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A qui profite l’intégration économique SADC : Une approche théorique et empirique.
Par Opara Opimba Lambert, doctorant rattaché à la Chaire Jean Monnet, l’Université Montesquieu Bordeaux4.

Résumé : A partir d’un modèle de gravité inversé et réduit, nous montrons comment les coopérations bilatérales (échanges commerciaux bilatéraux) affectent le bien-être social des Etats membres d’une même zone à travers leur revenu par tête et le pourcentage de leur population vivant en dessous du seuil de pauvreté. Dans le cas de la SADC6, les relations bilatérales privilégiées dans la régions ne contribuent pas significativement à améliorer le bien-être des Etats coopérants.

1. Introduction.

L’un des grands défis auxquels les pays africains sont confrontés en ce vingt-et-unième siècle est, à la fois, de réussir à créer des blocs économiques et monétaires pouvant leur permettre de réduire le degré de marginalisation dont ils sont victimes à l’échelle mondiale, et de promouvoir leur développement socio-économique et institutionnel durable. Dans une certaine mesure, ce double objectif peut se rapporter en un seul, si l’on considère qu’une bonne intégration économique accélère la dynamique de la productivité régionale. Une telle ambition nécessite des mesures d’engagement fermes et une sérieuse prise de conscience en matière de coopération entre les Etats africains. D’ailleurs, ces Etats ne sont pas en marge de l’évolution actuelle du régionalisme. Mais la politique de régionalisation en Afrique souffre d’un sérieux problème d’application des textes régissant les accords passés entre membres d’une région. Si théoriquement il existe une franche volonté de la part des dirigeants africains de vouloir transformer leurs régions respectives en zone de libre-échange et de coordonner leurs politiques économiques, force est de constater que la réalité nous livre un autre scénario très éloigné du cadre théorique défini. Les raisons à cela sont multiples. Parmi celles-ci il y a : (i) la faible intensité d’échanges commerciaux formels intra-africains ; (ii) les structures productives disproportionnées entre les Etats membres d’une même région favorisent les asymétries des gains considérables auxquels il est difficile de mettre en place un système de compensation entre les gagnants et les perdants (P. et S. Guillaumont,1993); (iii) les conflits politiques et les luttes de leadership entre les Etats d’un même ensemble économique tendent à fragiliser l’optimalité de l’intégration de ces Etats; (iv) la faible incitation et la moindre motivation administrative à faire appliquer les obligations coopératives régissant les accords.
Depuis la fin des années 80, les enjeux de l’intégration ont repris un regain d’intérêt en Afrique, poussant ainsi la création de certains blocs comme la SADC (Southern African Development Cooperation). La SADC, créée en 1992 en remplacement de la SADCC, est un regroupement économique des 12 pays d’Afrique australe dont l’objet est de créer une zone de libre échange entre les Etats membres d’ici 2015. Au même titre que les autres blocs régionaux, elle s’engage à tirer vers le haut la productivité des économies très peu complémentaires de ces pays. En effet, les structures économiques de ces différents pays membres restent asymétriques : les pays relativement plus « avancés » (l’Afrique du sud et l’Ile Maurice) s’intègrent avec les moins avancés ; d’où l’intérêt de ce papier de s’intéresser à l’asymétrie des gains de coopération économique dans un tel cas d’intégration comme l’ont fait Ph. Cour et F.Rupprech (1996) pour le cas de l’ALENA. La question principale est de savoir à qui profite le plus cette intégration australe. Comment le bien-être des Etats –à travers l’indice de la population en dessous du seuil de la pauvreté (de chaque Etat)- se comporte t-il face à certains facteurs ‘‘associés’’ à la création de la SADC (effet de création et / ou de contournement du commerce, l’ouverture commerciale extérieure, l’apport des investissements directs étrangers)?
Cette problématique s’inspire de l’hypothèse selon laquelle la finalité des effets de gains à l’intégration doit s’observer sur le développement humain. Ce pourquoi, nous avons opté pour l’indice de la population nationale vivant en dessous du seuil de pauvreté1 dans la région SADC pour apprécier les effets des coopérations économiques et commerciales sur le bien-être social respectif de chaque Etat.

