) gérées par les occidentaux eux-mêmes. Ils exploitent toutes les ressources. De ce fait, ces concessions échappent au pouvoir impérial mais connaissent un pouvoir économique tout à fait positif : le commerce est multiplié par 5 entre 1960 et 1970, Shanghai représente la moitié des exportations Chinoises. Un capitalisme sino-étranger très dynamique se développe, échappant aux contraintes très archaïques des sociétés chinoises. Cela se traduit par une croissance très forte, 13%, de 1913 à 1920. Cela débouche inévitablement sur la naissance d'un sentiment nationaliste : c'est à cette occasion qu'est crée le parti nationaliste Gui Min Dang, dirigé par Sun Yat-sen, puis par Tchang Kay Chek, qui cherche à retrouver l'indépendance de la Chine et chasse les étrangers. En 1949, la république populaire de Chine est proclamée. La Chine sort épuisée économiquement d’un demi-siècle de guerre civile. C’est un pays essentiellement rural avec quelques zones de développement industriel sur la côte.
Le pouvoir appartient à une seule personne cumulant les fonctions de président du parti et de la république : Mao Zedong. Il cherche des alliés pour reconstruire la Chine. Seule l’URSS lui vient en aide. Mao Zedong reproduit donc le modèle soviétique en Chine : économie planifiée. Il donne la priorité à l’industrie lourde, collectivisation des biens de production, des terres et des entreprises afin d’obtenir des résultats. La Chine ne reçoit que très peu d’aide financière à la fin de la guerre. A peine 700 millions de dollars de la part des Etats-Unis. Cette aide est dérisoire comparé l’aide américaine accordée à l’Europe dans le cadre du plan Marshal. Même, l’URSS délaisse la Chine. L’URSS est complètement détruite à la fin de la guerre et aide en priorité les pays du Kominterm. Seuls quelques conseillers et techniciens soviétiques sont envoyés en Chine. La Chine essaie de développer une puissance militaire en s’appuyant sur l’aide de l’URSS, elle négocie aussi avec l’URSS pour la bombe atomique. La Chine se lance dans un projet de développement économique. Il s’agit de trouver une voie originale du socialisme afin d’accélérer le processus de développement visant à répondre aux besoins croissants de la Chine. En 1953, on recense 600 millions d’habitants. Il faut donc doubler la production agricole et d’acier. La Chine rattrape le niveau de la Grande-Bretagne en 15 ans. Mao crée des communes populaires, qui sont des unités économiques (fonctions agricoles et industrielles) et administratives (développement du travail, de la production et de la productivité). A la fin des années 1950, la Chine rompt ses relations avec l’URSS. Dès 1959, la Chine signe la fin de l’accord de coopération nucléaire avec l’URSS. En 1964, la Chine se dote de l’arme nucléaire. Pékin veut devenir un leader du communisme mondial. La Chine rompt ses relations commerciales avec le Japon et annexe brutalement le Tibet. La Chine entreprend une conquête très impériale. Le bilan est catastrophique. Mao meurt en 1976 et dès 1979, sous la direction de Deng Xiaoping, la Chine entame un tournant : elle entre dans une voie réformatrice. Il faut libérer les forces productives et ouvrir la Chine vers l’extérieur avec des moyens encore faibles (3 milliards de dollars de réserve pour la banque centrale).

