Réflexion sur la notion d’identité(s) européenne(s)





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a) 3 grandes lignes de fractures :

- les frontières religieuses,

- les frontières linguistiques

- les frontières géopolitiques ou géoéconomiques. (de part et d’autre de l’ex-rideau de fer ; entre l’Europe du Nord développée et « rigoureuse » et l’Europe du Sud (cf. crise de l’Euro)….

En fait un double constat s’impose à l’issue de ce parcours succinct dans les différentes communautés européennes :

  • on a à faire à des objets d’échelle limitée (quelques dizaines de milliers d’individus à quelques millions d’habitants) ; les quelques grands ensembles possibles religieux notamment, se fractionnent eux-mêmes en sous-ensembles de tailles souvent inférieure à celle des Etats.

  • D’autre part on n’observe pas de coïncidence (cohérence spontanée) entre les différents découpages religieux / linguistiques (sauf peut-être en ex-Yougoslavie aujourd’hui).




      1. l’affirmation identitaire

Régions intégrées à l’URSS en 1945, ayant fait l’objet d’une politique de russification sous Staline, mais au peuplement spécifique (langues lettones, religions protestants et catholiques au sud… ). D’où un discours identitaire fort au lendemain de 1991.

Point commun : le rejet de la domination soviétique / russe.
Pourtant identité parfois difficile à trouver ou à définir étant donné l’héritage historique. (première indépendance en 1918-1940 puis occupation soviétique).
Estonie : petit Etat de 1.4 millions d’habitants, dont 67% estonienne (le reste est russe). Volonté farouche de se débarrasser du traumatisme de l’occupation soviétique, vécue comme une interruption. Hostilité aux russophones qui doivent aujourd’hui absolument apprendre l’unique langue nationale, l’estonien. Conscience aigue de leur identité nationale.

Estonien = langue finno-ougrienne (comme le finnois). Facteur de différenciation avec les deux voisins… Pays protestant (ce qui fait la différence avec la Russie orthodoxe, et la Lituanie et Pologne catholiques)
Lettonie : en 1991, 40% de la population était d’origine russe ou biélorusse. Population vue comme une menace à la préservation d’une identité lettone. (NB. Pendant période sov. Intense répression à l’égard de la langue et de la culture lettones). D’où une législation à l’égard des russophones très restrictive : la nationalité lettone pouvait être acquise par les russophones présents sur le territoire avant le 17 juin 1940, leurs descendants directs et enfants nés après le recouvrement de l’indépendance.

L’enseignement en russe est devenu l’apanage de l’enseignement privé ; l’enseignement secondaire doit obligatoirement être dispensé en letton depuis 2004.

En 10 ans, la part des Lettons dans la population totale est passée de 52 à 58%, et celles des locuteurs lettons de 62 à 79%.

Pb : exclusion des russophones de la vie politique, ce qui ne les empêche pas de dominer la vie économique. (dichotomie qui renforce le sentiment identitaire).
En Lituanie, l’identité nationale est affirmée de longue date. 81,6% de la population est lituanienne, par conséquent les interrogations observées en Estonie ou Lettonie sont moindres. Il existe une minorité russe (8,7%) et polonaise (7%).

L’identité nationale s’appuie sur des références historiques concrètes : Grand Duché de Lituanie = Etat qui se perpétua du XIIIe à la fin du XVIIIe siècle ; la Lituanie est une réalité historique. En fait, la nation lituanienne n’aurait jamais cessé d’exister. Spécificité du Catholicisme.

C’est une nation solidaire / cohésion forte.