Nous avons pris un échantillon que nous qualifions de SADC-6 qui regroupe les six Etats des douze de la SADC (Afrique du sud, Botswana, Lesotho, Namibie, Swaziland et Zimbabwe).
Après avoir montré que l’effet de création du commerce SADC6 ne découle pas de l’effet de contournement de son commerce avec les régions hors SADC (partie 3), nous montrerons à partir d’un modèle gravitationnel réduit2 que, (i) s’il existe une relation économétrique entre les PIB par tête des principaux partenaires bilatéraux de la région (sauf pour l’Afrique du sud), en revanche, (ii) leur coopération respective -depuis la création de la SADC- ne semble pas affecter, d’une manière positive et significative, le nombre de la population en dessous du seuil de pauvreté de chaque Etat (partie 4). Mais avant, faisons une bref rappel des aspects socioéconomiques de la SADC-6.

2. Un mot sur la SADC6 

Graphique1.



Source : élaborés à partir des données de IMF international financial statistic

Le tableau 1 montre une évolution différenciée des certains taux de croissance des Etats de la SADC6 qui peut s’expliquer par plusieurs facteurs tant structurels que conjoncturels. Ces facteurs sont regroupés pour chaque Etat dans le tableau sommaire ci-dessous.

Tableau 1. Les caractéristiques générales de la SADC-6.


SADC6


Natures

Principaux partenaires

Particularités et enjeux

exportations

importations

exportations

importations

Botswana

Objectif : profiter au maximum des profits de la mondialisation

Diamants

Cuivre

Nickel

soda

Machine, équipement de transport

Nourriture, boissons (beverage)

EU

SACU

Zimbabwe

SACU

EU

Zimbabwe

Les institutions existent, reste à savoir leur efficacité.

• Un des plus faibles taux d’imposition de la région (15% sur les compagnies manufacturières)

•Bénéficie des effets industriels de l’AGOA act (système de préférences généralisées qui lui permet d’accroître son champ d’exportation aux USA

Lesotho

Une économie tenue par la forme fragile de la manufacture et des aides internationales


Biens manufacturés

Machines, équipements de transport, nourriture et animaux




Amérique du Nord

SACU

EU

Asie

SACU

Asie

EU

Amérique du Nord


•Le pays dépend énormément des aides internationales.

•Le pays possède un gros potentiel de minerais faiblement exploités faute des investisseurs.

•Le gouvernement encourage les sociétés privées à s’intéresser à l’industrie minière.

•Les institutions accompagnent les firmes nouvellement installées (comme la LNDL qui a aidé 21 firmes entre 2000 et 2001)

•3ème exportateur des textiles aux USA (grâce à l’AGOA act)

•Ascendant du secteur manufacturier

Namibie

L’avantage comparatif semble se jouer sur l’agriculture, colonne vertébrale de l’économie



Diamants

Métaux

Uranium

Biens manufacturés

poissons




(2000)

Royaume-Uni

Afrique du Sud

Espagne

France

Suisse

Belgique

Italie

Allemagne

Japon

(2000)

Afrique du Sud

Allemagne

U.S.A.

France

Russie

•L’agriculture et les mines tiennent l’économie.

•Contrairement aux autres Etats, l’avantage comparatif namibien provient beaucoup plus de la diversité du secteur agricole.

•70% de la population vit avec des revenus tirés de l’activité agricole [mais leur contribution ne représente que 6,7 % du PIB (2002)]

•L’agriculture a une structure dualiste : 41% des terres nationales sont utilisées par le secteur communal alors que 44% sont détenues par le secteur commercial qui domine sur la production nationale.

