Reseau ecole du 10 novembre 2012





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RESEAU ECOLE DU 10 NOVEMBRE 2012

Interventions

de Marie-Aleth Grard
Alliée du Mouvement ATD Quart Monde depuis de nombreuses années, je fais partie de l’équipe de la délégation nationale élargie (animation du Mouvement en France) Vice Présidente du Mouvement en France et représentante d’ATD Quart Monde au Conseil économique social et environnemental ; à ce titre je siège actuellement dans trois sections au conseil : affaires sociales, économie sociale et solidaire et éducation/culture/ communication.
Avant de vous parler de nos travaux à la section éducation du Conseil je souhaite vous redonner le sens premier du réseau Wrésinski école, car la création de ces réseaux Wrésinski est liée au Conseil économique et social.

Jospeh Wrésinski notre fondateur, après bien des bagarres a réussi à obtenir un siège au Conseil économique et social pour y représenter les plus pauvres, son peuple. En 1987 il présente au Conseil le rapport « Grande pauvreté et précarité économique et sociale ». Ce rapport pour la première fois dans notre pays et dans le monde définit la grande pauvreté comme une violation des Droits de l’Homme.

Pour réaliser ce rapport Joseph Wrésinski a travaillé au Conseil avec les syndicats, les différentes composantes de la société civile. Ensemble, avec l’expertise des professionnels, des familles très pauvres, des hauts fonctionnaires ils ont fait des propositions pertinentes.

Le rapport Wrésinski a fait prendre conscience aux différentes forces politiques de la nation que la société civile organisée, c'est-à-dire les syndicats, le patronat, les enseignants aussi, peuvent créer un consensus en affirmant : la misère n’est pas une question d’aide aux personnes, c’est une question de violation des droits de l’homme.

La démarche proposée dans ce rapport ouvre des voies pour lutter contre la grande pauvreté :

  • approfondir notre connaissance des personnes les plus défavorisées,

  • reconnaître que la misère est une violation des droits de l’homme,

  • agir globalement parce que les droits fondamentaux sont indivisibles,

  • associer les personnes en situation d’exclusion à l’élaboration, la mise en œuvre et l’évaluation des projets.

C’est donc à la suite du rapport de 1987 qu’ont été créés les réseaux Wrésinski pour permettre aux professionnels de croiser leurs savoirs et de continuer à approfondir leur connaissance de la grande pauvreté.

Le rapport Wrésinski a été suivi, du rapport de Gaulle et du rapport Robert ; tous les trois ont permis des avancées dans le combat contre la misère dans notre société, en créant le RMi, la CMU (couverture maladie universelle) le DALO (Droit au Logement Opposable) … et en faisant grandement avancer la société, les syndicats, les associations mais aussi les politiques sur notre façon d’écouter, de comprendre et de travailler avec les personnes vivant dans une situation de grande pauvreté. Depuis 25ans grâce à ces travaux, notre société a commencé à changer son regard sur les personnes vivant dans la grande pauvreté. Mais il reste encore beaucoup de chemin pour que les plus pauvres soient considérés comme de vrais partenaires.

Notre Mouvement a fait depuis deux ans une grande recherche à travers le monde avec un millier de personnes, recherche intitulée « la misère est violence, refusons là ». Ce fut le thème du 17 octobre dernier, Journée mondiale du refus de la misère. J’ai été très frappé que lorsque l’on associe les mots misère et violence, les journalistes qui nous ont interrogé pour le 17 octobre ont tous pensé que nous parlions de la violence des très pauvres, mais pas un instant de la violence que notre société, chacun de nous, fait aux pauvres à longueur de journées. Pour que vous puissiez comprendre cette recherche et l’intérêt de ses travaux je souhaite vous parler de Nadine. Nadine a été placée dans son enfance, ainsi elle a grandi séparée de ses frères et de ses sœurs. Nadine a participé à cette recherche et dit ceci : « J’ai une violence en moi, je cherche la paix intérieure mais je ne la trouve pas. Je n’arrive pas à parler à mes enfants du fait de cette violence qui est en moi à cause de ces séparations. Je n’arrive pas à comprendre qu’on ne m’explique pas, qu’on ne me parle pas. Je voudrais faire le premier pas, mais avant cela je voudrais que la société fasse le premier pas, qu’elle reconnaisse que nous avons été traités différemment parce que nous étions pauvres. »

