La maîtrise de l'énergie : le contexte, les enjeux, les approches





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date de publication03.10.2017
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La maîtrise de l'énergie : le contexte, les enjeux, les approches



Par Benoît LEBOT, Agence Internationale de l'Energie
Toute production d'énergie présente à la fois un impact environnemental et un bilan économique. La recherche de la performance optimale au niveau de l'utilisation de l'énergie permet de réduire la quantité nécessaire de ressources énergétiques - aujourd'hui largement basées sur des ressources naturelles non-renouvelables -, de limiter les pollutions engendrées, et d'atténuer le coût économique. Ce qui prime pour l'homme et la société ce n'est pas à proprement parlé l'énergie mais le service rendu par les ressources énergétiques : la force motrice, la chaleur, le froid, la mobilité, la communication.
Les défis environnementaux liés à l'utilisation de l'énergie, pollution de l'air, pollution de l'eau, augmentation des gaz à effet de serre, accumulation de déchets indésirables... imposent que l'on oriente les politiques et les pratiques vers un usage toujours plus rationnel des services énergétiques. L'histoire des techniques est une quête renouvelée de l'amélioration des rendements des systèmes énergétiques. L'énergie non consommée restera toujours la moins polluante.
La présentation portera sur le contexte national et international, les enjeux économiques, énergétiques et environnementaux ainsi que sur les approches (politiques et techniques) de la Maîtrise de l'énergie. Elle est illustrée par la maîtrise de la demande d'électricité.





  1. Les économies d’énergie en quelques faits et exemples


C’est en octobre 1879 que Thomas Edison, célèbre inventeur américain, mis enfin au point, après des centaines d’essais, la première lampe électrique à filament incandescent. Celle-ci marcha sans discontinuer pendant 45 heures. Le rendement lumineux de cette formidable invention, qui allait donner à l’énergie électricité ses lettres de noblesse, était alors de 1,5 lumens par Watt. Plus d’un siècle après, en 2001, les ampoules modernes présentent un rendement de 15 lumens par Watt. Si le rendement des ampoules n’avait été amélioré, il faudrait beaucoup plus de centrales électriques dans le paysage pour éclairer nos nuits. L’efficacité énergétique est une des composantes essentielles de la Maîtrise de l’Énergie.
Pour le même usage rendu à l’utilisateur, certains appareils électroménagers consomment moins que d’autres. Pour les réfrigérateurs et congélateurs ménagers, il est courant que les plus performants consomment trois, voire quatre fois moins que les moins performants. Sur une année de fonctionnement, cette différence s’élève à plusieurs centaines de francs sur la facture énergétique de l’usager.

Ces appareils sont présents dans presque tous les foyers français et européens. Fonctionnant en permanence, le parc des réfrigérateurs et congélateurs consomment 18 Milliards de kWh (18 Twh) par an au niveau français et 110 Twh par an au niveau de l’Union Européenne. 18 Twh/an équivaut à la 5% environ de la consommation nationale d’électricité. En ajoutant la consommation des appareils de réfrigération du secteur commercial, l’ensemble de la réfrigération pèse 10% de la demande d’électricité au plan national.



  1. Pourquoi économiser l’énergie aujourd’hui ?

  • l’énergie pèse sur l’économie, autant sur la facture d’un particulier que sur le PIB d’un pays ;

  • l’importance de l’accès à l’énergie ;

  • le poids de l’approvisionnement énergétique, la dépendance de l’économie ;

  • les ressources naturelles non renouvelables sont physiquement limités.

  • La dégradation de l’environnement.




  1. Le lien entre énergie et environnement

  • la seule énergie qui ne pollue pas, c’est celle que l’on ne consomme pas ; 

  • toute utilisation de l’énergie impose une contrainte environnementale ;

  • la production d’énergie génère des pollutions parmi les plus graves :

  • Pollution de l’air (Nox, Sox, particules, CO, Benzene,…)

  • Pollution de l’eau

  • Déchets non désirables et encombrants : Nucléaire

  • Augmentation des gaz à effet de serre.




  • Moins on consomme, moins on pollue.

  • Mieux on consomme, moins on pollue.