Les exportations sont des matières premières et du textile et les importations des biens d’équipement et de consommation. Elle reste donc dépendante des autres pays. La décennie des années 1990 est une décennie de croissance. Certains économistes comparent cette période à la Haute Croissance du Japon et à la période de reconstruction de la France après la guerre. La croissance chinoise est stimulée par les réformes internes et la poursuite de l’ouverture à l’extérieur. La première réforme est celle de l’éducation et la recherche. La Chine développe l’enseignement supérieur. En 1995, elle compte 3 millions d’étudiants, ce qui est 4 fois plus qu’en 1990. Elle reforme également les entreprises d’Etat, qui deviennent trop lourdes et peu rentables. La première loi adoptée est celle sur les faillites. Cette loi permet aux entreprises d’Etat de faire faillite ! Ces entreprises d’Etat sont ensuite transformées en sociétés anonymes, plus compétitives. Elle reforme aussi ses systèmes bancaires Cette politique de réforme est couronnée de succès, puisque de 1980 à 2005, le taux de croissance annuel a augmenté de 2 points (de 8% par an, il est passé à plus de 10% par an). La Chine a également fait son entrée dans l’OMC en novembre 2001. Enfin les investissements étrangers sont d’environ 60 millions de dollars. La Chine est l’atelier du Monde. On voit que la part de la Chine dans la production mondiale est très importante. Les trois partenaires de la Chine sont le reste de l’Asie, les Etats-Unis et l’Union Européenne. L’un des atouts de la Chine est qu’elle est le plus grand marché potentiel mondial, au vu de sa démographie. C’est le pays le plus peuplé : les derniers recensements estiment sa population à plus de 1 321 851 888 habitants. La date majeure dans son Histoire de pré-puissance est le 11 septembre 2001. Avant cette date, la Chine était surtout soucieuse d’affirmer son leadership au niveau régional et aux pays membres de l’ASEAN. Après cette date, il y eut un changement radical : elle entreprit un dessein international. Elle comprit qu’il fallait qu’elle s’intègre au plus vite dans le courant mondialiste des grandes puissances afin de jouer son rôle de grande puissance ! La Chine investit partout et particulièrement en Afrique. Elle estime que c’est un marché très prometteur. De plus, le continent africain est très riche en matière première. Par exemple, Pékin importe le quart de ses besoins en pétrole de l’Afrique. Il est donc indispensable pour elle de créer des contacts et signer des accords de coopérations avec ces pays. En 2005, on dénombrait officiellement 820 entreprises chinoises installées en Afrique. Les investissements chinois en Afrique ont fortement augmenté, au point de dépasser ceux consacrés à l'Asie du Sud-est. Les échanges commerciaux avec l’Afrique se chiffrent à 56 milliards d'euros et la Chine est devenue le troisième partenaire commercial de l'Afrique. En dehors du continent africain, les investisseurs chinois sont présents dans l'exploitation des matières premières de la Corée du Nord. Les investissements chinois en Corée du Nord ont ainsi atteint 14,37 millions d'euros en 2005. Les Chinois étant peu regardant en matière de Droit de l’Homme, ils sont des partenaires commerciaux idéaux. Ils ne demandent rien en échange de leurs investissements. Pour toutes ces raisons, la Chine sera la grande puissance de demain, d’autant qu’elle a le troisième budget de Recherche et Développement du Monde. Tous ses investissements vont lui permettre d’avoir de l’influence partout dans le monde et surtout en Afrique, qui va également finir par exploser sur le plan économique. Sa place de membre permanent au Conseil de Sécurité de l’ONU lui donne déjà une place sur la scène internationale. La Chine fait peur : l’Europe est obligée de lui imposer des quotas pour sauvegarder son économie vieillissante. Incontestablement, elle sera le partenaire de toutes les grandes puissances du Monde.

2- L’Inde




L’Inde, qui a franchi il y a peu le cap du milliard d’habitants, a démontré en 1998, à travers ses essais nucléaires, qu’elle aussi aspirait à être reconnue parmi les grandes puissances. Pourtant en 1947, l’année de son indépendance, l’Inde est un pays pauvre, affaibli économiquement par la colonisation britannique, miné par de graves disparités sociales. Certes son auréole et sa puissance paraissent faibles face à la Chine voisine… Mais elle est bien réelle ! Son rôle s’accroit dans les affaires du Monde, autant sur le plan politique, qu’économique, que militaire. L’Inde a toujours attiré par ses richesses (par exemple le charbon, quatrième plus grande réserve au monde). Alexandre Le Grand a tenté de la conquérir en – 327 avant J-C, sans succès. Les Arabes également tentèrent leur chance beaucoup plus tard. Ce sont les Mongols qui se sont installés durablement en Inde jusqu’à l’arrivée des Anglais. L’Inde s’est enrichie par ces conquêtes successives. Le pouvoir en place est très tolérant : acceptation de toutes formes de religions et de pensées. L’Inde est un pays laïc. Le président, élu au suffrage universel, est musulman alors que son Ministre de la Défense est chrétien… Sa situation géographique la prédestine à jouer un rôle majeur. Elle est à la porte de l’Asie et elle domine tout l’océan Indien. Des problèmes internes retardent cette montée en puissance. Diverses insurrections la déchirent, son conflit avec le Pakistan au sujet du Cachemire ne lui permet pas d’avoir confiance durablement en l’avenir. A partir de 1900, une grande campagne de privatisation est lancée. Le produit intérieur brut est de plus de 1000 milliards de dollars. L’Inde ne devient pas seulement le laboratoire du Monde mais devient aussi l’atelier du Monde, au même titre que la Chine, à un rythme bien plus lent.