Nous devons reconnaitre que malgré nous, nous avons en permanence une manière de discriminer les gens simplement parce qu’ils sont pauvres.

Mais j’aurai aussi pu prendre l’exemple d’une maman qui n’ose pas aller à l’école de ses enfants, l’école lui rappelle toutes les humiliations qu’elle a subi enfant parce que ses parents étaient très pauvres. Ou de David qui n’arrive pas apprendre parce que sa maman est sans cesse en conflits avec sa maitresse, les deux femmes n’arrivent pas à se comprendre et le ton monte vite chez la maman de David. Comment l’enseignante qui n’a pas connu la grande pauvreté peut comprendre la maman de David si elle n’a pas été formée à la compréhension de ce que vivent les familles qui au quotidien sont dans des problèmes de logement, de travail, de santé, … Du coup David dit « La maitresse et maman se disputent toujours, moi ça m’embrouille la tête, je ne peux pas apprendre parce que je n’ai pas la tête libre » … C’est une autre forme de violence de la misère …

Je suis élue de ma commune, pendant 7 ans j’étais donc représentante du Maire dans deux écoles maternelles. Dans l’un d’elle les enseignantes étaient curieuses de mon engagement à ATD Quart Monde, et nous avons pris l’habitude lors des conseils d’école d’échanger sur les sujets qui les préoccupaient, l’un d’eux était l’accueil de tous les parents à l’école. Je m’occupais alors de la branche enfance d’ATD Quart Monde, et nous faisions beaucoup d’animations avec des jeux coopératifs. Les jeux coopératifs permettent des moments d’échanges, de dialogues entre les enfants et avec les enfants assez extraordinaires. Nous avons donc imaginé ensemble que deux samedis matin par mois les parents seraient les bienvenus à l’école avec leurs enfants afin de partager des moments de jeux avec les enfants. Cette action a duré trois ans, et petit à petit les enseignantes ont vu les parents venir de plus en plus nombreux, pour arriver au compte en fin d’année que tous les parents étaient venus au moins quatre samedi matin jouer avec les enfants.

L’ambiance des classes en était transformée, mais aussi entre élèves et bien entendu entre parents, et entre parents et enseignants.
Actualité de la loi d’orientation et de programmation au CESE :

Le CESE est obligatoirement saisi pour tout projet de loi de de programmation à caractère économique, social et environnemental et peut être associé à leur élaboration. Le Premier ministre peut également saisir le Conseil pour des projets de loi de programmation définissant les orientations pluriannuelles des finances publiques, des projets de loi, d’ordonnance, de décret ainsi que des propositions de loi entrant dans le domaine de sa compétence.

Il a donc saisi le CESE pour la loi de programmation sur l'école. La section de l'éducation, de la culture et de la communication a travaillé sur la loi d'orientation et de programmation sur l'école. Elle a entendu entre autres Jean Paul Delahaye, rédacteur du projet et Directeur de la DGESco. Le rapporteur de l'avis de la section était Xavier NAU. Cet avis a ensuite été voté en plénière.

Marie Aleth Grard siège à la section de l'éducation, de la culture et de la communication. Celle-ci est compétente dans les domaines de la formation initiale, de l’orientation et de l’insertion des jeunes, de l’enseignement supérieur et de la recherche, de la citoyenneté, de l’accès aux droits, de la société de l’information et de la diffusion des savoirs, des activités culturelles, sportives et de loisirs.