  1. 4 grandes options pour limiter les émissions gaz à effet de Serre :




  • Améliorer le rendement des chaudières des centrales thermiques, autant que les petites chaudières ;

  • Choix d’une énergie primaire moins émettrice de CO2 : du Charbon, au Pétrole, au Gaz, aux énergies renouvelables (voire au nucléaire)

  • Consommer Moins au niveau des usages.

  • Séquestrer le CO2 : dans la biomasse ou par des techniques à développer pour renvoyer dans le sous-sol les émissions à la sortie des chaudières thermiques.



  1. Les grandes options pour économiser l’énergie




  • améliorer les rendements tout au long de la chaîne énergétique : extraction, transformation, combustion, transport, utilisation

  • Il existe 4 grands secteurs : production d’électricité, l’industrie, les transports, les bâtiments. Cependant 60% de l’électricité est consommée dans les bâtiments, 35% dans l’industrie.


Une démarche en 6 points pour résumer les programmes de maîtrise de l’énergie :

  • Mieux connaître les enjeux ;

  • Donner tout son sens au signal prix (internalizer les externalités)

  • Informer, sensibiliser, mobiliser, éduquer ;

  • Stimuler la R&D ;

  • Réglementer la performance énergétique des appareils, des maisons, des systèmes ;

  • Diffuser les technologies les plus performantes.



  1. Quelques Illustrations




  • le rendement de l’éclairage électrique 1.4%

Le rendement thermodynamique d’une centrale de production d’électricité thermique (classique ou nucléaire) est de l’ordre de 33%. Les pertes sur le réseau français sont de 11%. Enfin le rendement de conversion en lumière d’une lampe à incandescence n’est que de 5% seulement… Ces différents rendements se multiplient : 33% x 89% x 5%= 1.4 %

98.6% de l’énergie primaire utilisée pour nous éclairer par des lampes à incandescence est donc perdue en chaleur.


  • le chauffage : bilan comparé des émissions polluantes des systèmes de chauffage. Pourquoi le chauffage électrique est-il le plus polluant ?



Contrairement à une idée reçue, les systèmes de chauffage utilisant l'électricité (convecteur, radiant, plafond rayonnant, plancher chauffant, chaudière électrique) ne sont pas, loin s'en faut, parfaitement non polluants.

Certes, sur le lieu d'utilisation, ces équipements n'émettent aucune pollution. Mais en est-il vraiment de même lors de la production et la distribution de l'électricité ?

En France, l'électricité d'origine nucléaire (82 % de la production en 1997) engendre des déchets nucléaires radioactifs. Les techniques actuelles ne permettent pas de les rendre inactifs : leur entreposage et leur surveillance nous nous incomberont donc pour des dizaines de générations.

Le recours au chauffage électrique provoque également en France, à cause de son caractère saisonnier, de fortes pointes de consommation en hiver. Pour y faire face, il faut recourir à des centrales thermiques classiques (au fioul lourd ou au charbon) plus rentables sur de courtes périodes mais génératrices d'importantes émissions de CO2 (950 g par kWh produit).

35 % de l'électricité nécessaire au chauffage électrique est ainsi produite par de telles centrales.

Or le rendement d'une centrale thermique (pertes thermodynamique à la production et pertes lors de la distribution haute et moyenne tension) n'est que de 30 à 35 %, alors que le rendement d’une bonne chaudière individuelle atteint 85 %.

Résultat : par kWh utile, une chaudière individuelle au fioul n'émet globalement pas plus de C02 qu'un convecteur électrique dont l'électricité a été produite à 35 % par des centrales fioul ou charbon pour compenser les pointes de consommation hivernale.

De plus, ces forts appels de puissance électrique durant de courtes périodes obligent à renforcer les lignes électriques haute et moyenne tension, défigurant le paysage.

L’étiquetage des appareils électroménagers
Choisir un appareil performant au moment de l’achat est la meilleure garantie pour réaliser des économies d’énergie sûres et durables.

