Les relations culturelles de la france et des pays d’europe centrale et orientale





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Exposé présenté le 12 février 2000 Par Laetitia GENTY et Vincent MEGEVAND                

 

LES RELATIONS CULTURELLES DE LA FRANCE ET DES PAYS D’EUROPE CENTRALE ET ORIENTALE

 

La première question que pose le choix de ce thème de réflexion, c’est évidemment celle de la définition de ces Pays d’Europe centrale et orientale (PECO en abrégé). Il faut d’abord rappeler que le terme de PECO est d’utilisation systématique récente : elle date de 1989. On parlait avant des pays d’Europe de l’Est, des pays satellites, des démocraties populaires… En 1983, Milan KUNDERA s’élevait d’ailleurs contre l’appellation d’Europe de l’Est, à l’occasion d’un article intitulé « Un occident kidnappé ou la tragédie de l’Europe centrale »[1], parce qu’elle entérinait la partition d’un continent. Selon lui, l’Est était une figure à la fois métaphorique et géographique, incarnée successivement par le Mongol, le janissaire[2] ou le cosaque, la défiance à l’égard du monde musulman puis soviétique. Les pays d’Europe de l’Est refusaient d’être considérés comme de simples boucliers et revendiquaient une Europe sans épithète. 

Pour une définition rigoureuse des PECO, on se reporte à la classification opérée par le COCOP (Comité d’orientation et de coordination des projets, cf. Deuxième partie) : il distingue les 10 pays d’Europe centrale et orientale candidats à l’Union européenne : Bulgarie, Estonie, Hongrie, Lettonie, Lituanie, Pologne, République tchèque, Roumanie, Slovaquie, Slovénie ; de l’Europe du Sud-Est (Albanie, Croatie, Bosnie-Herzégovine…) et des Nouveaux Etats Indépendants (ex-URSS : Russie, Ukraine, Géorgie…). 

Avant de présenter un bilan précis de la politique de coopération engagée entre la France et l’Europe centrale et orientale, domaine par domaine (Deuxième partie), nous allons commencer par relever rapidement les caractéristiques communes aux pays considérés, et qui permettent de les étudier en tant qu’ensemble, sans toutefois négliger les spécificités nationales (Première partie). 

Précisons enfin que cette présentation des échanges culturels de la France avec les PECO s’arrêtera en 1992, non tant par parti pris que par impossibilité de trouver des données synthétiques pour la période 1992-2000 (révélateur…) Nous serons donc amenés à conclure l’exposé principalement sur le bilan critique et les perspectives ouvertes à la fin de l’année 1992. 
PREMIERE PARTIE : PRESENTATION GEOPOLITIQUE DES ECHANGES CULTURELS FRANCE-PECO.

 

A – Pourquoi étudier les relations culturelles de la France avec cet ensemble de pays ?
Des caractéristiques communes. 
1) Une longue tradition de coopération avec la France.

 

Depuis qu’elle existe, la France bénéficie d’un certain nombre d’atouts qui expliquent sa présence politique et son influence culturelle en Europe centrale et orientale :· une situation géographique avantageuse, propice aux échanges ;

· la continuité de l’Etat et du projet national tout au long d’une histoire riche de bouleversements ;· son poids et sa vitalité démographiques jusqu’au 18e siècle. 

Ce qui explique qu’au fil des échanges économiques, malgré les guerres et les massacres, il ait existé tout un commerce intellectuel et artistique auquel prenaient part les princes, les marchands et les aventuriers français. Tel a été le premier fonds, inconscient, des relations culturelles qui sont devenues, entre la France et l’Est européen, de plus en plus volontaires et organisées. 

Plus précisément, dans le domaine culturel, la France de la Renaissance (16e siècle) reçoit sans doute plus qu’elle ne donne. C’est à propos de la France des Lumières que l’on peut véritablement parler de rayonnement culturel français. De nombreux facteurs, outre ceux déjà cités, contribuent alors à la diffusion de la culture française : la qualité de ce qui s’écrit et se joue à Paris, la puissance politique et militaire, et, bien sûr, la langue elle-même qui remplace le latin comme langue diplomatique à partir du traité de Rastadt en 1714[3], puis comme langue scientifique quelques décennies plus tard et devient ainsi la langue commune à l’ensemble des élites européennes. L’influence diffuse de l’absolutisme et des Lumières est certaine. Ce rayonnement s’étend à l’Europe centrale et orientale par l’effet spontané de la vie culturelle autant que pour des raisons politiques. La France a en effet mené, du 16e au 18e siècles, une politique active en Europe centrale et orientale, qui répondait, de part et d’autre, à une nécessité : pour la France, il s’agissait d’embarrasser autant que possible l’impérialisme habsbourgeois, impérialisme contre lequel les nations d’Europe centrale cherchaient justement un allié. 

