«Sport et Humanités»





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date de publication04.10.2017
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« Sport et Humanités »
L’objet de ce séminaire sera d’explorer ce qui relie le « sport » aux « humanités » dans leur acception la plus classique, autant que dans les perspectives les plus contemporaines des sciences humaines. On peut aborder la question du sport par de multiples angles, en particulier historiques et sociologiques, mais bien évidemment aussi philosophiques, éthiques, économiques, médicaux, pédagogiques ou psychologiques, justifiant le statut du sport aujourd’hui comme étant celui d’un « fait social total » ; pour cette raison, il semble nécessaire de tracer les lignes directrices d’une réflexion qui trouve écho dans une approche plus large de l’« humain », en particulier au travers de la question du corps.
1- Définir. La première ligne est celle qui impose de définir de quoi l’on parle lorsque l’on évoque le « sport », tellement le terme est surdéterminé. L’aveuglement le plus opérant nous fait prendre le sport de haut niveau, celui des champions, le sport spectacle, pour le sport, c’est-à-dire tout le sport. Il confirme ainsi une imprégnation sociale et un monopole sémantique : le sport est partout et tout est sport. Indissociable de sa médiatisation, au moins pour le grand public, le sport de haut niveau accapare les intérêts, les passions, les « problèmes ». Ainsi, l’image sociale du sport se réduirait au sport de haut niveau, fort de son impact celui-ci détournerait le langage, et conséquemment, comme par ricochet, tout exercice physique deviendrait sport ? Voilà l’exemple même de la construction d’un préjugé ou d’une erreur épistémologique. Si le sport est un spectacle, un grand cirque ou un circuit, avec ses saisons, ses épisodes, ses héros, ses légendes, il est aussi la recommandation première du néo-hygiénisme ambiant : faites du sport ! Y a-t-il un point commun entre les deux ?

La multiplication des sports, depuis quarante ans, brouille les cartes et complique la définition. À l’éclatement des champs de recherche, répond celui des pratiques et des environnements. Le sport n’est pas un. D’autant qu’il faut distinguer, en outre, le sport de haut niveau du sport de masse, mais aussi l’éducation physique (l’EPS scolaire), le sport santé, le sport loisir, etc…

C’est alors que s’arrime à cette surdétermination l’ancrage historique qui veut qu’aux appellations traditionnelles, « gymnastique », « éducation physique », « sport », correspondent en réalité des contextes, des époques, des représentations du monde et de l’homme qui ont motivé certaines pratiques corporelles plutôt que d’autres, avec des finalités préférentielles pour l’exercice physique, notamment militaires, médicales et pédagogiques. Cette histoire nous intéresse parce qu’elle est porteuse, de manière exemplaire, d’ambivalences qui sont les nôtres aujourd’hui : questionner ce qu’est l’« excellence », viser, au travers de l’« excellence », le « bien » ou le « mieux », le « bien-être » ou le « mieux-être », cultiver le dépassement de soi comme une métaphore de la croyance en l’idée de progrès, confondre santé et performance, outiller presque à l’infini le corps, le techniciser pour précipiter la technicisation de l’humain, s’accrocher à l’idée de « corps naturel » quand bien même cette formule se dilue dans sa complexité philosophique et éthique.
2- Interroger les représentations contemporaines du corps. La seconde ligne doit interroger le contemporain. Une révolution dans la considération du corps et de la santé s’est opérée au XXIè siècle. Tandis que l’Antiquité s’attachait à prévenir et restaurer l’équilibre naturel, le XVIIIè siècle à cultiver une perfectibilité corporelle susceptible d’infléchir -pour l’améliorer- le destin individuel, les dernières décennies, dans les pays industrialisés, témoignent du projet de modifier et transformer le corps, c’est-à-dire aussi la nature. La pharmacologie nouvelle, les greffes, les prothèses, le dopage supposent la plasticité du corps humain et sa perméabilité à l’invention technique. Une interrogation sur l’identité humaine se dessine, qui porte sur la définition d’un corps naturel, ses limites éventuelles dans la combinaison avec l’artifice, c’est-à-dire sur la technicisation de l’humain et son hybridation. Que sera l’homme du futur selon ce processus historiquement ancré de perfectionnement du corps, processus qu’accélèrent aujourd’hui des moyens techniques décuplés ?