Afrique duSud

Priorité gouvernementale : lutter contre la pauvreté et les inégalités

Bijouteries et pierres précieuses

Machines et équipements de transport

Métaux de base (métallurgie)

Minerais

Produits chimiques Nourriture, beverage et tabac

Produits végétaux


Machines et équipements de transport

Produits chimiques

Minerais

Textile

Métallurgies



(2002)

U.S.A.

Royaume-Uni.

Allemagne

Japon

Pays bas

Belgique

Italie

Zimbabwe

Mozambique


(2002)

Allemagne

U.S.A.

U.K.

Arabie Saoudite

Japon

Chine

France

Iran

Italie


•Est l’économie la plus avancée en Afrique noire.

•Son système financier (marché boursier) fait partie du Top 15 mondial.

•Considérée comme une économie émergente au monde, l’Afrique du Sud est mondialement compétitive dans l’exportation des biens et la production des biens à forte valeur ajoutée.

•La recherche et développement a une place de plus en plus significative dans les budgets annuels de l’Etat. L’accent est mis sur la recherche en santé, en industries biotechnologiques etc…

•D’importants moyens sont mis en place pour attirer des investissements étrangers. D’ailleurs l’Afrique du sud est la première destination en Afrique des capitaux étrangers.

• Le développement des PME est l’un des objectifs de la politique économique. L’Etat accorde certains avantages fiscaux à leur émergence.

Swaziland
Objectif : tout faire pour attirer les IDE.

Une économie tournée largement vers l’exportation = 70% PIB

Biens manufacturés

(textile, sucres, …)

Produits chimiques et dérivés

Tabac


Machines et équipements de transport

Biens manufacturés

Food et

Produits chimiques

Carburant

Articles manufacturés

Afrique du Sud

Mozambique

Reste de la SADC

U.S.A.

Royaume-Uni.

France

Afrique du Sud

Japon

Royaume-Uni

Singapour

U.S.A.

•Une petite économie largement dépendante de l’économie mondiale.

•L’agriculture reste la principale ressource d’exportation.

•AGOA act contribue à développer l’industrie textile.

•Durant les années 80, l’économie a connu un boom d’IDE qui a eu des effets positifs sur la croissance économique. Cet afflux des IDE dans les années 80 a été favorisé par des sanctions internationales contre l’Afrique du Sud.

•Mais depuis la fin de l’apartheid, le taux de croissance connaît une diminution de sa tendance, à cause d’un effet de réallocation d’investissement en Afrique du Sud.

•Déficit public accru.




Zimbabwe

L’agriculture est le socle de l’économie et fait l’objet d’un acte constitutionnel.

•Les réformes.ont conduit à une réaction violente de la communauté internationale qui a pris des mesures de représailles virulentes à l’encontre du pays. comme l’application des tarifs des douanes par les USA et l’exclusion du AGOA Act.


•Tabac brut

•Or et diamants et autres minerais

•Produits alimentaires

Textiles


•Produits chimiques

•Carburants et électricité

• Machineries et équipements de transport

• Biens manufacturés


Afrique du Sud

Japon

Hollande

Allemagne

U.K.

Chine


Malawi

Afrique du Sud

Mozambique

Allemagne

Royaume-Uni

Botswana

Inde

chine

•Une économie relativement sophistiquée possédant le 2nd marché boursier en Afrique sub-saharienne

•Actuellement le pays traverse de graves difficultés socio-économiques à cause de la politique de la réallocation des terres cultivables entamée par le président MUGABE qui pourrait être inspirée par d’autres pays de la région comme la Zambie. Car le Zimbabwe est le premier pays africain à voir véritablement engager des réformes foncières en expropriant une partie de la population au profit d’une majorité.

•Depuis la mise en pratique de cette politique de la réallocation des terres, qui a profondément bouleversé les normes économiques du pays, le PIB réel a considérablement chuté. Ainsi en 2003, le pays occupait la 145ème place de l’IDH.

• Le Zimbabwe tente difficilement de nos jours de satisfaire à son autosuffisance alimentaire alors que c’était une fonction que le secteur agricole assurait jadis.