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L’Inde est la dixième puissance économique du Monde derrière les Etats-Unis, l’Allemagne, le Japon, la Chine. L’Inde exporte beaucoup, principalement vers les Etats-Unis et ses proches voisins de l’ASEAN. Un des grands atouts de l’Inde est sa démographie. La moitié de la population à moins de 25 ans. Cela constitue un « réservoir » de main d’oeuvre (406 millions en 1999). A la différence de la Chine qui vieillit trop vite, cela sera un atout considérable ces prochaines années. Elle affirme son potentiel scientifique. Le Président du Conseil International des Sciences est un Indien. Elle prend une place dans l’organisation du monde. De plus, plus de 400 000 ingénieurs sont formés tous les ans en Inde, presque autant qu’aux Etats-Unis ou en Europe. Ce qui peut lui être reproché, c’est le niveau insuffisant de formation de ceux-ci. Malgré cela, l’Inde est le premier exportateur de services d’aide à la programmation informatique et d’experts en programmation de logiciels informatiques au monde. Quant à son agriculture, qui est soumise aux aléas des moussons, elle n’est pas encore bien adaptée à sa nouvelle place. Nous savons que l’Inde cultive principalement du riz, du coton, du blé… Elle a une production agricole diversifiée. L’autosuffisance alimentaire n’est plus garantie à cause de la raréfaction des terres agricoles, du manque d’eau et de l’augmentation de la population. Comme en 2000, l’Inde a importé du blé en 2006 aux Etats-Unis, qui se réjouissent de cette demande qui risque de devenir permanente. Le système d’éducation est tout juste performant. La majorité de la population est éduquée. Le taux d'alphabétisation s’élève à 59,5% de la population totale. L’Inde a une influence de plus en plus importante dans la région. Elle favorise les accords bilatéraux avec ses pays voisins que multilatéraux avec les membres de la South Asian Association for Regionnal Cooperation (Inde, Pakistan, Bangladesh,

Népal, Sri Lanka, Bhoutan et Maldives). Son PIB représente 80% de celui de la SARC ! Elle cherche également à s’affirmer dans le Moyen-Orient. Elle va signer des accords de libre échange avec le Conseil de Cooperation du Golfe. Enfin, la Russie a invité l’Inde à se joindre à l’Organisation de Coopération de Shanghai, à titre d’observateur. Cette organisation dont font parti entre autres la Chine et la Russie a été mise en place pour développer la coopération des pays d’Asie dans plusieurs domaines : économique, lutte contre le terrorisme… En définitive, l’Inde a tout d’une grande puissance. Certains points restent tout de même à améliorer avant que ce qualificatif ne lui soit définitivement donné. Par exemple, la pauvreté : 25% de sa population vivent sous le seuil de pauvreté. Ce sera incontestablement une puissance de demain. Les Américains et Européens ont en désormais pleinement conscience. L’Inde porte donc bien le nom de puissance émergente…

3- Le Brésil
Le Brésil ne compte que 184.184.264 d'habitants. Loin du milliard chinois et indien. Malgré ça, les dirigeants Brésiliens tentent les mêmes techniques de développement industriel, afin de hisser le Brésil au rang de puissance mondiale. Historiquement, le Brésil a été marqué par des siècles de colonisation européenne. Ces ressources en bois ont été pillées. Les européens ontpratiquéla déforestation massive. La plus grande partie des ouvriers était des esclaves venus d’Afrique. En effet, le Brésil était une étape du commerce Triangulaire. Le Brésil est un pays riche en matières premières (or, argent, pierres précieuses, bois…) L’économie brésilienne au XVIIIème siècle est essentiellement basée sur la culture de la canne à sucre. Au XIXème et XXème siècle, le Brésil se lance dans la production de café et de caoutchouc. En 1888, avec l'abolition de l'esclave, l'outil industriel commence à se moderniser lentement.

