L’intervention de l’Etat sur le marché





télécharger 31.79 Kb.
titreL’intervention de l’Etat sur le marché
date de publication10.10.2017
taille31.79 Kb.
typeDocumentos
e.20-bal.com > économie > Documentos
Brevet de Technicien supérieur Commerce international 1ère année
L’intervention de l’Etat sur le marché

- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -
La métaphore de la « main invisible » imageait l’efficacité du marché à faire converger les préférences de multiples individus vers un intérêt général.
Les théoriciens de « l’équilibre général » énoncent un théorème de l’économie du bien-être qui affirme que « tout équilibre de concurrence pure et parfaite est un optimum de Pareto ». Ce dernier décrit une situation où il est impossible d’améliorer le bien-être d’un individu sans dégrader celui d’un autre. Aucun gaspillage de ressources n’existe.
Cependant, trois défaillances du marché viennent gripper ce mécanisme supposé parfait :

- Les biens publics,

- Les externalités,

- Le monopole naturel.
Donc, une intervention publique se justifie pour assurer un bien-être au plus grand nombre (Cf. la notion d’estado de bien estar en Amérique latine…). La puissance publique intervient donc pour pallier ces défaillances mais aussi pour assurer la croissance économique (Cf. le thème 2) et établir une justice sociale en contribuant à la redistribution des richesses (Cf. le thème 3).
Quelles réflexions proposer sur l’imperfection des marchés et sur le rôle économique de l’Etat ?
I – Imperfections et défaillances du marché
A – Les défaillances du marché qui justifient l’intervention publique

1 – Trois défaillances

a Les biens publics présentent deux caractéristiques qui mettent en échec le marché :

- Leur consommation est non rivale : la consommation d’un bien par un individu n’empêche pas la consommation de ce bien par une autre personne.

- Leur consommation est non-exclusive : personne ne peut exclu qu’il y ait paiement ou pas de l’échange


NB : Certains biens possèdent une seule de ces propriétés :

- Les biens de club sont non rivaux mais exclusifs : autoroutes à péages…

- Les biens communs sont non-exclusifs mais non rivaux : les ressources naturelles


- Le coût marginal de la consommation reste nul, donc la facturation sera égale à zéro.

- Un bien public ne sera pas produit même si un grand nombre de personnes le souhaite pour éviter le comportement de passager clandestin.
b – Une externalité désigne une situation où l’action d’une personne affecte le bien-être d’une autre sans qu’il y ait de transfert monétaire :

- Une entreprise qui pollue l’environnement génère une externalité négative. Le coût de cette pollution n’affecte pas le niveau de son prix de revient, donc elle peut polluer davantage, sans tenir compte de la maximisation de l’utilité collective.

- Une personne qui accepte la vaccination contre une pathologie contagieuse génère une externalité positive, sans qu’elle soit rémunérée. Les vaccins ne seront produits qu’à une quantité inférieure à la maximisation de l’utilité collective.
c – Le monopole naturel décrit une situation dans laquelle la production de biens par une seule entreprise reste plus efficace que par un grand nombre (en raison de rendements d’échelles croissants) :

- Les activités de réseau, par exemple les transports ou la distribution d’énergie, conduisent « naturellement » au monopole qui offre des quantités moindres à des prix élevés qui ne sont pas fixés selon le coût marginal (la dernière unité produite coûte moins cher que le coût moyen). Cf. Dossier Bernard Maris pour une « discussion » de cette approche
2 – Quelle intervention ?

La fiscalité constitue la « correction » la plus efficace pour orienter efficacement les actions de l’Etat :

a – Une taxe sur les activités produisant des externalités négatives, permet de l’intégrer aux coûts de production. Un pollueur devra donc payer le coût privé (de revient) + le coût social (Cf. le marché des droits de pollution).

b – Les subventions, a contrario, encouragent les activités produisant des externalités positives.

c – L’Etat produit des biens publics grâce à l’impôt et régule les monopoles naturels.

B – Le marché défaillant : la règle plutôt que l’exception

Les théories de la « nouvelle microéconomie » stipule, dans les années 70, que marché reste spontanément défaillant car les conditions de la concurrence pure et parfaite (Cf. travaux dirigés) sont rarement réunies.

1 – Les marchés oligopolistiques dominent la réalité contemporaine :

a - Les quantités offertes restent inférieures à la demande potentielle, donc les prix demeurent trop élevés. Le prix de marché se fixera à un niveau supérieur au coût marginal.

b – Cependant la théorie des marchés contestables stipule que si les entrées et les sorties de marché restent libres, les entreprises doivent s’adapter au niveau de leur coût marginal.
2 – L’information imparfaite constitue la défaillance principale du marché

a – L’effet de « sélection adverse ». L’asymétrie de l’information sur le marché des voitures d’occasion. Cf. TD « Questionnement ».

b – Le principe de l’aléa moral met en évidence l’ignorance du comportement des agents économiques. Cf. TD « Questionnement ».
II – L’intervention publique et ses limites

