Réflexion sur la notion d’identité(s) européenne(s)





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L’Europe est plus densément peuplée que le reste du monde.


  • Des critères démographiques [carte des densités de population Eur ./ EU + carte des villes]


Europe =un des foyers de peuplement majeur de la planète.

736 millions d’hab répartis sur une surface relativement réduite.

Densité du semis urbain le long des littoraux , mais plus encore le long des axes fluviaux [carte des agglomérations millionnaires en Europe + villes rhénanes]
C’est donc surtout les fortes densités qui en font un « foyer de peuplement », plus que la masse totale des hommes (d’autant que le poids relatif de la population européenne ne fait que diminuer : cf. prog de 1ère année => il est vrai que la faible natalité, Indice de Fécondité < 2, constitue un point commun. L’Europe vieillit, mais là encore les disparités sont grandes… selon les pays. [carte : part de la population âgée de plus de 65 ans + graphique sur les indices de fécondité]



  • Des critères économiques

[carte des PIB / hab / pays + carte des PIB par hab / région… ]

On peut tenir compte des niveaux de développement : PIB, IDH…Le continent européen se situe globalement dans le haut du tableau : mais avec l’Amérique du Nord, l’Australie, la Nelle Zélande, le Japon et depuis peu d’autres pays asiatiques). Ce n’est donc pas suffisant, d’autant que les situations intra-européennes se révèlent contrastées.

Pour l’IDH en 2004 : Norvège : 1er rg, Albanie : 95erg

Les pays les moins avancés d’Europe sont nettement distancés non seulement par des Etat anciennement développés d’autres continents mais aussi par les pays émergents d’Asie ou d’Amérique Latine. Les anciens pays de la partie européenne de l’URSS, se détachent par des classements particulièrement médiocres : Russie (63e rg), Ukraine (75e rg), Géorgie (88e rg).

Dans ses limites conventionnelles, l’Europe se présente donc comme un « pôle de développement » important mais ni unique ni homogène.
On peut tenter une dernière tentative de définition a priori de l’Europe en essayant de reconnaître les limites géographiques.
B. La délimitation de l’Europe : un découpage conventionnel
1) Des limites franches à l’Ouest et au Nord.
Défi facile à relever sur trois façades

  • l’océan arctique = frontière sans équivoque

  • la Méditerranée = ligne de contact entre civilisations (détroit de Gibraltar et détroit du Bosphore)

  • l’Atlantique = limite évidente (qui pose cependant le pb de l’Amérique du Nord, qu’on place d’un point de vue politique, historique dans le « monde occidental »)


2) Reste l’Est ! L’invention de l’Oural 
Ce n’est qu’au XVIIIe siècle que les frontières de l'Europe sont tracées : dans la lignée de la pensée cartésienne, on classe, on découpe, on exclut. Ce qui sont aussi les principes de l'encyclopédisme qui s'impose alors.

Jusque là, l'Europe possédait des limites floues ; c'est alors que par un coup de force géopolitique, les Russes ont fixé la limite orientale de l'Europe à l'Oural, ce qui était tout à fait inédit à l'époque.

Auparavant, les différents cours d'eau telle que la Volga, le Dniepr...avaient été utilisés comme frontières. [carte de l’extension de la Russie]

Mais pour le bonheur des Russes, l'Encyclopédie choisit l'Oural en reprenant la définition de Tatitchev (1686-1750) (est-il besoin de rappeler que Diderot est l'ami de l'impératrice Catherine...). Ce qui ne va pas manquer d'influencer les manuels scolaires de la fin du XVIIIe et du début du XIXe siècles.
Objet d’un impressionnant consensus depuis la phrase du Gal DG (1960) : « Je veux d’une Europe de l’Atlantique à l’Oural … »

C’est une limite acceptée dans le monde entier y compris en Russie


  • C’est pourtant une « barrière » peu farouche :

Ne constitue pas une barrière physique fondamentale qui aurait longtemps bloqué l’expansion de la Russie vers l’est et demeurerait une contrainte pesante pour l’organisation de l’espace.


  • chaîne de type hercynien, forgement arasée par l’érosion, peu élevée, dépassant rarement les 1500 m : au Nord Naronaïa : 1894 m ; au Sud Iamantaou : 1640 m

  • Chaîne largement pénétrable, un grand nombre de routes et 6 voies ferrées la traversent, dont 5 dans la partie centrale.


Dès le XVIe siècle, l’Etat russe a pu atteindre et franchir l’Oural (Le Pacifique a été atteint en 1741)

Il y a continuité de peuplement.
L’Oural a été rapidement et fortement intégré au système de production russe (dès RI , puis WWI, puis sous Staline).

  • ressources ferrifères, + charbon en Sibérie occidentale => combinat sidérurgique Oural-Koubass + hydroélecticité à l’ouest (Volga)



Au sud, le Caucase est fixé comme limite au XIXe siècle par les Géorgiens eux-mêmes. (chaîne élévée : 6000m)

1783 : la Géorgie se place sous suzeraineté de l’empire russe.

