E. g français – Mme de Surmont





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E.G français – Mme de Surmont

2nde 2

février 2015
Durée : 4 heures
Aucun document autorisé


Objet d’étude : La poésie
Corpus :

Texte 1 : Victor Hugo, « Le Mendiant », Les Contemplations, livre V (1856)

Texte 2 : Charles Baudelaire, « Le joujou du pauvre », Le Spleen de Paris, (1869)

Texte 2 : Jacques Prévert, « La grasse matinée », Paroles, (1946)


  1. Vous répondrez à la question suivante (6 points) :


De quelle manière les poètes évoquent-ils la misère ?


  1. Vous traiterez le sujet suivant (14 points) :


Commentaire
Vous ferez le commentaire littéraire du texte de Victor Hugo (Texte 1).

Vous pourrez vous aider du parcours de lecture suivant :

  • étudiez comment sont évoquées les conditions de vie du mendiant

  • montrez comment le poète célèbre la figure du pauvre


Texte 1 : Victor HUGO, "Le Mendiant", Les Contemplations, livre V (1856).

Un pauvre homme passait dans le givre (1) et le vent.
Je cognai sur ma vitre ; il s'arrêta devant
Ma porte, que j'ouvris d'une façon civile (2).
Les ânes revenaient du marché de la ville,
Portant les paysans accroupis sur leurs bâts (3).
C'était le vieux qui vit dans une niche au bas
De la montée, et rêve, attendant, solitaire,
Un rayon du ciel triste, un liard (4) de la terre,
Tendant les mains pour l'homme et les joignant pour Dieu.
Je lui criai : « Venez vous réchauffer un peu.
Comment vous nommez-vous ? » Il me dit : « Je me nomme
Le pauvre. » Je lui pris la main : « Entrez, brave homme. »
Et je lui fis donner une jatte (5) de lait.
Le vieillard grelottait de froid ; il me parlait,
Et je lui répondais, pensif et sans l'entendre.
« Vos habits sont mouillés », dis-je, « il faut les étendre,
Devant la cheminée. » Il s'approcha du feu.
Son manteau, tout mangé des vers, et jadis bleu,
É talé largement sur la chaude fournaise,
Piqué de mille trous par la lueur de braise,
Couvrait l'âtre, et semblait un ciel noir étoilé.
Et, pendant qu'il séchait ce haillon désolé
D'où ruisselait la pluie et l'eau des fondrières (6),
Je songeais que cet homme était plein de prières,
Et je regardais, sourd à ce que nous disions,
Sa bure (7) où je voyais des constellations.
1. givre : couche de glace.
2. d'une façon civile : avec amabilité
3. bâts: dispositif que l'on place sur le dos des bêtes pour le transport de leurs charges.
4. un liard : très petite somme d'argent.
5. jatte : bol.
6. fondrières : trous dans un chemin défoncé.
7. bure : manteau fait d'une grossière étoffe de laine:

Texte 2 : Ch. Baudelaire, « Le joujou du pauvre », Spleen de Paris, (1869)
Le joujou du pauvre
Sur une route, derrière la grille d'un vaste jardin, au bout duquel apparaissait la blancheur d'un joli château frappé par le soleil, se tenait un enfant beau et frais, habillé de ces vêtements de campagne si pleins de coquetterie. Le luxe, l'insouciance et le spectacle habituel de la richesse, rendent ces enfants-là si jolis, qu'on les croirait faits d'une autre pâte que les enfants de la médiocrité ou de la pauvreté. A côté de lui, gisait sur l'herbe un joujou splendide, aussi frais que son maître, verni, doré, vêtu d'une robe pourpre, et couvert de plumets et de verroteries. Mais l'enfant ne s'occupait pas de son joujou préféré, et voici ce qu'il regardait :
De l'autre côté de la grille, sur la route, entre les chardons et les orties, il y avait un autre enfant, pâle, chétif, fuligineux, un de ces marmots-parias dont un œil impartial découvrirait la beauté, si, comme œil du connaisseur devine une peinture idéale sous un vernis de carrossier, il le nettoyait de la répugnante patine de la misère.
A travers ces barreaux symboliques séparant deux mondes, la grande route et le château, l'enfant pauvre montrait à l'enfant riche son propre joujou, que celui-ci examinait avidement comme un objet rare et inconnu. Or, ce joujou, que le petit souillon agaçait, agitait et secouait dans une boîte grillée, c'était un rat vivant ! Les parents, par économie sans doute, avaient tiré le joujou de la vie elle-même.
Et les deux enfants se riaient l'un à l'autre fraternellement, avec des dents d'une égale blancheur.
Charles Baudelaire - Le Spleen de Paris