Le retentissement de la Révolution française en Europe centrale et orientale est incalculable, puisque l’écho n’en a toujours pas disparu aujourd’hui. Comme les protestants autrefois expulsés par Louis XIV, les émigrés assurent alors par leur présence en Europe centrale et orientale la diffusion de la culture française. Les affinités intellectuelles et artistiques étaient déjà trop anciennes et trop fortes pour être effacées par l’évolution du régime et par des conflits militaires. 

L’échec des révolutions de 1848 entraîne peu à peu un transfert de l’espérance révolutionnaire. Le retentissement international de la Commune de Paris est considérable, mais c’est ensuite vers la Russie et l’Allemagne que se tournent les regards des « prolétaires de tous les pays ». C’est alors le début, entre une partie importante de la population et des intellectuels français et la Russie soviétique, d’une histoire longue et complexe, qui fait intimement partie des relations culturelles entre la France et « l’Est ». 

La forte politisation des relations culturelles à partir du 18e siècle n’a pas empêché un développement relativement autonome de la vie artistique, dans son mode d’expression comme dans le jeu des influences qui se sont exercées entre les créateurs des divers pays considérés. En matière littéraire par exemple, l’influence française a été et demeure importante en Pologne. Dans le domaine musical, c’est également à partir de la seconde moitié du 18e siècle que le jeu des influences croisées commence à se développer. Au 20e siècle, la création de l’URSS et surtout la guerre froide et la constitution du « glacis protecteur » mettent un instant un frein aux échanges culturels ; mais dès 1954, l’AFAA est autorisée à franchir le rideau de fer et à renouer avec l’URSS et les pays de l’Est. 

Cette longue tradition de relations culturelles explique qu’en 1989, la France soit en position de jouer un rôle privilégié dans la réunion des parties occidentale et orientale de l’Europe. L’ancienneté, la solidité et la diversité des liens qui se sont noués entre la France et les PECO au fil des siècles constituent autant de facteurs favorables au développement de relations privilégiées. 
2) Des difficultés et des enjeux communs en 1989.

 

Depuis 1989, les PECO connaissent une crise politique, économique et sociale qui est la conséquence directe de leur volonté commune de rompre avec le régime communiste et le collectivisme. Nous ne développerons pas plus cette idée, qui fait l’objet de nombreux articles tous les jours, les graphiques et tableaux joints (bilan effectué en 1999) mettant par ailleurs en lumière les différences de situation entre les PECO à l’égard de la « transition » vers un régime démocratique et une économie de marché. En revanche, ce dont il faut être conscient, c’est que cette situation globale ne peut manquer d’avoir des effets sur la vie culturelle de ces pays. 

· Il y a recherche d’un nouvel équilibre diplomatique, dans lequel les échanges culturels seront appelés à occuper une place qui reste à définir ;· Le secteur culturel souffre d’être relégué loin derrière les préoccupations vitales, alors qu’il était privilégié par les systèmes communistes ;· Les augmentations de prix sont telles que les biens culturels deviennent inaccessibles, ce qui met en péril tous ceux qui travaillent dans le secteur.

· On assiste dans le même temps à une crise et une mutation des élites, la culture dissidente étant en train de disparaître puisque sa mission est accomplie.

 

Cette crise profonde et multiforme ne doit cependant pas cacher les atouts qui existent en Europe centrale et orientale, à savoir :

 

· Un héritage positif des régimes communistes dans le domaine culturel, puisque que ces régimes ont soutenu, dans le cadre d’un système de censure et de surveillance, la production culturelle et l’accès du large public aux œuvres ;

· Un excellent niveau de culture générale (philosophique, littéraire, artistique), de culture scientifique et, souvent, de culture technique ;

· Un excellent niveau de réflexion qui nourrit une certaine lucidité sur l’écart entre les 2 anciennes moitiés de l’Europe et une très grande susceptibilité quant à l’attitude paternaliste de certains Occidentaux. 