Rappels sur le CESE

Les missions du CESE

Il est principalement investi de cinq missions:

Conseiller le Gouvernement et le Parlement et participer à l’élaboration de la politique économique, sociale et environnementale;

Favoriser, à travers sa composition, le dialogue entre les catégories socioprofessionnelles dont les préoccupations, différentes à l’origine, se rapprochent dans l’élaboration de propositions d’intérêt général;

Contribuer à l’évaluation des politiques publiques à caractère économique, social et environnemental;

Promouvoir un dialogue constructif et une coopération avec les assemblées consultatives créées auprès des collectivités territoriales et auprès de ses homologues européens et étrangers;

Contribuer à l’information des citoyens.
La composition du CESE

Le CESE comprend 233 conseillers répartis en 18 groupes de représentation.

La durée de leur mandat est de 5 ans.
Les méthodes de travail du CESE

Après saisine, le Bureau, l’organe directeur collégial du Conseil, désigne la formation de travail chargée de préparer le projet d’avis ou l’étude. Les sections élisent un rapporteur pour chacun des sujets qui leur sont affectés puis elles préparent les projets d’avis, qu’elles peuvent étayer par un rapport. Elles peuvent si elles le souhaitent auditionner des personnalités compétentes sur le sujet lors de réunions à huis clos. Les projets d’avis sont votés en plénière (séance publique).

Quelques fois consolidé par un rapport (adopté en section) qui dresse un bilan exhaustif du sujet traité, l’avis du Conseil présente les propositions concrètes qui seront adressées aux décideurs politiques.
Les sections

Les sections sont les formations ordinaires de travail du CESE. Chaque section est composée de 27 à 30 conseillers désignés par le Bureau sur proposition des groupes et appartenant autant que possible à chacun de ces derniers. Les membres de sections élisent leur président de section et les vice-présidents. Les sections sont chargées de la préparation des études et projets d’avis, chacune dans le champ de compétences qui est le sien et définit par décret. Elles se réunissent une demi-journée par semaine. Ces réunions se tiennent à huis clos afin de préserver le caractère libre des propos qui y sont tenus.

Appel

Pour atteindre ces objectifs, ATD Quart Monde fait appel :

  • A l’état, au Parlement, aux ministres de la République, et à tous les pouvoirs publics : vous, qui affirmez le droit à l’éducation comme un droit fondamental qui doit être effectif pour tous afin que soit mise en chantier une grande loi d’orientation sur l’éducation à construire avec tous les partenaires de l’école, enseignants, parents et en particulier parents la précarité.

  • Aux élus des collectivités territoriales : vous, qui voulez que l’école soit au cœur du développement social local, pour que celle-ci soit associée et coopère avec toutes les forces culturelles, sociales et économiques locales pour soutenir les familles, les jeunes, les enfants dans une dynamique se fixant résolument comme objectif la réussite de tous.

  • Aux responsables d’établissements scolaires : vous qui devez oser la coopération entre les enfants, entre les professionnels et les familles, avec le quartier.

  • A tous les enseignants : vous, qui continuez de croire en la curiosité de tous les enfants qui sont tous capables d’apprendre, de croire en la vertu libératrice de l’éducation et du savoir partagé, de croire en l’importance des valeurs de recherche de vérité et de respect que vous incarnez, il faut que vous acceptiez d’être l’espérance et les alliés des familles les plus modestes dans leur combat pour que leurs enfants aient une vie meilleure que la leur. Acceptez de réinventer l’école du troisième millénaire, avec eux, une école qui apprend à penser ensemble, en particulier à penser avec ceux qui ont la vie la plus difficile et qui trop souvent se taisent.