•Cette politique n’a pas seulement affecté les performances du secteur agricole, elle a aussi affecté négativement le secteur de la manufacture

•De plus, l’environnement international n’a pas apprécié le changement politique intervenu dans le pays, ce qui semble expliquer le déclin des investissements internationaux dans le pays entraînant par la suite la faible performance du secteur industriel comme le textile (voir schéma ci-dessous).








3. Y’a-t-il des effets de création ou de détournement depuis la mise en place de la SADC (cas de la SADC6) ?
La SADC et les effets de création du commerce
La SADC regroupe des Etats très peu complémentaires, mais qui regorgent d’énormes potentiels économiques. Ces Etats sont définis par les mêmes structures économiques hormis l’Afrique du sud, et donc, ont cette nature de commercialiser entre eux. Mais la SADC est loin d’être un bloc naturel au sens de Krugman (1991b)3. Car, elle dépend énormément des relations commerciales et d’autres types de coopérations entretenues avec les régions développées (comme l’Union Européenne et les Etats-Unis). D’un autre côté, la SADC pourrait être une zone naturelle dans le cadre des échanges agricoles et textiles. Parce que les Etats qui la composent sont, pour une bonne partie, des Etats où l’agriculture domine dans leur PIB respectif (Namibie, Swaziland Zimbabwe) (i). Et aussi, parce que, grâce au partenariat avec les Etats-Unis, à travers l’AGOA act, le textile est entrain d’évoluer industriellement dans certains pays comme le Swaziland ou le Lesotho qui était en 2000 le troisième exportateur du textile aux USA (ii).
L’intérêt de cette section est de montrer si la SADC « crée » du commerce entre les Etats de la SADC-6. Autrement dit, de voir s’il existe des effets de création comme la théorie du commerce international le démontre dans la cadre des coopérations commerciales et économiques (Viner 1950, DeMelo Siroën 2004). En effet, plusieurs effets sont attendus lorsque des pays appartenant à une zone géographique décident de se regrouper pour constituer une organisation commerciale régionale. Ainsi, plusieurs modèles comme ceux que l’on peut considérer comme des modèles traditionnels du commerce international (la théorie des avantages comparatifs de Ricardo, le modèle de Viner et le modèle Heckscher-Ohlin-Samuelson), et ceux qui font actuellement l’objet de leur dépassement que l’on désigne par la terme de la nouvelle théorie du commerce international défendue par Krugman et alii, ont essayé de mettre en évidence les retombées d’une telle intégration sur le bien-être collectif. Ces modèles, bien que reposant sur des structures robustes et faisant l’objet d’une grande pertinence, doivent néanmoins être pris avec précaution. Car, les effets d’une régionalisation commerciale peuvent être contradictoires et dépendants de la spécificité des régions (complémentarité ou substituabilité des Etats composant le bloc).

Il y a effet de création de commerce, d’après le modèle Viner, lorsque, suite à une intégration, les échanges entre les Etats formant le nouveau bloc commercial, augmentent significativement dans le temps. Cette création du commerce intrazone, favorisée, entre autre, par des accords préférentiels régionaux, peut malheureusement entraîner dans certains cas la destruction partielle ou totale du commerce avec le reste du monde (effets de détournement)4. Or, pour que le bien-être collectif de la zone augmente avec la coopération régionale, il faut que les effets de création soient importants et les effets de détournement faibles (Siroën, 2004). Vu autrement, cela signifie qu’il ne faut pas limiter les choix des consommateurs pour ne pas biaiser le welfare régional. D’ailleurs sur ce point, Dixit et Stiglitz (1977) montrent remarquablement que l’élargissement de l’assiette des choix accroît la satisfaction du consommateur. Dès lors, l’union sud-africaine, en même temps qu’elle crée un cadre « dynamique » d’échanges entre les Etats, ne doit pas constituer un obstacle majeur aux échanges avec le reste du monde. C’est qui n’est d’ailleurs pas le cas, puisque d’après le graphique1, si la SADC « crée » du commerce entre les Etats la composant, ce n’est pas pour autant qu’elle en détruit avec le reste du monde. Les effets de création sont vérifiés et n’entraînent aucun impact négatif pouvant se traduire par des effets de détournement du commerce avec les plus importants partenaires commerciaux de la région.