Toutes ces mutations politiques, économiques et sociales entraînent donc des évolutions culturelles importantes, notamment dans le domaine linguistique : alors que les régimes communistes imposaient l’apprentissage de certaines langues étrangères, la nouvelle liberté de choix comporte un risque réel pour la francophonie, désormais concurrencée par l’anglais et l’allemand. 

Au-delà de ces caractéristiques communes aux PECO, susceptibles d’influencer leurs échanges culturels avec la France, il demeure des spécificités nationales non négligeables. 

B – Des spécificités nationales demeurant malgré tout. 
Il n’est pas inutile de relever, pays par pays, les grandes orientations des relations culturelles avec la France et quelques-uns des problèmes généraux posés au début de la transition affectant ces relations. 
1) Les Etats baltes.

 

Les Etats baltes font partie des pays économiquement « gagnants » de la transition. Longue résistance à la soviétisation, persécutions politiques et religieuses, proclamation de leur indépendance en 1990, affrontements sanglants, échec d’une tentative de coup d’état par Moscou en août 1991 et enfin reconnaissance des 3 républiques, entrées à l’ONU le 17 septembre 1991. 

Ce retour très récent à la souveraineté explique l’absence des accords habituels de coopération culturelle avec la France. Il est pourtant dans l’intérêt mutuel de la développer : les Etats baltes ont besoin de développer leurs échanges culturels afin de parvenir plus vite à une normalisation politique sur le plan international ; la France doit continuer de cultiver la sympathie ancienne et toujours maintenue dans ces pays pour sa langue et sa culture. 
2) La Pologne.

 

La Pologne est un des pays économiquement « gagnants » de la transition. Elle s’en tire politiquement honorablement, avec cependant une assez grande déception de la population attachée aux acquis sociaux du régime communiste et supportant mal les inégalités accompagnant l’économie de marché. D’où tentation d’un pouvoir fort…  L’image de la France en Pologne est contrastée : on lui reproche son manque de sérieux mais, face à la forte influence allemande et anglaise, la demande d’enseignement du français est pressante. La France est également sollicitée dans le domaine de la gestion culturelle décentralisée. Les relations restent globalement étroites entre une culture polonaise qui est toujours de très grande qualité malgré les difficultés financières (littérature, presse, cinéma...) et la culture française. 
3) La Hongrie.

 

La Hongrie est un des pays économiquement « gagnants » de la transition. Elle a connu une liquidation en douceur du régime communiste et bénéficie d’institutions démocratiques solidement établies et bien équilibrées, dont la stabilité a encouragé les investissements étrangers. 

Il faut rappeler que la Hongrie n’est pas un pays francophone, ce qui n’a d’ailleurs pas empêché la France d’être une terre d’asile traditionnelle (au 17e et surtout au 19e siècles pour les Hongrois persécutés). L’image de la France reste fortement obscurcie par le souvenir du traité de Trianon (qui décida du sort de la Hongrie en 1920) et aussi par la sympathie de l’opinion française pour la Roumanie. Cette réaction négative, très fortement répandue, n’entraîne cependant pas de réactions de rejet : qu’il s’agisse de présence culturelle ou d’investissements industriels, la France est attendue aux deux sens du terme. D’une part elle est implicitement mise au défi de montrer concrètement son intérêt pour le pays ; d’autre part elle représente, en matière économique et culturelle, un contrepoids à l’influence allemande. 
4) La République tchèque, la Slovaquie.

 

La République tchèque et la République slovaque sont des pays économiquement « gagnants » de la transition. Il faut cependant noter des différences importantes, du point de vue économique comme du point de vue politique, entre les 2 pays. Sur le plan politique, les choses sont bien plus faciles pour la République tchèque, qui a une histoire millénaire et ne connaît ni problèmes frontaliers, ni problèmes de minorités. Au contraire, la Slovaquie doit inventer un Etat et créer une nation sur fond de difficultés liées aux minorités hongroise et juive.

 

La France jouit d’une bonne image culturelle par affinité traditionnelle, en raison de la solidarité active manifestée par de nombreux intellectuels et diplomates français dans les années sombres, et parce que les services culturels français de Prague et de Bratislava sont appréciés. Son image politique est beaucoup moins positive, l’attitude du gouvernement français à Munich ayant laissé le souvenir d’une France peu fiable. La France est cependant réputée pouvoir servir de contrepoids à l’Allemagne, et elle a l’avantage d’être également sympathique aux 2 capitales : bien que les affinités entre Paris et Prague soient traditionnelles, notoires et activement cultivées, on aime rappeler à Bratislava que l’Ambassadeur français est un de ceux qui visitent le plus la Slovaquie… 
5) La Roumanie.