  • A tous les parents : vous, qui ne cherchez pas à faire de vos enfants des gagnants car ils seraient alors entourés de perdants, sachez que les pays où il y a le plus de mixité dans les écoles et une pédagogie de la coopération sont les pays où TOUS les enfants réussissent mieux. Croyez que vos enfants seront mieux armés dans la vie s’ils apprennent à vivre, et à penser avec les autres, et exigez pour vos enfants et pour tous les enfants une école de la coopération et de la qualité pour tous.

  • Aux parents qui vivent la précarité : vous, qui portez tant d’espérance dans l’école pour que vos enfants ne vivent pas la même vie que vous, « pour qu’ils brisent la chaine » de la précarité, sachez que l’école ne se réformera vraiment profondément qu’avec vous, que si vous y apportez votre expérience et votre connaissance des conditions qui font que l’école peut être soit un lieu d’humiliation, soit un lieu de libération.

  • Aux enfants et aux jeunes : vous, qui n’aimez pas qu’on fasse des différences entre vous, vous êtes les premiers à pouvoir changer l’école en refusant qu’un autre enfant ou un adulte manque de respect à l’un d’entre vous, en refusant qu’on se moque d’un enfant qui a du mal à apprendre, qui pense autrement, en voulant que chacun puisse comprendre les autres et se faire comprendre des autres.

  • Aux citoyens habitants de ce pays, habitants de ce monde, de ce continent –l’Europe- : vous, qui avez votre mot à dire, que vous soyez ou non parents de ces enfants. Vous, qui que notre avenir est dans notre jeunesse. Vous, qui refusez le gâchis humain dans un système qui rejette des milliers d’enfants. Vous, qui pensez que notre avenir commun est dans la coopération de toutes les intelligences et que toute personne humaine peut contribuer par son savoir et apprendre de celui des autres.

C’est ensemble que nous pouvons construire l’école de la réussite de tous les enfants.
de Catherine Chabrun

La pédagogie Freinet en quelques mots …
La pédagogie Freinet, c’est à la fois des conceptions de la personne humaine et de la société ; des valeurs philosophiques, politiques et sociologiques ; des finalités pour l'éducation et des principes pédagogiques en cohérence avec ces conceptions, ces valeurs et ces finalités.

Le paradigme de la pédagogie Freinet permet le développement des capacités à agir pour un monde humaniste avec des individus libres, responsables, dignes, fraternels, solidaires et coopératifs.

1. Des conceptions

Celle de l'enfant, un petit d'humain et non un humain en miniature, pris dans sa globalité. Un enfant éducable, capable d'apprendre des autres et avec les autres

Celle de l'homme et de la femme : libre, responsable et autonome, capable de s'autodéterminer mais aussi capable de coopérer avec les autres, tout à la fois égaux et différents.

Celle de la société construite par tous et pour tous. Une société harmonieuse et respectueuse de la dignité et des droits de tous et de chacun de ses membres.

2. Des valeurs

À la fois philosophiques, politiques et sociologiques, ce sont celles de la République « liberté, égalité, fraternité » avec la laïcité, la solidarité, le respect, la justice, la paix, la compréhension, la dignité… des "valeurs humanistes" car elles définissent le type d'humanité que nous voulons réaliser.

3. Des finalités pour l’éducation

- conduire l'enfant vers l'homme ou vers la femme, citoyen ou citoyenne capables de prendre sa place dans la société et d’agir à son tour sur elle.

- établir d’autres modes de relation entre les personnes, entre les connaissances et les cultures.

- former des individus désireux d’appréhender le monde dans sa complexité et conscients d’appartenir à l’Humanité.

4. Des principes pédagogiques,

Les praticiens Freinet ont cette finalité de créer (ou de transformer) le milieu éducatif où l’enfant peut se vivre comme auteur de ses travaux, de ses recherches, de ses processus d’apprentissages… La créativité est essentielle, elle permet à l’enfant-auteur de découvrir (les mathématiques, la culture, le monde, les lois…) et de produire (des textes, des œuvres artistiques, des techniques, des règles…). C’est l’enfant- auteur

L’organisation coopérative de la classe permet de relier, d’articuler, de gérer, elle est garante des valeurs, des conceptions et des finalités.