D’une manière théorique, l’estimation des effets de création du commerce (EC) au sein d’un bloc nouvellement établi peut se faire à partir de l’expression mathématique ci-dessous. Cette formulation intertemporelle des EC est inspirée de la méthodologie développée par la Cnuced et la Banque Mondiale largement utilisée pour estimer les retombées des accords bilatéraux et multilatéraux.

(1).

Où, e est l’élasticité de la demande d’importation de l’Union, M étant le volume courant des importations intrarégionale et Ti l’évolution relative des barrières tarifaires sur deux périodes, i=0,1.

L’inconvénient de ce modèle est double. D’abord, hormis le fait que les EC restent proportionnels à deux variables (M et e), on remarque toutefois que le calcul de cet indicateur repose sur une base de statique comparative qui, non seulement, ne permet pas de prendre en compte des effets dynamiques, mais aussi d’élucider - théoriquement- des informations sur certaines variables. La deuxième faiblesse, du moins, de cette méthode est qu’elle ne permet pas aussi d’appréhender sur une longue période continue les effets de création de commerce d’une région, car elle considère fixe l’élasticité de demande d’importation. Si cette variable peut être stable sur une courte période, rien ne garantir sa tendance stationnaire sur le long terme. Dans la mesure où le comportement des consommateurs régionaux peut différer dans le temps. Or, si l’on s’inspire de la nouvelle théorie du commerce international concernant les effets de la création du commerce5, on peut rendre l’équation (1) plus dynamique, en endogéneisant M et en insistant sur la propension marginale à commercialiser entre les Etats membres..

Ainsi, en tenant compte de la réalité des économies en développement, on peut, par exemple, définir M comme dépendante des capacités productives des Etats plus ou moins avancés par rapport aux autres de la région (dans le cas de la SADC, on fera allusion à l’Afrique du sud et au Zimbabwe), des infrastructures favorisant les échanges et enfin, des mésententes politiques et des rivalités commerciales qui empêchent l’abolition totale des barrières tarifaires et non-tarifaires dans la région. Sur ce dernier point particulier, la SADC reste un cas typique. En effet, il existe des tensions entre ces Etats qui la composent. Ces conflits entre par exemple l’Afrique du sud et le Zimbabwe ou l’Afrique du sud et la Zambie, sont explicitement dus aux barrières douanières et non-douanières que l’Afrique du sud pratique pour protéger ses industries exposées aux seuls produits concurrentiels de ses voisins. Dans la région SADC, les pays qui pratiquent des tarifs douaniers les plus élevés sont les deux pays qui dominent notre échantillon (SADC6), c’est-à-dire l’Afrique du sud et le Zimbabwe.

D’un autre côté, les observations faites sur les regroupements commerciaux dans le monde montrent que les régions où un potentiel réel d’échanges existe, renforçant de surcroît l’intérêt du marché régional commun, sont des régions qui connaissent un commerce intrarégional important (tableau 3). Cette évolution des échanges intrazone reste, entre autre, expliquée par l’importance de la propension marginale que ces Etats ont à commercialiser entre eux. Cette propension marginale qui dérive du rapport entre la variation des importations intrarégionales et la production régionale, conduit, si elle est significative, à une intégration économique plus porteuse d’échanges au sein de la région. Car, une intégration par le marché dépend de la potentialité commerciale intrarégionale existant avant tout processus à l’intégration. Dès lors, un dynamisme réel ou potentiel, qui se veut naturel, favoriserait davantage les gains à l’intégration, auxquels la dimension institutionnelle de celle-ci, à travers l’élaboration d’un système commun de règles et de politiques (de Melo et alii, 1993), pourrait renforcer.

