Composition portant sur l’évolution générale politique, économique et sociale du monde ainsi que sur le mouvement des idées depuis le milieu du xviiième siècle





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date de publication06.10.2017
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CADMTC 2015

Composition portant sur l’évolution générale politique, économique et sociale du monde ainsi que sur le mouvement des idées depuis le milieu du XVIIIème siècle jusqu’à nos jours :
Les « smart cities », villes intelligentes sont-elles les villes du futur ?

La formulation prospective du questionnement invite à une triple humilité. La première vient de la définition instable de « smart » bien entendu. La seconde vient du sujet « à haute teneur numérique », qui invite à la prudence. Pour reprendre l’expression de J.F Marchandise, chercheur à la FING (Fondation Internet nouvelle génération) : à l’inverse des autres grandes transitions écologiques notamment, « on connait du numérique la façon dont les choses vont se transformer, mais pas à quoi elles doivent aboutir ». La troisième humilité renforce cette incertitude puisqu’on ne sait pas plus à quoi ressembleront les sociétés du futur et donc l’ensemble des enjeux face auxquels les smart cities devront apporter des réponses.

Loin de nous bloquer dans notre réflexion, ces trois éléments s’avèrent stimulants et nous incitent à reformuler la question :

« En quoi les concepts de smart cities sont-ils des « directions » souhaitables pour l’élaboration de nos villes du futur ? »
Ce document détaillera quatre directions, traitées selon quatre questionnements : quels objectifs de ville du futur se dessinent derrière l’approche ? A quelles expérimentations actuelles cela fait-il référence ? Quelles perspectives ? Quelles critiques peut-on identifier sur ces « directions » comme solution potentielle aux défis des villes de demain ?

Par cette approche, nous nous rapprochons des paroles de Carlos Moreno « la smart city n’est pas un logiciel mais doit être une méthode ».


  1. Direction : « la ville performante »


C’est l’image qui domine dans les médias et les esprits : une ville qui aura, grâce au numérique, optimisé ses fonctions urbaines face aux défis écologiques et économiques. Relativement consensuelle, car ne remettant pas en cause le jeu d’acteurs actuel, cette smart city aura trouvé des solutions en matière d’efficacité énergétique, de pollution atmosphérique, de déchets, de transports...

Elle favorisera une ville qui fonctionne mieux, c’est-à-dire qui optimise ses effets d’agglomération tout en limitant les externalités négatives de la densité, pour reprendre le vocabulaire de l’économie géographique. On pense ici aux travaux d’O. Barba-Olga qui a démontré les limites actuelles de ces effets d’agglomération.

Concrètement, les expérimentations actuelles portent au niveau de la mobilité (plus intermodale, personnalisée, réactive) ou par des capteurs permettant un pilotage urbain en temps réel comme à Santander, ou encore les déchets et l’énergie.

Cette smart city est, en quelque sorte, « déjà là » et son avenir prospectif serait une généralisation de cette dynamique : on peut penser par exemple à une application des principes « smart » à d’autres domaines comme l’alimentation (voir à ce titre le travail des « ? » qui imaginent une autonomie alimentaire via les smart grids).
Cette ville intelligente sera-t-elle la ville du futur ? Si elle apporte des solutions pour l’usager et les autres acteurs publics et privés, elle n’en demeure pas moins « top down » et utilitariste.

Quid du rôle du citoyen ? Quid des autres fonctions urbaines qui ne sont pas liées à l’efficacité économique ? Quels effets rebonds de toujours plus de vitesse et d’efficacité ?


  1. Direction : « la ville participative »


L’association de tous les acteurs (individus seuls ou en collectifs, entreprises…) au fonctionnement et à la construction de la cité est moins consensuelle dans les faits que dans les discours.

La dynamique n’est pas nouvelle : partout des expériences naissent avec l’idée qu’il est plus pertinent de construire une ville avec les habitants que sans eux. Timorés en France, ces principes se sont par exemple épanouis en Grande-Bretagne avec les « London Citizens », véritable contre-pouvoir citoyen face aux grands acteurs publics et privés. C’est bien l’idée d’une « intelligence collective », tel qu’évoquée par J.L Missika dont il est question ici, et pas seulement de « partir des besoins des habitants ». Le numérique favorise cela car il facilite les échanges entre citoyens et décideurs, facilite le fonctionnement de groupes de pression, permet de vulgariser certaines actions publiques ou encore la diffusion d’une quantité incroyable de données.

Demain, difficile de savoir si l’on pourra sereinement s’appuyer sur des « entrepôts de données publiques-privées » ou si les datas seront confisqués par des acteurs privés tels Google, Facebook ou d’autres.