Au moment de la Première Guerre mondiale, l'industrialisation du pays fonctionne à un rythme important, pour atteindre un niveau de fonctionnement industriel moderne. Pendant la Seconde Guerre mondiale, la première unité de production sidérurgique est construite. Faisant ainsi glisser le Brésil vers une économie de production de masse (automobile, pétrochimie, acier, machines-outils, aéronautique…). En parallèle, le développement du pays se fait par la construction d’infrastructures de transport et de télécommunications. A cette époque, le Brésil enregistre des taux de croissance économique record jusqu'en 1974 (7,4% en moyenne). Dans les années 1970, les Etats-Unis, l’Europe et le Japon investissent énormément au Brésil. Ces capitaux ont été utilisés pour subventionner des entreprises d'État et construire plus d'infrastructures dans les régions les plus pauvres, pour encourager leur décollage économique. Ces investissements ont entrainé une augmentation sensible du PIB (environ +8% dans ces années). Dans les années 1980, le Brésil est forcé de restreindre ses dépenses publiques. Cette situation de crise a entrainé une forte augmentation du poids de la dette. Des mesures de rigueur économique ont donc étaient prises pour stabiliser la monnaie et diminuer l’inflation. Quant à sa politique étrangère, Le Brésil cherche à devenir le leader du continent Sud-Américain, capable de faire contrepoids aux Etats-Unis, ainsi qu’une grande puissance émergente, capable de peser dans les affaires du monde. Le voeu du président Lula da Silva est de faire du Brésil une « nation mieux respectée, capable de défendre ses intérêts internationalement ». Pour se faire, Lula cherche à renforcer le marché commun du cône sud (Mercosur) entre le Brésil, l’Argentine, le Paraguay et l’Uruguay. En s’appuyant sur une alliance stratégique avec l’Argentine, le président veut développer le Mercosur sur le modèle de l’Union européenne : achever l’union douanière en 2006. L'Amérique du Sud est pour lui une priorité. Il s'agit, pour le Brésil, d'apporter sa contribution à la construction d'un espace de stabilité démocratique, de justice sociale et de prospérité économique dans la région. Le Brésil doit s’affirmer sur le plan international et doit mener ainsi une politique commerciale offensive. Depuis 1994, le Brésil mène une politique d’ouverture envers ses différents partenaires pour élever la part de ses exportations (+20% en 2003). Il a un rôle majeur dans les négociations de la future zone de libre-échange des Amériques. Avec l’Union européenne, les négociations d’un accord d’association se sont ouvertes en 1999. Depuis quelques années, pour s’assurer un développement durable, le Brésil signe des partenariats stratégiques avec les grands pays émergents et cherche à promouvoir la coopération Sud-Sud (partenariat stratégique avec l’Inde en juin 2007). Le Président Lula s’appuie sur « les racines » du Brésil pour développer ses relations avec l’Afrique et le Moyen-Orient. Un sommet Afrique-Brésil s’est tenu à Abuja, en novembre 2006. Enfin sur le plan de la politique extérieure, il doit se faire reconnaître comme une puissance, porte-parole des pays pauvres et émergents. Avec le soutien de la France, le Brésil est candidat à un siège de membre permanent du Conseil de sécurité. Cela lui permettra de donner une voix aux pays émergents lors pour définir des règles internationales plus équitables. Ainsi, on s’aperçoit que le Brésil a tout d’une grande puissance. Par toutes les réformes qu’il a menées ces dernières années, il a gagné sa place parmi les grandes puissances bien que certains points ne lui permettent pas d’être une grande puissance comme l’Europe, mais seulement une puissance en devenir. D’après un géopoliticien, « Si le Brésil possède un fort potentiel de croissance économique, les dépendances structurelles et les inégalités sociales constituent des freins importants à son développement». Le qualificatif de puissance émergente lui correspond donc bien…

Nous avons vu que parmi tous les pays en voie de développement, seuls la Chine, l’Inde et le Brésil seront capables, dans un futur proche, de devenir des grandes puissances. Ce sont des pays pratiquant un libéralisme économique. Ces pays sont des puissances régionales : ils sont les représentants d’états plus pauvres. Ils ont donc leur place sur la scène internationale. On peut donc les qualifier de puissantes émergentes car ce rôle est tout nouveau et parce que leur économie ont encore quelques déficiences. Mais peuvent-elles vraiment s’imposer comme telles, dans le contexte géopolitique actuel ?


