Faut-il revenir à des taux de change fixes ?





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Faut-il revenir à des taux de change fixes ?

© 2008 Joël Hermet

2 remarques à propos du sujet :

* Il est primordial de faire le lien avec la situation actuelle : « faut-il revenir » sous entendu aujourd’hui.

Le sujet « Changes fixes versus changes flottants : quel bilan ? » demanderait en revanche une étude historique détaillée ; le sujet « Les changes fixes sont-ils supérieurs aux changes flottants ? » a une dimension intemporelle.

* Il importe aussi de distinguer les deux régimes de changes fixes ayant existé par le passé, à savoir l’étalon-or et le système de Bretton Woods, deux systèmes à la logique très différente. Depuis quelques mois certains dirigeants tels N. Sarkozy mais aussi des économistes comme C. de Boissieu et J.H. Lorenzi réclament un nouveau Bretton Woods.

Problématique : A l’heure de la crise financière, le retour aux changes fixes est-il opportun ?
I – La crise financière a pu remettre à l’honneur l’intérêt des changes fixes
1- Favoriser la coopération monétaire internationale

Dans les changes fixes type Bretton Woods les parités sont fixées par les autorités monétaires, suite à des conférences, des accords monétaires, ce qui redonne le pouvoir aux hommes politiques et à un FMI renforcé chargé de la gouvernance mondiale (cf. la réunion du G20 à Washington le 15 novembre 2008). L’idée de contrôler les flux de capitaux internationaux, jugés parfois responsables de l’aggravation des crises, redonne la possibilité de pratiquer les changes fixes (triangle de Mundell). Les avantages habituels des changes fixes sont la stabilité et l’horizon plus prévisible favorisant les échanges commerciaux, les investissements.
2- Eviter l’effondrement de certaines monnaies

Cas des monnaies de l’Islande, la Russie, le Mexique, la Hongrie, etc.

Mécanisme : spirales spéculatives à la baisse, modèles de surréaction de Dornbusch, modèle de substitution entre monnaies de Miles. L’intérêt est d’éviter l’inflation importée et les spirales à la baisse sur les marchés boursiers. Symétriquement, les zones à changes fixes sont enviées : l’Islande et le Danemark se posent la question de leur entrée dans la zone euro, Hong Kong se porte plutôt bien grâce à son lien fixe avec le dollar américain.
2- Permettre le maintien du libre-échange

Les variations de change brutales peuvent entraîner des représailles protectionnistes et des guerres commerciales. Les années 1990 ont été marquées par des conflits entre Américains et Japonais sur le taux de change $/yen ; les années 2000 par des conflits entre Américains et Chinois sur le taux de change $/yuan. Conflits ponctués parfois de mesures protectionnistes.

Transition : le yuan est manipulé par les autorités chinoises, donc les problèmes posés par sa valeur ne sont pas imputables aux changes flottants, mais au contraire à la manipulation des taux de change par les gouvernements.
II – Mais est-ce vraiment une idée pertinente ?
1- C’est inapplicable

En raison essentiellement de l’importance des flux de capitaux mondiaux (Taxe Tobin jamais appliquée), de la spéculation inhérente aux changes fixes (les zones cibles de Williamson peuvent seulement l’atténuer) mais aussi du fait que peu d’Etats accepteraient de perdre leur souveraineté monétaire (la politique actuelle de relance monétaire discrétionnaire pour faire face à la crise serait d’ailleurs impossible par définition en changes fixes).
2- C’est inapproprié

Cas islandais : c’est l’endettement extérieur massif qui a entraîné la chute de la bourse et ensuite de la monnaie. Le remède est donc financier (désendettement). La baisse de la monnaie peut être un moyen efficace d’ajustement des économies. Cela s’est vu après les deux chocs pétroliers traversés sans crise monétaire majeure, cela se voit aujourd’hui avec la baisse de la £, reflet naturel de la crise au Royaume-Uni et peut-être issue de sortie. Une belle application d'une célèbre formule de Milton Friedman selon laquelle ”plutôt que de laisser la queue remuer le chien, faisons en sorte que le chien remue la queue”. Autrement dit plutôt que des laisser les taux de change bouleverser l'économie, comme dans le cas de changes fixes, laissons les taux de changes flexibles refléter l'état de l'économie.
3- C’est néfaste

Depuis plusieurs décennies, presque tous les systèmes de changes fixes se sont effondrés : Bretton Woods à la fin des années 1960, les currency board dans les années 1990.

En outre, les changes fixes peuvent être utilisés comme moyen pour faire de l’inflation (cf. l’analyse de Rogoff).
Conclusion :

L’idée de retour à Bretton Woods utilisée ici ou là fait plus référence à la volonté de concertation internationale qu’au retour aux changes fixes tels que ceux de la période 1945-1973 : un Bretton Woods financier plutôt que monétaire.

L’aggravation de la crise et la montée de l’or comme valeur refuge va-t-elle redonner du crédit aux partisans du retour à l’étalon-or (Rueff, Laffer, Baker) ?

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