Les effets attendus de la création du commerce passe également par l’importance de l’élasticité de demande d’importations intrarégionale. En effet, dans le modèle classique, l’importance d’une telle élasticité favorise l’intégration commerciale (Siroën, 2004). Cette élasticité mesure la sensibilité des importations intrarégionales face au changement relatif du prix des biens produits localement. Cette variation des prix relatifs peut être due à une modification des coûts des facteurs (qui seraient croissants d’après le modèle HOS et décroissants selon la nouvelle théorie du commerce international). Les prix peuvent également être affectés par des coûts des transactions si l’effet de distance et les moyens de communications se font ressentir.
Tableau2 : Commerce intra SADC en % des exportations totales

Années

1970

1980

1990

1995

2000

2001

2002

2003

Echanges

4,2

0,4

3,1

10,6

11,7

10,3

8,8

22

Sources :UNCTAD Globstat pour l’année 1970 ; Manuel de statistique Cnuced 2003 pour la période 1980-2002 et SADC secretariat pour l’année 2003

Tableau 3 : Commerce intrarégional des principaux blocs au monde (valeurs des exportations en millions de dollars et en % des exportations totales de chaque bloc)




1980

1990

1995

2000

2001

2002

ALENA(1992)

102 218

33,6%

226 273

41,4%

394 472

46,2%

676 441

55,7%

639 137

55,5%

612 965

56,0%

UE(1957)

483 141

60,9%

1 022 932

67,1%

1 385 805

66,1%

1 616 964

67,2%

1 618 192

66,6%

1 699 581

66,6%

ASEAN(1967)

12 413

17,4%

27 365

19,0%

79 544

24,6%

98059

23,0%

87 902

22,4%

94 760

22,8%

MERCOSUR(1994)

3 424

11,6%

4 127

8,9%

14 199

20,3%

17 910

20,9%

15 244

17,3%

16 544

17,7%

Source : Manuel de statistique Cnuced, 2003. (..) date de création des blocs

Partant de ces remarques théoriques et de ces observations, on peut reformuler l’équation (1) ainsi : (2)

Avec, M(.) les importations traduisant le commerce intrarégional et dépendant dans le temps (t) des capacités productives des Etats membres l es plus avancés (Y), de l’amélioration des infrastructures commerciales (G) et des politiques commerciales internes (T). Ici, t=0 désigne le début des processus d’intégration, autrement dit la date de la création de l’union.

L’évolution des EC à tout point de t serait :



Le point sur les variables désigne leur variation par rapport au temps.

Il ressort de cette différenciation les effets de création du commerce dans le temps dépend de des différents impact marginaux que et ont respectivement sur M. Bien entendu, correspond à la propension marginale du commerce intrazone. équivaut l’impact marginal des dépenses publiques collectives en matières des infrastructures (amélioration des voies de communications, développement des projets communs de production, etc) sur le commerce régional. Et est l’impact marginal d’une variation d’un 1% des tarifs douaniers sur le commerce intrazone. Où 0i<1.

En clair,  (3).
Par ailleurs on peut se demander comment se manifesteraient les effets de créations si le bloc reste fermé. Considérons toujours la zone SADC6 où coexistent des pays relativement forts (Afrique du sud et Zimbabwe) avec des pays relativement faibles (Lesotho, Namibie…). Dans la somme des importations intrarégionales serait égale à celle des exportations intrarégionales. Soit, M = X (4). Si l’on décompose X, on aura des exportations venant des pays relativement forts (Xfort) et des exportations des pays relativement faibles (Xfaible). Ce qui donne : X = Xfort + Xfaible. Soit b la part des Xfort dans M. Autrement dit, l’égalité (4) devient : M= b-1Xfort (5). Avec 0<b<1.

Or, Xfort dépend étroitement de la capacité productive réelle des pays relativement forts. Ainsi, Xfort = f(Y/p). p étant le prix relatif des facteurs de production.