Dans le cadre de ses programmes de lutte contre l’effet de serre, la Commission Européenne de Bruxelles a décidé d’introduire une étiquette informative sur les appareils électroménagers vendus sur le territoire de l’Union Européenne. La directive cadre no. 92/75/CEE du 22 septembre 1992 dresse la liste des appareils électrodomestiques concernés par ce nouvel affichage des consommations. S’y trouvent les réfrigérateurs et congélateurs, les machines à laver le linge ou la vaisselle, les sèche-linge, les fours, les appareils de production et de stockage d’eau chaude, les sources lumineuses, les appareils individuels de conditionnement d’air. Publié le 7 juillet 1994 au Journal Officiel de la République française, le décret no. 94-566 est la transcription en droit français de cette directive-cadre européenne. Celui-ci précise que les appareils mentionnés ci-dessus ne pourront être proposés à la vente que s’ils sont munis d’une étiquette indiquant, selon des modalités fixées par des directives d’application et des arrêtés à venir, leurs consommations en énergie ou autres ressources, telle que l’eau, les produits chimiques ou tout autre substance ainsi que les nuisances sonores qu’ils engendrent. La Commission Européenne a publié des directives d’application introduisant l’étiquetage obligatoire pour les réfrigérateurs et congélateurs, les sèche-linge, les lave-linge, les lavantes séchantes, les lave-vaisselle, les sources lumineuses. Au début de l’année 2000, le comité étiquette énergie de la Commission Européenne a rallongé la liste des équipements devant être étiquetés, comme par exemple les téléviseurs.
La Commission Européenne a adopté un format d’étiquette relativement uniforme pour chacun des types d’appareil. Une échelle colorée et graduée de A à G précise la catégorie de performance énergétique de l’appareil. Suivent quelques informations complémentaires sur la consommation énergétique de l’appareil et sur ses principales caractéristiques.
La Directive 96/57/EC du Parlement Européen et du Conseil daté du 3 septembre 1996 introduit un seuil minimum de rendement énergétique pour les réfrigérateurs et congélateurs ménagers. Les appareils des catégories G, F, E et parfois D, ne peuvent plus être mis en vente dans l’Union Européenne à partir du 18 septembre 1999. Cette directive contraignante est une garantie d’économies d’énergie durables, quantifiables et de grande ampleur.
L’introduction de l’étiquette sur les appareils de froid domestique, la directive sur les seuils minimums de performance et les campagnes de sensibilisation des acteurs de la distribution et du grand public en France et en Europe ont déjà amorcé une transformation visible et durable du marché (cf graphique ci-dessous). Ses efforts doivent être poursuivis pour continuer de tirer le marché vers des appareils toujours plus performant. Cette démarche doit être appliquée aux autres équipements.
Evolution du marché des réfrigérateurs et congélateurs ménagers en Europe

(axe horizontal : catégorie d’efficacité énergétique selon l’étiquette énergie

axe vertical : % des ventes annuelles par catégorie). Source DG TREN, Septembre 2000


  1. L’équation du Prof Kaya.


Cette équation a été proposé par le Professeur Kaya du Japon lors des travaux du GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) en 1993 :

CO2 = CO2/TEP x TEP/PIB x PIB/POP x POP



CO2 : Emission annuelle

TEP : Tonne Equivalent Pétrole, la quantité d’énergie

PIB : Produit Intérieur Brut


POP : Population
Vers 2050, pour stabiliser les émissions de gaz à effet de serre dans l’atmosphère (dont le CO2 est le plus important en quantité), il faudra réduire nos émissions de 75%. Sur la même période, la population va presque doubler. Il est souhaitable que le niveau de revenu par habitant lui aussi double (PIB/POP). Pour résoudre l’équation il reste donc à gagner sur le ratio CO2/TEP, relatif au contenu en carbone de l’énergie et réduire TEP/PIB, correspondant à l’intensité énergétique de l’ensemble de l’économie.


  1. Références


SPECIAL LYCEE : Le Pari contre l'Effet de Serre : La campagne des jeunes européens contre l'effet de serre http://lepari.citeweb.net/
« La maison des Négawatts : le guide malin de l’énergie chez soi. »
Par Thierry Salomon et Stéphane Bedel. Edition Terre Vivante http://terrevivante.org/
Etude du Cabinet Enertech (Campagne de Mesure, etc…) http://perso.club-internet.fr/sidler/
Régime KiloWatt http://www.greenpeace.fr/campagnes/energie/regimekW/index.htm
Agence de l’Environnement & de la Maîtrise de l’Energie http://www.ademe.fr
Agence Internationale de l’Energie : http://www.iea.org
Maison solaire en Isère http://www.multimania.com/thomasletz/
Toit solaire en ville http://www.multimania.com/toitsolaire/


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