En 1801, la Géorgie était annexée par l’empire russe

En 1918 : indépendance et proclamation de la République.

Mais l’armée Rouge occupe la Géorgie dès 1921, qui n’obtient de nouveau son indépendance qu’en 1991… mais ne remet nullement en cause son appartenance européenne.

L’affaire des limites de l’Europe est-elle terminée ?
Christian Grataloup rappelle qu'on aurait tort de croire que la délimitation du continent européen est pour autant résolue, même si l'on excepte bien sûr la question turque. L'Union Africaine (nouveau nom de l'OUA depuis 2002) a en effet voté en 2004 un texte pour réclamer la "décolonisation" et le rattachement

à l'Afrique des îles de l'Atlantique (Madère, les Açores...) ou même l'île de la Réunion, avançant l'argument qu'elles étaient africaines puisque situées sur la plaque africaine. Seul exemple, à sa connaissance, de l'instrumentalisation de la tectonique des plaques au service de la géopolitique.

cl. Donc le continent européen, dans sa limitation traditionnelle n’a qu’une signification conventionnelle. L’affichage des limites de l’Europe traduit des projets et des stratégies géopolitiques inscrites dans le temps.

II. L’Europe est diversité
Diversité des Etats d’abord
A. L’Europe comme juxtaposition d’Etats nationaux anciens et nouveaux
Ensemble territorial de plus de 40 Etats* (aujourd’hui 49 … du fait de la fragmentation postérieure à 1991), anciens ou récents, et d’une cinquantaine de nations* ou entités ethnolinguistiques plus ou moins affirmées, à vocation ou aspiration nationale.
1. Une rupture récente : 1989
Un Etat cesse d’exister : la RDA

Mais la tendance générale est plutôt l’apparition de nouveaux Etats : 21 Etats sont apparus en moins de deux ans => d’où une fragmentation croissante et l’apparition de nouvelles frontières. 14 200 Km de frontières internationales ont été créées en Europe (qui s’ajoutent aux 26000 km de frontières qui maillaient le continent en 1989), par changement de statut des tracés antérieurs, sans que cette novation soit le produit d’un conflit généralisé, fait inédit dans l’histoire, ni le résultat d’une conférence internationale comme Vienne (1815), Versailles (1919), Yalta-Potsdam (1945).

En réalité moins du tiers des frontières actuellement en vigueur en Europe étaient fixées avant 1900 
La logique générale de ces bouleversements est le plus souvent la volonté d’émancipation d’entités à aspirations nationale, le désir ou la nécessité d’accès à la souveraineté et pour la Serbie et la Croatie, une stratégie violente d’unification de populations co-ethniques dispersées.
Deux principes d’organisation géopolitique ont ainsi été remis en cause  :

  • l’intangibilité des frontières en vertu du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes

(Cela signifie que toute attaque d’une frontière reconnue par un Etat tiers est un casus belli légitime). Mais en fait il y avait contradiction puisque des groupes ethniques et nationaux étaient mêlés dans l’espace.


  • la stabilité territoriale et les constructions fédérales.


En réalité, ce qui est remis en cause ce sont les constructions territoriales antérieures :

  • dans l’éclatement de la Yougoslavie et la partition de la Yougoslavie c’est la carte de l’Europe issue de la conférence de Versailles.

  • Dans le cas de l’ex-Union soviétique, remise en cause des conférences de 1945, mais aussi de 1917 et même d’une certaine manière de la construction impériale réalisée par Catherine II à Nicolas II



2. Une structure duale ?
Dualité européenne parce que  :

- l’Ouest développe un projet d’intégration politique depuis le début des années 1950 (mis à mal d’ailleurs par le rejet d’une constitution européenne en 2005, plus récemment par la crise de l’Euro qui pose la question de la solidarité entre Etats européens) tandis que la partie orientale se fragmente depuis 1991 (mais aujourd’hui, la plupart de ces PECO sont entrés ou frappent à la porte de l’Europe)
- des Etats anciens (peu nombreux) et des Etats récents

Des situations très diverses :

  • Eclatement de la Yougoslavie : Slovénie, Bosnie-Herzégovine, Servie- Monténégro, Croatie, Macédoine…

  • Etats formés au XIXe siècle : Unité italienne et allemande en 1870 et 1871.

  • Etats nations millénaires : La France, l’Angleterre … GB mais avec des retouches … cf la Savoie et le conté de Nice qui sont français depuis 1860 seulement, ou encore l’A-L (allemande de 1870 à 1918)

Ancienneté des ces Etats nations, qui sont en soi une invention européenne : L'Europe a "inventé" l'Etat-nation et l'a diffusé dans le monde par la décolonisation.
Le record d’ancienneté d’une frontière revient à la dyade Portugal / Espagne : produit d’un mouvement parallèle de reconquête vers le Sud contre les Musulmans.