Texte 3 : J. Prévert, « La grasse matinée », Paroles, (1946)
Il est terrible

le petit bruit de l'œuf dur cassé sur un comptoir d'étain

il est terrible ce bruit

quand il remue dans la mémoire de l'homme qui a faim

elle est terrible aussi la tête de l'homme

la tête de l'homme qui a faim

quand il se regarde à six heures du matin

dans la glace du grand magasin

une tête couleur de poussière

ce n'est pas sa tête pourtant qu'il regarde

dans la vitrine de chez Potin (1)

il s'en fout de sa tête l'homme

il n'y pense pas

il songe

il imagine une autre tête

une tête de veau par exemple

avec une sauce de vinaigre

ou une tête de n'importe quoi qui se mange

et il remue doucement la mâchoire

doucement

et il grince des dents doucement

car le monde se paye sa tête

et il ne peut rien contre ce monde

et il compte sur ses doigts un deux trois

un deux trois

cela fait trois jours qu'il n'a pas mangé

et il a beau se répéter depuis trois jours

Ça ne peut pas durer

ça dure

trois jours

trois nuits

sans manger

et derrière ces vitres

ces pâtés ces bouteilles ces conserves

poissons morts protégés par les boîtes

boîtes protégées par les vitres

vitres protégées par les flics

flics protégées par la crainte

que de barricades pour six malheureuses sardines…

Un peu plus loin le bistrot

café-crème et croissants chauds

l'homme titube

et dans l'intérieur de sa tête

un brouillard de mots

un brouillard de mots

sardines à manger

œuf dur café-crème

café arrosé rhum

café-crème

café-crème

café-crime arrosé sang !…

Un homme très estimé dans son quartier

a été égorgé en plein jour

l'assassin le vagabond lui a volé

deux francs

soit un café arrosé

zéro franc soixante-dix

deux tartines beurrées

et vingt-cinq centimes pour le pourboire du garçon.

Il est terrible

le petit bruit de l'œuf dur cassé sur un comptoir d'étain

il est terrible ce bruit

quand il remue dans la mémoire de l'homme qui a faim.
Jacques Prévert, Paroles, « La grasse matinée ».
1. Potin : nom d'une chaîne de magasins d'alimentation.


Aide à la lecture :


  • « Le Joujou du pauvre » est l'une des pièces du recueil de poèmes en prose intitulé Le Spleen de Paris, écrit par Charles Baudelaire, poète symboliste, entre 1855 et 1864 et publié de façon posthume en 1869. Le terme « Spleen » désigne le mal de vivre, la tristesse du poète confronté aux échecs de toutes natures. Baudelaire, auteur du XIXème siècle, fondateur du symbolisme, à l’époque où il existait deux mouvements : le romantisme et le réalisme/naturalisme. Symbolisme : vouloir donner une vision du monde à travers nos sens (vue, toucher,…)

  • J.Prévert (1900-1977) est un poète et scénariste du 20ème siècle. Ces poèmes sont imprégnés du surréalisme. Le recueil Paroles met en scène des thèmes simples et universels tels que l’amour, la mort et la difficulté du quotidien.

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