Cette direction de la ville intelligente, qui s’accorde bien avec une généralisation de l’économie « latérale », pose plusieurs autres questions, en particulier sur la répartition des rôles et le modèle économique. Tout usager devient ici, qu’il le veuille ou non, producteur - en général non rémunéré – de données à usage public ou privé. Quant au financement des infrastructures publiques, il est questionné par les forces économiques qui échappent à toute forme (actuelle en tout cas) de captation par la fiscalité notamment. Comment financer une économie dont les revenus échappent au territoire ? Et pourquoi ?


  1. Direction : « la ville inclusive »


La dimension sociale et solidaire est clairement en retrait des discours et réflexion sur la ville intelligente. Pourtant, pour reprendre les termes de la Commission européenne qui encourage les régions à mettre en place des stratégies « smart », cela doit se faire au profit d’une économie intelligente, durable et inclusive, les trois aspects devant être traités de front. Ou pour reprendre l’expression d’Eloi Laurent, il est urgent de se diriger vers une « sociale-écologie ».

En effet, le risque est grand de voir cette « intelligence » réservée à une élite culturelle, sociale voire territoriale. La ville smart, si elle veut devenir le modèle pour la ville du futur, devra réintégrer au cœur de son processus la prise en compte des plus fragiles et éviter de plus amples fractures numériques, déjà à l’œuvre. Pour reprendre l’expression de « pourquoi la ville intelligente », il faut en quelque sorte « lier le développement urbain au développement humain ».

Le concept ne doit pas non plus former une rupture entre de grandes villes denses et intelligentes et les autres espaces (qui seraient…idiots ?). En France, l’essentiel de la population vit sous influence urbaine, en particulier dans de grands espaces périurbains qui sont une forme de « ville ».

La ville intelligente sera la ville du futur si et seulement si elle sait sortir de ses murs de la grande densité métropolitaine et s’adapter aux espaces moins denses, peut-être comme autant de « smart villages ».


  1. Direction : « la ville épanouissante »


Si la notion de « qualité de vie » est bien présente dans les approches de la smart city, c’est de manière incantatoire et peu précise (et disons-le, secondaire).

Les trois modèles ou directions précédentes montrent que le risque est grand de voir la dimension technologique et ses vertus supposées confisquer l’élaboration du projet urbain de la ville du futur. Utilitarisme, risque de montée en puissance des acteurs privés, « réinvention de gated communities 2.0 » (ou 3.0), on peut penser comme Thierry Pacquot que l’humain est oublié de ces visions.

On pense ici à l’humain, non pas comme une machine à habiter, travailler, déplacer mais comme un être aux besoins complexes et multiples pour se réaliser.

Ainsi, le besoin d’associativité, de solitude, de contact avec la nature, de s’émerveiller, de créer sont autant de grilles de lecture pour que demain, le numérique soit au service de l’épanouissement de tous. On peut citer ici les travaux récents en matière de psychologie environnementale ou des approches humanistes de la ville.

Paradoxalement, le numérique ouvre aussi des perspectives de ce point de vue mais elles sont peu mises en avant. On peut par exemple citer cette rue qui voit des animaux prendre vie et suivre les passants en s’adaptant à leur vitesse et en interagissant avec eux. La ville intelligente de demain sera la ville du futur si elle apporte aussi des solutions à tout ce qu’on attend « d’autre » d’une ville


Pour conclure, rappelons donc un élément d’introduction : comme vous le rappelle Bruno Marzloff, « il y a aucune innovation de rupture dans le domaine des smart cities ». Et pourtant c’est l’incertitude sur leur forme prospective qui domine. Le pire serait de « laisser faire », voire de tomber dans le cynisme le mois productif.

Nous pensons au contraire que cette incertitude doit être questionnée par une grille de lecture autour des 4 directions proposées, à même d’anticiper et de comprendre « ce qu’il se passe » à défaut de savoir exactement « où nous allons ». On l’a dit, c’est le propre du numérique.

Le numérique doit aussi, réciproquement, trouver sa place dans les autres approches cognitives et politiques, ni seulement en donnée parmi d’autre, ni comme objet central mais comme dynamique de changement au cœur de la plupart des évolutions à venir.
Il faut, enfin, prendre du recul avec ce qui relève du fantasme sur ce sujet et ne pas oublier ce que nous a appris Jean-Paul Sartre : l’existence n’a de sens que celui que nous lui donnons. La technologie et le numérique ne doivent pas, par leur caractère écrasant et intrusif, stimuler notre attention au point d’oublier le sens de ce que nous faisons.

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