Pas vraiment réticente, mais pas vraiment emballée non plus, la Chine fait montre d'une grande prudence sur le dossier de la crise européenne alors que le Vieux Continent compte sur sa générosité pour l'aider à résoudre la crise de la zone euro





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date de publication03.10.2017
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L'AIDE DE LA CHINE À LA ZONE EURO, DE "L’ARGENT SALE"

Invité de "12/13 dimanche" sur France 3, M. Dupont-Aignan a fait valoir que la Chine "trichait avec toutes les règles du jeu : esclavage social, pollution environnementale, copie, déficits colossaux avec la France, l'Allemagne, l'UE et les États-Unis liés à une tricherie..."

"Elle vient maintenant, après avoir triché, nous dire 'et bien nous allons vous racheter'", s'est emporté le candidat pour qui "nos dirigeants sont coupables de haute trahison". Il a jugé "extravagant" que le président Nicolas Sarkozy ait dit en substance, jeudi soir à la télévision : "la Chine a de l'argent et bien moi je prends l'argent". "Ça veut dire que quand il y a de l'argent sale, on le prend", a-t-il dit, expliquant que cet argent était "pris sur le nivellement écologique, social par le bas". C'est "de l'argent qui ne développe pas la Chine, qui exploite son peuple. C'est une dictature communiste".

RAFFARIN ACCUSÉ DE "COLLABORATION"

M. Dupont-Aignan a accusé l'ancien premier ministre UMP Jean-Pierre Raffarin de s'être livré à un "exercice de collaboration" avec la Chine, pour avoir plaidé la cause de Pékin dans un entretien au Journal du Dimanche. "Nous n'avons pas le choix. Nous ne pouvons pas rester seuls avec une dette à laquelle nous ne pouvons faire face", avait notamment déclaré Jean-Pierre Raffarin.

"Une fois que la Chine aura mis l'argent, est-ce que vous croyez que nous pourrons mettre en place un protectionnisme minimum pour défendre nos industries, nos emplois, nos ouvriers ?" a demandé Nicolas Dupont-Aignan. Pour lui, "il faut résister, ne pas se coucher devant la Chine".

Pas vraiment réticente, mais pas vraiment emballée non plus, la Chine fait montre d'une grande prudence sur le dossier de la crise européenne alors que le Vieux Continent compte sur sa générosité pour l'aider à résoudre la crise de la zone euro.

Lorsque Nicolas Sarkozy a appelé le président chinois Hu Jintao, jeudi 27 octobre, ce dernier l'a assuré une nouvelle fois de sa volonté de travailler à une solution lors du sommet du G20 à Cannes les 3 et 4 novembre et "d'envoyer un signal fort" pour aider à stabiliser l'économie mondiale.

"La Chine pourrait être désireuse" d'apporter à l'Europe "50 à 100 milliards de dollars" soit de 35 à 70,5 milliards d'euros, a indiqué vendredi le Financial Times, citant une source proche du gouvernement chinois.

Pour autant, rien ne se fera sans contrepartie, d'autant que Pékin ne veut pas se mettre à dos l'opinion publique chinoise. La Chine espère toujours un accès anticipé au fameux statut d'économie de marché de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) que lui refusent l'Union européenne (UE) et les États-Unis et qui permettrait de
faire tomber certaines barrières tarifaires. Surtout, elle compte bien obtenir des garanties pour les achats de dettes souveraines européennes qu'elle pourrait réaliser.

L'UE offre l'avantage de constituer un contrepoids à l'hégémonie américaine. Elle est aussi le premier partenaire économique de la Chine, qui aurait beaucoup à perdre si elle devait s'enfoncer dans une nouvelle récession. Détenteur de 3.200 milliards de dollars de réserves, Pékin, qui a selon les analystes accru ses achats de dettes souveraines européennes ces derniers mois, souhaite y voir clair dans les modalités de sa contribution à la lutte contre la crise de la dette européenne.

Dans le cadre de l'accord trouvé, jeudi, à Bruxelles par les dirigeants européens, de grands pays émergents, au premier rang desquels la Chine, pourraient participer à la création d'un "véhicule spécial" qui permettrait de démultiplier la force de frappe du Fonds européen de stabilité financière (FESF).

Klaus Regling, son directeur général, était à Pékin, vendredi. Devant les journalistes, il a rappelé que la Chine est un acheteur régulier des obligations que le FESF émet pour aider tel ou tel pays européen en difficulté. Et que les États asiatiques souscrivent à ces émissions à hauteur de 40%.

La Chine n'a cessé, avec les porte-paroles du gouvernement, ses dirigeants ou ses économistes, de demander à l'UE de "mettre sa maison en ordre", notamment par des réformes fiscales et institutionnelles, avant de recourir à l'aide extérieure. Pékin ne veut pas être une "source d'argent facile" - comme le dit l'économiste Li Daokui au Financial Times - et exige une sécurité absolue pour ses placements.

Un diplomate chinois de haut rang expliquait ainsi la semaine dernière à la presse étrangère que les réserves en devises ne sont pas "de l'argent qu'on peut utiliser pour sauver le reste du monde". De fait, ces réserves viennent des entreprises chinoises et étrangères qui échangent leurs devises contre des renminbi (yuan) auprès de la banque centrale. D'où l'impérieuse nécessité de ne pas prendre des risques avec un trésor de guerre qui n'en est pas un.

S'ils sont présentés en Chine de manière à satisfaire l'ego collectif chinois, les appels à contribution américains et désormais européens sont à double-tranchant pour les dirigeants chinois. Ceux-ci se savent à la merci des critiques d'une opinion publique de plus en plus sourcilleuse, à moins d'un an du 18ème congrès du parti communiste chinois qui doit désigner un nouveau président. Ni l'équipe sortante, ni les futurs dirigeants, et ce, parce qu'ils sont déjà à des postes de pilotage, ne peuvent se permettre de faire des faux pas. Et d'être perçus comme prêtant assistance à des pays plus riches que la Chine, alors que l'inflation ronge l'épargne, et qu'il reste du chemin à faire pour combler le retard en matière de sécurité sociale ou de logements à bas prix par exemple. En outre, malgré la forte croissance, le secteur économique privé tangue sous le poids des crédits "informels" - ces prêts consentis par des individus à des taux usuriers quand les banques ont fermé le robinet du crédit - au point de menacer de banqueroute des régions entières. Ce, sur fond de chute de l'immobilier.

Enfin, la Chine, en négociatrice aguerrie, souhaite tirer des dividendes politiques de ses placements. Les intentions chinoises pourraient difficilement être plus explicites. Lors du Forum économique mondial à Dalian mi-octobre (le Davos en Chine), le premier ministre Wen Jiabao a suggéré aux Européens de "démontrer leur sincérité" en accordant à la Chine le statut d'économie de marché avant la date prévue, c'est-à-dire 2016. Il espérait "une avancée" lors du sommet Chine-UE qui aurait dû se tenir le 25 octobre à Tianjin, mais a été repoussé pour cause de marathon de la dette.

Il est très difficile pour les Chinois de comprendre pourquoi, après trente ans de réformes, la Chine n'a toujours pas le statut d'économie de marché, nous expliquait le diplomate de haut rang cité plus haut. "Les étrangers pensent que les Chinois sont d'un seul bloc. Il y a en Chine une opinion publique. Et pour les Chinois, c'est perçu comme un traitement injuste, une non-reconnaissance des progrès réalisés par leur pays".

Brice Pedroletti

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