III Un contexte géopolitique non favorable à l’émergence de ces pays



Le Moyen-Orient, l’Afrique, l’Amérique du Sud… autant de régions touchées par des conflits armés. Ces conflits sont de plusieurs types : des conflits entre pays (Inde – Pakistan, Chine –Tibet) ou des conflits internes contre des guérillas ou des mouvements révolutionnaires (Colombie avec les Farc, Irak, …). Surtout en Afrique, les systèmes politiques en place ne sont pas démocratiques et d’une certaine manière ne sont pas stables. En effet certaines entreprises étrangères doivent payer des taxes aux dictateurs et aux autres forces armées pour exploiter tel ou tel site. Prenons l’exemple de l’Asie, nous voyons les zones de conflits. Ils concordent avec des lieux stratégiques. Tant qu’il y aura des conflits et des pouvoirs politiques instables, les investisseurs mondiaux bouderont ces régions. Ceux-ci cherchent de la stabilité, de l’ordre… Ainsi, l’Inde recevra beaucoup plus d’investissements dès lors qu’elle aura réglé son différend avec le Pakistan au sujet du Cachemire. Il en va de même entre la Chine et le Tibet. Mais d’autres pays également pourront recevoir ces aides financières, indispensables au développement de ces régions. Nous pouvons certainement voir là une ressemblance avec le XIXème siècle. A cette époque-là, les pays européens, en pleine révolution industrielle, se déchiraient dans de terribles conflits. Peut-on alors voir là un signe de développement de ces zones ? Un pas de plus vers un développement durable ? En dépit de tous les efforts de ces pays (Chine, Inde, Brésil), l’échiquier mondial ne leur est pas favorable. En effet, l’hyper-puissance américaine fait de l’ombre à ces pays. Les Américains dominent le monde dans tous les domaines (économie, culture, militaire, conquêtes spatiales…) Depuis le 11 septembre 2001, ils se sentent investis d’une mission : être les gendarmes du monde. Ils mettent leur nez dans toutes les affaires du monde. Ils se sentent responsables de la démocratisation du Monde… Modèle qu’ils tentent de vendre à tous les pays ! Ils ont la puissance d’intervenir partout militairement. Ils ont le premier budget militaire au Monde (50% du budget mondial). Ce budget est équivalent au double du budget des 25 pays européens (25% du budget mondial). Enfin, ils ont exporté leur culture partout dans le Monde. Joseph Nye a introduit au début des années 1990 la notion de “ soft power “ relative à l’attraction du modèle culturel américain et de son mode de vie en particulier en ce qui concerne les séries TV, Internet, utilisation de l’anglais… Les échanges commerciaux s’articulent, de nos jours, autour de trois grands pôles : les Etats-Unis, l’Europe et le Japon/Chine. C’est la Triade. Les échanges se font particulièrement entre ces grandes puissances en délaissant les autres puissances émergentes. Cela rend donc difficile à ces puissances l’accès au marché mondial. Les grandes puissances, pour compliquer le contexte déjà non propice à l’émergence de nouveaux pays, se permettent d’intervenir dans les politiques des puissances émergentes. Les Etats-Unis, par exemple, avec leur « obsession Chinoise ». Washington cherche à isoler Pékin tout en gardant de bonnes relations avec ce géant. De plus, ils tentent d’empêcher un rapprochement trop important entre l’Inde et la Chine, qui serait dramatique pour leur économie. Et l’Europe, de son coté, tente de ralentir la production chinoise, en se fixant des quotas d’importation sur les produits chinois. Dans ce contexte, même l’Europe a du mal à se trouver une place. Sa construction patine à cause de divergences entre ses Etats membres. Ils n’arrivent pas à se mettre d’accord sur une position commune lors de conflits. Au moment de la guerre en Irak, les pays d’Europe de l’Est soutenaient l’intervention américaine alors que d’autres s’y sont opposés, la France en tête. Le Président américain avait alors taxé le noyau européen de « vieille Europe » en comparaison aux nouveaux états membres. Enfin l’échec de la Constitution européenne a mis un terme à cette construction et mis fin aux idées de certains de faire de l’Europe une puissance capable de rééquilibrer le monde. Le veut-elle vraiment ? Elle a plus été construite pour favoriser les échanges entre ses Etats membres et garantir la Paix en Europe. Elle n’a pas les moyens de proposer un autre point de vue au Monde d’autant que sa politique étrangère colle, sur beaucoup de sujets, à celle des Américains. En définitive, ces grandes puissances émergentes (Chine, Inde et Brésil) ne peuvent pas encore prétendre à être de grande puissance.

