Reflexions sur nos modes de vie dans 20 ans





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date de publication15.11.2017
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REFLEXIONS SUR NOS MODES DE VIE DANS 20 ANS

Pourquoi la dimension sociologique est-elle si peu abordée

dans les réunions du débat public ?

La réunion de Gap n’a pas permis de développer ces réflexions,

pourtant liées à la thématique du jour …
Cette contribution personnelle s’appuie sur les travaux d’économistes et de sociologues dont Jeremy Rifkin, Roger Sue, Dominique Méda, André Gorz, Bernard Maris, etc …
Trois éléments fondamentaux vont peser sur notre vie future.

  • La poursuite du développement des technologies de communication renforcera la primauté de la circulation de l’information dans les activités humaines.

  • Contrairement à la période réactionnaire que nous connaissons actuellement, la réduction du temps de travail est probable sur le long terme car elle s’inscrit dans une longue évolution depuis le 19ème siècle, grâce aux gains de productivité, à une logique de partage du travail et à une exigence de progrès social.

  • L’équilibre de la planète, écologique et social, exige une remise en cause des habitudes des pays riches : fin du gaspillage de l’énergie, réduction draconienne de la pollution, décroissance, annulation de la dette, commerce équitable, diminution des budgets militaires et augmentation de l’aide au développement autogéré. Même les gouvernements libéraux intègrent bon nombre de ces concepts dans leurs discours : il reste à passer de la parole aux actes …


Quel rapport y a-t-il avec le débat public sur la liaison Grenoble-Sisteron ?

Ces trois éléments auront-ils des conséquences palpables en matière de déplacements de personnes et de marchandises à l’horizon 2020 (en aucun cas une éventuelle autoroute Grenoble-Sisteron ne serait ouverte avant) ?

  • Le télétravail va continuer à se développer : il limite les besoins de transports.

  • La circulation de l’information (notamment avec le haut débit) limitera également les déplacements humains de manière sensible, notamment dans le domaine de l’économie.

  • L’exigence de progrès social, jamais contredite dans l’histoire sur le long terme (malgré des périodes de régression), devrait aboutir au développement des emplois à valeur humaine forte (éducation, recherche, solidarité, santé, culture …) bien répartis sur tout le territoire et ne nécessitant pas de longs déplacements.

  • Conséquence de la réduction du temps de travail, les activités hors-travail augmenteront : passions personnelles, relations humaines, autoconstruction, jardinage, activités de pleine nature, etc … On peut supposer moins de déplacements pour le travail et, contrairement aux analyses de la DRE, il n’est pas évident que le tourisme de masse progresse ; on peut supposer davantage de déplacements courts sur les réseaux locaux, liés aux activités hors-travail.

  • Le tourisme doux de proximité, exigeant en qualité de l’environnement (on ne va pas se ressourcer près d’une autoroute de montagne), nécessitera plus de déplacements courts. Contrairement à ce que prétend la DRE, la démonstration n’est pas faite que le gain de quelques minutes compenserait l’impact de l’infrastructure sur le paysage …

  • Les zones naturelles à protéger se développeront, par souci de maintien de la biodiversité et de la non-fragmentation des espaces naturels. D’où des exigences environnementales plus fortes, excluant les solutions aux impacts lourds.

  • Au commerce équitable devrait être associé la vente directe de proximité, afin de privilégier les rapports directs entre consommateurs et producteurs ; cela entraînerait une forte baisse des déplacements de marchandises, mais aussi une diminution des déplacements vers les centres commerciaux (souvent éloignés dans nos pays de montagne) au profit de déplacements courts sur les réseaux locaux (vente directe, marchés, petits commerces).

  • Les impératifs d’économie d’énergie comme le coût de celle-ci entraîneront certainement le développement des transports collectifs et la réduction des transports de marchandises (les tomates de Hollande pourraient ne plus croiser les tomates d’Espagne).

  • Les mêmes impératifs devraient modifier les déplacements pendulaires : l’emploi devrait se rapprocher du domicile. Quand l’avenir énergétique est aussi incertain, est-il responsable d’encourager des déplacements pendulaires individuels massifs ?


Quel impact de l’évolution des modes de vie sur les prévisions de trafic ?

La Direction Régionale de l’Equipement semble ignorer cette évolution. Elle est capable de prévoir une augmentation de trafic avec une précision remarquable … sans tenir compte de facteurs déterminants.

Comme si le trafic continuait d’augmenter alors qu’il stagne depuis deux ans (source : site Bison Futé du Ministère de l’Equipement). Comme s’il n’y avait pas une amorce de crise pétrolière majeure. Comme si le télétravail et les nouvelles technologies de la communication n’allaient pas diminuer les déplacements de masse liés à une société industrielle aujourd’hui en perte de vitesse. Comme si les accords internationaux sur l’environnement, signés par la France, n’allaient pas se traduire forcément dans les actes.
Il est faux d’affirmer qu’une autoroute est indispensable pour que les espaces traversés puissent bénéficier du développement national et international. C’est un raisonnement du passé.

Et l’on continue à nous vanter un investissement pharaonique, qui pourtant déséquilibrerait et assècherait les territoires traversés, accentuerait le phénomène de villages-dortoirs, asphyxierait davantage les villes, favoriserait plus de déplacements, plus de pollution, et marquerait d’une manière scandaleuse nos paysages de montagne.
Il est temps de prendre en compte des données essentielles (voir ci-dessus), certes impossibles à quantifier avec précision, mais qui entraîneront une mutation des déplacements et sans doute une baisse globale des besoins de trafic.
Il est temps de créer un consensus pour une solution réaliste, l’aménagement des voies existantes, qui ne sacrifie ni les finances publiques ni nos territoires de montagne ni les générations futures.

Nos pays de montagne sont ouverts, très attractifs, accueillants (tourisme, nouveaux habitants), leurs populations augmentent, leurs taux de chômage sont inférieurs à la moyenne nationale ; leur principal atout est justement de se prêter merveilleusement bien aux évolutions des modes de vie (voir ci-dessus). Ne sacrifions pas notre avenir pour les bonimenteurs du béton et du bitume ; unissons-nous pour préserver la qualité de vie de nos territoires, atout majeur pour nos enfants et petits enfants. Aménageons l’existant et utilisons l’argent ainsi économisé pour des causes socialement utiles, comme le maintien et même le développement des services publics dans les pays ruraux (facteur plus déterminant pour l’avenir de nos entreprises que l’existence d’une autoroute, si les routes sont bien aménagées) ou comme l’aide aux personnes précaires pour leurs déplacements, leurs emplois, leurs logements .
Claude Didier, Mens.

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