 

La Roumanie est un des pays économiquement « incertains » de la transition. Après l’effondrement sanglant de la tyrannie exercée par Nicolas CEAUCESCU, la Roumanie s’est dotée d’un Etat de droit, mais cette stabilisation de la vie politique s’accompagne d’une situation économique inquiétante et des 2 problèmes majeurs que sont le statut des minorités (juive, tzigane et hongroise) et la question de la Moldavie. 

Les relations avec la France sont particulièrement chaleureuses en raison du rôle qu’elle a joué dans le mouvement de libération nationale au 19e siècle, de sa participation au développement économique du pays, de l’appartenance commune à la culture latine et du mouvement de solidarité qui s’est manifesté pendant la révolution de décembre 1989. 
6) La Bulgarie.

 

La Bulgarie est un des pays économiquement « incertains » de la transition. Le retour à l’Etat de droit est aujourd’hui incontestable, mais la situation politique reste délicate et la crise économique sévère. 

Alors que la Bulgarie participe aux institutions francophones, la francophonie et la francophilie bulgares sont largement ignorées en France. L’attrait des Bulgares pour la langue française est né au cours des siècles et au fil d’échanges commerciaux auxquels les Bulgares ont toujours activement participé. Au début du 19e siècle, les jeunes Bulgares des milieux aisés prirent l’habitude de venir achever en France des études commencées dans des lycées créés par des religieux français. Dès lors, Paris représenta la culture et la mode, et la pratique de la langue française devint un signe de réussite dans les affaires. L’écho de la Révolution française et le soutien apporté par BLANQUI, LAMARTINE et HUGO au mouvement national bulgare ne fit qu’accroître le prestige de la France et l’influence de sa langue dont l’apprentissage devint obligatoire en 1858 – ce qui entraîna la multiplication des traductions d’auteurs français et des publications d’auteurs bulgares en français. Dans la Bulgarie indépendante, la Troisième République mena une politique culturelle très active (établissement d’enseignement, bibliothèques…) qui était relayée par l’Alliance française et par le comité franco-bulgare créé à Paris en 1912. Cette politique fut poursuivie et consolidée entre les 2 guerres (ouverture de l’Institut culturel français en 1922) et la langue française occupa pendant la période communiste une position d’autant plus forte que l’enseignement des autres langues occidentales était découragé. En 1989, 1 Bulgare sur 20 apprenait le français. 
7) La Slovénie.

 

La Slovénie est un des pays économiquement « gagnants » de la transition.

 

Tout au long de l’existence de la Yougoslavie, la France avait entretenu avec son pouvoir central et avec chacun de ses peuples des relations amicales renforcées par des souvenirs historiques communs et actualisées par des échanges économiques et culturels. Un nouvel accord de coopération culturelle, scientifique et technique avait d’ailleurs été conclu en mai 1989 avec la République fédérative de Yougoslavie. La guerre civile a interrompu les échanges ; on n’invoque depuis 1989 la culture dans l’ex-Yougoslavie qu’en tant que prétexte à de nouveaux combats. 

DEUXIEME PARTIE : PRESENTATION SECTORIELLE DES ECHANGES CULTURELS FRANCE-PECO.

 

Le verrou communiste sur les affaires culturelles a opéré une sorte de sublimation forcée vers la culture : c’est une cause de l’accueil plutôt chaleureux réservé à ceux ayant pu franchir les barrières. Les fruits de la pensée et de la création indépendante se voyaient appliquer un surplus de valeur éthique, politique et même affective dès qu’ils contredisaient les canons de la production officielle. 

En 1989 se manifeste un désir très vif de voir se développer les échanges culturels afin que, tous manques comblés, les retrouvailles soient complètes entre l’Est et l’Ouest du continent, comme entre ses nations et ses peuples. La France ne pouvait manquer d’apporter des réponses rapides et concrètes quant à l’intensification, dans les deux sens, des relations culturelles avec l’Europe centrale et orientale. Ce qui pouvait apparaître en 1989 comme une gestion tranquille n’est plus de mise dès 1992 car la question culturelle se pose en Europe « de l’Est » comme « de l’Ouest » avec une inquiétante acuité. Ainsi la Culture, d’ordinaire présentée comme un élément majeur du rapprochement entre les peuples, à l’heure de l’élargissement européen, semble être devenue la cause de leurs rivalités puisqu’ils se séparent et s’entre-tuent au nom de l’histoire, de la langue, de la religion… Les arts passent à travers les frontières et peuvent aider à les abaisser. Mais ils abreuvent parfois les haines génératrices de barbarie. 