Les frontières ne sont cependant pas imperméables : cf. phrase de Fernand Braudel : « la fixité des espaces solidement occupés et des frontières qui les bornent n’exclut pas la perméabilité de ces mêmes frontières devant les multiples voyages des biens qui ne cessent de les franchir », ce que montrent les échanges culturels notamment.
B. L’Europe comme communauté de cultures
C’est l’image de la mosaïque qui s’impose…
1. Diversités linguistiques
L’Europe est dominée par les familles linguistiques indo-européennes [carte de la diffusion des langues indo-européennes] (dominée seulement car on trouve aussi le groupe finno-ougrien et le basque).

Cf George Dumézil : une structure ternaire de langage, de pensée et d’action serait la marque de l’indo-européanité.

Commentaire des cartes au rétro-projecteur.
En fait la diversité est encore plus grande ou complexe selon les continuités ou non  :

Un Portugais peut comprendre sans mal son voisin galicien, un hollandais peut comprendre un rhénan…

Le roumain a évolué de manière plus divergente que le gros des langues romanes ; un Hongrois ne peut comprendre, même approximativement un Finlandais ou un Estonien.
Dans certaines régions tel que les Balkans ou le Caucase : diversité linguistique encore plus forte… aux conséquences politiques fortes. (difficultés de créer des Etats nations)
2. Diversités religieuses
a) La religion chrétienne domine. C’est évidemment un héritage historique. Cf. diffusion du christianisme dans le bassin méditerranéen. + réseau des abbayes cisterciennes.

La Chrétienté, comme territoire et peuple chrétien, s’est confondue avec l’Europe jusqu’au moment, où après 1492, elle est devenue mondiale.
- le christianisme désigne un ensemble de plusieurs religions

  • 1054 : schisme entre catholiques et orthodoxes [carte]

  • XVIe s. : schisme entre Catholiques et Protestants. [carte]

  • Les protestants étant eux-mêmes luthériens, calvinistes, voire Anglicanisme.

  • le christianisme a constitué une matrice englobante qui a inclus sans les unir bon nombre des courants culturels européens


Quelles incidences aujourd’hui ?

- opposition Protestants / catholiques qui a entraîné des guerres sanglantes. Cette opposition continue d’être durement conflictuelle en Irlande

- la séparation catholiques/orthodoxes constitue un marqueur fort en Pologne, Lituanie, Ukhraine, Bosnie-Herzégovine.

- à l’intérieur même de ces différents rameaux il faut souligner l’importance des syncrétismes nationaux :

les églises orthodoxes sont nationales : un patriarche à Cple, à Moscou, à Belgrade et à Salonique

Les catholiques italiens qui ont occupé longtemps une place dominante dans la vie sociale de leur pays sont différents des catholiques irlandais ou ukrainiens.

b) Cependant, le christianisme n’est pas la seule religion :

Il existe d’autres religions présentes en Europe :

le Judaïsme dont l’apparition en Europe est à peu près contemporaine du christianisme (comment expliquerait-on la christianisation de l’Empire romain, si ces conversions ne s’étaient pas effectuées en milieu juif). Deux réseaux :

  • l’un ashkhénaze (en hébreu « allemand » : cela correspond à la Mitteleuropa) : plusieurs millions de Juifs parlent yiddish (ils représentaient environ 10% de la population polonaise en 1939)

  • l’autre séfarade (en hébreu « espagnol ») provient de l’expulsion des juids de la péninsule ibérique après 1492. Une partie d’entre eux s’installent dans différents pays occidentaux (Fce, Italie, GB, PB)



l’Islam [carte] (une quinzaine de millions de fidèles) : il ne s’agit pas seulement d’immigrés ; il y a un Islam autochtone en Europe essentiellement dans 5 Etats : Bosnie-Herzégovine, Serbie, Macédoine, Albanie, Bulgarie. L’implantation de l’Islam dans les Balkans correspond aux différentes phases de la conquête ottomane, mais dans ces régions il s’est durablement ancré et a acquis son autonomie indépendamment des vicissitudes politiques (les Turcs sont partis, les musulmans sont restés => en fait conversion d’une partie des élites)
c) le Christianisme : matrice

Au M-A, il constitue le seul cadre intellectuel commun dans chacune des sociétés européennes : est omni-présent dans la philosophie (cf les Universités), les arts jusqu’au XVIe. [carte des capitales culturelles]
Les grands courants de pensée qui nous apparaissent comme organisateurs de la sortie vers le politique de l’univers religieux (humanisme, Lumières, marxisme, social-démocratie…) se situent à l’intérieur de systèmes de valeur et d’opérateurs mentaux issus du christianisme. Débat aujourd’hui sur les « racines chrétiennes » de l’Europe, revendiquées par la Pologne, refusée par la France au nom de la séparation de l’Eglise et de l’Etat (laïcité).
En fait, l’Europe possède une caractéristique qui la distingue des autres aires continentales : la forte présence de sans-religion et d’athées.
3. Diversités politiques et économiques


  • républiques / monarchies constitutionnelles

  • Etat-nations, Etats fédéraux… (à voir dans le III.)

En fonction de l’histoire de chaque Etat.
Opposition toujours valable entre l’Europe du Nord et l’Europe du Sud. L’Europe de l’ouest et l’Europe de l’Est.


  1. Des lignes de fracture

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