- Le tâtonnement expérimental… ; La Méthode naturelle…. ; Le travail individualisé… L’expression… La communication et la découverte du monde…
Dans une classe Freinet, on ne tolère pas les différences (la tolérance est parfois bien méprisante…), elles sont tout simplement, elles forment une richesse pour le groupe qui les partage et les tisse.

La coopération n’est pas un plus qu’on ajoute de temps en temps lors des réunions, les conseils par ex mais dans tous le temps : apprentissages, parole, expression… l’objet commun où l’on coopère peut bien être collectif (journal, exposé, recherche documentaire) mais également personnel (texte, expérience, entraînement, recherche …)

Les échanges de savoirs permettent d’accueillir la culture personnelle de chacun et de la valoriser, les échanges de savoirs valorisent l’enfant mais aussi sa famille. Partir d’une culture personnelle, familiale pour construire une culture de la classe qui se reliera à la culture universelle (rôle du maître)

L’entraide, une attitude qui met à mal la compétition mais pas l’émulation pour celui qui est aidé comme celui qui aide, (vouloir faire aussi bien même mieux qu’un camarade) elle permet aussi à celui qui sait de s’en rendre compte (auto-évaluation) et également d’apprendre à transmettre, de donner du temps à un pair qui n’est pas forcément son ami. C’est une pratique de fraternité.

Partir du principe que chacun peut devenir auteur (enfant auteur)

Dans la loi : formation, évaluation et notes, redoublement, travail personnel au lieu de devoirs et pendant le temps scolaire (d’autres liens entre l’école et les parents autre que les devoirs), la coopération parents enseignants… l’orientation
- Le tâtonnement expérimental

Dans son environnement naturel, l'enfant est, par nature, expérimentateur. Il procède spontanément par tâtonnement qui évolue par essais-erreurs vers des formes plus élaborées et que Célestin Freinet désignait globalement par le « tâtonnement expérimental » et qui est à la base de la Méthode naturelle.

- La Méthode naturelle

Un des fondements de la pédagogie Freinet est qu’un certain nombre de connaissances « scolaires » peuvent être acquises suivant le même processus « naturel » que celui qui permet à l’enfant d’apprendre à se tenir debout, à marcher, à parler, etc. Avec la Méthode naturelle, les enfants sont des créateurs de connaissances, ils n’attendent pas les leçons de l’adulte pour produire des savoirs. Il est aujourd’hui devenu évident que les enfants « s’apprennent » indépendamment de l’école et ceci dans de nombreuses disciplines : mathématiques, histoire, géographie, sciences, musique…

- Le travail individualisé

L’individualisation des apprentissages prend appui sur la globalité de la personne, sur la vie du groupe et sur les activités de recherche, de communication, etc. Individualisation et socialisation sont en interaction étroite.

- L’organisation coopérative de la classe permet d’articuler, de mettre en place les activités collectives et individuelles d’apprentissage et de gérer la vie de la classe.

- L’expression et la communication

Les activités d'expression de l'enfant trouvent leur place dans toute la vie de la classe et motivent les apprentissages :

Les activités de communication permettent à l'enfant de redonner au langage oral et écrit sa fonction première ; - de prendre en compte l'autre en nouant des liens valorisants.


d’Anne-Marie Martin du SGEN-CFDT
L'intérêt du Sgen pour la Plate-forme

Le projet d' ATD rencontre les préoccupations du Sgen-CFDT, attaché à la réussite de tous les élèves et mon intérêt personnel puisque j'ai choisi pour cela ce syndicat.

Comme ATD, nous croyons à l'éducabilité de tous, à la dignité de chaque personne. Nous savons que l'attention portée aux plus faibles est bénéfique à tous et que la lutte contre toute discrimination permet d'avancer vers une société plus juste et plus humaine.