M= b-1 f(Y/p) (6). En tenant compte du temps et en introduisant (6) dans (2), ce dernier devient:

(7)

La fonction (7) exprime que les effets de création du commerce dans une zone commercialement intégrée et fermée dépendent des capacités productives réelles des pays dominants la région. Dans ce cas, les EC seraient d’autant plus significatifs si b est imposante dans la région. Par contre, les EC risqueraient d’être négativement affectés si les coûts de production (p) sont élevés. Ainsi, si le redéploiement de la capacité productive des Etats plus avancés se traduit par une modification à la hausse des coûts de production, celle-ci va se répercuter sur les prix des « biens régionaux ». Partant de là, les effets de création du commerce coûteront plus chers à la zone qui est en situation d’autarcie. S’il n’y a pas un support au portefeuille du consommateur, son pouvoir d’achats risquerait d’être affaibli. Si la zone est ouverte, les EC risqueraient d’être anéantis par les importations provenant de l’Etranger.

D’autres enseignements à tirer de cette relation fonctionnelle sont que les pays relativement forts nécessiteraient la coopération des autres Etats pour stimuler les EC. Car, la fluidité des transactions intrarégionales dépend entre autre des mécanismes incitatifs aux échanges. Comme par exemple, la libre circulation des biens et des capitaux, le développement des projets infrastructurels communs, etc. Il faudrait insister plus sur un cadre réceptif des « biens régionaux » pour que la capacité productive réelle des Etats relativement  avancés puisse jouer favorablement sur les gains de l’intégration.
En d’autre terme, l’équation (7) montre que, en terme d’effet de production (ou d’effet de revenu), les économies qui, au préalable, ont une relative avance sur autres économies de la région, bénéficieraient davantage de l’intégration commerciale et de la spécialisation qui en résulterait par la suite.
Cette fonction intégrante peut être exprimée d’une manière exponentielle si l’on se fie aux observations du tableau 3 et du graphique 2. Ces deux observations montrent l’évolution des échanges intrablocs. Il ressort d’après le tableau2 qu’entre 1980 et 2002, les commerces intrarégionaux ont été respectivement multipliés par 6 pour l’ALENA, par 3,5 pour l’UE, par 7,6 pour l’ASEAN et par 4,8 pour le MERCOSUR.

Le graphique 1 nous livre un regain des importations intraSADC. En effet, avant la reformulation de la SADCC, c’est-à-dire avant 1992, les échanges commerciaux intraSADC étaient insignifiants. Ils représentaient en moyenne 4% du total des exportations et 2,5% du total des importations. Depuis la reformulation et l’adhésion de l’Afrique du sud, le commerce intraSADC pèse de plus en plus des parts significatives dans le volume commercial global. Cette augmentation est due en premier lieu à l’intensité des échanges entre l’Afrique du sud et la Zimbabwe. Puisqu’ils représentent à eux seuls environ 85% du commerce intraSADC. C’est l’effet gravitationnel. Comme le souligne Siroën (2004) : « deux grands pays ont davantage de chance de s’attirer que deux petit pays ». Le commerce intraSADC gravite beaucoup plus autour de ces deux Etats que les autres nations réunies.

Sur le plan théorique, si l’on tient compte des effets d’incitation développés ci-dessus, la relation fonctionnelle (7) devient une fonction temporelle de maximisation sous contrainte.
Max (8)

sous contrainte des effets d’incitation de:

>0,

et <0.
L’équation (8) sous contraint des effets d’incitation, expliquerait au mieux, tout du moins à partir des informations qu’il dégage, les gains relatifs au regroupement commercial. La mise sous forme exponentielle de (m1 + e) est justifiée par leur impact significatif dans les échanges. Elles ont certainement une part non négligeable de l’évolution statistique du commerce intrabloc observée (tableau 2 et 3).
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«Cela représente 338 euros bruts par an sur la fiche de paie d'un enseignant en fonction depuis 10 ans et 202,71 euros pour un infirmier...






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