L’adhésion à l’identité européenne est vue ici comme un moyen de renforcement de l’identité européenne du pays (et non comme un risque de dilution de cette société).
Transition : cela montre cependant que l’Europe constitue peut-être avant tout un ensemble historique, culturel et économique, fait de relations et d’échanges parfois très anciens. Peut-être est-ce ce constat qui fonde un sentiment d’appartenance des Européens à un continent si difficile à circonscrire géographiquement.
III. « Fragments d’Europe » : L’Europe des Etats et des régions [dossier]

1) L’association franco-allemande au cœur de la construction européenne

    1. La fracture Belge

    2. Les îles britanniques vers plus de régionalisme : la « dévolution »

    3. Les « Italie »

    4. Une péninsule ibérique ouverte sur l’Europe : l’affirmation des autonomies 

    5. L’affirmation identitaire des Etats baltes


IV. L’Europe une construction historique et un projet.
En fait l’Europe est une « invention historique », dans laquelle la diversité fait partie intégrante de « l’européanité ».
Selon le géographe Jacques Lévy, l’Europe naît au cours du millénaire médiéval de la rencontre de deux types d’événements indépendants, mais associés par leur superposition géographique :

- Une position d’abri vis-à-vis des invasions et des empires qu’elle suscite.

- Un patrimoine culturel original et complexe.
A . L’invention « d’Europe » : [carte les limites de l’Europe]
L’Europe est l’espace d’une mémoire
1. Un abri ouvert et gradué

Commentaire de la carte 4 : le noyau européen (Jacques Lévy)
L’Europe est un lieu et une aire
La superposition et l’intersection des deux cartes précédentes donnent la définition d’Europe, de ce noyau « d’Européanité » et des dégradés (gradients) de son intensité lorsqu’on s’en écarte.


  • grandient 1 : l’Euope occidentale

  • grandient 2 : 1ère extension portant sur les régions peu concernées par les invasions tardives, ayant appartenu pendant de courtes périodes aux zones d’influence des empire russe et ottoman

  • gradient 3 : 2ème extension touche les régions longuement dominées par les empires russe et ottoman

  • gradient 4 : 3ème extension qui inclut le cœur de ces empires ainsi que des zones profondément affectées par les invasions barbares

  • gradient 5 : 4ème extension concerne les voisins immédiats du noyau européen qui, jusqu’à une période récente, sont pourtant restés en dehors de la dominance européenne, bien que partiellement influencés.


La figure géométrique de l’Europe = triangle dont le troisième côté n’est pas identifiable. C’est un espace ouvert qui évolue… en effet c’est un projet (pro- jet / projection).
Durant l’Antiquité, ce que nous appelons « Europe » aujourd’hui était la périphérie. : la révolution néolithique a eu lieu au Moyen Orient (Croissant Fertile). Comment peut-on comprendre que le centre soit devenu périphérie et vice-versa ?
Revenons sur les conceptions historiques successives

La Grèce s’étend vers l’Orient, l’Empire romain est d’abord méditerranéen avant de s’étendre sur le continent.

Toutefois, on voit là une lente translation vers l’ouest. : d’abord avec la Grèce, qui via la Crète bénéficie très tôt de la mutation néolithique.

Rome trouve, pour près de mille ans, de la fondation de la République en 509 jusqu’au partage de Théodose en 395 un point d’équilibre dynamique entre diffusion de l’innovation et protection contre les invasions.

Au fur et à mesure qu’il s’étend l’Empire romain doit s’abriter derrière des barrières : le limes.
Alors que l’Empire d’Orient résiste aux Barbares jusqu’au XIIIe siècle, l’occident est plus ou moins facilement conquis par les barbares germaniques, puis arabes. Conquis, mais non vaincus. Les Barbares sont largement dominés/assimilés par les sociétés préexistantes.

Se développe une civilisation rurale qui se caractérise par une pluralité de centres d’initiative => civilisation féodale.

Le monde carolingien est certes centré sur le bassin parisien, y plaçant de fait le coeur européen de l'époque ; mais, avec la fin des pressions extérieures, lui succèdent onze siècles de polycentrisme. Ce polycentrisme va contribuer à l'européanisation des territoires, par la conversion des peuples, les migrations de population. La création progressive d'une aire de civilisation européenne est ainsi un processus dynamique.