Cela sera surement possible dans un avenir proche. Nous voyons bien que l’ordre du monde actuel ne laisse pas de place à ces puissances prises individuellement. Essayons de voir que « puissance émergente » ne veut pas seulement dire « pays émergent » mais peut être « régions émergentes », zone dynamique… Et ainsi, compte tenu du poids de ces zones (Inde et Chine, Mercosur…) en terme démographique et de production (concentration et prix très bas de la main d'œuvre…), nous avons bien l’émergence de puissances émergentes, de zones d’influence au sens d’Huntington. On peut se demander si les puissances d’aujourd’hui resteront toujours de grandes puissances ? En effet, ce sont des puissances vieillissantes et qui perdent, surtout l’Europe, leur pouvoir tout en gardant de l’influence dans certaines zones…

DOCUMENTATION
1 http://www.hypergeo.eu/spip.php?rubrique15
2 http://www.hypergeo.eu/spip.php?article391

«  1. La puissance comme capacité : la puissance implique une volonté qui se fait respecter, elle suppose donc une efficacité, une autorité dans un champ de volontés contradictoires. La puissance implique les domaines politique, diplomatique, militaire, économique et médiatique. Elle repose sur des critères identifiables. Les spécialistes des R.I. et les géopoliticiens ont cherché à définir quels étaient les « piliers » de la puissance des Etats. Pour le géographe américain N. Spykman, en 1942, il existait dix facteurs de puissance : la surface du territoire, la nature des frontières, le volume de la population, l’abondance des matières premières, le développement économique et technologique, la force financière, l’homogénéité ethnique, le degré d’intégration sociale, la stabilité politique et « l’esprit national ». Cette classification classique (comme celle de Morgenthau et d’autres) retenait donc des facteurs géographiques (territoire, frontières, ressources), démographiques (nombre), militaires et économiques. Les facteurs économiques ont été largement réévalués depuis alors que l’espace paraît dévalué. Cette évolution implique, entre autres, une diminution du nombre des disputes territoriales entre les Etats. Chez F. Fukuyama, par exemple, la « fin de l’histoire » se traduit par une compétition purement économique entre puissances libérales. L’apparition de la géo-économie, formulée par E. Luttwak (1990), reflète aussi cette évolution. La puissance ne se pense pas seulement en critères ou piliers mais suivant de nouvelles approches plus synthétiques. Joseph Nye (1990) a pu schématiser le passage du hard power au soft power, c’est-à-dire de la puissance « dure » (classique et coercitive) à la puissance fondée sur l’attraction d’un modèle (en l’occurrence du modèle américain). R. Bläser (2005, p.288) distingue trois modes de « pouvoir » et donc de puissance : relational power (pouvoir relationnel), knowledge power (pouvoir par le savoir), framing power (pouvoir de cadrage). Le premier fait référence à l’importance des relations personnelles et physiques - et met en exergue des « lieux de pouvoir » ; le second met en évidence la nécessité de maîtriser l’information (et l’on pourrait dire de générer, produire, diffuser et avoir accès à l’information) ; le troisième fait référence à la capacité des acteurs à conduire l’ « agenda » international : à penser les thèmes qui mobilisent les opinions et les acteurs »
3
-)


4-) http://fr.wikipedia.org/wiki/L%27Union_europ%C3%A9enne_comme_puissance_%C3%A9mergente
5-) http://www.ifri.org/files/Travaux_et_recherches/Ifri_Etudes_TC_Chine_2007.pdf

http://fr.wikipedia.org/wiki/Civilisation_chinoise

http://www.questionchine.net/article.php3?id_article=2368
6-) http://www.cndp.fr/revueTDC/885-73380.htm

http://fr.wikipedia.org/wiki/Br%C3%A9sil

http://fr.wikipedia.org/wiki/Mercosur

7-) http://hoibianterminales.over-blog.com/article-13469433.html

http://fr.wikipedia.org/wiki/Inde

8-)




9-)





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