La chute du mur de Berlin d’un côté et l’internationalisation des marchés de l’autre permettent à la France de prendre conscience de l’importance de la culture en terme de stratégie diplomatique. Très rapidement, les PECO demandent à la France d’accompagner leur développement qui est autant économique que culturel. De nombreux professionnels viennent en France se former dans le cadre du programme « Courant d’Est » initié par le département des Affaires internationales du ministère de la Culture, ou sollicitent des compétences françaises pour installer des cadres juridiques propices à l’émergence et à l’exploitation d’œuvres artistiques. 
A - Les opportunités structurelles d’ouverture des échanges culturels : 
1) Les facteurs structurels.
Certains pays sont structurellement plus disposés à s’engager rapidement dans les échanges culturels avec la France : Pologne, Hongrie, Tchécoslovaquie, Bulgarie profitent d’une mémoire écrite millénaire, d’un taux d’alphabétisation record et d’un niveau d’instruction élevé. Sauf l’Albanie, les pays socialistes européens se sont longtemps caractérisés par la densité de leur réseau d’installations et l’intensité de leurs activités culturelles. 

Les pays de l’Ouest ne sont pas jaugés uniquement du point de vue de leur puissance militaire, de leur influence politique ou de leur prestige culturel : ils se rangent aussi selon l’importance de leurs investissements sur place. Mais dans un but de diversifier les interlocuteurs, on constate un grand déploiement de contacts bilatéraux. Tchèques et Polonais en direction de la Suède ; les Tchèques et Slovaques envers l’Autriche ; les Hongrois envers le Royaume-Uni ; les Roumains envers Italie ; la Bulgarie envers la Grèce. 

Tous enfin sollicitent de la France un appui qu’elle délivre assez généreusement en paroles, en subventions d’Etat et à travers des remises de dettes, mais moins hardiment sous la forme de placement directs. Les relations culturelles semblent avoir sous cet angle un faible impact, puisque les Français ne viennent qu’au 7ème rang des investisseurs étrangers en Pologne et en 6ème position en Roumanie. Il n’y a qu’en Allemagne orientale que la France est le premier investisseur étranger. 

Le développement des échanges culturels après 1989 est facilité par une tradition d’échanges entre la France et les PECO, qui ne peut être réduite aux seuls placement financiers. 
2) Francophonie et Francophilie.

 

Le 18e siècle aristocratique et le 19e siècle bourgeois avaient assuré le succès du français chez les puissants de l’Europe entière, mais aussi parmi les patriotes qui les contestèrent. A l’est, il reste de cette fortune des traces assez tangibles pour justifier un effort officiel d’enseignement et de diffusion au moment où la langue, sans le déterminer totalement, favorise l’accès aux marchés. La concurrence entre nations riches se joue aussi sur ce terrain.               

La Pologne de l’ouest et de la Baltique associe encore l’allemand au parler de ses anciens occupants. A Cracovie, les fils de la vieille noblesse terrienne et les membres de l’élite intellectuelle cultivent la francophilie ; dans la zone que les tsars avaient annexée, le double écho du français de cour et du français des cafés littéraires subsiste aussi. Mais les années durant lesquelles l’intelligentsia assimilait sa maîtrise à un signe distinctif s’éloignent inexorablement. En 1991, plus des ¾ des élèves polonais déclarent vouloir opter pour l’allemand en seconde langue, derrière l'anglais. 

La Roumanie de Mircea Eliade, Ionesco et Cioran, où vécurent Paul Morand et Barthes (en tant que directeur adjoint du centre culturel français), reste le principal enjeu de la francophonie à l’est de l’Europe. La Bulgarie aussi, où, après le joug turc, le Parlement de Sofia parla officiellement français en 1879.

Idem pour la Tchécoslovaquie, en tant qu’héritage déclinant de l’idylle de 1918-1938. Parmi les dix proches conseillers de Havel, cinq provenaient en 1990 du monde de la culture, proche des CCF souvent appréciés comme lieu de repli.                              
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