- à partir du Xe siècle, diffusion du catholicisme romain sur de puissants réseaux monastiques, clunisiens puis cisterciens. Epoque des grands défrichements

- L’invention de l’Europe est inséparable de la figure de l’intellectuel, d’abord clerc, puis universitaire ou artiste, internationalisé dès l’origine grâce au latin. => naissance des centres urbains / universitaires médiévaux.

- L’Europe est un espace-monde polycentrique. L'Europe est l'archétype de l'"économie-monde" (Christian Grataloup renvoie alors à la lecture deFernand Braudel) contrairement à la Chine par exemple qui serait plutôt un "Empire-monde".
Il en résulte une pluralité de centres = pluralité d’Etats, pluralité d’institutions religieuses.
2. Naissance et construction d’une Europe marchande au M-A = lieu d’échanges, de réseaux…lignes d’échanges N/S entre mer du Nord et mer Baltique et d’autre part Europe du Sud et Méditerranée.

  • reprise des échanges en Méditerranée avec la montée en puissance de Venise, Gênes ou Pise ; qui restructurent le modèle antique des comptoirs et territoires d’appui.

  • La Baltique s’organise : création de la Ligne hanséatique

  • Entre ces deux foyers des itinéraires s’établissent = réseaux d’échanges européens : création de la dorsale européenne (axe rhénan)


Les territoires ont des rôle différents : dès le XIIIe siècle, l’Europe rhénane se distingue nettement entre deux pôles, le cœur étant située en Flandre tandis que le Nord de l’Italie constituait une synapse, en passant par la Champagne. Cependant, cet axe va se déplacer vers l’ouest avec l’affirmation de l’Etat français.
3. le moment westphalien : constitution d’un patrimoine culturel original et complexe.

[carte des capitales culturelles de l’Europe]

Moment que l’on peut identifier comme celui de la naissance des identités nationales.

La Renaissance : laïcise le monde

- imprimerie

- protestantisme (=Réforme)

mais aussi parallèlement la diffusion du baroque (= Contre-réforme) [carte de la diffusion de l’art baroque]
Le classicisme (et la doctrine politique qui va de paire : la monarchie absolue) : cf Pierre Le Grand qui veut arrimer la Russie à l’Europe, crée St Petersbourg en 1703…
Les Lumières ou l’Europe d’une élite éclairée :

Influence des philosophes qui prônent

- les notions de liberté, égalité (Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789)

- la séparation des pouvoirs (De l’esprit des Lois de Montesquieu)

- le droit des peuples à se déterminer (cf. Le contrat social de Rousseau)
Influence des philosophes en Prusse, en Russie : Cf Voltaire chez Catherine de Russie ou chez Frédéric II de Prusse.

Et si l’Europe c’était d’abord la culture ?

Texte de Valéry


L’Europe c’est tout une communauté culturelle / un héritage (=histoire).
B. L’Europe est l’espace d’un projet
1. Volonté permanente de reconstituer l’unité perdue de l’Empire romain .

- Empire de Charlemagne, Aix-la-Chapelle, nouvelle Rome…

- Saint Empire romain germanique
Les projets européens à proprement parler sont formulés plus tardivement face aux dangers :
2. Des projets unificateurs
- 1463, le projet du roi de Bohême Goerges Podebrady

- 1638, projet de Sully dans les « sages et royales économies »

Il s’agissait de faire face à un danger, celui de l’empire Ottoman et dans un second temps seulement apparaissait le souci d’un équilibre européen.
Ce n’est ensuite qu’au XIXe siècle, que la réflexion sur l’Europe prend de l’ampleur.

