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Université de Paris I Panthéon-Sorbonne

Année universitaire 2002-2003

Maîtrise sciences économiques

Economie publique normative
Calcul économique public

(notes de cours)

(Professeur Jean-Dominique Lafay)

Introduction générale


Section I : Historique

Section II : Economie publique normative et économie positive

Section III : Plan et bibliographie
L'économie publique étudie l'ensemble des problèmes liés à l'activité du secteur public, c'est-à-dire de l’ensemble regroupant l'Etat central, les collectivités territoriales et les organismes d’assurance sociale. Cette activité peut être marchande (comme dans le cas des entreprises publiques vendant des biens et services sur le marché) ou non marchande (fourniture gratuite de biens et services ou à un prix sans rapport avec le coût marginal).

Section I : Historique



Lors de l’émergence des Etats modernes en Europe, à l’époque de la Renaissance1, les problèmes du secteur public étaient surtout d'ordre financier. L’opportunité et le montant des dépenses publiques dépendaient exclusivement du "bon plaisir du Prince". La seule question technique était de choisir entre les différentes modalités de leur financement : impôt, emprunt, création de monnaie2 ou recettes d’exploitation du domaine public (quitte à étendre ce dernier par la guerre). Par ailleurs, le faible développement des marchés financiers privés faisait que l'Etat se trouvait au centre de tous les grands flux de prêt et d'emprunt (en général comme emprunteur). Ces deux raisons expliquent pourquoi on a longtemps utilisé les termes de finances publiques et d’économie financière pour désigner ce que les économistes appellent aujourd’hui l’économie publique3

Le champ de l’économie publique commence à réellement déborder le cadre strict des « finances publiques » à partir du milieu du XIXe siècle. Les économistes sont amenés à s’intéresser de plus en plus aux dépenses publiques et à la question de leur efficacité pour deux grandes raisons : (1) l’importance croissante de l'État et (2) la forte baisse du degré d’autocratie dans les Etats nationaux, qui s’accompagne d’un contrôle accru des Parlements sur les choix budgétaires. Cette extension de l’analyse s’est notamment produite dans le cadre de « l'Économie du Welfare » (à laquelle sont associés les noms d’Alfred Marshall puis d’Arthur C. Pigou). Plus tard, avec la macro-économie keynésienne et ses idées de politique budgétaire contracyclique, les dépenses publiques ont même acquis une place prépondérante, dans la mesure où l’on montrait que leur « effet multiplicateur » (1/[1-a] dans le modèle keynésien de base) était plus fort en valeur absolue que celui de la fiscalité (-a/[1-a] dans ce même modèle).

Au cours du XXe siècle, les problèmes d'économie publique ont occupé une place croissante sous l'influence de deux grands facteurs, apparemment contradictoires mais en fait logiquement liés :

- le succès grandissant de l'interventionnisme public jusque dans les années 1970. Avec la domination des idées « d'ingénierie sociale », de planification, de contrôle réglementaire des marchés, de redistribution par le budget public (au nom de la justice sociale), de politique macro-économique contracyclique. L'objectif était soit de contrôler, soit de remplacer « scientifiquement » l’ordre spontané du marché, avec l'hypothèse implicite que cette politique était non seulement souhaitable mais facile à mettre en œuvre ;

- les problèmes de plus en plus aigus rencontrés au cours du dernier tiers du XXe siècle par les "Welfare States" constitués sous l'influence des idées précédentes. Appliquées à grande échelle, les interventions publiques ont produit des résultats imprévus, pour lesquels les économistes ne disposaient pas d'outils d'analyse. La « crise de l’Etat » que connaissent depuis la fin des années 1970 de nombreux pays industrialisés, notamment la France, a été un révélateur intense de la fragilité des constructions antérieures. Le ralentissement de la croissance a tout d’abord provoqué une explosion des transferts : les règles de redistribution « généreuses » adoptées antérieurement ont provoqué de très sérieuses difficultés budgétaires et, par suite, une forte hausse des prélèvements obligatoires (impôts et cotisations sociales). A son tour, cette hausse a eu plus pour effet d’amplifier les problèmes que de les résoudre. L'interventionnisme public des années 50-60 a également été la source d’effets de cliquet, notamment en matière d’emploi et de croissance, qui ont eu pour résultat de retarder les « sorties de crise ». De façon plus générale, la multiplication des distorsions volontaristes des prix relatifs, dont la finalité avouée était de « corriger le marché », a à l’origine de rigidités et inefficacités profondes et durables.

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