Mais cela ne va pas de soi dans une société tapageuse, qui valorise le paraître plutôt que l'être ; conservatrice, frileuse devant le changement ; élitiste, favorisant plus la compétition que la coopération. On sait aussi qu'un système inégalitaire n'est pas volontiers remis en cause par ceux qui en bénéficient.
La diffusion de la Plate-forme

Nous avons diffusé la plate-forme du comité interpartenarial en mettant sur notre site la vidéo que le Sgen-CFDT a faite lors de sa présentation à la presse et un lien vers le texte

J'ai mis aussi le lien vers le texte sur le blog que j'anime pour le Sgen CFT à destination des enseignants d'EPS et plus largement pour penser la place donnée au corps à l'Ecole.

Nous avons distribué le cahier de la plate-forme dans nos instances : Conseil fédéral et conseil de secteur Politique éducative. Nous entamons un nouveau mandat, ce sera l'occasion de la rappeler et d'en faire à nouveau la promotion.
Nous nous sommes fait l'écho dans notre presse d'actions qui contribuent à faire connaître ATD et vont dans le sens de ce qui est préconisé dans la Plate-forme :

-la manifestation d'ATD international à l'Unesco en janvier à laquelle j'ai participé

-la journée du 17Octobre du refus de la misère

Nous avons relayé la journée de lutte contre l'échec scolaire organisée le 19 septembre par l'Afev en partenariat avec le Crap notamment.

Nous relayons, aux côté de l' ANLCI (Agence nationale de lutte contre l'illettrisme), la candidature, portée par le collectif dont font partie le Sgen et la CFDT, pour faire de la lutte contre l'illettrisme la « Grande cause 2013 »,

Nous avons participé au colloque, fort intéressant , «  Ecole-Famille-Cité » les 23 et 24 octobre.

Nous avons participé à la création du blog «  Socle commun, promesse démocratique ».

Le « socle commun » fait polémique. C'est en fait une véritable ambition, inscrite dans la loi de 2005 mais insuffisamment accompagnée.

Nous nous faisons le relais de textes institutionnels comme la « Mallette des parents », même si nous savons que l'injonction par circulaire est insuffisante à changer les pratiques. La mallette a fait aussi polémique : c'est un outil. Il faut apprendre à l'utiliser de façon adéquate.
Le suivi de la Plateforme

Notre démarche tout au long de la concertation et nos propositions sont en accord avec le contenu de la Plateforme. Nous continuerons à œuvrer en ce sens, pour la transformation de l'Ecole.

La difficulté scolaire remonte aux années 1960, quand le collège s'est ouvert à tous les élèves mais sans changer un fonctionnement adapté à seulement 20% des élèves.

La mission des enseignants est bien de faire réussir tous les élèves, sans s'accommoder de la sortie sans qualification de 150 000 jeunes chaque année. Cela suppose une autre organisation du temps et de la forme scolaires, une formation des enseignants renouvelée. Nous demandons pour les enseignants un service «  TTC », toutes tâches comprises. C'est-à-dire un service qui ne se limite pas aux heures de cours visibles, mais qui prenne en compte , entre autres, l'aide individualisée, le travail en équipe et les partenariats.
Présentation par Pascal Percq de son livre :

« Quelle école pour quelle société. Réussir l’école avec les familles en précarité ».
Un constat : 150 000 élèves sortent chaque année du système scolaire sans diplôme et sans formation qualifiée. Le lien entre échec scolaire et situation sociale est vérifié. C’est inadmissible. C’est un enjeu national, un enjeu de société. Un gâchis humain.

Il existe quantité de livres sur l’école et la pédagogie. Y compris sur l’échec scolaire. Ce livre donne la parole à ceux qui ne l’ont jamais : les familles en difficultés, les enfants, les jeunes.