Les rapports de force en Europe ont changé :


  • le congrès de Vienne a dépecé l’empire napoléonien (mais non son « œuvre législative », cf le Code civil)

  • l’empire Ottoman est devenu l’homme malade de l’Europe. Il doit concéder l’indépendance de la Grèce (1823 : cf Lord Byron, Delacroix, les Romantiques qui prennent fait et cause pour les peuples qui doivent être libres de se déterminer eux-mêmes => principe des nationalités), et des autonomies (Serbie, Roumanie, Bulgarie)

Les constructions européennes envisagées insistent alors sur l’équilibre, le progrès et la paix. Victor Hugo en 1848 parle des « Etats-Unis d’Europe ».
L’affirmation de la puissance impériale allemande (à la fin du XIXe), l’annexion de l’Alsace-Lorraine (1870) relancent les passions nationalistes … et débouchent sur la GG 14-18
Dans l’entre-deux guerres, des hommes comme Aristide Briand veulent de nouveau des « Etats-Unis d’Europe », mais ce n’est finalement qu’après la Seconde Guerre Mondiale que le projet d’Europe unifiée aboutit.
La « construction européenne » : une Europe à géométrie variable

N.B. Son étude fera l’objet d’un chapitre spécifique
Date de naissance généralement retenue : le 9 mai 1950, déclaration de Robert Schuman, qui propose la création de la CECA ; 1957 : création de la CEE.

Fait partie des pères de l’Europe avec Adenauer, de Gasperi, Spaak
Jean Monnet fut le deus ex machina de cette proposition Schuman.
Des idées alors partagées :

  • la démocratie / le respect des droits de l’homme.

  • d’un point de vue économique : le libéralisme, l’économie de marché.

L’Europe / construction européenne devenait du fait des relations internationales de facto une pièce dans le jeu américain.

… ce qui rejetait l’Europe de l’Est hors ( ?) d’Europe.
Finalement l’époque actuelle (post-1989) occasion unique de forger un projet politique à l’échelle – large – du continent « de l’Atlantique à l’Oural » comme le disait DG : c’est un enjeu encore difficile à concrétiser.

L’élargissement de l’UE pose d’ailleurs, paradoxe dans une Europe « dite sans frontières », le pb récurrent des frontières de l’Europe… et désormais, les critères qui sont avancés pour accepter ou refuser l’entrée de tel ou tel dans l’Europe sont moins géographiques que culturelles.
C) Réflexions contemporaines sur la question d’identités européennes

4 textes

- déclaration sur l’identité européenne (14 décembre 1973), Copenhague.

- Extrait de Vers une société européenne, de l’historien allemand Harmut Kaelbe

- « L’Europe est notre maison commune » de Mikhaïl Gorbatchev

- L’adhésion de la Hongrie au Conseil de l’Europe
- Déclaration sur l’identité européenne (14 décembre 1973), Copenhague.
Contexte ? pourquoi ce texte ?

Entrée de la GB dans la CEE…. Après avoir essuyé plusieurs refus, en partie du fait de son « atlantisme » (alignement sur les EU).

Nécessité d’affirmer la naissance de l’Europe des 9 non comme une entité « contre » mais au contraire comme une organisation bénéfique pour tous : cf. art 9
Comment est définie l’identité européenne ?

NB. Aucun traité officiel ne dit ce qu’est l’identité européenne… pas même le traité de Rome, ouvert, puisqu’il envisage l’adhésion de tout « Etat européen » qui le souhaiterait…

Le traité de Copenhague de 1993 rappelle les trois critères… : économie de marché, démocratie et Etat de droit, acceptation de l’acquis communautaire. Mais rien sur ce qui est en Europe ou non.
Dans cette déclaration, conjugaison du singulier et du pluriel :

  • des cultures variées dans une civilisation européenne

  • des valeurs et des principes communs

  • des conceptions de vie « rapprochantes » (et non identiques)

  • une conscience commune de posséder des intérêts communs

  • la détermination commune de vouloir construire l’Europe

d’où une identité « originale » disposant de son « dynamisme propre ».

D’après ce texte, ne font pas partie de l’Europe :

  • les autres pays industrialisés ; EU, Japon, Canada mais appartenance à l’OCDE. (articles 9 et 14)

  • les pays du bassin méditerranéen et de l’Afrique (art 13)

  • l’URSS et les pays de l’Est (art 16)

  • La Chine (contexte de la reconnaissance de la RPC, qui obtient le siège de sécurité jusqu’alors détenu par Taïwan)

  • Les pays d’AL


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