La question de l’intervention publique se pose à la fois en termes d’efficacité économique et de choix politiques et sociaux. Richard Musgrave met en évidence les fonctions de stabilisation macroéconomique (assurer la croissance), d’allocation des ressources (pallier les défaillances du marché – Cf. supra) et de redistribution des richesses (Cf. le thème 3). Quel rôle économique l’Etat peut-il tenir et pour quelles pratiques économiques ?
A – L’Etat et les politiques contracycliques

Les taux de croissance du PIB ou le taux de chômage restent les seuls indicateurs qui requièrent l’’attention des pouvoirs publics. L’Etat peut-il mener des politiques contracycliques efficaces ?
1 – Les classiques et les keynésiens

- Pour les penseurs de l’Ecole Classique, le marché coordonne l’ensemble des intérêts privés vers un équilibre optimal ; JB Say considère que le simple fait de produire offre un débouché aux autres productions pour le montant de sa valeur. Donc une intervention publique s’avère inutile puisque l’équilibre de l’offre et de la demande se réalise « naturellement ».

- Keynes énonce que la production dépend de l’anticipation de la demande que perturbent la thésaurisation (« fuite » de la monnaie hors du circuit) et la situation d’incertitude du marché. L’équilibre de l’économie se réalise à un niveau de sous-emploi. L’intervention de l’Etat modifie les anticipations des agents économiques : politiques budgétaire et monétaire.

2 – L’abandon des politiques keynésiennes

Cf. Travaux dirigés sur la contestation des politiques dites « keynésiennes »
B – L’Etat doit-il modifier l’allocation des ressources ?
1 – « Internaliser » les externalités

L’Etat peut intervenir pour modifier « l’allocation des ressources » :

- Les théoriciens de la croissance endogène considèrent l’importance du progrès technique dans le développement. D’où l’importance de la R & D qui doit profiter à l’ensemble des entreprises sous l’impulsion des pouvoirs publics (districts industriels, partenariats de recherche...).

- L’accumulation du capital humain génère également des externalités positives en développant l’éducation et la formation grâce au développement de structures publiques.
2 – Prendre en charge les biens collectifs. Cf. la première partie.

3 – Réguler la concurrence imparfaite. Cf. travaux dirigés.
C – Redistribuer les richesses dans un souci de justice sociale.

Quel seuil d’injustice une société ne peut tolérer sans intervenir ? Le thème 3 développera cette question. Un bref récapitulatif des concepts montre que l’Etat risque d’intervenir de moins en moins afin de rechercher une plus grande efficacité économique, indépendamment de toute considération philosophique ou politique.
1 – L’utilité collective (Jeremy Bentham). Elle constitue la somme des utilités de chaque individu. Une politique de redistribution s’avère efficace si la satisfaction collective se révèle supérieure au coût collectif (l’impôt par exemple). Comment comparer utilité et désutilité ?
2 – L’utilité collective doit considérer la situation des plus défavorisés (John Rawls). Chaque individu doit disposer de droits égaux qui ne nuisent pas à la collectivité. Les inégalités doivent profiter aux plus défavorisés.
3 – La liberté reste plus efficace que l’égalité pour certains libéraux (Friedrich Hayek).
4 – Une « conciliation équité efficacité » impossible ?

- Trop d’impôt tue l’impôt (Cf. la courbe de Laffer).

- Les trappes d’inactivité : travailler revient plus cher que de bénéficier d’aides sociales.

- L’Union européenne tend vers une privatisation de grande ampleur des services publics et reste impuissante à mettre en œuvre une véritable politique économique commune.
Quel avenir pour l’Etat providence à la française ? Pour le modèle social français ?

Cf. le thème 3, notamment.




similaire:

L’intervention de l’Etat sur le marché iconLes défaillances de marché justifient-elles toujours l’intervention de l’Etat ?

L’intervention de l’Etat sur le marché iconLes défaillances du marché justifient dans une certaine mesure l'intervention de l'Etat

L’intervention de l’Etat sur le marché iconChapitre 2 : Echecs du marché et intervention de l’Etat
«price-taker» mais faiseuse de prix. Elle choisit sa quantité pour maximiser son profit en intégrant dans son calcul l’effet de sa...

L’intervention de l’Etat sur le marché icon2 l’intervention de l’Etat dans le marché 2 Le concept d’effet externe (ou externalité)
«chaîne dorée» entre l’Etat et le capital : la dette publique, cette dette est publique car aucun gouvernement ne peut laisser passer...

L’intervention de l’Etat sur le marché iconL’État acteur sur le marché des biens et services

L’intervention de l’Etat sur le marché iconL’État acteur sur le marché des biens et services

L’intervention de l’Etat sur le marché iconExternalités et intervention de l'Etat

L’intervention de l’Etat sur le marché icon11. L’intervention de l’État dans les loyers p. 15

L’intervention de l’Etat sur le marché iconLe marché n’aurait-il jamais besoin de l’intervention publique (2) ? Pourquoi le

L’intervention de l’Etat sur le marché iconLa Fondation Gabriel Péri, Le Parti communiste français, le lem-lieu...
«théorie des deux mains», à savoir la main visible de l’Etat et la main invisible du marché : l’idée est de laisser jouer le dynamisme...






Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
e.20-bal.com