CLÉment, Alain (2005). «Les représentations du marché des blés dans la pensée libérale britannique de la première moitié du xixe siècle». In: Guy Bensimon





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CLÉMENT, Alain (2005). « Les représentations du marché des blés dans la pensée libérale britannique de la première moitié du XIXe siècle ». In: Guy Bensimon (dir.), Histoire des représentations du marché. Paris: Michel Houdiard. P. 307-324.
Les représentations du marché des blés dans la pensée libérale britannique de la première moitié du XIXème siècle : le débat sur les corn laws

Alain Clément*

Université de Tours et UMR du CNRS 5206 Triangle/Pôle H.P.E

Introduction



Au cours de la première moitié du XIXème siècle a lieu en Grande-Bretagne un important débat sur l’approvisionnement alimentaire national. Cette controverse s’appuie sur la législation existante (corn laws) en matière de contrôle des mouvements de produits agricoles en direction de l'étranger, laquelle constitue un des aspects de la politique agricole et alimentaire de l’Angleterre depuis la période médiévale. Pourvoir aux besoins alimentaires du peuple au meilleur prix, s’est traduit le plus souvent par un encouragement au développement du secteur agricole et par la mise en oeuvre d’une politique protectionniste à l'égard des pays étrangers1. Compte tenu des hausses successives du prix du blé entre 1780 et 1802 et de la forte concurrence étrangère, la libre entrée des blés passa de 48s (shillings) le quarter à 54s en 1791 et à 66s en 1804 ; le prix en dessous duquel l'exportation fut permise passa de 44s à 46s en 1791 à 48s en 1804 et à 80 s. en 1815. C’est précisément cette dernière loi qui souleva une vaste polémique aussi bien au sein de l’opinion publique que dans les milieux éclairés et plus particulièrement chez les économistes.
Ce débat pose d’emblée la question de la place respective du marché et de l’état dans l’approvisionnement des populations en biens de subsistance. Plus fondamentalement, la question est de savoir si l’on peut confier au marché, libre de toute réglementation et de façon exclusive, le soin de nourrir la population ? Le débat suscite directement ou indirectement une réflexion approfondie quant aux qualités supposées du marché, à ses différentes formes et sphères d’application : niveau national, niveau mondial, aux mécanismes qu’on lui prête et aux effets attendus de son fonctionnement.
Si la pensée classique anglaise a largement consacré le principe du marché concurrentiel, auto-régulateur, ainsi que le retrait nécessaire de l’état de la production et de la répartition des richesses, des divergences se sont exprimées sur la question spécifique des vivres. Mais au-delà des sensibilités respectives, ce sont les références à des modèles scientifiques différents (modèle mécanique / modèle biologique) qui permettent de rendre compte des représentations contradictoires du marché.

Le débat s’engage tout d’abord chez les économistes au sein du courant classique, entre les économistes ricardiens et les économistes malthusiens, se prolonge ensuite sous la forme d’un débat plus politique orchestré par la Manchester School face au parti Tory. Si le principe du marché comme mode de fixation des prix agricoles n’est pas remis en cause, il n’en demeure pas moins que le principe d’un marché céréalier totalement ouvert, sans aucune restriction n’est pas unanimement accepté. Deux discours appartenant à deux traditions économiques différentes vont progressivement s’élaborer. Le premier correspond à l’approche du marché « compensateur de déséquilibres économiques et sociaux » et le second correspond à une approche du marché « contaminateur de déséquilibres économiques et sociaux ». Plus fondamentalement, la première approche relève d’une tradition mécanique, newtonienne du marché (Zouboulakis, 1993) alors que la seconde relève d’une tradition biologique, écologique du marché (Ménard, 1983).




L’objet de notre papier est de retracer ces deux formes de représentation du marché, deux formes que le débat sur les corn laws a parfaitement bien illustré, au cours de cette première moitié du XIXème siècle. Dans une première partie, nous présenterons le point de vue des économistes malthusiens avec une argumentation qui tourne autour de trois points : tout d’abord, le marché ouvert aux courants d’échanges internationaux est contaminateur de déséquilibres car il répand et amplifie les déséquilibres initiaux (§ 1). Ce marché induit un risque de dépendance alimentaire et politique majeur pour les nations acheteuses de vivres, d’où également un risque de déséquilibre (§ 2). Ce marché est enfin un facteur de rupture des équilibres sectoriels et sociaux (§ 3). Dans une deuxième partie nous aborderons le point de vue des économistes ricardiens, farouchement partisans de l’abrogation des corn laws et dont le discours se structure autour de trois axes. Un marché libre à la concurrence international est un réducteur de déséquilibre économique (§ 1), est ensuite un vecteur d’harmonisation et de justice sociale (§ 2) et est un puissant instrument d’équilibre au service de la paix (§ 3). Dans une partie conclusive, nous évaluerons l’impact de ce débat sur l’opinion et sur la législation en vigueur.

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