Pourquoi ATD Quart Monde s’intéresse à l’école depuis sa création dans les années 50 dans un bidonville ?

  • parce que c’est une grande préoccupation des familles qui ne veulent pas que leurs enfants passent par où eux mêmes sont passés.

  • Les familles pauvres sont comme tous les parents, elles veulent que leurs enfants réussissent et aient un avenir meilleur.

  • Souvent les organisations et associations caritatives s’intéressent aux besoins matériels et alimentaires des familles pauvres. Or, celles ci mettent l’école au centre de leurs préoccupations. Les familles mettent un grand espoir en l’école.

  • ATDQM veut l’éradication de la misère comme d’autres ont voulu l’abolition e l’esclavage. L’école est une arme de destruction de la misère.

Parmi les constats : « un enfant ne peut apprendre si la réalité de ce qu’il vit avec sa famille est trop éloignée de ce qu’il vit à l’école ». L’école est un facteur de discrimination sociale. Comme bien des institutions l’école crée une crainte dans les familles (peur du signalement et du placement des enfants).

Quand on est pauvre difficultés de se faire des amis : « on ne peut pas apprendre si on n’a pas des amis ».

Différences d’approches du « temps » : les enseignants vivent dans le présent de la vie de classe, de l’école ; les parents des familles pauvres vivent dans le passé de leur propre expérience douloureuse avec l‘école quand ils étaient enfants ; les parents des classes moyennes vivent dans le futur de leur projet d’avenir pour leurs enfants.

Des incompréhensions : jugement sur les parents : ils ne viennent pas à l’école = ils n’aiment pas leurs enfants. Mauvais élèves = mauvais parents. Jugement sur les enseignants : ils ne connaissent pas la réalité de ce que nous vivons. Jugement des autres parents : ils font baisser le niveau. Or c’est la diversité qui enrichit.
ATD Quart Monde pour ces raisons a décidé de mettre au cœur du débat de société la question de la réussite de tous les enfants.

  • en organisant des débats locaux et nationaux durant trois ans.

  • En collectant la parole des familles, parents, jeunes enfants et leurs propositions.

  • En travaillant avec des enseignants qui ont changé leur pédagogie au contact des familles pauvres et en identifiant l’évolution de leurs pratiques en classe.

  • En réfléchissant avec des parents « solidaires » sur ce qu’apportent les enfants des familles pauvres pour l’éducation de leurs enfants dans un esprit de « tous gagnants ».

  • En organisant un croisement des savoirs entre parents de familles pauvres, enseignants et parents solidaires.

  • En dialoguant avec des instances nationales de syndicats d’enseignants, de fédérations de parents d’élèves, des mouvements pédagogiques, et acteurs de la société civile.


Une grande rencontre nationale s’est tenue à Lyon les 10 et 11 novembre 2011 et les 440 participants (familles, jeunes, parents solidaires, enseignants, syndicalistes, mouvements pédagogiques, chercheurs, acteurs de la ville) sont parvenus à dialoguer à égalité et à jeter les bases d’une réflexion comportant constats et propositions.

C’est à partir de ces réflexions qu’a été écrite la plate forme «Construire ensemble l’école de la réussite de tous » signée par une vingtaine d’organisations et rendue publique au printemps 2012 à la veille des élections présidentielle et législatives.

Depuis l’été 2012 ATD Quart Monde participe à la concertation nationale sur la refondation de l’école en vue d’une grande loi sur l’école. Pour ATD Quart Monde, on ne peut changer l’école et lutter contre l’échec scolaire qu’avec le concours des familles en difficultés.

Auteur ATD Quart Monde Pascal Percq, journaliste, ancien responsable pôle Mobicom du Mouvement.
Le livre : (petit livre format poche « outil de diffusion militante »)  en vente aussi en librairie: 209 pages avec plate forme en annexe. Editions Quart Monde/ Edition Chronique sociale. 5 euros.



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