Ce glissement des perspectives, cette profusion des moyens suggèrent aussi une production du corps. L’allongement de la durée de vie dans les pays riches est un marqueur du progrès médical, de même que des existences vécues statistiquement dans/avec un corps moins souffrant et moins subi. S’ouvre l’ère d’un corps su, voulu, créé, projet volontaire et rationnel qui, de la naissance médicalement assistée -programmée ?- à la chirurgie esthétique, en passant par la pharmacologie, la diététique, la cosmétologie, le sport, évoque la maîtrise de la nature et du hasard. Croyance ou fantasme ? La maîtrise du corps, l’investissement identitaire dans un corps devenu destin, capital, jugement dernier, est une idée-force. Nul doute que l’effondrement des grandes transcendances au XXè siècle, qui structuraient collectivement les identités et proposaient des « au-delà », a cette conséquence paradoxale : l’espoir vient par le corps ; la vie bonne, i.e. saine et longue, dépend de l’entretien médico-sportif de soi.

Le sport, et en particulier le sport de haut niveau comme laboratoire expérimental de la performance humaine, incarne pleinement ce processus. L’optimisation exacerbée de tous les paramètres de la performance -matériaux, matériels, science médicale et entraînements, techniques gestuelles, diététique, préparation psychologique et stratégique- illustre un culte du progrès hérité des Lumières et dont le XIXème siècle, celui de la naissance du sport moderne, consacra l’effectivité en étalonnant la force et le mouvement humains. Par son essence -l’amélioration des performances- le sport de haut niveau figure un évolutionnisme schématique -adaptation, sélection, progression- dont le dopage est un ingrédient logique, si ce n’est moralement ou médicalement légitime. Par la manière, enfin, dont la construction sportive de soi suppose une économie instrumentale du corps, l’entraînement du champion entre en résonance avec une sportivisation du corps et des mœurs qui, au-delà de l’injonction médicale à faire de l’exercice, révèle le culte contemporain d’un corps-œuvre, indéfiniment perfectible.
3- Questionner la perfectibilité. La troisième ligne, enfin, propose d’interroger de manière plus générale la notion de perfectibilité. Cette notion, presque emblématique du XVIIIè siècle, développée par Rousseau avec, là aussi, des ambivalences remarquables entre « retour à la nature » et « dépassement de la nature » par la « nature rationnelle » de l’homme, ou par la « nature humaine », invite à une réflexion sur la production des valeurs qui sont l’héritage de la modernité : dépassement de soi, culte de la performance, croyance dans l’amélioration toujours possible des aptitudes et productions humaines, volonté et effort de s’arracher à la naturalité, technicisation du monde. Comment passe-t-on de la perfection de l’homme comme sommet de la Création, telle qu’elle est par exemple incarnée par « L’homme de Vitruve » de Leonard De Vinci, de la croyance en une stabilité, à un ordre des perfections naturelles, telle que l’avait argumentée Aristote, à cette « mobilité » qu’initie en somme la révolution copernicienne et qui caractérise l’homme moderne : pouvoir améliorer, toujours, y compris ce que la nature a donné, perfectionner, à l’infini, ce que l’homme peut faire de lui-même -dont son corps- et produire pour son environnement, compenser, réparer, dépasser, augmenter, artificialiser la nature qui sont parmi les leitmotivs de la médecine d’aujourd’hui. Cette notion a des implications, bien sûr médicales et pédagogiques, mais aussi politiques, économiques et philosophiques. L’idée est ici d’interroger un processus, de comprendre en quoi notre modernité en est l’héritière, de voir aussi, comment le XIXè siècle a pu mettre en pratique les idéaux du XVIIIè jusqu’aux conséquences anthropologiques, anthropotechniques et anthropométriques les plus fâcheuses.

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